Call me by your name

Partenaires particuliers

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« Ah ! s’il m’était donné, Juventius, de baiser sans cesse tes yeux si doux,
Trois cent mille baisers ne pourraient assouvir mon amour ;
Que dis-je ? fussent-ils plus nombreux que les épis mûrs de la moisson,
Ce serait encore trop peu de baisers. »

Catulle, Ier siècle avant JC

Un été 83, le cœur de Buñuel vient de lâcher non sans avoir exploré « cet obscur objet du désir ». Trente-cinq ans plus tard, le Sicilien Luca Guadagnino entend en prolonger l’éveil des sens en plaçant l’intrigue de « Call me by your name » cette même année si riche en souvenirs. Lire la suite

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Au POSTE !

Garde à l’œil

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– C’est qu’est-ce que j’ai dit sur vous qui compte Graham.
– C’est ce que tout le monde croye en ville. Mais moi je vais vous faire montrer que qu’est-ce que je dis c’est qu’est-ce qui faut retiendre…

C’est pas ce que vous croivez, Kad & O.

Que fait la police ? Eh bien elle s’interroge, elle questionne, elle veut connaître la « réalité » des faits. C’est sans doute ce que veut nous laisser croire Quentin Dupieux qui, de retour des United States, file directement « Au poste ! » pour son septième forfait. Lire la suite

MARY et la fleur de la sorcière

Ponoc sur la falaise

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« Beaucoup de gens penseront que ce n’est pas une étape majeure, mais d’autres y verront une avancée cruciale. Et en voyant ce genre d’histoire, peut-être ceux qui ont du mal à avancer dans leur vie, qui n’ont pas confiance en eux, y gagneront un peu de courage et seront touchés »

Hiromasa Yonebayashi

Le vent se lève, il était temps de partir. Après presque vingt ans de bons et loyaux services au sein de la maison Ghibli, Hiromasa Yonebayashi éprouvait le besoin de prendre son envol. Désormais maître à bord du Studio Ponoc, il décolle la tête de Totoro pour mettre celle de « Mary et la fleur de la sorcière » en guise de logo, histoire de bien marquer son film du sceau de l’émancipation. Lire la suite

GHOSTS of MARS

Little Big John

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« C’est une planète brutale, c’est nous dans le futur. »

Alice Cooper

« Quand j’ai commencé à faire ce métier, c’était pour réaliser des westerns, c’est la raison principale pour laquelle je suis entré dans l’industrie du cinéma. » dit un jour John Carpenter. Et pourtant, pas un cavalier solitaire ne traverse les grands espaces au générique de « Halloween », pas un clairon de cavalerie ne sonne la charge à la rescousse de Snake Plissken. Il faudra que se réveillent les « Ghosts of Mars », aux confins de sa carrière, pour que Big John fasse la preuve qu’en vérité, il a toujours été à l’Ouest. Lire la suite

Si tu tends l’oreille

Chat blanc avec une oreille noire

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Kon-chan

De l’océan bleu au-dessus de la montagne,
Jusqu’au beau ciel clair se fondant doucement dans
la lumière, les vents, les arbres, l’eau et la terre,

Repose en paix.

Je ne t’oublierai jamais

23 janvier 1998, Hayao Miyazaki.

Qui pour prendre la suite ? Les candidats à la succession de Miyazaki et de Takahata ne sont pas légions. Le fils prodigue Goro n’aura pas donné satisfaction, même avec son honorable « colline aux coquelicots », et Yonebayashi, promu meilleur espoir en reprenant les projets du sensei (tels « Arrietty » puis le splendide « souvenirs de Marnie »), a aujourd’hui pris la tangente vers le studio Ponoc. Un nom pourtant a longtemps fait l’unanimité des deux figures tutélaires de la maison Ghibli. Aujourd’hui disparu, et même quasi-oublié, on en entend encore l’écho, « Si tu tends l’oreille »… Lire la suite

Les 8 SALOPARDS

Wanted : Dead or Evil

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« Tous les réalisateurs ont leur superbe. Ce qui différencie Quentin, c’est le plaisir dingue qu’il prend chaque jour à faire du cinéma. »

Kurt Russell

Ce qui est blanc ne le reste jamais bien longtemps. Quelques gouttes de sang ont vite fait de faire tâche, de vous ruiner un costume, ou de vous discréditer auprès d’un public qui ne vous attendait pas ainsi maculé. Quentin Tarantino, ce briseur de codes invétéré, retourne au western pour mieux le tremper dans le seau putride du film d’horreur. Après « Reservoir dogs » et ses braqueurs à cran en quête de traître, après « Inglourious Basterds » et ses faux Nazis qui jouaient aux devinettes, il convoque les « Hateful Eight » en vase clos, et ce pour mieux les shooter au 70 mm. Lire la suite

Les DEMOISELLES de ROCHEFORT

Ouest Side Stories

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« Un film léger parlant de choses graves vaut mieux qu’un film grave parlant de choses légères. »

Jacques Demy.

A Rochefort, c’est jour de fête. Les forains s’installent sur la place Colbert, l’égayent de festons et de rubans de couleur. Le centre-ville à la rigueur toute militaire s’est même pour l’occasion offert un ravalement de façade, maquillée aux teintes pastelles. Pas de facteur à bicyclette dans les environs mais ça gesticule et ça s’ébroue sous les fenêtres des « Demoiselles de Rochefort » de Jacques Demy. Plus de cinquante années ont passé, mais le temps ne semble pas avoir de prise sur ce moment de bonheur du musical français. Lire la suite