CAPTAIN AMERICA : Civil War

Cap ou pas Cap ?

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« Quelle que soit la cause de Captain America, je suis avec lui, car c’est la meilleure personne au cœur le plus pur sur toute la planète. »

Stan Lee

Jusqu’ici, on l’avait plutôt épargné. Il s’en était même plutôt bien sorti lors d’une deuxième salve impliquant « le soldat de l’hiver ». Mais voilà, « Captain America » est désormais rattrapé par le rouleau compresseur « Avengers », avalé dans une « Civil War » qui ne reconnaît plus les siens. Les frangins Joe et Anthony Russo avaient su choisir la voie de la guérilla dans les pas du super-soldat à peine décongelé, les voici désormais aux ordres des costumes cravates de la « maison aux idées », yes men obéissant au cahier des charges imposé par contrat.

Afin de raccrocher les wagons, les scénaristes sont simplement allés farfouiller dans la manne documentaire produite par les enfants de Stan Lee, s’inspirant vaguement d’une somme griffonnée par Steve McNiven et signée du talentueux Mark Millar (à qui l’on doit, entre autres, les Ultimate X-Men, les Kick-ass et Kingsman ayant déjà eu les honneurs du grand écran). De ce matériau bien trop riche, si vaste qu’il englobe des franchises pas encore libres de droits (les F.F. et les X-Men restent chasses gardées), ils retiennent l’essentiel, une base déjà constitutive du convaincant « Watchmen ». Le principe qui consiste à mettre les super-héros face à leurs responsabilités n’est en soi pas nouveau. Appliqué aux aventures de celui qui porte les couleurs de tout un pays aurait même pu prendre un relief original, pour peu qu’on se tienne à une certaine rigueur scénaristique.

C’est principalement ce qui va manquer à cette « Civil War » qui prend des allures de chamaillerie d’immortels dès que l’occasion se présente. Sans Intelligence Artificielle à débusquer, sans extra-terrestre belliqueux à bouter, sans nazillon récidiviste ou soviet suprême à recadrer, nos fiers casqués n’ont plus qu’à s’en prendre à eux-mêmes, cherchant l’ennemi qui se terre au fond de leur costume de probité. L’idée fonctionne assez bien sur les mieux lotis du groupe, ceux qui ont eu déjà les honneurs de trilogies dédiées à leur effigie. Parmi les figures de proue capables de tenir la dragée haute au Captain bleu et rouge, il y a bien sûr Tony Stark dont l’armure et la barbichette soigneusement taillée conviennent toujours aussi bien à Robert Downey Jr. L’enfant gâté milliardaire aux casseroles familiales bien lourdes se charge d’assumer les mauvais choix, endossant bon gré mal gré le costume du héros rongé par le doute et la culpabilité. De l’autre il y a l’intransigeant Steve Rogers, immanquablement confié à la fière musculature d’un Chris Evans dont la noblesse oblige à garder le cap.

L’antagonisme créé par une loi qui exige de chaque « optimisé » qu’il se soumette à l’autorité de l’Etat laisse augurer une « Civil War » féroce, ouvrant le feu sur une Amérique actuellement en crise avec ses valeurs. Mais rien de bien consistant ne viendra de ce côté, les allégeances se créant simplement par affinités. Ainsi le black side-kick aux ailes déployées apparu dans le précédent épisode ne quittera pas d’une semelle son frère d’arme au bouclier tandis que la War-Machine sortie des usines Stark n’aura pas à tergiverser bien longtemps avant d’opter pour le respect inconditionnel de la légalité. C’est finalement l’ambigüe Veuve Noire (dont la rousseur va si bien à la pétulante Scarlett) qui jouera le jeu le plus trouble, se permettant de bouger les lignes en bon agent à géométrie variable qu’elle a jadis été. On ajoutera à la partie un nouveau venu plutôt racé, un félin sorti des jungles wakandiennes pour faire des capitales bétonnées son nouveau terrain de chasse : La « Black Panther » et ses griffes trempées dans le même acier indestructible que le bouclier du Captain a incontestablement de l’allure, et sa conduite vindicative à l’égard du frigorifique homme au bras d’acier ouvre des perspectives de combat assez intéressantes. L’arrière-goût de « Seven » qui parfume une sous-intrigue située sur un terrain plus psychologique aurait même pu prendre une tournure pernicieuse si la place accordée à ce pauvre Daniel Brühl avait été un peu plus développée (encore une fois abandonné à la frustration d’une suite à venir).

Mais voilà, il aura fallu que la surenchère des héros costumés flanque tout par terre, que la dictature des bouffeurs de pop-corn n’impose son comptant de bagarres stériles venues polluer des débats prometteurs. Dès que l’appel à l’ost a fini de convoquer tous les super-musclés disponibles pour le tournage (« tout le monde est venu avec son gadget » s’amuse même le Faucon), les enjeux déjà écrits à gros traits finissent de s’effondrer sur eux-mêmes, deviennent une véritable parade de looney toons qui frise la saturation, avec un homme-fourmi qui tente de prendre de la hauteur, le petit homme-araignée qui fait son « Homecoming » avant l’heure, sans oublier la cape que l’horripilant Vision a décrochée de la tringle à rideaux du laboratoire Stark.

Dans les ultimes séquences sibériennes, les Russo retrouvent enfin le goût du sang qui avait si bien réussi à leur « soldat de l’hiver » et qu’ils retrouveront heureusement pour déclarer l’« Infinity war ». Un peu tard hélas, car le sentiment général qui préside à cette « Civil War » est celui d’assister à un déballage de pantins mal fagotés, un spectacle bancal qui rend plus désolant encore de voir à son tour le bouclier du Cap’ brisé sous la botte des autocrates de l’entertainment.

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16 réflexions sur “CAPTAIN AMERICA : Civil War

  1. Plus je pense à ce film plus je trouve vraiment affreux. Je l’ai revu dans mon marathon pré-Infinity War et c’est raté. Les mecs ont un truc énorme en main et leur Civil War (qui n’a plus grand chose avec le run de base, au contraire d’Infinity war qui reste cohérent par rapport aux runs abordés) c’est une bande de couillons (désolé pour la vulgarité) qui se foutent sur la gueule dans un aéroport vide. Il n’y a aucun enjeu et le méchant n’a finalement pas besoin de grand chose, car les personnages sont tellement bêtes qu’ils ne réfléchissent à rien et ne se rendent pas comptent que leur affrontement n’a aucun sens. Puis alors le final avec l’autre golio qui découvre après tout le monde que ses parents ont été assassiné, alors que des documents du shield ont été diffusé partout après The Winter soldier et que tout le monde semble au courant autour de lui… Ça je crois que c’est peut-être l’aspect le plus ridicule et mal écrit du film. Spider man reste sympa mais le pauvre tu te demande un peu ce qu’il vient faire là. Bonne introduction de Black Panther, même si ce sera mieux dans le film de Ryan Coogler.

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    • Je suis pas loin de t’emboiter le pas sur ce constat affligeant. Peut être l’épisode le plus décevant du Marvelverse avec « l’ère d’Ultron ». Les personnages principaux tiennent le coup malgré tout, et les nouveaux venus apportent un peu de vigueur.

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      • Et pourtant j’ai plusieurs très mauvais films du mcu dans mon collimateur. Les deux premiers Thor qui sont aussi infâmes que mal torchés.
        « Bonjour je suis Kenneth Branagh cher chef opérateur, tu peux me mettre la caméra comme ça ?.
        -Uniquement des dutch angles monsieur Branagh ? Mais les gens vont en avoir marre de se pencher tout le temps.
        -On s’en fout, ils verront les effets-spéciaux ça passera ! »
        Les deux premiers Iron man, la palme au second où le même mec (décidément) pisse dans son armure sur du Daft Punk. Le récent Homecoming totalement anecdotique et ennuyeux. Même qu’il est complètement difforme, Age of Ultron me paraît presque plus sincère que ces films. Mais alors Civil War, il me reste en travers de la gorge. Quand j’ai lu le run complet de Millar et consort, je m’étais dit qu’il y avait une possibilité de passer après Age of Ultron de manière top avec un sujet génial. Les mecs te balancent en deux secondes les accords et les prisons pour te montrer des mecs qui se foutent sur la gueule pour des querelles de récréation. Quand tu pense que ce film a été mieux accueilli que Batman v Superman, alors qu’il n’a même pas ne serait-ce que la puissance métaphorique de ce dernier, ça me fait toujours mal au ventre.

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        • Là, du coup je suis loin de te suivre sur tout (sauf peut-être sur « le monde des ténèbres », bien naze en effet).
          Quant à la puissance métaphorique des films DC, moi je m’en suis tenu à son « Man of Steel » nietzschéen dépressif et à la « Suicide Squad » de Will Smith. Depuis, je les laisse métaphoriser sans moi.

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          • J’adore Man of steel car c’est le premier film sur Superman qui me plaît. Non seulement dans la vision (Superman est clairement défini comme un freak dont le monde n’est pas prêt à son existence), mais aussi le fait qu’enfin Superman savate ses ennemis avec poigne. Quant à Suicide squad, le film est raté , gangréné par des problèmes internes foutant en l’air le dit film. Ayer avait sa vision des choses, le studio la sienne et t’as trop de compromis. Les mecs t’ont vendu le film comme sombre et après comme Deadpool marchait, « ah tiens si on faisait un film fun ». Et c’est exactement ce qui s’est passé avec le raté qui va avec. Mais BVS à mon sens est probablement l’un des films de super-héros les plus importants des 2010’s. Le super-héros comme dans Les Indestructibles 2 est confronté à l’image qu’il véhicule et aux dégâts qu’il peut causer. Comme un retour de bâton en comparaison de ses actes héroïque. Sans compter la vision de Batman qui est celle que je voulais voir depuis que j’ai lu The dark knight returns. Si tu dois le voir regarde l’ultimate cut.

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            • C’est dingue, tu finis par me donner envie de voir ce Zack Snyder qui manque à ma collec. Et puis je retombe sur la première phrase, et je me calme de suite.
              Allez, pourquoi pas. En plus je me connais, je suis capable d’aimer (et, soyons fous, revoyons « Man of Steel », je crois l’avoir aperçu sur Netflix).

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    • J’ai explosé de rire face à ce compte-rendu d’avant-première en mode « j’aime pas ». 🙂
      Mais ça c’est parce que t’as pas vu la version longue, c’est sûr… Je laisse le soin à l’ami Borat de t’expliquer combien Zack Snyder est le grand réalisateur incompris de ce siècle. 😉
      De toute façon, t’es trop méchante dans tes critiques 🙂

      Côté Cap, tu choisis la prudente neutralité. C’est ton choix et je le respecte.

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  2. Pas la peine de convaincre une convertie.
    Zak EST le plus grand réalisateur de tous les temps.
    http://www.surlarouteducinema.com/archive/2007/03/28/300-de-zack-snyder.html

    Un ami qui me connaît bien m’envoyait pas plus tard qu’hier à propos de MON Gérard (le plus grand acteur de tous les temps), un article dans lequel il était question du mufle intégral qu’il est IRL. Mais ça, c’est une autre histoire.
    J’aime beaucoup ces gens 🙂

    Méchante moi ? Je suis une crème.

    HA HOU AH HOU AH HOU !

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    • Le muscle huilé du « Spartan » ne pouvait raisonnablement te laisser insensible, j’imagine bien. Je sûr même que tu lui achètes des chocolats. 😉

      Après ça, je comprends que le Cap blondinet te laisse totalement indifférente.

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  3. Le Spartiaaaaaaaaaaaaaaate doit être fuyant comme une savonnette avec toute la vinaigrette qu’il a sur le corps. Je le trouve d’une laideur peu commune (mais en plus c’est un goujat). En fait ce n’est pas tant qu’il soit moche, c’est qu’il a l’air parfaitement con.
    Qui plus outre les nez en forme de rutabaga me sont insupportables.
    http://s.plurielles.fr/mmdia/i/43/3/gerard-butler-se-prepare-dans-le-role-du-mechant-grrrr-4140433qxunn.jpg?v=5

    Si encore il était bon acteur… Pourquoi bon ?
    Si encore il était acteur ? Il peut rivaliser avec Andrew je pense (et Jason Statham… n’oublions jamais Jason Statham).

    Ah j’aime les blondinets (moins de poils !). D’ailleurs j’ai grand hâte d’aller voir (souffrir) voler un papillon in a lost city of Cayenne !

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