J’ACCUSE

L’honneur d’un capitaine

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« – En tous cas, si ce monsieur Dreyfus est innocent, interrompit la Duchesse, il ne le prouve guère. Quelles lettres idiotes, emphatiques, il écrit de son île ! Je ne sais pas si M. Esterhazy vaut mieux que lui, mais il a un autre chic dans la façon de tourner les phrases, une autre couleur. Cela ne doit pas faire plaisir aux partisans de M. Dreyfus. Quel Malheur pour eux qu’ils ne puissent pas changer d’innocent. »

Marcel Proust, la recherche du temps perdu, tome 3 « le côté de Guermantes », 1920-21.

Cette année, le cinéma n’en finit plus d’agiter l’opinion. Après le problématique « Joker » qui souffle sur les braises du malaise social ambiant, un autre lauréat de la Mostra vénitienne vient secouer le monde médiatique suite à de nouvelles révélations à charge. « J’accuse » clame le titre du film de Roman Polanski, comme une réplique, un pavé jeté dans la mare croupissante de l’antisémitisme latent qui éclabousse notre époque. Depuis, Venise est engloutie sous les eaux, les médias s’indignent, les ligues se déchaînent, le tribunal populaire rend sa justice, et Polanski en prend pour son grade. Mais qui sauvera l’honneur de son magistral réquisitoire ?

Tout le monde pense connaître l’affaire Dreyfus, mais qui en sait vraiment les rouages internes ? Roman Polanski remonte le temps vers un monde qui se divisait en deux catégories : il y avait les « pour » et il y avait les « anti ». Il y a plus d’un siècle maintenant, l’affaire passionna le grand public, divisa l’opinion, nourrit très tôt l’inspiration des artistes. Dès 1899, alors que se clôt le procès de Rennes par une nouvelle condamnation « avec circonstances atténuantes », le grand Méliès, plutôt connu pour ses fééries, se lance dans le tournage d’une rétrospective de « l’Affaire Dreyfus » en sept tableaux réalistes. « La vérité, je la dirai, car j’ai promis de la dire, si la justice, régulièrement saisie, ne la faisait pas, pleine et entière. » écrivait Emile Zola dans son fameux article publié dans L’Aurore l’année précédente. C’était une époque (pas si lointaine) où aucune opinion n’était honteuse (et encore moins délictueuse), où Drumont, Barrès et Maurras affichaient crânement leur dégoût pour le « peuple élu », où l’état-major du corps militaire leur emboîtait fièrement le pas tenant le sabre dans une main, dans l’autre le goupillon.

« C’est tout le quartier qui pue » dit le commandant Henry interprété par Gregory Gadebois, officier massif et dissimulateur à qui le réalisateur a confié les clefs du Bureau des Statistiques (autrement dit le contre-espionnage de l’époque). La bâtisse est insalubre. Impossible d’ouvrir la fenêtre, on étouffe. Polanski suit les pas de Picquart, nouveau locataire des lieux, sur le gris pavé humide des rues de Paris, sur les parquets vernis du ministère, et même dans les geôles du mont Valérien. Il ne le lâchera pas d’une semelle, car il sent bien que quelque chose de corrompu empoisonne l’atmosphère, que des dossiers brûlants dorment encore derrière les murs des immeubles décrépis. Parfaitement sanglé dans un uniforme impeccable, la moustache farouchement agrippée à son guidon de vélo, Jean Dujardin endosse avec une dignité qui force le respect le rôle de Picquart, officier rigoureux mais antisémite de base comme beaucoup l’étaient dans ses rangs. Polanski lui prête même sa femme, Emmanuelle Seigner, le temps du film. Elle y sera Pauline Monnier, une grande bourgeoise qui s’offrira au repos du guerrier dans une relation adultère.

Loin d’être irréprochable moralement, Picquart n’en est pas moins un homme d’honneur avant tout, qui érige l’armée et la justice en valeurs cardinales. Est-ce le « Vive l’armée ! » lancé haut et fort, sous les invectives de la foule qui s’est amassée derrière les grilles qui entourent la cour de l’Ecole Militaire par un Dreyfus aux abois le jour de sa dégradation qui sèmera dans son esprit les germes du doute ? Ou bien est-ce ce regard adressé par Louis Garrel, encore secoué des spasmes de l’humiliation, à son supérieur hiérarchique campé par Dujardin avant qu’il ne disparaisse au-delà de l’horizon des évènements à venir ? Toujours est-il que, preuves à l’appui, Polanski va détailler avec minutie dans une mise en scène au cordeau comment le lieutenant-colonel Marie-Georges Picquart passe de l’hostilité sans appel au « Dreyfusisme » primaire. Naguère comme aujourd’hui, il est des vérités qui dérangent, des erreurs inadmissibles, même pour un soldat.

Polanski nous explique par le menu comment la Grande Muette va s’employer ainsi à bâillonner celui qui flaire la piste du vrai traître, celui qui bouscule l’ordinaire des ramasseurs de fonds de poubelle. Ce sera le défilé des généraux aux trognes faisandées, confis de cette même arrogance que Kubrick dénonçait dans le déjà très polémique « les Sentiers de la gloire », allant du mollusque Billot (Vincent Grass), à la bonhommie trompeuse du suave Gonse (Hervé Pierre), en passant par l’inconséquente mauvaise foi de Pellieux (Laurent Stocker). Polanski convoque le ban et l’arrière ban de la Comédie-Française au tribunal des flagrants dénis (on apercevra même Denis Podalydès dans la robe d’avocat), se glissant lui-même, en ombre hitchcockienne, dans l’auditoire d’un salon de musique, revêtu d’un habit lui donnant une allure d’immortel.

Ce que filme Polanski dans « J’accuse », c’est le monde d’hier comme s’il était d’aujourd’hui. Certes on y circule en calèche, on croise des livreurs de charbon, des vendeurs de journaux dans les rues. Mais déjà la vie privée n’est plus un sanctuaire (l’a-t-elle un jour été ?), on vous épie derrière des rideaux, on ouvre vos lettres et épluche votre courrier, on recolle des bribes de mots pour inventer une (post)vérité qui arrange tout le monde, « des réseaux sociaux qui condamnent et exécutent sans procès équitable et sans appel » écrit le cinéaste dans le dossier de presse.

Avec l’aide de Robert Harris, son « Ghost Writer » préféré, Roman Polanski conduit son film comme un thriller. Il revient en images, dans une reconstitution sourcée au Petit Journal, documents à l’appui, sur une période de mutation, où la science vient éclairer la justice, mais où l’on juge finalement encore à la tête du client. Mathieu Amalric dans le film incarne Alphonse Bertillon, l’inventeur de l’identité judiciaire, qui dans son témoignage au procès, fait une démonstration par l’absurde de la culpabilité de Dreyfus, coupable d’avoir écrit et de n’avoir pas écrit le fameux bordereau qui supposément l’accuse. Le film démontre alors comment la haine irrationnelle du juif l’emporte sur la raison pure, le condamne par avance de par sa condition.

« J’accuse ! » est le cri de ralliement des lanceurs d’alerte, un appel qui se retourne souvent contre son auteur. Ce fut le cas de Zola condamné par la suite, mais il fut repris par Abel Gance ensuite pour dénoncer une autre injustice : la boucherie de la Grande Guerre. Il est désormais celui d’un cinéaste aux prises avec de vieux démons. Coupable ou innocent, il n’appartient qu’à la justice de dire s’il doit à son tour croupir sur l’île du Diable et ruminer son « Rosemary’s Baby » jusqu’à la fin de ses jours. Chacun sera libre de se faire une opinion en son âme et conscience sur la foi du brouhaha médiatique. Mais le film à lui seul ne mérite nul anathème, tant il rappelle à ceux qui ne veulent plus voir que ces fièvres haineuses périodiquement s’éveillent, et viennent lester le boulet qui nous entraîne par le fond.

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51 réflexions sur “J’ACCUSE

  1. Magnifique.
    Et oui, Dreyfus n’est (hélas pour lui) pas une victime aimable et sympathique.
    La phrase de Proust est à vomir.
    Je retourne voir ce GRAND film pour également re-profiter de l’aspect « ludique » de cette enquête menée à la loupe. Ah la démonstration d’Amalric !
    Tu m’as fait rire avec tes trognes faisandées. Les gros plans sur le visage rouge et bouffi de Vincent Grass font peur.
    Et quel casting. On apercoit aussi Vincent Perez, Damien Bonnard (à découvrir bientôt dans le prodigieux Les Misérables), Melvil Poupaud…
    Jean Dujardin est à son zénith.

    J’espère que Polanski réalisera d’autres films…

    immeubles décrépi

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    • C’est parfaitement juste, Polanski ne fait pas de son condamné un être particulièrement aimable. C’est d’ailleurs déjà un reproche qu’on lui fait quand il choisit de s’appuyer sur le point de vue de Picquart, appelé par un historien le « faux ami » de Dreyfus.
      C’est sans doute un des meilleurs films du cinéaste, qui renoue avec la tension et les thématiques abordées déjà dans Le Pianiste ou Ghost Writer (on retrouve les « feuilles volantes » qu’il faut faire taire, le côté « insulaire » et isolé du personnage…). Le casting des chefs d’état-major est incroyable. On se croirait presque chez Tardi.
      J’en ai oublié plein mais ils sont tous formidables même si certains apparaissent peu. J’ajoute à ton complément l’excellent Michel Vuillermoz en Paty de Clam, général ayant des « talents de detective » pour la mise en scène d’un piège scélérat.
      Et je ne l’ai peut être pas assez souligné : Dujardin est excellent et Gadebois impressionnant.
      C’est mal barré pour Polanski même si le film a eu un très bon démarrage apparemment. L’époque est au dégagisme par la force médiatique.

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      • Revu et comme parfois… encore mieux apprécié.
        Les sous-entendus concernant l’homosexualité m’avaient échappé : vous n’êtes pas marié Picquart… rien qui ne puisse nuire à votre réputation ?..

        Vuillermoz est grandiose de petitesse.
        Et l’arrivée de Dreyfus à ce moment est un crève coeur.

        Sans doute l’un de ses meilleurs films oui.
        La salle plutôt grande était bien remplie.
        Tant mieux.
        Se relèvera t’il de cette nouvelle vague…

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        • Des sous-entendus plus encore prononcés concernant cette « tapette » de Schwartzkoppen et son amant italien… 😉

          Vuillermoz bouffe la scène en une apparition. Perez, que je n’avais pas reconnu, a rarement été aussi juste.

          Et puis il y a de ces répliques : « si vous cherchez satisfaction retournez voir vos putes. » Cette phrase, je me la garde sous le coude, au cas où. 😉

          Bonne nouvelle pour la fraquentation. Aucune ligue de vertu pour vous faire la morale à l’entrée ?

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      • Bonjour Princecranoir,
        J’ai vu « j’accuse », j’ai beaucoup aimé, la salle était pleine. Je trouve que le sujet et le message du film dépassent amplement l’affaire Polanski. Il s’agit d’un appel à la raison, à la rigueur, à la vérité factuelle, dans un monde où les rumeurs et les lynchages médiatiques cherchent à faire loi.
        Merci pour ton article, tu remets les choses à leur juste place.

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        • Merci beaucoup. Et ravi que le film t’ait plu.
          C’est en effet une œuvre qui dit beaucoup de notre temps. N’oublions pas, qu’en plus d’être une œuvre signée Polanski, c’est aussi une aventure collective, avec des acteurs formidables et des techniciens hors pair (il faudrait citer Alexandre Desplat pour la musique et le fidèle Pawel Edelman a la photo, qui avait déjà fait des merveilles sur Le Pianiste et Ghost Writer entre autres). Pour eux au moins il faut voir le film.

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    • Il faut.
      L’affaire Polanski prend une tournure de plus en plus dreyfusienne à l’occasion de cette sortie, avec ses « pour » et ses « contre » et ses « bien au contraire ». C’est passionnant autant qu’affligeant parfois, voire même inquiétant. Lorsqu’on remonte le fil de toutes ces accusations, on découvre des éléments tout de même assez édifiants (le site de délation monté par un Israélien pour recueillir des témoignages à charge, quelle époque !), l’une de ses victimes l’ayant même accusé d’être un « suppôt de Satan » ! Quand j’écris qu’il pourrait être condamné à « ruminer son Rosemary’s Baby », je ne suis pas bien loin.

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  2. Je verrai sans doute ce film en DVD. Je veux bien croire qu’il vaut le détour car Polanski est un grand réalisateur. Mais ce choix de sujet me laisse perplexe, et je trouve ça de mauvais goût : filmer une erreur judiciaire est un peu cousu de fil de blanc et semble vouloir le poser en victime …

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    • Je ne pense pas que le sujet voulu par Polanski soit Polanski. Je crois que le sujet, c’est l’antisémitisme, et par extension toutes les discriminations qui conduisent à des jugements hâtifs et iniques. Ce sont les plaintes récentes qui incitent à faire ce parallèle.
      Polanski est coupable, il a avoué, a été condamné, a purgé sa peine pour les faits qui ont été jugés. Chacun considérera selon ses convictions si il est lavé de son crime ou pas.
      A voir en salle ou en DVD, mais un bon film à voir assurément.

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    • Peut être il faudra reflechir sur les victimes -hors de supçon-, qui accusent sans autres pièces de conviction que son temoignage, pendant que nous condamnons l’accusé à une morte civile, proffesionale, morale, à vie.

      Je prefere le plus dure juge que le plus émue jugement des braves gens, prêts à condamner sans sourci, sans droit d’appel .

      (Excusez-moi mon français, un peu rouillé)

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  3. Excellent ton article. Et il confirme mon désir de découvrir le film en salle (après faut que je trouve le temps), ne serait-ce que pour tendre un doigt à quelques hystériques qui font honte à la cause des femmes. La Justice est rendue dans un tribunal, pas dans les rues ou sur les rézos zoziaux.
    En 2019, en France, l’antisémitisme se porte toujours bien malheureusement, pas seulement à l’extrême-droite ou chez les djihadistes en Nike, mais aussi à l’extrême-gauche (« camarades » Jaunes ou Insoumis courant après un hypothétique vote musulman vous me donnez la nausée).

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    • Les rézos zoziaux, quelle calamité en effet…
      Tu dis vrai. Et concernant Polanski, la justice a été rendue en 77 pour l’affaire Samantha Gailey. Et je crois savoir qu’il a fait son temps derrière les barreaux. Libre à chacun de penser ensuite ce qu’il veut de Polanski, mais je ne comprends pas pourquoi tout s’emballe aujourd’hui. Ou plutôt si, je comprends bien, cf le premier point de ce com.
      Toujours est-il, tu as raison, que les vieux démons de l’autre siècle sont toujours à l’œuvre, et pas seulement là où on pense en effet.

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      • J’avais découvert, il y a un moment déjà, un documentaire très bien fait sur « l’affaire Polanski vs Samantha Geimer ». Ca s’appelle ‘Roman Polanski : Wanted and Desired’, dans le cadre de Cannes Classic. Tout est relaté sans chercher à excuser Roman Polanski, documents à l’appui, évoquant les circonstances du viol/abus (période qui vient après le massacre de Sharon Tate par la « famille » Manson, quand une partie de la presse l’accusait d’avoir commis lui-même le crime !!! et oui, déjà), la condamnation de Polanski, puis le revirement du juge californien en pleine campagne de sa propre réélection et cherchant à « enrichir » son bilan en épinglant une star d’Hollywood…
        A voir.

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        • Je l’ai vu. C’est édifiant. Je me souviens aussi de la campagne calomnieuse qui suivit l’assassinat de Sharon Tate lui reprochant de l’avoir bien cherché en réalisant un film comme « Rosemary’s baby » (rappelons qu’on était en pleine époque Nouvel Hollywood, et avant l’Exorciste de Friedkin). Bref, ce type a toujours été dans le collimateur de la presse à scandales.

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  4. T’es vraiment doué pour terminer magnifiquement tes critiques, dans lesquels tu ne manque jamais de glisser soit des métaphores, des petites expressions qui font sourire ou réfléchir . Bravo. J’attends qu’il y aura un peu moins de monde – me suis « contenté » d’un bon film tunisien (« Nora rêve »)

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    • J’ai vu cela passer sur ton blog. Je vais lire l’article attentivement des que j’ai un peu de temps.
      J’essaie toujours de tourner mes textes avec un brin de fantaisie, cela m’amuse à l’écriture. Ici le sujet ne se prête guère à la gaudriole, néanmoins on peut quand même glisser quelques formules entendues pour faire saillir le propos. 😉
      Merci beaucoup de ton passage et pour tes gentils mots.

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  5. Ta critique est vraiment belle ! Tu y convoques Proust, Méliès, Kubrick.. entre autres noms. Roman Polanski est un immense réalisateur (souvenons nous du  » Le pianiste ») et je trouve que le fait de réveiller les polémiques, au moment où il sort ce qui semble être un de ses plus beau film, pour le moins nauséabond. C’est l’éternel débat, doit-on forcément aimer l’homme pour apprécier son œuvre ? Ces tribunaux des réseaux sociaux qui inculpent et coupent les têtes m’agacent au plus haut point. Dans ta critique tu parles de cinéma, de ce que cette œuvre nous propose et j’apprécie beaucoup cette approche. Quand, j’entends parler de boycott cela m’agace, doit-on s’interdire de lire Gide parce qu’il était pédophile ou Céline parce qu’il était un affreux antisémite ? On peut rejeter l’homme, sa mauvaise conduite et apprécier l’œuvre. J’irais voir ce film jeudi parce que je pense qu’il a tout pour me plaire : un grand film historique, un thriller historique.. Le film fonctionne en salle et les chiffres sont bons ce qui me rassure sur la façon dont on appréhende une œuvre en faisant fi des discours moralisateurs. Le débat est le même pour Woody Allen d’ailleurs. On en reparlera donc ensemble de ce « J’accuse ». Toujours un plaisir de te lire. Merci !

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  6. Bonjour Princécranoir, merci pour cet article, un éloge de plus. j’accuse m’a donné envie de revoir The Ghost writer : génial. Un réalisateur pareil, il faut le conserver et tant pis s’il a des faiblesses (si elles sont avérées) J’assume ce que j’écris. Bonne après-midi.

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    • Bonjour Dasola,
      Les agissements de M. Polanski constituent un sujet qui n’entretient que peu de liens avec ses films, si ce n’est que l’on devine dans le choix de ses scenarios une obsession pour des personnages pris dans un étau. Je crois que de toute façon nous n’avons aucune légitimité à nous prononcer sur sa culpabilité éventuelle (c’est l’affaire de la justice), et je m’interroge sur les déclarations récentes à son encontre (Riester notamment), sur les décisions prises par certaines instances qui sanctionnent sur la seule foi de témoignages. Sans parler des collectivités qui, il y a peu, songeaient même interdire la diffusion du film ! N’aura-t-on donc bientôt plus la possibilité de voir un film de Roman Polanski ou de Woody Allen dans les salles françaises ?
      Quelle folie.

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      • Vous avez fait un article pour le lire et relire et reflechir, c’est une leçon sur la façon de mettre le talent au service de la critique et pas des idées reçues.

        Merci beaucoup!

        Pascale: Les mots de la duchesse de Guermantes, que Proust, (dreyfusiste d’avant l’heure) transcrit, sont plein de grace et fourberie, et dessine le personage de la duchesse, pas les idées de l’auteur.

        Aimé par 1 personne

        • Grand merci !
          J’ai tâché d’envisager ce film pour ce qu’il est et ce qu’il représente dans l’œuvre de Polanski. Il est évident que son cinéma est nourri aussi de son parcours de vie chaotique, et le choix du sujet n’est pas anodin. Pour autant, il m’est insupportable que des groupes de censeurs veuillent empêcher quiconque de le voir. Qu’ils manifestent leur mécontentement soit, mais qu’ils laissent à chacun la liberté de lire, voir, entendre ce que bon lui semble.

          Aimé par 1 personne

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