Au Service Secret de Sa Majesté

Lady Diana

« Mesurer la distance entre vous et le rôle, et remplissez cette distance, remplissez-la par la vérité. »

Diana Rigg (1938-2020)

Peel, Emma Peel. Voilà une femme qui ne s’en laissait pas conter. « Ce ne sera pas trop dur pour vous Madame Peel ? » lui demandait le flegmatique homme au chapeau melon. « Rien n’est jamais trop dur pour moi. » répliquait-elle, sûre de son fait. Elégante et redoutable, Diana Rigg s’est forgée une carrière, à la force du caractère, du petit au grand écran. A jamais, elle sera la side-kick la plus dangereusement vôtre, Avengers en bottes de cuir. Suivant les pas d’Honor Blackman, elle sera à son tour engagée « Au Service de Sa Majesté », sous la conduite du réalisateur Peter Hunt, sous la houlette d’un agent qu’on ne vit qu’une fois.

Quand on évoque le personnage de James Bond, il est assez rare que l’on cite en premier lieu le nom de l’Australien George Lazenby. A l’instar de David Niven ou de Barry Nelson, il fait souvent figure de 007 clandestin, pas même un agent double, tout au mieux une doublure. « J’ai entendu dire que vous cherchiez James Bond. » Il paraît que c’est ainsi que George Lazenby s’est présenté aux producteurs Saltzman et Broccoli, revêtu de la panoplie du 007 : Rolex et costume taillé sur Saville Row. Il fallait une bonne dose de culot pour passer après le fripon Ecossais qui, en cinq films percutants, avait contribué à faire du personnage la référence mondiale du cinéma d’action. Il fallait de la carrure pour tenter de faire oublier l’animal Connery, sa démarche féline, son élégance naturelle, ses œillades ravageuses, ses répliques assassines.

De la carrure et de l’audace, Lazenby n’en manque pas, du charisme beaucoup moins. Il s’autorise tout de même, à la fin de la séquence pré-générique, un pied de nez à son prédécesseur : « Ça ne serait jamais arrivé à l’autre » lâche-t-il narquois en un regard caméra qui dut faire bondir les amateurs (et amatrices) de cet espion qu’ils aimaient. Mais grâce à ses talents de mannequin et sa carrure de Marlboro Man, il obtint des gardiens de la franchise le fameux « droit de tuer », y compris par les mots le traître qui leur devait encore un film. Lazenby aura donc droit à sa collection de jolies filles, de conduire la DBS de chez Aston Martin, et d’affirmer d’entrée de film : « My name is Bond, James Bond ». Il ne s’en prive pas, le temps d’une scène de plage en nuit américaine, volant au secours d’une demoiselle en détresse, montrant les muscles sous sa chemise rendue transparente par l’eau de mer.

On ne le sait pas encore, mais le prince charmant vient de trouver sa Cendrillon, la chaussure à son pied, celle qui le fera passer d’indécrottable espion machiste à gentleman romantique et aimant. La belle s’appelle Teresa, mais comme elle n’est pas vraiment une sainte, elle préfère qu’on l’appelle Tracy. Contrairement à Lazenby, le public la connait déjà sous le nom d’Emma Peel, une ex-vengeresse en botte de cuir qui faisait équipe avec un type au chapeau melon. Diana Rigg est la véritable star du film : il y incarne la fille unique d’un mafioso corse, une femme de caractère rongée par la mélancolie, elle est déchirante et magnifique. « J’espère que vous serez à la hauteur, partenaire » lâche-t-elle à l’agent qui vient à son secours à la table de jeu. Il faut dire que les manières de gorille de l’espion OHMSS ne sont pas franchement des plus raffinées. Il est plutôt du genre à s’enfiler le béluga à la louche, le Dom Pérignon à la gourde et à tartiner de claques la pauvre Tracy qui ne veut pas cracher le morceau. Autant dire que pour en faire un vrai gentleman, il y a sacrément du boulot.

Et pourtant elle craque (car c’est écrit dans le livre comme dans le scénario). Comme le rappelait à l’époque le scénariste Richard Maibaum, il était temps de transgresser les règles, d’assagir le héros en lui passant la bague au doigt. En osant s’attaquer à l’un des grands principes établis par Fleming et confirmés par Broccoli (Bond est une machine, il ne doit pas changer), la production prend néanmoins un risque mesuré quand on sait l’issue dramatique de cet épisode. Et puis passé la très belle love story sur l’air du « we have all the time in the world » chanté par Louis Armstrong, la mission reprend ses droit en partant à l’assaut des Alpes suisses. Le génial directeur artistique Ken Adam n’est plus de la partie mais qu’importe, ce restaurant panoramique sis sur le mont Shilthorn à 3 000 mètres d’altitude privatisé par le mégalomane Blofeld fera une base secrète des plus impressionnantes.

A l’instar de Bond, le méchant change de tête. Le pourtant génial Donald Pleasance ne « vivra donc pas deux fois » puisqu’il cède la place à l’un des « douze salopards », à savoir Telly Savalas qui fume la cigarette comme personne (et accessoirement joue au poker avec Broccoli, ça aide). Celui-ci se sent monter une envie nobiliaire, une manière comme une autre d’attirer le pigeon Bond dans son nid d’aigle. On peut y voir une tentative grossièrement déguisée de donner à ce nouvel interprète ses lettres de noblesse, affublé d’un kilt et d’un air particulièrement niais. Au milieu du harem des Anges de la Mort (parmi les lesquelles on aperçoit à peine Joanna Lumley, une autre future fille en bottes de cuir), il est comme un renard lâché dans le poulailler, pour lui c’est Noël avant l’heure. L’agent volage se sent pousser des ailes et s’en va butiner de la donzelle en oubliant tous les serments passés. Cette trahison faite à la reine n’égale que son infidélité à Tracy, mais elle est au service du cahier des charges.

Du lit douillet on glissera vite vers les pistes noires d’une course-poursuite mémorable, entre avalanche et mitraillettes (Maibaum s’en souviendra encore quand il voudra adapter « Motel 007 »). Maître de la salle de montage sur les épisodes précédents, Peter Hunt sait bien comment rendre percutants les mano à mano et faire monter le suspense dans une formidable scène d’évasion suspendue aux câbles d’un téléphérique. Mais le grand morceau de bravoure reste l’assaut de la base à l’hélico et à la grenade, au point de nourrir des fantasmes d’« Inception » chez Christopher Nolan. « C’est le plus romantique de la série et il a en plus une fin tragique » déclare le cerveau derrière « Tenet », qui sait qu’un bon James Bond est une question de style autant que d’apparat. Entre le superbe générique de Maurice Binder qui convoque les souvenirs des précédents épisodes et la musique de John Barry dont les thèmes n’ont jamais été si enlevés et si symphoniques, on obtient un mélange de brutalité et de romantisme, porté par un héros mal dégrossi et une actrice au charme à se damner.

« On Her Majesty’s Secret Service » fait mieux qu’être une curiosité, il est peut-être l’épisode qui préfigure le mieux la période Daniel Craig, du drame de « Casino Royale » à la vindicte envers Blofeld au sein du « SPECTRE ». Dans une séquence finale, le bourreau des cœurs ne se contentera pas de briser celui de Miss Moneypenny, il finit par atteindre celui du spectateur, signant la preuve qu’il n’était peut-être pas le Bond de trop.

47 réflexions sur “Au Service Secret de Sa Majesté

    • Un Bond, trop méconnu, souvent mal-aimé, et que j’ai redécouvert avec plaisir, revu dans le sillage d’Inception qui s’en inspire pour l’attaque de la base enneigée.
      Mais c’est bien la présence de Diana Rigg qui ravit plus que tout en revoyant le film.
      Merci de ton passage !

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    • L’invraisemblance est l’ingrédient indispensable d’un bon Bond, surtout ceux de cette époque. L’espionnage, exercice des plus ternes et sinistres, baigne dans le soleil des romans de Fleming, et les adaptations ciné en proposent souvent une traduction ludique. Celui-ci te réconcilierait peut-être avec la franchise.

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      • Un des trop nombreux bond que je n’ai pas vu, mais qui revient très souvent à mes oreilles, il faudra bien que le découvre un jour. Mon soucis avec cette saga, ce sont les anciens film que je trouve trop kitch et long à démarrer, pour finalement assez peu d’action, de rebondissements intéressent. Ayant grandi avec Brosnan et Craig, ils me semblent risibles, surtout ceux avec Roger Moore, qui est la cause de mon indifférence envers cette licence. Concernant Diana Rigg, elle restera pour toujours la magnifique Emma Peel, bien qu’elle est fait un retour discret dans Game Of Thrones ou j’avoue ne pas l’avoir reconnus immédiatement. Hélas son personnage dans la série HBO, n’aura suffis à nous faire oublier, le mythique Chapeau Melon et Bottes de cuir. Dernières chose, est-ce que tu savais que Kubrick en personne avait filmé une scène de l’espion qui m’aimait ?

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        • Non, j’ignorais ce détail !
          Il se trouve pourtant que « l’espion qui m’aimait » est sans doute mon Bond préféré période Moore.
          Tu as raison ceci dit, ce n’est certainement pas la meilleure d’ailleurs, beaucoup sont devenus particulièrement désuets.
          Durant la période précédente, on trouve quelques pépites tout de même, comme Goldfinger (ce sont même carrément des lingots en l’occurrence 😉), Opération Tonnerre, Bons baisers de Russie… Et ce « Au Service Secret de Sa Majesté » avec Lazenby et la merveilleuse Diana Rigg.

          Emma Peel forever, c’est certain, même si son roué personnage d’Olenna Tyrell dans Game of Thrones traduisait parfaitement cette force de caractère qui lui allait fort bien.

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          • Content d’avoir pu t’apprendre quelque chose. Goldfinger est un excellent bond c’est vrais, mais de manière général c’est surtout pour Sean Connery que tu les regardes. C’est pour cette raison qu’il est mon Bond préféré, mais que ces films le sont moins en revanche. Paradoxal je sais. C’est marrant mais Diana Rigg dans Game Of Throne m’a fait pensé a Faye Dunaway dans Jeanne d’Arc. Elles ont le même look et le même caractère glaciale qui impose le respect.

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            • Je n’ai tellement pas aimé ce « Jeanne d’Arc » de Besson que j’en ai oublié la présence de Faye Dunaway. Je peux difficilement comparer. Une chose est sûre : Diana Rigg avait trouvé dans Game Of Thrones un autre rôle d’envergure. Je l’ai revue hier en Emma Peel, dans un épisode assez fantaisiste où elle « remonte le temps » : Elle se définit « femme libérée », ce pourquoi elle s’est toujours battue, l’image défendue pas son personnage.

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  1. RIP Diana Rigg. Une actrice formidable, pétillante, vive et douée. Elle aura réussi, au début et à la fin de sa carrière, à incarner avec classe deux personnages inoubliable de femme forte, dans THE AVENGERS et GAME OF THRONES. Deux rôles qui semblent ne rien avoir en commun mais qui se répondent pourtant un peu comme un écho…

    Concernant ce James Bond, je le trouve formidable, l’un des meilleurs vraiment (en plus on y parle de la Corse donc je ne pouvais rester insensible^^). Mais il est aussi un peu maudit. Effacé de la mémoire collective ? La faute à Lazenby ? Personnellement, je trouve qu’il manque affreusement de charisme. Il n’a rien à faire là, et il me dérange à chaque fois que je revois ce très bon film. C’est vraiment dommage car le pauvre Peter Hunt ne méritait pas ça. Celui qui a petit à petit franchi les paliers pour, enfin, devenir réalisateur à part entière sur la franchise, a pourtant livré un travail de qualité. Tant pis pour lui… Et adieu Lazenby !

    Anecdote : durant mon adolescence j’étais un grand fan de THE AVENGERS. en particulier des époques Diana Rigg et Linda Thorson. Les « Avengers girls » ont eu la chance d’apparaitre dans des James Bond. Diana Rigg et Joanna Lumley dans ON HER MAJESTY’S SECRET SERVICE (deux Avengers girls dans le même film !!) et Honor Blackman dans GOLDFINGER bien sûr. Sans oublier Patrick Macnee dans A VIEW TO A KILL.

    J’adorais Patrick Macnee…

    Merci pour cet article.

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    • Merci pour ce vibrant retour !
      Je pense que la disparition de Diana Rigg ne laissera aucun amateur de « Chapeau Melon et Bottes de Cuir » insensible en effet. Elle restera comme la plus mythique des Avengers girls, une Natasha Romanov avant la lettre en quelque sorte. 😉
      J’avais oublié que McKnee avait lui aussi participé à un 007. C’est une main tendue entre ces deux franchises britanniques qui vaut bien mieux que la piteuse adaptation hollywoodienne.

      Concernant OHMSS, nous nous retrouvons. Lazenby et son melon manque de charisme c’est sûr, il ira même jusqu’à saboter la sortie du film en se prenant pour un hippie, militant pour la non-violence ! Il entraînera hélas dans sa chute le pauvre Peter Hunt qui ne démérite aucunement sur cet épisode, signant des scènes d’action parfaitement rythmées, très bien montées.

      Mais dis-moi, ton Bond préféré, ce doit être « on ne vit que deux fois »? 😉

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      • C’est vrai je n’avais pas fait le rapprochement avec Natasha Romanov.

        Mon Bond préféré ? Aaargh. Je me suis posé 100 fois la question, impossible de répondre. Je les aime tous en fait. Oui, même les moins bons (d’aucuns diront les mauvais), j’arrive à trouver quelque chose de positif dedans et ça suffit à mon bonheur de fan : la cascade sur le téléférique dans MOONRAKER, la chanson et la James Bond Girl qui change de perruque à chaque scène dans DIAMONDS ARE FOREVER, etc. Allez, si je devais en choisir un ce serait peut-être GOLDFINGER… Et toi ?

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        • Dans les derniers, je dois avouer que « Skyfall » me séduit beaucoup.
          J’ai grandi avec les épisodes Moore et je me souviens que, quand j’étais enfant, je fantasmais totalement sur « Rien que pour vos yeux », découvert uniquement par les photos publiées dans la presse. Je crois n’avoir vu mon premier Bond en salle qu’à partir de « Octopussy ». En tous cas, deux épisodes pas terribles finalement, alors que je me suis passé et repassé plusieurs fois « L’espion qui m’aimait ».
          Si on remonte à la première époque, je suis très fan de « Goldfinger » (« do you expect me to talk ? – No Mr Bond, I expect you to die ! » j’adore), mais aussi de « Bons Baisers de Russie », le seul que j’ai lu pour le moment aussi.
          Et côté chanson, je crois bien que ce « We have all the time in the world » emporte tous mes suffrages (Nancy Sinatra avec « You only live twice » pas loin derrière), y compris cette version :

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          • Je ne connaissais pas cette version. Mais quelle superbe chanson quand même… Comme beaucoup de génériques de Bond. On dira ce qu’on voudra au sujet de cette franchise, mais c’est l’une des rares à avoir gardé un certain niveau de qualité à travers les âges et les générations. Peut-être parce que c’est resté entre les mains des mêmes familles : Saltzman/Broccoli puis Broccoli/Wilson. Ça crée une vraie continuité. Une exigence.
            J’aime les Bond que tu as cités – ai-je déjà dit que je les aimais tous ? 🙂 Mais pour revenir aux titres récents, comme tu parles de SKYFALL, je dois dire avoir une nette préférence pour CASINO ROYALE. J’adore son atmosphère, son élan de modernité, la chanson, Craig, Mads (que je ne connaissais pas à l’époque, j’ai rapidement récupéré ses premiers films après !), la partie de poker, l’action du pré-générique, etc.

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            • Martin Campbell, à l’instar de Peter Hunt dans OHMSS, est un excellent réalisateur d’action, et son travail de modernisation de l’agent sur Casino Royale, qui se débattait à l’époque entre deux autres JB (Jack Bauer et Jason Bourne) est assez remarquable je le reconnais.
              Mais je reste très impressionné par le visuel de Deakins sur Skyfall et le travail de synthèse mené par Mendes. Il sera moins probant dans SPECTRE.

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  2. J’avais complètement oublié que Diana Rigg avait joué dans un James Bond. Personnellement, ce n’est pas mon Bond préféré, mais il faudrait que je le regarde de nouveau. Je ne m’en souviens plus beaucoup… Merci pour cet article.

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    • Il a longtemps fait partie également de ces épisodes de second rang pour moi aussi. Jusqu’à ce que je le revoie.
      Certes Lazenby est un 007 plus proche d’un OSS par la carrure, tout en cultivant quelque chose de l’animalité de Craig. Il annonce d’ailleurs cette dernière période à bien des égards, faisant référence aux origines écossaises de Bond, comme dans Skyfall. Et puis l’histoire d’amour avec Tracy annonce celle de Bond avec Vesper dans Casino Royale.

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  3. Bel hommage à Diana Rigg.
    Tu me donnes envie de revoir ce ‘Au service secret de Sa Majesté’.
    J’ai revu il y a quelques jours ‘Casino Royale’. Celui avec David Niven, Peter Sellers et Woody « Jimmy Bond » Allen. Pas mal comme friandise. Sans doute le film rattaché au personnage de James Bond le moins connu et le plus difficile à visionner (pas d’édition vidéo récente à ma connaissance). Mais heureusement il y a des blogs qui le permettent. 🙂

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  4. Chouette chronique, encore, pour un Bond que j’apprécie particulièrement et qui rendait notre James Bond un peu plus humain. Lazenby s’en sort très bien dans le rôle titre parce que passer après Sean Connery n’était pas facile. Se glisser dans la peau d’un personnage créé à partir de l’acteur qui finira par l’incarner n’est pas chose aisée.Sans parler de l’érotisme de certaines scènes…

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    • L’érotisme était une composante essentielle aux yeux de Fleming, un écrivain pas très me-too, il faut bien le reconnaître. Les films EON reprennent cet ingredient à leur compte et le décline au fil des années sans jamais céder à l’indécence
      Tu es généreux avec Lazenby. C’est vrai qu’il n’était pas aisé de passer derrière Sean Connery. Celui-ci se chargera de faire oublier l’affront du pré-générique en revenant voir si « les diamants sont éternels ». Et Lazenby de disparaître des écrans.

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  5. Excellent article. Je n’ai qu’un seul James Bond dans ma vidéothèque et c’est celui-là! Beaucoup pour Diana Rigg… De Chapeau melon et bottes de cuir (dont j’attendais les épisodes avec impatience) à Game of Thrones, elle est inoubliable…
    Bonne fin de journée, Princecranoir!

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    • Bonsoir Francine,
      Il fallait bien ce Bond pour rendre hommage à la regrettée Diana Rigg. Actrice formidable en effet, que j’ai revue avec bonheur hier soir au côté du succulent Patrick McKnee dans un épisode délirant et haut en couleur des Avengers (« Remontons le temps », je le conseille vivement à tous les amateurs d’absurde).
      Je comptais garder cet article pour la Noël, histoire de passer les fêtes dans un hôtel perché sur un somment des Alpes suisse en compagnie de 007 et de son meilleur ennemi (n’oublions pas l’excellent Savalas qui ne tardera pas à jouer le Diable en personne dans un très bon Mario Bava dont j’ai déjà vanté les mérites sur le Tour d’Ecran). Et puis la mort en a décidé autrement.

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    • Tracy tient le volant, tu as raison. Diana Rigg est dans ce Bond à l’image de la pétillante et indépendante Emma Peel, une femme d’action qui ne s’en laisse pas conter… mais qui succombe au bel agent qui a le permis de tuer.
      Un très beau James Bond, doté d’un musique sublime qu’il suffit de fredonner pour avoir envie d’y revenir.

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  6. Ta plume majestueuse n’est pas un secret et se montre toujours au service de son sujet ! Tu réhabilites à merveille un Bond incompris en son temps mais considéré depuis comme l’un des meilleurs de la saga. Un opus en forme de « pas de coté » (comme, plus tard, les excellents « Permis de tuer » et le dernier « Casino Royale »), avec un final tragique mémorable et un plus qu’honorable George Lazenby (un comédien sous-estimé, également remarquable dans le giallo d’Aldo Lado « Qui l’a vue mourir ? »).

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    • Merci pour ces éloges ! Je ne fais qu’accomplir ma mission. 😉
      « Un pas de côté », c’est une jolie formule qui convient merveilleusement à ce Bond charmant, un trublion qui joue des coudes dans la période Sean Connery. Je trouve qu’il anticipe étonnamment la période Craig, son énergie, son romantisme. Ceci dit, Lazenby n’est peut-être pas le meilleur des Bond, loin s’en faut. Moins animal que Craig, moins racé que Connery, moins élégant que Brosnan, moins aristocratique que Moore, moins ténébreux que Dalton. J’imagine qu’il est bien plus à sa place dans le giallo de Lado.

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  7. Quelle tristesse la mort de Diana Rigg! Une actrice merveilleuse moins pour son rôle de Bond girl (j’ai vu celui-là il y a très longtemps et il ne m’avait pas laissé un souvenir inoubliable) que pour sa prestation dans Chapeau melon et botte de cuir.

    Cette série est tout simplement incroyable et Rigg y est … merveilleuse. Contre toute attente, elle est moins connue en Angleterre qu’en France.

    Mon épisode préféré ? A touch of brimstone pour des raisons évidentes pour celui qui l’aura vu.

    Très beau post, très touchant, comme d’hab 😉

    (PS : les costumes, c’est Saville Row, pas Road)

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    • Quel coup d’œil d’expert ! Merci, je m’en vais corriger cette erreur sans tarder.
      Je pensais que Mrs Peel était tout aussi célèbre chez la Reine que chez nous. C’est donc le chapeau melon qui tire la couverture si je comprends bien.

      Son rôle dans un Bond fait un peu office de de de continuité avec la série, elle y retrouve ce tempéramment de femme d’action et de caractère.

      Je pars en quête de cette « touch of brimstone » qui vient piquer ma curiosité.

      Merci encore. ☺️

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      • Si tu as l’occasion de voir A touch of brimstone, précipite toi ! Il semble – à en coire Wikipedia – que ce soit l’épisode le plus regardé de toute la série et que ce soit Mrs Rigg elle-même qui a dessiné les costumes, ce qui est, au vu des-dits costumes, absolument sidérant. En tout cas enjoy si tu en as l’occasion 🙂

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    • Un peu pataud parfois le Lazenby, mais il annonce le physique massif de Daniel Craig je trouve.
      C’est une des plus divines James Bond Girls qui s’en va rejoindre son Steed. On n’oubliera pas son tempérament féroce et son extravagance british.
      Le méchant en or, c’était plutôt Gert Fröbe, non ?

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  8. Bonjour Princecranoir, la disparition de Diana Rigg il y 3 semaines m’a foutu un choc. Je ne me lasse de la revoir dans Chapeau melon et sinon, ce James Bond se laisse tout à fait regarder. Le scénario et la réalisation sont très honorables. Merci pour cet hommage à Diana. Bonne après-midi.

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    • Bonjour Dasola,
      Un Bond qui doit beaucoup à sa présence, bien plus à mes yeux qu’à celle de l’anecdotique George Lazenby. Un épisode émouvant et magnifiquement enrobé dans la chanson de Louis Armstrong. We have all the time in the world…

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  9. L’oeuvre complète « James Bond » est inspirante, la période d’après guerre fut fertile en innovations en tout genre, y compris dans le cinéma. Le héros de cette saga, si on peut l’appeler ainsi, a un côté très « dark » j’ai envie de dire, pour pas dire autre chose. Peu importe qui l’interprète, c’est un agent au service de Sa Majesté qui ne s’embarasse pas tant que ça de certaines questions éthiques, pour lui le plus important étant de passer pour le sauveur du bordel. Forcément, il y a toujours un gros méchant, bien plus mauvais que lui, un destructeur. Mais, au fond, le personnage de Bond, très narcissique, peut paraître énervant par moment. Aujourd’hui, il agacerait plutôt par sa brutale masculinité, c’est sûr. Mais il reste finalement très attachant, et j’ai du mal à dénigrer les acteurs qui l’ont peu joué au détriment des grands. L’exploit de ne jamais trop décevoir à chaque nouveau film, de se renouveler, et d’attiser la curiosité des « fans » est réussi, je trouve. Je n’ai pas tous les noms en tête, mais certaines « JB girls » m’ont cependant déçu quelque peu, surtout dernièrement, mais bon il y a eu plusieurs françaises au total, et des talentueuses. A noter a contrario les bonnes impressions que m’ont laissées au début des années 80 par Carole Bouquet (« Rien que pour vos yeux ») et Kim Basinger (« Jamais plus jamais »). Bref, les scénarios de ces films sont souvent extravagants, mais c’est ça qu’on aime, il faut une forte touche humoristique pour que les meilleurs épisodes soient réussis. Et guerre froide ou pas, les ressorts seront toujours là. L’idée de départ d’un type classe, nonchalant, et assez malin, qui casse le jeu de quilles machiavélique de l’adversaire omnipotent et fou, est assez délirante dans tous les sens du terme. James Bond, ça se regarde avec un whisky, quand on est grand ou bien petit. « Moonraker », « Goldfinger », « Octopussy », « Dangereusement vôtre », « On ne vit que deux fois », « L’homme au pistolet d’or »… que des titres qui font rêver, et je me souviens d’un jeu sur N64 pour l’anecdote… salut, ô prince de l’écran noir !

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    • Salut à toi 😀
      Et merci pour ce retour foisonnant et pertinent. Tu décortiques à merveille le personnage, un agent romanesque à souhait. Les films l’ont propulsé au firmament de la célébrité, interprète après interprète, mais n’oublions pas qu’il y a dans le 007 un bon morceau d’ADN de Ian Fleming. Cet ex espion replié à la Jamaïque a mis beaucoup de ses fantasmes dans le personnage, plus ou moins fidèlement retranscrit selon les acteurs et selon les scénarios. Lui avait un faible pour David Niven qui n’incarnera Bond que le temps du film à sketchs humoristique « Casino Royale ». Pas de français ou de françaises dans cet épisode à ma connaissance mais tu as raison de souligner leur régulière présence dans la franchise, signe d’une proximité entre le MI6 et notre pays. Quant aux titres délirants, ils sont en effet plein de promesses, en grande partie tenues par « Au Service Secret de sa Majesté ».

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      • Je ne peux qu’être d’accord avec toi sur l’importance de la création originelle, ou originale, quel mot est le plus approprié je ne sais pas, peu importe. Mais ce qui est intéressant dans tes articles c’est que tu parles, en général, des réalisateurs, producteurs, ou scénaristes, en racontant des trucs dont le spectateur lambda comme moi n’a pas connaissance. Moi c’est le côté « derrière l’écran » que je cherche à connaître à travers tes articles. En particulier. Mais nombreux sont ceux qui te suivent et commentent, et tous n’ont peut-être pas la même attente. De toute façon, je ne les ai toujours pas tous lu encore, la vie quotidienne prenant le dessus sur le reste bien souvent. C’est comme pour les bouquins que j’ai acheté ces dernières années, ils n’ont pas tous été ouverts! Sinon, merci si tu as trouvé bien mon com, mais bon ça sort comme ça 😉 j’ai toujours eu une attirance irrationnelle pour ces films, je sais pas, c’est comme pour « Arsène « Lupin », ce serait trop long à analyser, « Fantomas » aussi évidemment, si je cherche je suis sûr que je trouverais des correspondances, mais ce n’est pas forcément nécessaire d’analyser ce genre de choses… un dernier mot pour Diana Rigg, on est obligé de la sur-kiffer quand on a bien connu Emma Peel. Je retourne à mes impératifs, salutations.

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        • Eh bien je suis très heureux d’avoir pu t’apporter quelques éclairages de « derrière l’écran ». C’est vrai qu’ils permettent parfois de mieux comprendre une œuvre, d’en apprécier différemment les qualités. Dans le cas des films de Bond, il s’agit avant tout de divertissements grand public, les aléas de production apportent un peu de piment supplémentaire à leur vision. Reste l’efficacité et le brio de certains réalisateurs, scénaristes ou acteurs (ici, c’est une véritable équipe de talents qui œuvrent régulièrement sous la bannière EON production), recette déclinée sous d’autres franchises en effet, avec plus ou moins de bonheur.
          Diana Rigg nous manque déjà.
          A bientôt.

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