La GRANDE ILLUSION

Lotte hat blaue Augen

« Je me leurrais sur la puissance du cinéma. « La Grande Illusion », malgré son succès, n’a pas arrêté la Deuxième Guerre mondiale. Mais je me dis que beaucoup de grandes illusions, beaucoup d’articles de journaux, de livres, de manifestations, peuvent avoir une influence. »

Jean Renoir, Ma vie et mes films, 1974.

« Tous les démocrates du monde devraient voir ce film. »

Franklin Delano Roosevelt.

« Lotte a les yeux bleus ». La petite fille est mignonne, la scène est émouvante, le cadre rassurant et chaleureux. C’est bientôt la Noël. L’harmonie entre les hommes, la concordance des langues, tout cela est possible, imaginable tout du moins sur un écran. Lotte a les yeux de la couleur du drapeau de l’union, celles des Européens, une idée qui n’existe alors que dans les rêves des humanistes les plus convaincus, des pacifistes les plus ambitieux. Elle est « la Grande Illusion » à laquelle s’accrochent Jean Renoir et Charles Spaak dans un film magnifique, essentiel à la construction d’une paix possible entre les hommes de bonne volonté.

La guerre, Jean Renoir, il connaît. Il a connu la Grande. Sa démarche boiteuse, souvenir d’une patrouille qui a mal tourné sur les hauteurs d’Orbey, en atteste. Il en a conservé un dégoût franc et massif, une répugnance qui l’incite à s’écarter du front, à prendre de la hauteur. Voilà qui tombe à pic puisqu’il était aviateur, une arme envers laquelle il a tout de même conservé une certaine reconnaissance. Comme d’autres vétérans reconvertis dans le septième art, Renoir fera lui-aussi son film de guerre, son vibrant appel à la der des ders, mais pas question pour cela de retourner au front, pas question de déterrer « les Croix de Bois ».

« Bien des amis qui ont eu la gentillesse de s’intéresser à mon travail sur « la Grande Illusion » m’ont dit qu’ils avaient préféré entendre parler de simples officiers prisonniers rassemblés par le malheur des temps dans une petite chambre, et qu’à travers ces conversations ils avaient mieux vu la guerre que si on leur avait présenté des grandes charges à la baïonnette et des prises de tranchées. » disait-il à l’occasion de la sortie de son film suivant. Pas d’explosions, pas de canons, pas plus de travellings filant à toute allure entre les trous d’obus qui parsèment le champ de bataille : dans « la Grande Illusion » la guerre est loin, au-delà des hauts murs et des barbelés qui retiennent les soldats prisonniers, qui les empêchent d’y retourner. Car elle est toujours là, solidement installée dans les têtes.

Pourtant on y mange bien (grâce aux colis envoyé par la famille Rosenthal), on s’y amuse et on s’y fait des copains dans le kriegsgefangenenlager de Hallbach où débarquent le lieutenant Maréchal et le capitaine de Boëldieu. Ces deux-là ont eu le malheur de croiser le Focker de von Rauffenstein qui n’aura fait qu’une bouchée de leur vieux Caudron qui sentait l’huile de ricin. Le pilote s’en tire avec le bras en écharpe, l’officier supérieur sans même une brûlure au képi. Avant leur transfert au camp, ils auront l’honneur de partager la table de l’ennemi : certes la guerre est faite pour que l’on s’entretue, mais « on peut la faire poliment » comme le fait remarquer à un sous-officier zélé le distingué capitaine de Boëldieu.

On note tout de même une pointe de dédain de la part du junker (au fort accent américain, Erich Von Stroheim ayant fait toute sa carrière à Hollywood) envers ce Maréchal de plus basse extraction. Certes la guerre abolit les frontières entre les hommes, elle n’en efface pas pour autant les différences de classes. Boëldieu et von Rauffenstein devisent en français, en anglais ou en allemand, ensemble ils parlent la même langue, « leur patrie c’est leur classe » remarque avec une pointe d’ironie le caustique Jeanson dans un article du Canard Enchaîné. L’accent titi de Maréchal fleure bon le troquet des arrondissements populaires, là où de Boëldieu confesse une préférence pour les tables de chez Maxim’s (doux nom qui sonne comme un fabriquant de mitrailleuses). Mais dans l’esprit du réalisateur, le premier a l’avenir devant lui, tandis que l’autre sait parfaitement que le monde ne suit plus la même règle du jeu.

Renoir avait d’abord pensé à Jouvet, mais c’est finalement le succulent Pierre Fresnay qui enfilera la peau de bique du chevalier du ciel à la noble particule, un vêtement qui rend hommage à coup sûr au brave commandant Louis Bossut sous les ordres duquel servit le réalisateur. Quant à Gabin, il était de la partie dès le début. Il a même aidé à monter ce projet qui n’intéressait pas un producteur. Il faut croire qu’une certaine idée d’un rapprochement entre les nations à l’heure de l’avènement du troisième Reich pouvait sembler très incongrue. S’ajoute de surcroît la présence d’un juif dans la distribution, le grand Dalio qui partageait l’affiche de « la Bandera » avec Jeannot. Il n’en faudra pas plus pour que Céline se fende d’un pamphlet haineux, et que Goebbels désigne le film comme « l’ennemi cinématographique numéro un ». Il faut gagner l’éden suisse, mais une cheville foulée prouve que cette « grande vadrouille » n’est pas franchement à la rigolade. « Les juifs, j’ai jamais pu les blairer ! » laisse éclater dans un coup de sang le personnage joué par Gabin. L’antisémitisme enfoui remonte brutalement à la surface, Renoir n’a nullement l’intention de le balayer sous le tapis. Mais tout sera vite effacé par le remords, l’esprit de camaraderie sortira vainqueur des ignobles préjugés.

Maréchal et Rosenthal vont finir d’oublier la guerre auprès d’Elsa, la veuve fermière du Wurtemberg qui désormais élève seule sa fille Lotte. Cet épilogue montagnard est parfois négligé, voire boudé au regard du reste. Il est pourtant précieux et nécessaire car il constitue sans doute sa part la plus émouvante et la plus belle. Le film de guerre se débarrasse de ses derniers oripeaux, de ses uniformes (Renoir avait d’ailleurs prêté le sien à Jean Gabin), de ses casques à pointe, de ses frou-frous de cabaret qu’on enfile en faisant semblant d’être une meneuse de revue, de ses chansons populaires et de ses hymnes nationaux, du bruit des bottes qui martèlent la cour. « La femme, longtemps attendue, intervient enfin : sans elle, un film de Renoir ne peut trouver sa vraie dimension. » écrivait très justement Claude Beylie dans la revue Cinéma d’Aujourd’hui. La blonde Dita Parlo sera cette hôtesse providentielle (cela lui vaudra d’ailleurs des ennuis avec la Gestapo, pour avoir « osé laver les pieds du juif Dalio »).

Il est fini le temps de jouer aux soldats (l’un d’eux tente bien de passer une tête par la fenêtre mais il est vite congédié par la maîtresse des lieux), les deux évadés retrouvent goût à la vie civile, à la coupe du bois, à l’entretien de l’étable, à l’apprentissage de la langue. La romance est ici des plus pudiques, l’apprivoisement se fait avec délicatesse, à pas timides et mesurés. La petite fille servira de cause commune, une invitation au bonheur, la promesse d’un retour quand la guerre sera finie. Renoir se berce d’illusion, la suite de l’Histoire jouera contre son film. « Lotte hat blaue Augen » : la pauvre petite ne verra même pas le film, emportée par la grippe avant le jour de sa sortie sur les écrans. En ce qui concerne la guerre, tout le monde sait ce qui s’ensuivit. « Il y a des cadavres entre « la Grande Illusion » et nous » écrira encore Jeanson.

48 réflexions sur “La GRANDE ILLUSION

  1. Encore une fois, un excellent article sur le cinéma d’avant-guerre (la 2ème) qui révèle entre autres choses des rapports de classe dépassant les frontières et un antisémitisme déjà bien présent avec un Céline déjà en pleine forme et un Goebbels préparant déjà certainement sa nuit de;Cristal après un bel autodafé de 1933.
    En tous cas, j’ai adoré revoir récemment « La belle équipe » (1936) avec Gabin. ce ne que le début d’une longue suite.

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    • Ah « La Belle Equipe », autre scénario de Charles Spaak qui avait aussi proposé « la Grande Illusion » à Duvivier.  » Votre histoire
      de soldats ne m’intéresse pas du tout… Vous perdez la raison ? » aurait-il rétorqué à Spaak. Duvivier avait déjà réalisé « la Bandera » avec Gabin. Il avait eu sa dose de militaires sans doute. 😉
      Il faut le lire pour le croire, ce que vomit Céline à propos du film est ignoble. C’est un déferlement sur des pages et des pages de propos judéophobes immondes. Une époque sans filtre, dans laquelle ce film apparaît comme un joyau d’humanisme, un formidable espoir d’union des peuples et de concordance des langues (Stroheim, dans ses conversations avec Fresnay, passe à tout instant de l’allemand au français puis à l’anglais).
      Mais comme le dit Renoir dans la citation que j’ai publiée en préambule, cela ne suffira pas à empêcher une nouvelle tragédie.

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  2. Merci de cette critique, qui me fait réaliser que je n’ai jamais vu de Renoir, y compris celui-ci en dépit de sa réputation de « Grand classique français ». La vérité c’est que je n’ai jamais apprécier Jean Gabin (notre John Wayne national), ni les films de guerre, alors forcément je me dis que cette « grande illusion » ne m’est pas destiné.

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    • La guerre est loin dans « la Grande Illusion », comme l’explique d’ailleurs Jean Renoir. Suffisamment pour créer l’espoir d’une concorde, d’un respect mutuel entre les belligérants. C’est un film qui fleure bon le front populaire, dont la valeur se mesure à l’aune de l’exécration qu’en avaient les fascistes.
      Quant à Gabin, il trouve sans doute là un de ses plus beaux rôles. Gabin n’a pas grand chose d’un John Wayne, si ce n’est peut-être la carrure dans le paysage cinématographique français. Il était un vrai patriote (il s’est engagé dans les force de la France Libre pendant la seconde guerre), en même temps qu’un humaniste qui travaillera à plusieurs reprises avec Renoir, avec Duvivier (le formidable « la Belle Equipe » que Spaak avait aussi proposé à Renoir), j’en passe. Et puis Gabin, c’était une voix.
      Un visionnage s’impose !

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      • Oui je sais qu’il a fait la deuxième guerre, à la surprise général d’ailleurs puisqu’il était déjà immensément connus à l’époque, que ça semblais inconcevable qu’une « star » puisse mettre ainsi sa vie en jeu. Sa femme du moment, Marlene Dietrich était d’abord réticente, elle voulais qu’ils fondent une famille ensembles et craignait que la guerre ne les séparent à jamais sans parler bien sûr de son horloge biologique. Mais la détermination de Gabin, son sens du patriotisme que j’appellerais davantage « héroïsme », finira par déteindre sur elle et la convaincre de s’engager aussi en tant qu’infirmière. Pour revenir à ma comparaison entre Gabin et Wayne, je trouve qu’il se ressemble dans leurs nationalisme, leurs manière de jouer qui est assez monolithique on va pas se mentir et leurs désarrois face au changement sociétal qui se produisait sous leurs yeux (Mai 68 pour l’un, nouvelle Hollywood et mort du Western classique pour l’autre). Pas la même carrière évidement, mais un tempérament similaires.

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        • Eh oui, Gabin avec une Allemande. N’était-ce pas un bel exemple de communion européenne telle que l’appelait de ses vœux cette « Grande Illusion »?
          J’ai tendance à envisager le Duke comme nettement plus réactionnaire que Gabin (pas sûr que Gabin ait la même répulsion du communisme que Wayne après avoir tourné avec Renoir). C’est aussi une autre culture, un autre pays. Quoi qu’il en soit j’aime les deux acteurs, car ils nous ont tous les deux laissé des rôles magnifiques dans quelques films magistraux.

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    • « La Grande Illusion » c’est l’antichambre de « la Règle du Jeu », avec les illusions en plus peut-être : même peinture d’une classe sociale en déliquescence, mais la résignation face au « tout le monde a ses raisons ».
      Voilà un autre grand Renoir qu’il me faut revoir de toute urgence.

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  3. Aux armes citoyens !
    Lotte a les yeux bleus, Isabelle également d’après les inconnus.

    ‘L’œuvre de Renoir brouille toutes les cartes elle nous enseigne à ne plus rien juger, à comprendre qu’on ne peut rien comprendre.’
    François Truffaut, Arts, 8 octobre 1958.
    Magnifique film, voire + et affinités.

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  4. Ah oui, tu dis la Noël, comme les vieux ? J’ai ri.

    Renoir pensait arrêter la deu… seconde guerre mondiale ? Il est mignon. Hélas oui, il surestimait le pouvoir du cinéma.
    Mais ce film, quelle leçon !

    Je me souviens de cet échange entre Gabin et Fresnay au moment où ils se séparent, respectueux et gênés, ils ne savent quoi se dire en se serrant la main :
    (de mémoire…) :
    – Maréchal : il y a des moments dans la vie mon Capitaine…
    – De Boëldieu : évitons-les je vous prie.
    ça me fiche le frisson à chaque fois.
    Et la Marseillaise, aussi émouvante que celle de Casablanca.

    Bon je dois admettre que Carette et sa gouaille me tapait un peu sur le haricot.

    « J’essaie de faire des films intelligents, mais pas un, je le sais, n’arrive à la cheville de “La grande illusion”. Woody Allen.

    Frrrrou frrrrou…

    Tu es fâché avec les « de » ?
    pas plus travellings
    les tables chez Maxim’s

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    • Eh ouais, je trouve que nos anciens avec la classe quand ils causaient comme ça. ça me fait penser à la gouaille de ce cher Renoir quand il racontait à la radio qu’il n’aimait pas l’école et qu’il avait obtenu ses diplômes « par hasard » : « Je ne restais jamais plus de deux trois mois dans un collège parce que je m’y ennuyais et mon père trouvais extrêmement normal que je m’en allasse. »
      Pour un type qui n’aimait pas les études c’est tout de même une belle leçon d’imparfait du subjonctif !

      Magnifique moment que ces adieux entre les deux frères d’armes que leur condition sociale condamne à ne jamais être du même monde. Un superbe dialogue qui se livre pendant une séance de nettoyage des gants blancs, accessoires indispensable pour de Boëldieu avant son dernier rendez-vous avec Rauffenstein.

      Carette de poisson/sonde lunaire/nerfs à vif ? 😀

      « Parrrr son jupon la feeeemme, de l’homme trrrrouble l’âaaame…. »

      Je vais corriger ça en moins de de. 😉

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  5. Dans ce cas, je dirais plutôt la Nowel. Hauts de France inside.

    En moins de de… 😆you make my day.

    Et pour le dialogue, si tu as revu le film, j’ai bon ou bien ?

    Rien capté à ton : Carette de poisson/sonde lunaire/nerfs à vif ? 
    Pourtant j’ai cherché.

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    • – Ecoutez, quoiqu’il arrive, je voudrais tout de même que vous sachiez que…
      – Mais, je ne fais rien pour vous personnellement. Ce qui nous dispense de nous attendrir.

      Maréchal reste interdit face à cette réponse, puis tente à nouveau :
      – Y a tout de même des moments dans la vie, mon vieux,…
      – Evitons-les voulez-vous.

      Lui rétorque le plus gradé dans un sourire, tout en continuant à se rincer les gants.

      Bonne mémoire.

      Par contre, tu as tout oublié des marabouts d’ficelle de Carette. 😉

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      • Ah merci. C’est sublime et je trouve toujours Boeldieu particulièrement dur face à Maréchal prêt à lui rouler une pelle. Et il était encore plus que très largement comestible notre Jeannot. Mais pas aussi confortable que John Wayne 😆(j’ai revu Rio Lobo).

        Ah oui, pas surprise d’avoir zappé le Carette. Vraiment il m’insupporte.

        P.S. : je serais d’avis de bannir les gens qui nont pas vu La grande illusion et qui n’aiment pas Jean Gabin. Qu’en penses tu ? 🤣
        Je n’oublierai jamais sa…crise de nerf/colère/désespoir dans Le jour se lève. Frissons garantis.

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        • Jeannot se fait tout petit face à Fresnay, mais je te l’accorde, une vraie gueule d’amour.
          Et l’année suivante, il susurrait dans le cou de la Morgan l’inoubliable « t’as de beaux yeux tu sais… » Et « le jour se lève », sans doute mon Carné préféré (avec l’impayable « Drôle de Drame »)

          Le Duke dans « Rio Lobo », c’est pas ce qu’il y a plus vif. J’ai toujours trouvé ce dernier Hawks particulièrement poussif. Je le préfère encore en sheriff borgne chez Hathaway.

          T’es dure avec Carette. Il y a aussi son formidable numéro de « si tu veux faire mon bonheur, Margueriiiiiteu, Margueriiiite,… » 😀

          Laissons leur une chance de se racheter. 😉

          Quant à « la Grande Illusion », c’est encore Jean Renoir qui en parle le mieux :

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  6. Un très grand film sans aucun doute. Très bel article Princecranoir , émouvant, je souscris à tout tes louanges. J’ajoute que, puisque tu insistes sur la fin du film, les scènes des adieux et l’air tu temps antisémite, que je me souviens avec une certaine tendresse a la scène ou Maréchal, dans les Alpes autrichiennes dit au revoir à Rosentahl avec un « Salut sale juif » empreint d’une tendresse infinie et qui lui n’a absolument rien d’antisémite et m’avait vraiment touché quand je l’avais vu (il y a quelques années).

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    • « Au revoir vieille noix » lui répond Rosenthal lors de cette embrassade amicale et sincère. Une très belle image, sous le sapin, qui clôt la parenthèse de paix vécue chez Elsa, dans la montagne. Ces doux moments loin de la guerre sont précieux dans le film, en présence de la petite Lotte « aux yeux bleus ». Une touche couleur du ciel qui se perd dans le gris des évènements à venir, mais qui restera à jamais dans la tête des défenseurs de la paix.

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    • N’est-ce pas.
      J’ai vu « la Cible vivante » il y a quelques années, premières armes d’un Anthony Mann qui n’y fait pas encore montre de son immense talent dans mes souvenirs (il faut que j’aille lire ton article pour me le remettre en mémoire). Stroheim reste évidemment magistral, comme il l’est ici, dans « la Grande Illusion », ou après la guerre dans le génial « boulevard du crépuscule ». Sans doute le plus américain des acteurs/réalisateurs allemands. Il a fait toute sa carrière à Hollywood, s’est formé au côté de Griffith, apparaissant dans ses films comme soldat prussien (dans « Cœur du monde » notamment)
      C’est assez curieux d’ailleurs de l’entendre dans « la Grande Illusion » parler français avec l’accent américain et non allemand.

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  7. Ah Renoir. Il a ramené la coupe à la maison 🤣
    La politesse n’excuse pas le massacre…
    Il cause bien (aventure navrantre de la guerre…) mais finalement i cause comme Carette🙂 (voix pointue, accent titi). Tu auras beau faire, Carette, je coince. Sa voix et sa facon de se tenir, à demi bossu. On dirait un vieux pervers.

    Et toi tu es dur avec Rio Lobo. Pas vif, pas d’accord, il y a quand même l’attaque du train par les frelons, la défense de la ville, la bagarre du saloon etc… Et de belles relations entre 2 hommes jadis ennemis comme dans La grande illusion finalement et comme dit Renoir (ya pas de hasard) une guerre de gentlemen.
    Et un bien beau personnage de femme qui part avec deux hommes qui la traitent avec tendresse même si forcément, un d’eux tombera amoureux.

    Tu es magnanime.

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    • Eh oui, très fier de ce prix acquis à Venise.
      Ça n’empêchera pas les fascistes italiens de faire appel à lui pour tourner « Tosca » (il ne le terminera pas et quittera l’Italie juste avant le déclenchement de la guerre).
      J’adore quand Renoir parle. C’est le vieux Paris qui chante, bon comme du bon pain, mais « une main de fer dans un gant de velours » disait Fresnay.
      Je crois que Carette, c’est cause perdue pour toi.

      « Rio Lobo » c’est poussif, y compris l’attaque du train. Désolé. Hawks a fait tellement mieux avant. Revois Rio Bravo.

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      • Ah mais Rio Bravo c’est 100 coudées au dessus. On ne compare pas mais le Lobo fut un vrai plaisir.

        Ah oui, pis pendant que je te tiens, j’ai toujours trouvé que Madame Morgan jouait comme une patate. C’est pas parce qu’on a des yeux de chat qu’on est une grande actrice. Et pour tout te dire (on se dit tout non ?), j’aime pas la scène des T’as d’beaux yeux. Elle ne l’aime pas et elle regarde ailleurs. Peut-être aurait elle préféré Carette (à moules).

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        • 😂
          Vas-y balance !
          « Quai des brumes » reste un beau film, mais j’aurais tendance à te rejoindre (tu as tout de même tendance à voir des tubercules partout). Michèle Morgan faisait très « beauté froide ». De toute façon, à l’époque, y a pas mieux que DD. 😉

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          • Ah oui tu trouves que j’abuse des féculents ? Je vais surveiller ça.
            J’aime aussi Le quai des brumes mais franchement, cette scène vaut pas tripette. On y croit pas un instant à la romance. Et la beauté froide semble complètement ailleurs.
            Et DD est bien plus jolie mais c’est vrai que les yeux bleus de MG ont tendance à hypnotiser.
            Le film où je l’ai appréciée … bon ben ma mémoire me joue des tours… celui où elle est mariée à Bourvil et celui où elle a chaud devant Gérard Philippe (je comprends).

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  8. En tout cas, quel bel article ! Je dis  » en tout cas » car j’ai un peu honte. Je ne connais pas vraiment Renoir, pas vu ce film, non plus. Enfin tu comprends comment je me sens nunuche. D’autant plus, que maintenant tu m’as donné très très envie de le voir, je ne sais même pas comment me le procurer 🤔
    Tu peux m’esspliker steuplait Princecranoir ?
    Grand MERCI à toi 🙏

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