VALERIAN et la Cité des milles planètes

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« Inracontables sont les histoires de mondes parfois morts depuis des milliers de siècles… Car là où des êtres vivants ont survécu et se sont développés, partout et toujours ils se sont tournés vers le ciel immense pour le parcourir… »

Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, L’ambassadeur des ombres, Valérian et Laureline Tome 6, page 3, 1975.

En 1969, Luc Besson avait dix ans. Au soleil de la Méditerranée, entre deux apnées dans l’Adriatique, il se plonge dans le magazine Pilote et s’immerge aux confins du cosmos pour suivre les aventures futuristes d’un nouveau héros imaginé par le scénariste Pierre Christin et le dessinateur Jean-Claude Mézières. « Ground control to Major Tom » crache le transistor grésillant posé sur les rochers, mais lui n’a d’yeux que pour cet Agent de la SST qui déjoue les pièges tendus par de vils extraterrestres et fait régner la loi de l’humanité dans l’espace et le temps. Dans un petit coin de son imaginaire germe soudain l’idée que ça ferait peut-être un chouette film plein de couleurs, et qu’il pourrait appeler ça « Valérian et la Cité aux milles planètes ».

Quelques millions d’euros plus tard et une longue carrière de cinéaste/producteur à son actif, Luc Besson a enfin les moyens de ses ambitions. Il a d’abord fait signe aux vaisseaux de « Star Wars » en croyant y reconnaître celui de son héros, puis il a embarqué pour la planète Pandora peuplée de technologies novatrices conçues par James Cameron et ses ingénieurs. « Tous les réalisateurs au monde doivent être reconnaissants envers lui parce que tous les 5 ans, il sort un film et nous pousse davantage à faire mieux. » s’est-il dit en sentant que c’était peut-être le bon moment pour entamer son propre voyage vers la Station Alpha. Tandis que notre modeste ISS se change sous nos yeux en une gigantesque Babylone spatiale où cohabitent harmonieusement des milliers d’espèces intelligentes venues des quatre coins de la galaxie (« un vrai paradis » nous susurre-t-on à l’oreille), le temps s’égrène au fil d’un très beau générique qui nous emporte loin des rivages du XXIème siècle, doucement bercé par le tube intersidéral de Bowie. Besson nous donne à voir une humanité enfin réconciliée dans les étoiles, rapidement rejointe par d’autres espèces venues des confins, humanoïdes gluants ou spécimens robotiques accourant pour tendre la paluche à tout l’état-major d’EuropaCorp pour l’occasion réuni.

Mais bien vite, le rêve de Besson sur fond vert va s’inspirer de ses modèles américains jusqu’à en devenir une décalcomanie de mauvais goût. Tout commence sur la planète Mül, vision de carte postale pour nouveau riche qui pique les yeux. Sur fond de ciel bleu et de plages de sable clair, des papous filiformes à la peau nacrée passent le plus clair de leur temps à enfiler des perles en se dandinant comme des vahinés, profitant des bienfaits d’une sorte de petit rat de conque appelé réplicateur capable de rendre au centuple tout ce que ses gentils maîtres lui ont mis sous la dent. Mais le paradis perdu sorti de la boule à neige numérique de Luc Besson va devoir succomber sous les débris d’une guerre des étoiles provoquée par des espèces méchamment belliqueuses.

Difficile de croire à cet Eden de synthèse, plus encore de se laisser séduire ou émouvoir par le sort de ces créatures qui pourtant vont appeler à l’aide le noble héros de bande-dessinée. Difficile aussi de reconnaître en Dane Dehaan (grand gamin ici plus proche d’un Di Caprio version « Plage » que de sa très belle prestation dans « Life ») les traits du personnage né sous le crayon de Mézières. Sa petite copine Laureline en revanche, comme toutes les héroïnes des films de Besson, a un petit quelque chose en plus. Le regard froncé de Cara Delevingne donne incontestablement du chien à son corps moulé pour les podiums de défilés, à l’instar d’une Leeloo ou bien d’Adèle Blanc-sec élevée dans d’autres cases du neuvième art. Ses mines entendues ne pourront malgré tout sauver des dialogues pompés sur le bréviaire des ados en crise dont la médiocrité s’empale sur des traits d’humour qui n’arrachent pas même un sourire de compassion.

Poussant leurs atermoiements amoureux aux limites du supportable, les deux humains vont se traîner d’un tableau à l’autre au fil d’un scénario dont on oublie vite l’enjeu, comme coincés dans un univers virtuel aux allures de grand jeu vidéo. Pour mieux se mouvoir dans cet environnement, Valérian chausse immédiatement des lunettes qui ouvrent les portes de la perception, transformant un désert stérile en gigantesque temple de la consommation dissimulé au-delà des frontières de nos dimensions ordinaires. Si ce trip multi-planaire avait tenu ses promesses sur la durée, changeant le cours de l’intrigue spatio-temporelle en véritable expérience psychotrope, alors cette aventure de Valérian aurait pu s’appuyer au moins sur un atout formel intéressant. Mais hélas, passée l’exfiltration du Big Market, l’histoire se lit au fil d’une intrigue aux tenants téléphonés, ponctuée de rencontres parfois amusantes (Bob le pirate), de digressions inutiles chez des aliens anthropophages, avec un arrière-goût de casting marketing (Rutger Hauer, Ethan Hawke, Clive Owen, Rihanna en transformiste des droits de l’homme et Herbie Hancock faute de Sun Ra). Mais rien pourtant qui ne vienne contredire ce désagréable apriori qui laissait penser que ce Valérian ne valait rien.

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30 réflexions sur “VALERIAN et la Cité des milles planètes

    • Besson est animé d’intentions louables mais comme toujours il oublie d’écrire un scénario digne de ce nom à son histoire. Ceci dit, ça lui rapporte parfois, comme ce « Lucy » dont ceux qui l’ont vu s’accordent à dire qu’il était vraiment calamiteux. Reste à voir si Valerian aura la même côte.

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  1. Je retiens surtout l’intro. Major Top et le tube de Bowie d’entrée, ça m’en jette un max… Après, je me suis porté par les évènements cette quête onirique (c’est pas vraiment mon univers). Le numéro de Rihanna est sublime (à vrai dire je ne la connaissais pas avant). Je me demande ce que fout Herbie là-dedans (si au moins il avait composé une musique dans la pure tradition hancockienne funk psychédélique, j’aurais compris). Après, je ne serais pas aussi dur que toi…

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    • Le meilleur est au début. Le numéro de Rihanna n’a aucun intérêt selon moi, comme bcp de choses dans ce film qui traîne en longueur. Heureusement, Chabat dans son cameo revival d’Objectif Nul m’a sorti brièvement de ma torpeur.

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  2. Oyé prince de l’écran noir,

    J’ai vu le film tout juste hier soir, et ben pas si mal que ça pour ma part (je ne connaissais pas la BD)

    Je vais refaire le spectateur bon public mais au final un bon spectacle, des bons SFX et une histoire (banale mais) suffisante au film.

    Avatar en 2009, Cameron, le meilleur film de l’année etc etc malgré un scénario digne d’un disney sous somnifère.

    et puis

    Alien, Valerian, Star Wars ces dernières années : mouais bof, histoire qui tiens pas debout, du réchauffé et bla bla bla

    Les critiques de la presse deviennent exigeantes ces derniers temps je trouve non?

    Mon avis perso : un film de SF sert a rêver, a voyager, objectif rempli pour Besson et puis un film de SF français c’est tellement rare .

    Vu comment c’est parti n’allez pas voir Blade Runner ni Star Wars 8 .

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    • Je sens une pointe de ressentiment envers Cameron, non ?

      Pour, moi côté scénario et surtout mise en scène, tu ne me fera pas échanger un Cameron contre dix Besson.

      La critique n’est pas spécialement exigeante aujourd’hui, en tous cas pas plus qu’hier. Elle a pu d’ailleurs assassiner certains films qui sont aujourd’hui reconnus comme importants (Avatar a eu son lot d’invectives). Il se trouve que Luc Besson n’est pas vraiment reconnu comme un auteur véritable, en tous cas j’ai du mal à trouver un de ses films supportable en y réfléchissant bien. On rapproche beaucoup Valerian au 5eme élément ces temps-ci mais je ne suis pas sûr que ça aide beaucoup le plus récent des deux. En ce qui me concerne, ils se valent.

      Quant au prochain Blade Runner je n’en attend rien ( ce serait peut-être différent si je connaissais les autres films de Villeneuve) .

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      • Sans défendre le film ou Besson (chacun ses goûts bien sur) mais il s’agit d’une adaptation, Besson aurait fait un copier-coller de la BD, on lui aurait reproché un manque d’originalité.
        Et puis les univers dépeint dans le film ne sont pas si différent des star wars, la planète MUL vaut bien PANDORA non?

        Autre point, la Bd étant « ancienne » pas beaucoup de jeunes connaissent les histoires, Besson a ciblé des acteurs de la nouvelle génération afin d’attirer le plus de monde possible.

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        • Je ne sais pas si il a fait un copier-collé de la BD ou pas vu que je n’ai jamais lu Valerian. Je ne juge ce film que pour ce qu’il est et ce qu’il me transmet comme idées ou comme plaisir. Autant dire que de ce point de vue, je n’en ai pas eu pour mon argent. Il est évident que Besson, en voulant attirer du monde, ne mise pas sur l’intelligence du scénario.

          S’il est clair que Besson lorgne largement sur les Navis pour dessiner son peuple Pearls, leurs mœurs et l’écosystème qui les entoure n’a rien de comparable avec Pandora. Il ne sont d’ailleurs là que pour l’aspect décoratif (bonjour la deco kitsch) plus que pour le fond (qui est bien creux ceci dit). Côté humour on sent bien qu’il voudrait être aussi « cool » que les Gardiens de la Galaxie mais on est très loin du compte (et pourtant je ne suis pas parmi les fans de ce Marvel-ci). Et franchement, question aventure épique et caractère des personnages, on est loin de Star Wars. A la rigueur, le film de Besson se rapproche de la naïveté sympathique de « la menace fantôme » et de l’abus de fonds verts de la 2eme trilogie. Ici, aucun Han Solo qui joue les rebelles (seule Laureline fait montre d’un peu de tempérament), aucun Dark Vador que l’on aimerait détester. Même ses ersatz de Cylon garde du corps dont on attend beaucoup s’avèrent décevants à la fin. Quant au grand méchant, il est juste grotesque.

          Mais au moins, il m’aura donné l’envie de découvrir la BD. 😉

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  3. « V pour Vas-y pas ». 😀 Totalement d’accord avec toi, Comme je le disais en détail chez moi, les scènes sur Mül sont d’une rare laideur visuelle sans compter leur mièvrerie qui laisse augurer du pire après un générique réussi pourtant. Et le pire arrive ensuite : un scénario d’une grande faiblesse, structurée n’importe comment, et surtout une incapacité à concevoir et réaliser des scènes d’exposition (indispensable dans un épisode inaugural) permettant de comprendre qui sont Valérian et Laureline. L’intermède Rihanna est ridicule et n’a aucun sens du point de vue de l’organisation du récit. La BD est pourtant très bonne, voire excellente dans certains albums. Il aurait fallu partir des scénarios réflexifs de Christin au lieu de se concentrer sur les images de Mézières. De bons effets spéciaux ne suffisent pas à faire un film de science-fiction. Bref, c’est mauvais.

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    • Complètement d’accord. Sans avoir lu la BD j’avais quand même en tête les traits du héros et il ne correspondent en rien à ceux de Dehaan. La Laureline me convient mieux, peut-être un problème de subjectivité masculine 😉

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  4. Très beau titre intersidéral de beau oui comme Bowie : oui, mais très beau générique… putain, ça finit par être lassant téléphoné ce serrage de paluches non ?
    Dan de Haan n’est peut-être pas idéal, mais franchement que la Delevingne retourne sur ses podiums avec ses deux moquettes sourcillières.
    D’accord encore sur leur idylle qui ne tient ni la route, ni la distance… ni rien du tout. Dan grand séducteur ? Mouarf. Et la moquettée qui n’en peut plus de ne pas pouvoir exprimer quoi que ce soit à son encontre… Remouarf.

    Ah mais oui j’avais oublié Rutger Hauer !!! IL m’a tellement bouleversée lorsque j’ai revu il y a quelques mois le machin Blade Runner.

    Et ce trip multi-planaire, vraiment ?

    Mieux vaut aller voir Les singes : très réussis !

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  5. Je m’en fais l’avocat du diable même si j’ai pas mal de réserves. Le film est divertissant (plus que le bouseux Cinquième élément), bien réalisé, on voit que l’argent est à l’écran et Besson s’offre quelques scènes exceptionnelles (le show de Rihanna est inutile mais c’est ravissant à regarder, pareil pour ce malheureux faux-plan séquence où Valérian dégomme tout sur son passage). J’ai passé un bon moment et dans l’ensemble, Besson est fidèle aux bd et à l’univers en général, citant notamment Bienvenue sur Alflolol qui a un aspect Avatar avant l’heure (donc non Valérian ne pompe pas Avatar, il reprend juste une bd publiée plus de 30 ans avant). Idem pour les shingouz. Par contre comme je le craignais, Besson se plante sur plusieurs aspects. Le premier est de miser parfois trop sur l’humour pince sans rire. Chose qu’il n’a jamais maîtrisé mais qu’il continue d’exploiter. Quelque chose qui n’a jamais marché ne risque pas de l’être avec les mêmes ficelles. Ensuite il y a le traitement des deux personnages qui me gêne beaucoup par moments. Valérian est montré comme un tombeur casse burne alors qu’il n’a que deux aventures à tout casser dans la bd. Laureline n’est pas valorisée, reposant sur un simple faire valoir, voire pire comme une demoiselle en détresse. Besson donne une vision malheureuse des personnages qui n’a finalement rien à voir avec le franc tireur habile et la véritable héroïne qui n’a pas besoin de lui pour se sauver… Sans compter l’aspect mariage qui me révulse au plus haut point (les personnages n’en ont rien à foutre dans la bd, du temps qu’ils sont ensemble). De même, il y a un véritable ventre mou avec le deuxième acte (heureusement repris par le dernier), se noyant dans des explications inutiles alors qu’il aurait mieux valu de parler un peu de Laureline ou de Galaxity à peine évoqué par un mec sur un écran qui donne des missions. Donc je parlerais d’un film pas mal mais qui pourrait mieux faire.

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  6. Honnêtement, le début ne m’a pas tant déplu que ça, surtout la partie Big Market et son jeu sur les niveaux de perception, les réalités alternatives raccord avec les univers dépeints dans la BD. Il fallait néanmoins déjà faire abstraction des dialogues d’une pauvreté navrante visant à « rajeunir » l’image du héros. Malgré tout le respect que j’ai pour Dane Dehaan il ne correspond en rien à l’idée qu’on se fait du héros quand on lit la BD. Visuellement, les cases de Mezieres sont quand même repeintes au goût très relatif de Luc Besson. Pas ma came personnellement. La deuxième partie du film se perd dans dans des péripéties stériles (dont le rythme cherche à se caler sur celles de la BD) qui masquent un enjeu global sans consistance.

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    • Oui les dialogues et notamment l’humour ne sont pas toujours à la hauteur, même si ce n’est pas forcément le fort de Christin non plus (ce n’est pas une critique). Je trouve l’enjeu intéressant mais il arrive un peu tard, bouffé comme tu dis par différentes péripéties. Plus que les acteurs, c’est plus le traitement qui me gêne comme tu as pu le lire. Même si j’ai apprécié le film, ça m’a quand même bien gonflé.

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  7. Je m’attendais tellement à un navet intergalactique… Mais c’est juste un mauvais film, donc pas trop déçue. Je n’ai jamais lu le matériau de base mais le scénario est insipide, rien n’est raconté et l’histoire d’amour est tellement mièvre. On a l’impression qu’il brasse du vent… Bref le dernier bon film de Besson est sorti il y a 20 ans et je doute qu’il redescende un jour du piédestal sur lequel il s’est posé tout seul, donc son destin sera de sortir de mauvais films… Suis je trop dur?

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    • Hey Luc, tu redescends ?
      Bah pourquoi faire ?
      Et en effet, si c’était désormais son destin de ne plus faire que de mauvais films. 🙂
      Ceci dit, j’ai beau remonter très loin dans la filmo du monsieur, j’ai du mal à trouver un film qui vaille le coup, vraiment. Allez, disons « Nikita » à la rigueur, parce qu’il était, à l’époque glorieuse de Rambo, de Commando et de Belmondo, un des rares à mettre sur le devant de la scène une femme à flingue. J’ai bien peur qu’en le revoyant aujourd’hui, il ne me pique un peu les yeux tout de même. Pour le reste, rien ne me va (et inutile de me parler de « Léon »).
      Je dois avoir un problème avec le Besson cinéaste. A côté de ça, je lui reconnais d’excellentes qualités de producteur, capable de remplir le tiroir-caisse avec des séries de films ni faits ni à faire (Taxi, Transporteur, Taken et j’en passe des pires et des pas mûrs), et à côté de cela donner les moyens à Tommy Lee Jones ou Terrence Malick de réaliser leurs rêves.

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      • J’ai un amour inconditionnel pour Leon mais on avait déjà eu cette discussion ^^. J’ai du mal à comprendre ce monsieur pleins de contradictions. Il fait de très bonnes choses; écoles de cinéma gratuite, locaux pour accueillir des productions mondiales, tout ça tout ça, mais à côté il fait tellement de films incroyablement mauvais genre Lucy… Nan mais la fille elle termine en clé USB quand même!

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          • Le truc c’est que même sa cité du cinéma pue la magouille. Mais ça on évite de trop en parler, parce que ça ferait honte à certains politiques. Sans compter que ces jeunes risquent de finir par devenir des toutous de tonton Besson en devenant les réalisateurs ou techniciens de ses productions insipides. Si possible il retournera des scènes entières du film pour te montrer que lui fait mieux que toi. Ou te vire si ça ne va pas. C’est ça aussi la méthode Besson. 😉

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    • Disons que ça fait passer de bonnes heures devant un déluge d’effets numériques plus ou moins jolis, mais il ne faut pas y aller en pensant en sortir ébloui ou épaté.
      Encore une fois, mieux vaut replonger dans les cases de Christin et Mézières.

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