Only LOVERS left ALIVE

Lunettes noires pour nuits blanches

"only lovers left alive"

« Les écrivains parlent de l’odeur douceâtre et fiévreuse de la mort alors que le premier camé venu te dira que la mort n’a pas d’odeur, et en même temps qu’elle exhale une odeur qui coupe le souffle et fige le sang… non-odeur sans couleur de la mort… nul ne peut la humer à travers les volutes roses et les filtres de sang noir de la chair… l’odeur de mort est tout ensemble odeur indiscutable et complète absence d’odeur… c’est cette absence qui frappe tout d’abord l’odorat parce que toute vie organique a une odeur… »

William S. Burroughs, le festin nu, 1959.

La nuit est un monde à part. Jim Jarmusch, ce « grand guépard blanc » (comme le décrit très joliment le journaliste Philippe Azoury) la connaît bien. Il la parcourt, l’explore, s’en inspire et l’injecte dans ses films. Filmant la lente pérégrination vers l’au-delà d’un mort en sursis ou bien la cavale en Noir & Blanc d’un trio de fugitifs pas piqués des hannetons, il aime à dire que tous ses films sont des films de vampires. « Only lovers left alive », tout en allitérations, l’est plus particulièrement parce qu’il met en scène d’authentiques suceurs de sang, des êtres millénaires qui préfèrent, comme leur auteur, aux lumières de la célébrité le discret anonymat de la vie la nuit.

John Hurt et Tilda Swinton accueillent en leur cercle d’esthètes éclairés l’impeccable Tom Hiddleston, enfin dépositaire d’un rôle à la hauteur de ce talent que l’on sentait poindre derrière les oripeaux du vilain Asgardien. Toujours affublé de sa crinière de jais, le voici taciturne poète gothique, rockeur dandy un peu maudit, artiste secret confis dans son spleen de collectionneur pour l’éternité. Adam est notre père à tous, il nous a regardé grandir, évoluer et puis mourir. Il se dégage de lui une profonde misanthropie en même temps qu’une immense mélancolie, sans doute inspirée par les Byron, Shelley et autres poètes romantiques et suicidaires. « Espérons qu’il ne soit que romantique » s’inquiète Eve sa dulcinée, nichée quant à elle dans les replis tortueux de la casbah de Tanger la Blanche. Elle ne tardera pas à rejoindre en la destroyed Detroit celui qui est de son cœur le vampire.

Tilda Swinton, avec sa peau d’albâtre et sa crinière de fauve, est un vampire parfait, une créature d’une élégance surhumaine, à la sensibilité exacerbée par des millénaires passés à s’émerveiller devant les mystères de la Nature, de l’Univers tout entier. Elle sait que là-haut, très loin dans l’espace, à une bonne cinquantaine d’années lumières, brille une étoile de diamant dont la résonance produit une musique inaccessible à nos oreilles. Cette découverte interpelle forcément le musicien du grenier, ce non-mort céleste qui, en errant dans les ruines d’une ville morte, dans les avenues de l’empire déchu de l’industrie automobile, derrière les façades « Nosferatu », cherche à retrouver les traces d’un lustre trépassé. Lors d’une très belle séquence de pèlerinage dans les grandes artères désertes de « Motor City », au beau milieu des friches industrielles embellies par les ocres de l’éclairage public, les noctambules retrouvent la trace d’un ancien théâtre magnifiquement décoré, dont les plafonds ornés ne servent plus, désormais, qu’à abriter les voitures qui viennent se garer sur le parking qu’on a installé dessous. D’autres industries ont pris le relais, gouvernées depuis L.A. par des « zombies » qui se goinfrent de laid.

Entouré de ses guitares vintage, de ses amplis triés sur le volet, et de bien d’autres instruments plus exotiques glanés au fil des siècles, au gré des rencontres avec les plus grands artistes du monde entier, Adam se pose en gardien de musée de ce que l’humanité aura produit de plus beau. Grâce à leur art, « the dead don’t die ». On sent clairement un Jarmusch tiraillé entre deux pôles : celui, négatif, de cet Adam qui se plaint de la médiocrité des « zombies » qui le harcèlent, tout en se désolant de les voir oublier leurs racines, négliger les merveilles d’antan. Mais il y a aussi celui, plus positif, incarné par Eve, seule à pouvoir le sortir « un temps soit peu » de sa spleenétique rumination.

Tout comme Ava, sa pimpante et juvénile frangine de passage (la merveilleuse Mia Wasikowska qu’on avait déjà vue en presque morte dans le très beau « restless » de Gus Vant Sant), Eve vit avec son temps : elle appelle sur son I-Phone tandis que sa petite sœur se mate des vidéos ringardes sur Youtube. Surtout, elle se gave de littérature, des classiques anciens ou récents qu’elle a appris à déchiffrer, quelle que soit la langue, en les effleurant du bout des doigts. Grande ménade dionysiaque et polyglotte, elle connaît le nom latin des plantes et des animaux (Mephitis mephitis, tel est celui de la mouffette rayée qui croise son chemin) et s’étonne encore de voir une amanite hors-saison. Ces deux-là sont les particules élémentaires et indissociables d’un seul atome d’humanité, deux êtres plus anthologiques que mythologiques.

Ils sont assez vieux en effet pour avoir inspiré un adagio à Schubert ou s’être honteusement laissé plagier par Shakespeare. Ex-fan des sixties, Jim cite ses idoles ad libitum, les vénère sur son wall of fame : de Cochran à Iggy, de Neil Young à Dylan, d’Edgar Poe à Mark Twain sans omettre bien sûr l’indispensable passeur William Burroughs, dont la référence à Tanger n’est pas sans entretenir une certaine connexion avec son Interzone. « Les poètes ne communiquent quasiment qu’entre eux. Comme des indiens qui s’enverraient des signaux de fumée. Ils cultivent un lien mystérieux. Je suis pour ces sociétés secrètes. Je me suis toujours promené dans les marges, à la recherche de microcultures. » se confiait le cinéaste lors d’un interview donné à la sortie de son précédent film.

Cette quête sans fin du sublime s’apparente à une forme d’addiction dont les vampires représentent finalement la métaphore parfaite. Toujours assoiffés de sang frais, ils sillonnent la planète afin de se gorger des talents d’hier et se nourrir de ceux de demain. Cette fois-ci les vampires croisent la route de la sensuelle chanteuse libanaise Yasmine Hamdam, rencontre fortuite à l’occasion d’un concert qu’elle donne dans un rade discret de la Casbah. Entre incantations arabisantes et nappes de guitares atmosphériques, l’éclectisme musical de Jarmusch habille ces mille et une nuits, tenant ici une place particulièrement prééminente confiée à son groupe Sqürl (assisté d’un certain Jozef Van Wissem) avant de s’incarner dans les compositions de son vampire mélomane.

Jim Jarmusch et ses « amants de la nuit » réussissent le mélange alchimique de la musique et du poétique, parvenant à envoûter le spectateur avec ses fantômes de la nuit qui, sous des dehors pédants et élitaires, d’un simple regard nous convertissent. Avec cet idéal esthétique en forme d’ode funèbre, Jarmusch ne se sera jamais mieux fondu dans la nuit des temps.

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46 réflexions sur “Only LOVERS left ALIVE

  1. Quelle belle critique ! Tu parviens à retranscrire à la perfection l’ambiance de ce film si étrange que j’ai vu il y a peu. J’ai été moins emballée que toi, même si les références millénaires à tendance anglophones et l’atmosphère poudrée ont un quelque chose qui ne m’ont pas laissée indifférente.

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  2. Probablement à réserver aux amateurs, et c’est bien dommage! En tout cas, perso, je suis amateur. Je veux parler du dernier film de Jim Jarmusch: « Only Lovers Left Alive ». Amateur, oui, pour plusieurs raisons, esthétiques, littéraires et musicales.
    D’abord l’esthétique du film… Fabuleuse, il n’y a pas d’autre mot! Il est rare de voir des films où le discours, le projet esthétique sont aussi clairement maîtrisés. Le film est superbe, les acteurs sont magnifiques, les costumes contribuent à la création d’une atmosphère, le rythme est d’une lenteur voulue qui nous permet d’apprécier la beauté des plans. Nous sommes chez les vampires, et c’est peu de dire qu’ils ont l’éternité devant eux, d’où cette fluidité, cette lenteur. Il me semble que Jarmusch, par moments, utilise le ralenti, mais cela reste très discret. Comme le film se passe exclusivement la nuit -et pour cause!-, les couleurs des extérieurs comme des décors intérieurs sont particulièrement soignées et travaillées. Motor City, la ville de Détroit, ravagée par la crise, est filmée d’une manière éblouissante. Rien que cela suffirait quasiment à rendre ce film indispensable! On retrouve un peu de l’esthétique de Coppola dans son « Dracula ». J’ai pensé également à « Entretien avec un vampire » ou à un film sulfureux avec un casting étonnant (Catherine Deneuve et David Bowie!), « Les Prédateurs ».
    Quant aux références littéraires, elles me semblent si nombreuses que je ne suis pas sûr de les avoir toutes identifiées: William Shakespeare, Lord Byron, Marlowe, etc., etc. En fait, ici, le discours est clair -et c’est ce qui différencie « Only Lovers Left Alive » des autres films de vampires!-, les vampires sont des êtres supérieurs, gardiens de l’esthétique, des arts et de la morale. Les temps ont effectivement bien changé: les vampires se fournissent dans les hôpitaux et, évidemment, ne sont pas à l’abri d’ingurgiter du sang contaminé qui peut leur être fatal. Quant aux humains, espèce dégénérée qui est en train de signer sa propre disparition, ce sont eux les « morts-vivants », les « zombies », incapables d’amour véritable. Les rôles sont inversés et le film développe une critique rigoureuse de la bêtise humaine, qui, par amour du fric, par une stupidité crasse, signe l’arrêt de mort du genre humain. Aucun espoir du côté des jeunes générations, « vampires » ou « zombies », qui ont perdu tout sens moral, tout esprit critique, toute raison. Le portrait de la jeune sœur est à cet égard signifiant, stéréotype caricatural de la jeunesse actuelle, capable de déclencher la catastrophe. Le film, sous ses couleurs chamarrées, est d’un pessimisme noir. Heureusement qu’il reste l’humour, même si son utilisation, là aussi, est parcimonieuse. La pirouette finale m’a beaucoup plu, je n’en dirais pas plus…
    Dernier point -on l’a déjà dit-, les vampires sont des artistes -littérature, peinture, mais surtout musique-. La bande-son est extraordinaire, avec tout au long du film l’amour des instruments de musique, particulièrement des guitares, mais là non plus le metteur en scène ne trouve d’intérêt à la création actuelle, il en est resté à Eddie Cochran, aux débuts du rock, au blues, bref aux années cinquante/soixante.
    Le film fonctionne donc sur la nostalgie, sur le regret d’un paradis perdu, et surtout sur un pessimisme noir quant à l’avenir. Tout, dans le film, est au service de cette idée et tout ce que l’on peut souhaiter, c’est qu’il soit vu par le maximum de gens! Après tout, ce n’est pas mal de réfléchir de temps en temps!

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    • Merci, et bravo pour ce commentaire riche de compléments, adoptant un point de vue qui rejoint celui développé dans la critique.
      Je ne peux qu’aller dans le même sens, sinon me faire tout de même l’avocat du diable qui considère ces vampires (tout au moins Adam) comme des êtres pédants et un brin condescendants. Certes, il est dans la nature aristocratique du vampire de prendre sa proie de haut, de la réduire à sa médiocrité, à sa nature éphémère. Sans doute y a-t-il beaucoup d’ironie dans ce portrait en creux de l’artiste, connaissant Jarmusch, qui préfère évoluer dans l’indépendance des milieux alternatifs, loin des sunlights du mainstream. Ainsi, ce dédain pour la culture des temps actuels est-il le reflet de la morgue de certains créateurs repliés dans l’entre-soi, qui ne jurent que par le passé tout en crachant sur l’avenir. Destin pathétique tout de même que cette « addiction » sanguine (« I need more » comme chantait Iggy, autre idole du cinéaste aux lunettes noires et crinière blanche) les conduisent en effet à se fournir en hémoglobine de contrebande dans les milieux hospitaliers. Cela fait partie du charme singulier du film qui, s’il cultive en effet des ressemblances avec certains de ses plus élégants congénères, sent moins la culture pub de Tony Scott, la cinéphilie mégalo de Coppola, la gracieuse décadence d’un Neil Jordan guidé par la plume d’Ann Rice. Dans le huis-clos d’Only Lovers Left Alive, dans son atmosphère confinée, au milieux d’une cité en ruine, il y aurait presque un peu de Polanski, le sourire carnassier au coin de son Bal vampiresque en prime.
      Jarmusch croque les images comme d’autres manient la langue, parce qu’il y met son âme, ses passions, ses références culturelles et ses envies, sans obéir à d’autres canons que ceux qui guident son inspiration, et c’est pour cela qu’on aime son cinéma (quand d’autres ne le souffrent).

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  3. Ah tu me flattes de nouveau l’encolure en évoquant ce film sublime à tous les niveaux : scenario, réalisation, photo, musique, les décors insensés de la maison, la balade dans les rues de Detroit ou de Tanger à la suite de Eve, Tilda d’une élégance folle. Son Adam/Tom n’a rien à lui envier en termes de classe aristocratique. On a envie qu’ils se reproduisent et bénissent le monde de leur beauté, de leur intelligence et de leur culture.
    Et le spleen romantique d’Adam qui va comme un gant à Tom qui, comme tu le dis hérites d’un rôle à sa hauteur.
    Il manque un paragraphe où tu aurais évoqué que ces vampires répugnent à tuer pour se nourrir et la façon dont ils se procurent du sang.

    Tu ne l’avais jamais vu ? Noooon !!!!
    Tu ne l’as donc pas vu sur grand écran ? Arrrrr.

    Ah, j’ai brusquement une envie de sorbet…

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    • Pour tout te dire, cette critique date un peu, puisque je l’ai rédigée suite à ma vision en salle, puis publiée sur mon ancien blog.
      Revu depuis, je l’ai réarrangée et actualisée.
      Je savais ton goût prononcé pour ces noctambules aux crocs carnassiers qui vivent d’art et de sang frais, et suis heureux d’avoir réveillé la soif de le revoir.

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  4. Bel article. Mais pour ma part, j’ai décroché de Jarmusch. L’étiquette « cinéma pour bobos » lui correspond. L’ancien punk du merveilleux ‘Down by law’ s’est grandement embourgeoisé (comme ses personnages dont tu parles), mais plus problématique, il semble n’avoir que du mépris pour les jeunes (pauvre Mia), jusqu’au final malheureux où le couple de vampires-dandys US vient se nourrir à la gorge d’un couple de Marocains !!!
    Quant à Burroughs, seul Cronenberg a su retranscrire au cinéma son univers sombre. Que ce soit dans le miraculeux ‘Festin Nu’ ou dans ses autres films de genre (première période de sa carrière).
    Je ne garde de ‘Only lovers left alive’ que sa BOF, qui est un régal.

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    • Embourgeoisé, je ne suis pas tout à fait de cet avis. Ses goûts en matière littéraire ont toujours été ceux des cercles d’initiés, les milieux rocks undergrounds, les artistes en « permanent vacation » qui vivent de squatt et squatt, de cave en cave, de club en club, de Patti Smith en Lounge Lizards, de Rimbaud à (Tom) Verlaine. C’est cet esprit qui rejaillit dans « Only lovers left alive », et ne convient sans doute pas à tous. Jarmusch assume ses choix, affiche ses goûts, musicalement parlant aussi : il fait le choix de consacrer à Neil Young ou aux Stooges un documentaire, et pas à Ariana Grande. Je ne le blâmerai pas sur ce sujet. Il est sans doute trop vieux pour s’intéresser à la culture jeune, mais la nouvelle génération est-elle trop jeune pour aimer ces belles antiquités ?

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      • C’est une question de point de vue dans la mise en scène. Le point de vue de Jarmusch est bien celui de ses deux personnages principaux. Il les critique dans un premier temps (petites vies rangées, on boit du sang de synthèse), pour finalement leur offrir un nouveau souffle lorsqu’ils retrouvent tout leur mordant de vampires. Littéralement : les vieux qui vivent sur le dos des plus jeunes. En 2020, c’est justement un constat que beaucoup dénoncent. Jarmusch passe complètement à côté de ce niveau de lecture en voulant défendre et justifier sa génération.
        Et ce qui autrefois était underground est aujourd’hui parfaitement intégré au système. C’est le problème de toute révolution (artistique ou politique). Rebelle un jour, président (de jury d’un grand festival) le lendemain. 😉 Mocky, lui, avait parfaitement compris ça.

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        • Jarmusch n’est pas Mocky, je te l’accorde, mais on ne peut lui reprocher de tourner en toute liberté, traînant sa réputation de noctambule arty. Et puis ce n’est pas le même caractère. D’ailleurs Mocky n’a jamais cessé de râler après les lauriers et le succès des autres, tout en jalousant secrètement la place de ceux qui en profitaient.
          Je dois reconnaitre me sentir plus à l’aise chez le New-yorkais que chez feu le patron du Brady, avec tout le respect que je lui dois.

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  5. Très belle critique pour ce Jarmusch envoûtant, dandy, éternel comme ses personnages. Peut-être l’un de mes préférés du cinéaste, tant il fait l’état d’un monde actuel désenchanté, qu’il s’agit de fuir comme Adam ou d’apprivoiser comme Eve. Cet entre-deux, cette hésitation entre embrasser la vie ou se complaire dans le spleen me parle beaucoup. L’errance, l’ennui chez Jarmusch ne sont jamais anodins, et ils sont ici plus que jamais l’expression du temps qui passe, de l’altération des choses, dans une ambiance post-apocalyptique dans laquelle il fait bon se blottir. À revoir d’urgence pour ma part !

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    • Merci beaucoup, et je suis ravi d’avoir ressuscité l’envie de voir ce film.
      Contrairement à « The dead don’t die » qui ressemble plutôt à une pochade qui fustige les travers de notre société, je trouve qu’il s’identifie beaucoup aux personnages de « Only lovers ». C’est « sang » doute un de ses films les plus personnels. Le spleen est une composante essentielle à ses yeux dans le principe d’écriture et de création. L’insatisfaction liée au caractère éphémère de l’existence en est certainement à l’origine. Dans les Cahiers, il évoquait ses vampires de la manière suivante : « (…) ils ont vécu tellement longtemps qu’ils en savent beaucoup sur beaucoup de choses, tandis qu’un type comme moi en connaît peu sur beaucoup de choses. Je me réveille tous les jours en pensant à toutes les choses que je ne sais pas. La vie est trop courte. Si seulement j’avais cinq ou six cents ans, je pourrais peut-être… je pourrais au moins avancer un peu plus loin sur les idées ou les phénomènes naturels ou d’autres choses stupéfiantes. »

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  6. Merci, je me remémore ce film avec plaisir. même s’il ne m’a pas laissé un souvenir indélébile, quelques impressions subtiles refont surface. Tilda est souvent fantastique. Jarmusch est peut-être un « vieux » (voir comm.nico), il a encore de quoi décoiffer bien du monde. Evidemment que l’underground, l’avant-garde, finit par émerger. Et ça s’appelle le talent … et quelquefois le génie.

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  7. Bon, encore un de tes posts sur un film que je n’ai pas vu 😦 mais je dois admettre que la critique donne envie, et pourtant je ne pas fan de films de vampires (et je connais assez mal Jarmush pour être franc).

    Allez, en espérant un cycle Jarmush dans mes cinés de prédilection, après qu’ils auront ré-ouvert

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    • C’est tout de même un film de vampires d’un genre un peu particulier. Il utilise les motifs du genre sans pour autant adopter la structure des thrillers d’épouvante. Ici, le vampire est davantage considéré comme une allégorie de l’immortalité permettant un accès au savoir et à la culture illimité.

      Voilà qui serait une programmation de bon aloi. 😉

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  8. Jarmusch déçoit que très rarement. Il fait partie de ces cinéastes qui parvient à me surprendre à chaque nouveau film réalisé. Only lovers left alive ne déroge pas à ce constat.
    Par l’ambiance instaurée, par la revisite d’un genre très établi, ce film communique avec Dead man. La communication est telle que dès le premier visionnement de Only lovers left alive, je voyais bien Johnny Depp tenir le rôle tenu par Tom Hiddleston. Mais, au regard des qualités du film, ce bémol reste mineur.

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    • C’est très juste, Depp aurait très bien pu incarner Adam. Hiddelston, avec son look gothique entre Robert Smith et Johnny Thunders, tient parfaitement le manche de guitare. C’est vrai que Jarmusch a plusieurs fois laissé leur chance à des musiciens en quête d’écran, de John Lurie à Iggy Pop, de Joe Strummer à RZA.

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  9. Le film n’est pas facile d’accès mais une fois entré dans la tête de Jarmush, ce voyage éthéré envoûte. Si il peut sembler imparfait, il reste une expérience étrange et, comme tu l’écris si bien, le vampirisme en est une sublime métaphore de cette errance presque humaine.

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    • Une humanité détachée de sa condition mortelle, ayant solutionné les contraintes de sa subsistance, consacrée à l’amour des arts et de la connaissance, c’est presque une aspiration divine que celle de ces vampires lettrés. Voilà peut être pourquoi ils tendent à nous prendre de haut. 😉

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  10. Le film n’est pas facile d’accès mais une fois entré dans la tête de Jarmush, ce voyage éthéré envoûte. Si il peut sembler imparfait, il reste une expérience étrange et, comme tu l’écris si bien, le vampirisme en est une sublime métaphore de cette errance presque humaine.

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  11. Un de mes Jarmusch préféré, bien plus accessible que certaines de ses autres aventures, et oh combien passionnant à décortiquer tant il y a de la matière, dans le fond comme dans la forme. L’amour de la musique, de la littérature, tout y est. Sans oublier de grands acteurs (et aussi la présence du défunt Anton Yelchin, qui avait une carrière oh combien sympathique, entre ce Only Lovers, du Green Room chez Saulnier, son passage chez Sommers pour son meilleur film).
    Un film plus humain qu’il n’y paraît, et tu lui consacres là encore une fois un bien beau texte. Je m’en vais écouter l’ost avant de partir travailler.

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