AD ASTRA

L’aventurier de l’arche perdue

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« Il faut pouvoir saisir plus qu’on ne peut étreindre. Sinon, pourquoi le ciel ? »

Robert Browning, Men and Women, 1855.

S’élever, c’est aussi dépasser les limites. Depuis quelques années maintenant, il est venu à James Gray des envies d’ailleurs, d’inconnu, de cités perdues. Des berges de sa métropole d’origine, là où la nuit lui appartient lorsque la Liberté éclaire le Monde, il est parti explorer le cœur des ténèbres amazoniennes. Depuis, la jungle a brûlé, à cause de la folie des hommes, ces « dévoreurs de mondes ». Alors il a choisi de porter son regard plus loin encore, « Ad Astra », là où tout a commencé, et là où tout finit. Suivant la route tracée par Kubrick un demi-siècle auparavant, il s’élance vers les étoiles à travers les difficultés, prenant le risque de s’égarer. Can your hear me Major Gray ?

Brad Pitt devait initialement être Percy Fawcett, l’explorateur obstiné de la « Lost City of Z ». Un rendez-vous manqué le contraint alors à n’être que producteur de cette expédition. Il n’était pas question pour lui de manquer l’embarquement « Ad Astra », projet sidéral et sidérant que James Gray avait en tête dès la mise en chantier de son précédent. Il faut dire que les deux films partagent bien des points communs, explorent des pistes qui se rejoignent, s’abreuvant à la même source littéraire, celle qui naguère mena Coppola vers l’« Apocalypse Now ».

Au « cœur des ténèbres » s’enfonce donc le Major Roy McBride à la recherche de son illustre père qu’il pensait ad patres depuis sa quête d’une vie ailleurs dans le cosmos. Un violent orage magnétique prenant sa source dans l’orbite Neptunienne, ébranlant les tours de Babel que l’arrogante humanité a fini par dresser vers le ciel, réveille soudain un espoir de possible survie. A l’instar de Fawcett répondant à l’appel de la forêt, le fils émérite, élevé en l’absence du père mais dans son sillage, s’élève à son tour. Depuis la chambre anéchoïque où la très spécieuse SpaceCom l’a convoqué, le Major à sang froid, d’ordinaire introverti et discret, envoie un message vers l’au-delà, lance un cri du cœur vers la géante gazeuse. Puis Roy quitte son berceau pour se porter au-devant de son géniteur, un être qui semble « détaché désormais de tout ce qu’on avait connu autrefois, quelque part, bien loin, dans une autre existence peut-être » comme l’écrivit Conrad dans son fameux roman.

A son air éteint, on devine chez l’introspectif héros des blessures sourdes et profondes, mais les souvenirs que James Gray laisse entrevoir dans son barda psychologique sont faits de bribes de douceur, de brefs instants d’intimité partagés avec une épouse (Liv Tyler, évanescente attache terrestre), entre les bras d’une mère, ou les portraits à la gloire d’un père qui est aux cieux (Tommy Lee Jones dans son costume de « Space Cow-boy »). Brad Pitt capture dans son regard translucide les teintes azurées de sa planète d’origine, tandis que sur son casque mordoré un œil unique se reflète (celui d’une trappe du vaisseau) changeant le héros en un corps astral au destin hors-norme tout droit sorti de quelque mythologie cosmique ou autre odyssée spatiale. Ainsi les prouesses à venir obéissent désormais aux exigences d’un récit qui plie et accommode à son gré la science et les règles universelles de la physique.

Car ce qui intéresse avant tout James Gray est moins cet univers qui nous entoure que ce qui se joue dans les tréfonds de l’âme du taciturne Roy McBride, ce qui le maintient dans ce « solitaire accablement » (pour reprendre les mots de Conrad). Ni frère, ni sœur, ni progéniture, seul le lien paternel demeure, ultime cordon ombilical qui lie Roy à ses origines. « C’est l’histoire d’un voyage dans le système solaire et de ses conséquences sur la psyché » expliquait Gray au journaliste Jacky Goldberg, bien avant d’en filmer les premières images. « C’est très différent de tout ce que j’ai fait jusqu’ici. Mais je ne me fais pas d’illusion : ce sera en fin de compte le même film que d’habitude. » A bien des égards, les précédentes chroniques familiales de Gray (« the Yards », « We own the night ») peuvent être vues comme de véritables systèmes planétaires en mouvement, avec leur référent gravitationnel, leurs astres aux faces changeantes, aux trajectoires qui divergent selon l’intérêt que leur porte leur étoile paternelle.

Lorsque Roy atteint la Lune, celle-ci ne donne à voir qu’une moitié de son visage, l’autre demeure recluse dans sa part d’ombre. Dans ce « futur proche » partagé entre « espoirs et conflits », notre satellite devient un far-west du consumérisme de luxe, vitrine de l’impérial capital qui a depuis longtemps dépassé les limites. Pertes et profits s’y sont délocalisés aussi, et Gray d’imaginer là-bas, sur sa face obscure, une zone de non-droit et de secrets d’Etat que des pirates casqués sillonnent à l’affût du moindre butin. La surface lunaire cratérisée devient ici une zone grise d’affrontement, théâtre d’un western en apesanteur où se jouent des cavalcades épiques en rover. Ici la Lune n’est plus l’ultime frontière, l’humanité a fait un bond bien au-delà. Elle s’est aussi incrustée sur la planète rouge, dans des sous-sols poussiéreux teintés de rouille, bien à l’abri des radiations. James Gray y invente une nouvelle sorte d’être humain, énigmatique et désabusée, une génération hors-sol, orpheline de la Terre, pour qui le berceau de l’espèce n’est qu’un mirage inaccessible. Trop brièvement entr’aperçue à travers le personnage d’Helen Lantos (et Ruth Negga de renouer avec Brad Pitt longtemps après la « World War Z »), cette nouvelle espèce humaine méritait qu’on s’y attarde un peu.

Mais Gray ne se laisse dévier de sa quête obsessionnelle qu’à la faveur d’indispensables péripéties venant chahuter les plans élégiaques de Hoyte Van Hoytema et les nappes synthétiques signées Richter : après l’ébranlement des pylônes gigantesques, le raid des écumeurs lunaires et un amarsissage périlleux, il y aura cette incroyable mutinerie animale semant un chaos dérangeant dans cette quête de solennité. A l’instar d’un « Solaris » tutélaire, et plus récemment de l’admirable « First Man » endolori par la vie, James Gray voulait à son tour monter au ciel pour tutoyer la mort, en territoire de deuil pour mieux y célébrer la réalliance avec le genre humain. A mesure que le vide se fait autour de Roy McBride, la voix-off assourdit ses tourments intérieurs, la quête devient confuse et les invraisemblances grossières. Mais l’interférence de ces imperfections n’entame ni la grâce ni la splendeur qui brillent « Ad Astra », retrouvailles poignantes avec un cinéaste majeur sur fond d’immensité galactique.

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52 réflexions sur “AD ASTRA

    • Merci 😀
      Mon intention était bien de susciter l’envie de découvrir Ad Astra sur grand écran. Je suis en effet très inquiet concernant ces productions d’auteur magistrales mais très onéreuses et qui ne rassemblent pas suffisamment de spectateurs. Nous n’étions que trop peu dans la grande salle vendredi soir. Les terrasses étaient en revanche bien garnies. La salle de cinéma est pourtant le lieu idéal pour jouir pleinement de l’œuvre.
      Très beau dimanche également.

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  1. Brad Pitt capture plus que les teintes azurées de sa planète dans son regard translucide 🙂
    D’accord pour le peuple sous marsien, il aurait mérité plus (mais Ruth Nega l’interprète sans passion).
    Pas daccord sur « les invraisemblances grossières »… en tout cas le qualificatif m’a fait sursauté.
    Mais, beau texte au chipotage relatif et bravo pour le cordon ombilical qui se matérialise dans une scène que j’ai nommée danse macabre…

    Le père de James Gray doit se poser des questions…

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    • Merci pour le « beau texte ». 😀
      Ah Brad… le retour du torse culte !
      Ruth Negga n’a surtout que bien peu de scènes pour développer son trouble vis-à-vis de ses origines, le lien avec ses parents (que l’on devine animés de cette même envie d’aller « plus loin » qui habite le père McBride).
      Les acrobaties spatiales et les problèmes d’échelle sont les deux choses qui m’ont un peu gêné dans le film. Pourtant je suis d’habitude plutôt du genre permissif au cinéma. « Interstellar (qui partage le même chef op’) et ses voyages à l’autre bout de l’univers ne m’avait pas posé de problème. Mais je ne sais pas, là, les bonds gigantesques à travers les anneaux de Neptune, le casque réparé avec un rouleau de scotch, et quelques autres détails gênants… Mais cela n’entache pas plus que ça la magistrale élégance des plans filmés par Gray qui à nouveau nous épate.
      La danse macabre suivie du cri glaçant, grand moment en effet, fort en gravité !

      Je pense qu’au regard de toute la filmo, il doit s’en poser depuis longtemps… 😉

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  2. Un bel article qui rend bien compte du film. C’est vrai qu’il y a quelques invraisemblances, même si c’est davantage l’intégration de certaines scènes d’action dans la narration qui m’a gêné. Mais comme déjà discuté, ces imperfections n’empêchent pas ce film aussi solitaire qu’un astre d’être beau et attachant.

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    • Je te remercie beaucoup. C’est vrai que ces accélérations dans le récit, ces digressions parfois étranges (le vaisseau norvégien) posent question quant à la mainmise des Majors sur le projet. Depuis que Disney a mangé la Fox, on y imagine les attentes du studio au regard u budget engagé. Fallait-il absolument dérouter la mission comme dans » Alien » pour faire un gros clin d’œil à la SF estampillée 20th Century Fox ? Cela ne m’étonnerait guère, ce qui interroge aussi sur l’avenir de ce genre de vision d’auteur qui réclame un lourd investissement. « the Lost City of Z » n’avait visiblement pas comblé les attentes des financiers. La Fox attend peut-être trop de « Ad Astra » désormais, surtout au vu du nombre inquiétant de spectateurs présents lors de la séance (en VO ceci dit) vendredi soir…

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      • L’ogre Disney (un autre genre d’ogre celui-là qui aime beaucoup l’or) sera certainement déçu par les recettes du film dont le caractère extrêmement personnel, presque défictionnalisé (c’est vraiment la quête par Gray de son propre père), ne plaira sans doute pas à ceux qui s’attendaient à un grand spectacle avec Brad Pitt en héros triomphant. Il y avait peu de monde dans ma salle et plusieurs personnes sont sorties avant la fin du film… Pas sûr que Disney finance son prochain film, et pas sûr que Gray d’ailleurs en ait envie.

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        • C’est triste tout de même, car désormais, l’alternative pour ces réalisateurs reste Netflix et une distribution limitée au petit écran.
          Peu de productions indépendantes trouvent le moyen de financer de tels projets aujourd’hui. Je pense à Anapurna Pictures, aujourd’hui dans la difficulté financière, à qui on doit notamment les films d’Audiard, d’Anderson ou des frères Coen. Qui après ?
          Gageons que les prochains Marvel et Star Wars auront tôt fait d’éponger les dettes de « Ad Astra ». Mais quid de l’avenir de ces films plus adultes ?

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  3. Très bon texte que j’aurais aimé partager.

    Malheureusement j’ai beaucoup de mal avec l’utilisation de la voix off au cinéma. Ce procédé alourdi la narration (ce qui n’est pas le cas par contre dans ‘Apocalypse Now’, question de rythme du film où l’introspection alterne avec l’horreur de la guerre), une « facilité » employée comme si la mise en scène n’avait pas su faire passer ces informations par l’image, le son et le jeu des comédiens (tous inexpressifs ; c’est justifié, c’est vrai, par l’usage de drogues pour contrôler leurs émotions mais tout ça est juste évoqué alors que moi c’est ces conditions de vie dans l’espace qui m’intéresse, plus que de retrouver papa en orbite du côté de Neptune).

    Ce voyage au coeur des ténèbres, je l’ai déjà vu et revu au cinéma donc aucune réelle surprise, même si la séquence de « la chute » est très impressionnante dans une grande salle (avec du monde). Je retiens également les passages sur la Lune et sur Mars et cette vision prophétique de la colonisation militaire et capitaliste de l’univers (des Starbucks et des MacDo sur tous les astres, comme dans tous les aéroports de la Terre, quelle horreur !). Mais au final, je n’ai pas beaucoup accroché à cette odyssée de l’espace intimiste et dépressive. Personnages peu intéressants et pas attachants, ce qui n’était pas le cas des précédents films de James Gray. Il faut bien reconnaitre que l’Odyssée de Kubrick est un de mes trois films de chevet, et forcément la comparaison est inévitable pour chaque film qui emprunte les même voies stellaires.
    Au final, ce film est évidemment à découvrir en salle et il n’y a aucune concurrence en face (pas envie de voir « ça »… 🙂 ).

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    • En la matière, il n’y en a pas en effet (et comment vouloir « un jour de pluie à New York » avec un tel soleil sur nos contrées ?)

      Je comprends ton détachement, et le reproche fait sur la description du background. En l’occurrence, je pense que Gray n’était pas attaché à en faire le détail de manière plus poussée : « Je dois m’assurer de bien établir l’univers sans en être l’esclave » explique Gray dans son interview parue dans Cinéma teaser.
      La voix-off évidemment, dans ce cas, a une vocation plus analytique, et son aspect redondant vient conforter le trouble mental du personnage. Le débat était d’ailleurs le même avec « Silence » de Scorsese que j’avais aussi beaucoup aimé, y compris par l’utilisation de la voix-off. Et comment ne pas faire le lien avec le personnage dépeint par Ryan Gosling dans le biopic sur Armstrong ? Pas de monologue intérieur cette fois, mais une vraie souffrance morale qui se traduit dans le rapport aux autres et le jeu de l’acteur. Gray, quantà lui, reconnaît faire confiance aux gros plans pour laisser l’émotion s’exprimer sur le visage de l’acteur.

      Le lien avec « 2001 » est sans doute moins clair qu’il n’y paraît, même si Gray dissémine suffisamment d’indices reliant « Ad Astra » au chef d’œuvre de Kubrick. S’ils empruntent la même voie, l’un s’intéresse d’abord à un personnage quand l’autre embrasse l’humanité toute entière, de son aube jusqu’à sa transfiguration. Il est moins question de solitude chez Kubrick que d’intelligence supérieure qui, au contraire d’Ad Astra, est une des clefs de sa métaphysique.

      Je suis heureux d’apprendre que d’autres salles étaient bien plus garnies. Tant mieux. Et merci de ton passage.

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  4. James Gray est avec Christopher Nolan mon réalisateur préféré. Je vais voir tous ses films au cinéma. Son avant dernier était vraiment beau « The Lost City Of Z » mais j’attends encore davantage celui-ci parce que j’aime la SF tendance introspection à la « Interstellar ». Ton texte est très beau et rend justice à un réalisateur adulé par la critique mais toujours « boudé » par le public qui ne se rue pas en masse pour voir ses films.. James Gray poursuit ce questionnement autour de la figure paternelle depuis ses débuts. Joaquin Phoenix a longtemps été son acteur fétiche. Là c’est Brad Pitt qui fend l’armure. Je vais le voir la semaine prochaine. Jeudi sûrement. C’est un rendez-vous incontournable et j’ai envie de payer ma place pour que des réalisateurs comme Gray puissent continuer à travailler. Merci aussi à Brad Pitt qui mine de rien finance de beaux projets. C’est fort louable. Comme à chaque fois je suis touché par tes écrits sur le cinéma. On en reparlera ensemble de ce film. Merci à toi 😉

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    • Je suis flatté une fois de plus, et ravi que mon texte avive un peu plus ton désir de voir le film.
      J’ai hâte d’avoir ton retour quand tu l’auras vu. Je pense qu’il ne devrait pas te décevoir.
      Tu y retrouveras les thèmes chers à James Gray sur les liens familiaux, autour d’un récit qui rappelle « Au Cœur des Ténèbres » et construit selon une structure définie par Joseph Campbell dans « le héros aux mille visages ».
      Brad Pitt nourrit depuis longtemps cette envie de travailler avec Gray. Sa société de production Plan B est ici derrière cet Ad Astra, comme elle l’était déjà pour « the lost City of Z » (mais c’est Charlie Hunnam qui avait écopé du rôle principal, faute de Pitt disponible). Il y est ici magistral.

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      • Merci. Dans la vie comme au cinema, il y a des priorités.
        La voix off divise. J’ai trouvé que comme c’est le cas la plupart du temps, ici elle ne raconte ou n’explique pas ce qu’on voit à l’écran, mais au contraire éclaire ce sombre personnage.
        J’ai cru lire que Brad était inexpressif. Je lol. Alors qu’il n’a jamais été aussi expressif je trouve, loin de toutes les grimaces dont il est capable. Son désarroi et sa solitude son inscrits sur son visage.

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        • Sur Brad Pitt, je ne peux qu’aller dans ton sens c’est évident. Il n’a pas été aussi émouvant depuis longtemps, et je pense même rétrospectivement qu’il n’a jamais été réellement à la ramasse. Quant à l’usage de la voix-off, je pense qu’il se justifie ici pleinement comme tu la dis très bien.

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  5. Tellement heureuse de voir le parallèle que tu fais avec « The Lost City of Z », c’est un film qui m’a profondément marqué, alors ça représente un sacré compliment à mes yeux…Autant dire que j’ai encore plus hâte d’être à demain et de voir ce film que j’attends vraiment, merci pour ce sublime avis !

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  6. Bonjour,

    Je reviens avec beaucoup de retard pour te donner un peu plus d’informations sur l’article. Je n’avais aucun retour des autres blogueurs et ils viennent tous de m’envoyer leur texte. En fait je voulais écrire un article sur le sujet Séparer ou non l’homme de l’artiste, et je pense que l’article aurait plus de légitimité s’il y avait plusieurs avis. J’ai eu l’idée de cet article car en ce moment, Woody Allen et Polanski font l’actualité. Le nombre de mots est illimité et je ne toucherai pas à ton texte, même si je ne suis pas d’accord avec ce qui est dit. Voilà, je pense publier l’article vendredi, dis moi si tu es d’accord. Si tu veux je peux même décaler la publication. À très vite,

    Marion 28 films plus tard

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  7. Dans mon top 10 de l’année. Je ne m’attendais pas à un film d’une si grande qualité (même si je sais que Gray est un réalisateur de qualité). Beau, intime, sans en faire des caisses. On en voit si peu actuellement des films qui réussissent à être simple et profond à la fois. Bouleversant.

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    • qualifiera au moins de lamentable ou très bof, Ad Astra fait partie de ces rares exceptions qui ressemblent à quelque chose, qui tentent des choses. Le voyage ne plaira pas à tout le monde, mais il est toujours intéressant. Ce que montre Gray de l’Espace, sorte d’espace aussi mal géré que la Terre avec des commerces et de la pub à peu près partout sur la Lune ou durant les voyages spatiaux, est finalement très visionnaire. Si l’Homme continue son exploration spatiale à l’avenir, il y a des chances que cela ressemble à cela. Les scènes d’action sont bien foutues et jouent habilement sur le son. La voix-off de Pitt ne fait que renforcé le discours du film. A savoir d’un côté la relation père-fils quasiment inexistante désormais et dont l’absence du père a changé son fils à jamais, le faisant se comporter de la même manière avec sa femme. Gray montre également une déshumanisation chronique de la société, qui veut des gens se conformant à une certaine vision : rythme cardiaque, pouls, comportement… Rien ne doit transparaître et le seul moyen de le faire est par cette voix-off où les frustrations ressortent et entrent en contradiction avec ce que fait Pitt. L’acteur signe d’ailleurs une grande performance en jouant le moins possible sur les émotions et quand le personnage explose, il n’en devient que plus émouvant.

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      • Content que tu aies aimé le film toi aussi.
        Sur le controle des émotions, je crois qu’on est là sur la définition d’un profil de voyageur stellaire tel qu’imaginé pour les temps à venir, une prospective assez intéressante. Gray imagine aussi les « martiens » comme une espèce déjà déracinée, un peu mutante dégénérée, comme cette fille étrangement nerveuse à l’accueil des voyageurs venus de la Terre. C’est très perturbant et en même temps cela donne à voir une évolution possible de l’espèce, à travers un voyage qui nous emmène à la rencontre de différentes formes d’humanité.

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  8. Un des films de l’année en attendant de voir « Le Joker » Phoenix mardi. J’aime tout dans « Ad Astra » qui est dans la lignée d’un « Interstellar » qui m’avait lui aussi énormément plu. Brad Pitt au sommet. Tommy Lee Jones est touchant dans le rôle de ce père cherchant une vie extraterrestre et qui se retrouve confronté à la folie et au silence « assourdissant ». James Gray, Nolan, Malick, tu as là mon trio de réalisateurs préférés 😉

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  9. Si je reconnais la qualité visuelle du film (et de ta chronique), je suis resté globalement sur ma faim sur ce nouveau long-métrage de James Gray. Froid et distant à l’image du personnage principal, Ad astra manque à mon sens d’émotion. Les dialogues sont très plats notamment dans la dernière bobine où la confrontation du père et du fils est trop vite emballée, accompagnée de phrases sans intérêt. Bref, pas la claque annoncée.

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