CONTAGION

Ne le dites à personne

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« La peur est capable de tout et elle tue sans pitié, attention ! »

Jean Giono, le hussard sur le toit, 1951.

Alors qu’on disait la souche épidémique absolument tarie dans le cinéma hollywoodien, la réalité nous rattrape. Voilà presque dix ans, à l’heure où la menace pandémique mondialisée n’était encore que prédiction spéculative, l’indépendant Steven Soderbergh débarquait en force avec sa « Contagion ». Après une trilogie alimentaire sur la cambriole de haut vol, un diptyque arty sur le « Che » et un ou deux films undergrounds avec ou sans star du porno, le voici de retour sur le terrain du film-dossier laissé en friche depuis « Traffic » et « Erin Brokovich ». C’est à bien y regarder sur ce sujet que son regard clinique se montre le plus efficace.

Il faut l’art et la manière pour ainsi captiver le public avec une controverse juridique aux intrications tentaculaires, pour l’impliquer à tous les échelons de l’économie de la drogue entre USA et Mexique. Il en faut sans doute moins de nos jours pour faire d’une vilaine toux une pandémie mondiale crédible, plus effrayante et dévastatrice que les pires scénarii prédits par les augures infodémiques du web. Pas besoin pour cela de convoquer la foule des enragés, ou les hordes furieuses et écumantes d’une « World War Z », un mal de crâne et une fièvre de cheval suffisent à imprimer sur l’écran l’angoisse collective qui contamine ici essentiellement les Etats-Unis.

Car si Soderbergh essaie dans un premier temps de mondialiser son virus, il finit par réduire le traitement de la crise au seul territoire américain. Sa vision est d’ailleurs tellement américano-centrée qu’il nous brosse un portrait d’une Chine à l’origine de la contagion encore tiermondisée à l’extrême, jusque dans sa métropole hongkongaise. Cette approche un brin caricaturale vient hélas mettre un peu de plomb dans l’aile de sa démonstration, par ailleurs fort documentée. La crise épidémique en effet, dans sa manière de se répandre de par le monde, vient se calquer sur une économie toujours plus globalisée, suivant les flux de circulation des personnes, perturbant les rapports sociaux à l’extrême.

Le scénario en suit la progression, jour par jour, de son apparition à sa résolution, s’appuyant sur une mise en scène tracée au cordeau, et sur une brochette d’acteurs très impliqués (et très inquiets). Larry Fishburne tente de maîtriser la situation à la tête du CDC, sorte d’institut de veille sanitaire américain (équivalent de l’OMS à Genève) quand Kate Winslet en toubib de terrain se tue à la tâche. Bryan Cranston a pris du galon et Elliott Gould a l’œil rivé sur le microscope, tandis que, pour la touche française (non, ce n’est pas Alain Delon), Marion Cotillard joue les ambassadrices de l’OMS victime d’un rapt un peu douteux dans l’Empire du Milieu.

En enfilant sa combinaison anti-pathos, Steven Soderbergh traite son sujet avec des gants de latex, à distance documentaire, en aseptise tellement la description qu’il neutralise toute empathie. La mort est si soudaine qu’elle en anesthésie l’émotion, suscite même l’incompréhension. C’est l’instinct de survie qui prime. En se penchant sur la famille Ehmoff, dont le père est joué par Matt Damon (toujours épatant de mesure et de justesse), il ajoute une dimension intime, épouse les préoccupations d’un citoyen ordinaire. Sa compagne sera la première victime du script, ce qui réduit à dimension humaine un drame qui touche le monde entier. Paradoxalement, la mort ressoude une famille : un père et sa fille née d’un autre lit. Soderbergh les suit dans une lutte pour leur survie au cœur d’un pays qui, comme on s’y attend, finit par basculer dans un chaos de feu et de sang. Le film se procure alors enfin sa dose d’empathie, parfois nunuche quand viennent se greffer les caprices amoureux de deux adolescents.

Avant le temps des larmes vient celui de la polémique, de la suspicion et du doute. Il infectera le script par l’entremise d’un journaliste free-lance interprété par Jude Law. Soderbergh décrit à travers lui une autre forme de contagion, celle de l’information parallèle, celle d’un contre-pouvoir dont « la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté si elle n’est pas éclairée » comme l’écrivait Camus dans « La Peste ». Avec elle, c’est la peur qui se répand comme une traînée de poudre, avec son cortège de défiance, de tension insurrectionnelle. En multipliant les points de vue, le film ambitionne de traiter globalement le sujet, au risque de l’éparpillement. Soderbergh se voit même contraint parfois d’accélérer le rythme par des séquences muettes sur fond de musique anxiogène signée Cliff Martinez, laissant envisager un récit peut-être plus adapté au format des séries actuelles.

Ce qui est sûr au moins, c’est que le virus ne fait aucune distinction: le mal atteint toutes les couches sociales, tous les continents, tous les âges, anonymes ou bien célèbres : femmes, enfants, vieillards ou Gwyneth Paltrow, tous sont susceptibles d’y passer, tous à une poignée de main du body bag. Les actions et réactions des personnages en charge du traitement de la crise sont sur ce point parfaitement rendues, tiraillés entre intérêt général et intérêt personnel. Soderbergh propose d’ailleurs une vision plutôt optimiste des forces et des faiblesses de chacun, des plus lâches (très peu) aux plus valeureux (surtout).

Si l’on assiste bien à quelques scènes de pillage et autres mouvements de foule contenus par un déploiement militaire, ils demeurent à distance respectable des préoccupations principales, celles qui animent les hommes et femmes travaillant d’arrache-pied dans les laboratoires, passent leurs nuits en réunions de crise, bien loin d’être les pourris-planqués vendus aux lobbies pharmaceutiques que dénonce sur son blog le journaliste joué par Jude Law (« blogging is not writing, it’s graffiti with ponctuation » réplique sèchement le scientifique joué par Gould). Ils peuvent au contraire, à l’image du docteur Sheever, avoir un geste solidaire envers un modeste employé de ménage. « Contagion » est finalement un film tenace, assez troublant de réalisme. Mais cinématographiquement, pas de quoi en faire une maladie.

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55 réflexions sur “CONTAGION

    • Je l’avais vu au ciné à sa sortie. Évidemment l’actualité me l’a remis en mémoire, je me souvenais de son approche très vraisemblable.
      En le revoyant, on se dit que Soderbergh et son scénariste Scott Z. Burns (spécialiste des films-dossiers puisqu’il signe aussi « effets secondaires » du même Soderbergh, « the Laundromat » ou « une vérité qui dérange »…) avaient vu l’avenir, tant ce qui est décrit ressemble fort à la propagation du virus actuel. Espérons que cela n’évolue pas comme dans le film…

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      • Soderbergh te donne l’impression de voir dans l’avenir parce que son film porte sans le dire sur le sras qui déclenche (à partir de la Chine) la première alerte sanitaire mondiale du XXIe siècle. Et si on cherche (ou si on a cherché) du côté des chauve-souris pour connaître l’origine du covid 19 c’est parce que cet animal est à l’origine du sras. Covid et sras sont tout deux causés par un virus de la même grande famille, celle que maintenant personne n’ignore, les coronavirus. Bon je dis, je ne suis spécialiste de rien du tout. Et comme toi, le film Contagion me trotte dans la tête depuis le début de la pandémie (bien réelle).

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        • Oui le SRAS est évoqué d’ailleurs dans le film, tout comme la comparaison avec la grippe espagnol (1% de la population mondiale décimée à l’époque dit-on dans le film). Ce qui effraie particulièrement, c’est que tout sonne juste, jusqu’à la grève des infirmiers qui dénoncent le manque de moyens ! jusqu’à la défiance des élus locaux qui interpellent les autorités en demandant « qui va payer pour ça ? »
          L’angoisse naît donc plus de cet état des lieux que d’une surdramatisation dont Soderbergh se garde bien, l’épisode de l’enlèvement de la Cotillard mis à part (ce troc de vaccin, je n’y ai pas cru du tout).

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    • J’ai appris hier que « la peste » était revenu dans la liste des best sellers en Italie ! Bonne idée pour un futur confinement.
      Et sur Wikipedia, on lit que « contagion » est le troisième film le plus téléchargé sur les plates-formes après « Joker » et « Parasite » en février…

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  1. Choix judicieux. 🙂
    Je trouve que nous vivons une époque effrayante et passionnante. De véritables problèmes surgissent dans tous les domaines, et les réactions face à ces problèmes sont pleines d’enseignements. Ce que les fictions anticipaient, nous le vivons au présent.

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    • « effrayante et passionnante », c’est très juste. Les analystes en temps réel ont du grain à moudre, et chacun se perdra en conjectures comme d’habitude.
      Toujours est-il que ce film très mal reçu à l’époque prend une autre teinte aujourd’hui. Il m’avait alors fait le même effet : efficace mais quelques scories dramatiques un peu gênantes.

      J’ai lu que Soderbergh s’intéressait d’abord au phénomène de propagande, et ambitionnait de faire un film sur Leni Riefenstahl avant de se tourner vers ce scénario qui interroge la vérité des faits. Cela m’évoque une phrase de Pierre Lemaître dans son dernier roman (merci à Matatoune pour la citation) : « une information juste est moins importante qu’une information réconfortante. Le vrai n’est pas notre sujet. Nous avons une mission plus haute, plus ambitieuse. Nous, nous avons en charge le moral des Français. » Autre contexte, mais conséquences similaires.

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  2. Quel timing et sens de l’a propos !!
    Je l’avais presque… vu à la Mostra. La séance avait été interrompue. Je raconte tout ici
    http://www.surlarouteducinema.com/archive/2011/09/12/contagion-de-steven-soderbergh.html

    Puis je l’avais vu entier et c’était un autre temps beni où mon Jules commentait mes articles
    http://www.surlarouteducinema.com/archive/2011/11/09/contagion-de-steven-soderbergh.html

    On ne peut pas dire que le film m »ait emballée…
    Un autre film dossier actuellement en salle : Dark waters. Brrrrr.

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    • Je vais aller lire ce que tu en disais à l’époque. Mais je pense deviner ce qui te faisait tousser… 😉
      « Dark Waters » a très bonne presse, et puis Todd Haynes n’est pas le premier venu. Par contre, ce n’est pas un genre dans lequel on l’attendait. Serait-il en train de se « soderberghiser » ?

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  3. Je n’avais pas trouvé de manière caricaturale à l’époque et je trouve bien vu, au contraire, ce lien entre pandémie et mondialisation. Je ne me souviens pas qu’il fasse le lien en particulier avec l’économie, mais c’est une idée qui ne me déplaît pas non plus.

    Le film était implacable dans sa narration et sa démonstration et m’avait impressionné à sa manière. Une danse macabre, c’est ce qui me vient aussi à l’esprit à te lire, aucune couche sociale ne sera épargnée, le gamin des rues chinois ou Marion Cotillard, la mort les frappe sans distinction.

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    • Le lien propagation/globalisation est très pertinent en effet, quant à la dimension économique, elle est effleurée dans la mise en place des rationnements, le mécontentement des personnels de santé,… et toutes les conséquences dramatiques que cela engendre.
      Il est intéressant aussi de voir que la production s’est elle-même délocalisée, filmant à Hong-Kong, Genève, Londres, Casablanca, mais aussi San Francisco, Atlanta, Chicago,…

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  4. « aseptise tellement la description qu’il neutralise toute empathie » – oui c’est ce que j’avais retenu de ce film à l’époque…mais vu les évolutions du « corona-virus » (même les Corona sont délaissées par les fan du houblon et mises en bière maintenant) je vais certainement le re-regarder à la lumière de ton beau texte. C’est drôle moi aussi j’avais cité l’extrait de Pierre Lemaître – il m’avait marqué par sa résonance avec notre époque. Par ailleurs vu hier soir un film sur un autre « virus » capitaliste autour du « Teflon » (Dark Waters) …. l’homme est un loup pour l’homme.

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    • Il paraît que « Dark Waters » est tout aussi édifiant c’est vrai.
      La phrase de Lemaître, qui s’applique au contexte de la Débâcle de 40 prend un tour étonnant aujourd’hui.
      Beaucoup ont encore en mémoire tout le foin sur la grippe A, les campagnes de vaccination préventives, l’argent dépensé pour une catastrophe qui n’a pas eu lieu.
      Aujourd’hui, on se dit que c’est beaucoup de bruit pour rien, on se fiche pas mal des recommandations, en se disant que, quand même, on ne va pas annuler la sortie chez Mickey prévue de longue date. Les gens me font peur, plus que le virus je crois. C’est bien ce que dit le film d’ailleurs, tout comme Camus.

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  5. Jamais vu, mais il ne peut que résonner en ce moment !
    Je reprends ta phrase : »Les gens me font peur, plus que le virus je crois ». En effet, beaucoup disent ou font n’importe quoi et ce, à tous les niveaux…
    Ah si seulement ce Covid-19 pouvait nous remettre des moyens et du personnel dans nos hôpitaux !!! (Là, c’est l’infirmière qui parle 🙂 )

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    • Je te comprends ! Dans le film, la prise en charge des malades se fait dans les gymnases pour éviter de contaminer les hôpitaux, mais on manque de couverture, d’infirmiers, etc… J’ai peur que si l’épidémie venait à grandir on soit confrontés aux mêmes problèmes.

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  6. Effectivement, une programmation à point nommé. Je n’ai pas vu le film, mais pour ma part, j’attendrai que toute cette effervescence autour du coronavirus retombe (j’aime bien les contre-programmations, hors actualité), surtout que si l’on en reste au plan cinématographique, tu n’as pas l’air particulièrement emballé.

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    • Sans doute trop anxiogène par les temps qui courent. 😉
      En y repensant, la mise en scène est quand plutôt bien pensée dans sa manière de filmer l’invisible. Le virus, tout comme la peur qui naît souvent de l’irrationnel, est invisible. Et pourtant, la mise en scène de Soderbergh nous permet de le suivre presque à la trace : il y a les symptômes bien sûr, mais avant cela, il filme les mains des personnages qui se posent partout, il filme les objets en gros plan (téléphone, passeport, etc…). Ainsi, il épouse dans sa mis en scene le déroulé du scénario qui suit l’évolution de l’épidémie tout en cherchant à remonter le temps pour en retrouver l’origine. Intéressant tout de même.

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    • C’est juste, et sans sombrer dans un excès de dramaturgie. Disons que le ton du film qui reste très « professionnel » nous détache un peu des personnages, et quelques éléments de scénario très « Hollywoodiens » viennent contaminer une mise en scène par ailleurs très tenue. Pas le meilleur Soderbergh, mais un film intéressant.

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  7. Je ne l’ai pas revu depuis sa sortie en salles. Certes, perfectible sur certains points (que tu as bien soulignés) mais c’est assez efficace dans son genre. Bon, avec ce virus qui porte la couronne, pas trop envie ni pressée de revoir le film de Soderbergh…

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    • Vu la gestion de la crise aux USA actuellement, ça peut présager de l’avenir en effet. Ceci dit, le virus du film, qui s’inspire de l’épidémie de Sras, est un peu plus coriace que notre bon SARS-COv-2. A moins qu’il ne décide de hausser le ton encore.
      Bon confinement.

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  8. J’avais adoré à sa sortie, et revu également récemment, dans le contexte actuel. C’est sûr, il y a des défauts, dont certains que tu soulignes (j’avais trouvé à l’époque que l’arc narratif de Marion Cotillard ne servait finalement pas à grand-chose), mais finalement, ça ne retire pas la force au film, certaines scènes fortes, et il reste plus ou moins réaliste vis-vis de son sujet, très clinique comme tu le dis. Et c’est dans cette approche que j’adore le cinéma de Soderbergh. Et puis, il y a aussi le score musical de Cliff Martinez que j’adore ^^

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    • Le score de Martinez est impeccable, tu fais bien de le souligner. Il est prenant et minimaliste, sans excès de dramatisation. Juste ce qu’il faut pour nous faire prendre la mesure de l’événement.
      Au regard du contexte actuel, je le trouve particulièrement pertinent. Surtout qu’aux Usa, vu le retard à l’allumage de Mr Trump (« I’m a smart guy »), ca va déblayer.

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      • En même temps, je suis un grand fan de Cliff depuis sa toute première OST avec Sexe Mensonges et Vidéo en 1989. J’ai la plupart en CD dans ma collection. Il sait souvent accompagner les images sans trop surligner l’émotion, et j’apprécie beaucoup ça.
        Ah mais Trump en même temps hein…

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  9. Pas vu depuis un moment, mais j’avais été surpris au vue des très mauvaises critiques entendues à sa sortie. Par contre, j’avais trouvé que le film s’éparpillait beaucoup trop au niveau de ses points de vue et c’était bien dommage (notamment la partie avec Cotillard que je trouve totalement inutile). En revanche, dans le contexte actuel, Contagion est un film qui fait particulièrement peur.

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    • Complètement ! Surtout vu la tournure que cela est en train de prendre aux États-Unis…
      L’arc Cotillard n’est pas inutile, mais le coup de la prise d’otage est peut être mal venu c’est vrai, grossièrement anti-autorités chinoises. En fait c’est surtout les problèmes d’hormones de la fille de Damon que je trouve vraiment de trop. Pas la place pour une romance dans ce scénario à mon sens.
      Pour le reste, c’est une sorte de film choral qui tente de couvrir l’essentiel des aspects de la pandémie, sans héroïsme particulier. Et surtout redoutablement bien documenté !
      Les critiques avaient été très sévères, c’est vrai. Je me souviens que le critique de Mad trouvait ridicule qu’il n’y ait qu’un seul bidasse pour contrôler un pont. En revoyant le film c’est faux (même s’ils ne sont pas nombreux), mais surtout, quand on voit les pénuries aujourd’hui, c’est largement crédible !

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    • L’ayant revu avant le confinement, j’ai pu anticiper sur tout ce qui nous arrive. 😉
      Et j’ai bien peur que, vu l’évolution de la situation aux USA, le scénario extrême décrit dans le film là-bas ne rejoigne bientôt la réalité.

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