La PISCINE

Vers le bleu

« Je décide de demander à Jean-Claude Carrière, le scénariste de Pierre Etaix, de Bunüel, de Louis Malle, d’écrire le script. Qui peut mieux que lui, me semble-t-il, traduire l’ambiguïté des personnages dans ce huis-clos. Il me donnera plus : je découvre, très vite, un merveilleux complice. »

Jacques Deray, J’ai connu une belle époque, 2003.

Avant de n’être que le brave artisan chargé de façonner quelques véhicules de gloire pour les vedettes du cinéma français, Jacques Deray réalisait « la piscine ». C’est à cette occasion qu’il fit la connaissance de Jean-Claude Carrière, un « conteur » immensément talentueux qui deviendra son partenaire durant cinq films. « C’est un homme de style » disait le scénariste à propos du metteur en scène, témoignant d’une amitié sincère qui les liera sur des projets communs près d’une décennie durant : « Borsalino », « Le Gang », « un homme est mort », « un papillon sur l’épaule », sans compter bien sûr ce grand rectangle bleu arrosé de soleil.

« C’est le plus bel endroit de la maison » dit Alain Delon en accueillant son vieil ami Harry joué par Maurice Ronet. Ces deux-là se connaissent bien puisque le public avait déjà eu le loisir de les voir naviguer ensemble en « Plein soleil » huit ans plus tôt. C’était en quelque sorte l’acte de naissance de Delon acteur (et non comédien, il tient à cette distinction fondamentale), une belle gueule jusque-là cantonnée aux rôles de jeunes premiers dans des films de seconde zone. « La hantise de l’autodestruction traverse toute l’histoire des personnages que Delon a incarnés » écrit Jean-François Rauger dans un article qu’il a consacré à l’acteur que l’on peut lire dans son recueil « l’œil qui jouit ». Jean-Paul Leroy ne fait pas exception à la règle qui prévaut au choix de ses personnages les plus emblématiques. Écrivain raté, essayant de tourner la page en profitant de la vie au côté de sa maîtresse dans une villa des hauteurs de Saint-Tropez prêtée par de riches amis partis en vacances, il se verra bien vite rattrapé par son passé, par sa condition, puis par son destin.

Un fatum digne des grands Films Noirs de tradition américaine dont est friand Deray et sans doute également Jean-Emmanuel Conil, l’auteur du scénario original qu’il adapte (agrémenté du fameux coup de plume du regretté Jean-Claude Carrière). Car cet Harry, sous ses dehors aimables, amicaux et fraternels, n’est pas forcément l’ami que l’on croit. C’est un animal humiliant, condescendant, venu obscurcir son horizon limpide, venu envahir son territoire délimité par la villa, venu troubler le reflet de son beau miroir bleuté. C’est un face à face viril que Deray nous invite à contempler, au son des clapotis de l’eau bleu turquoise, anesthésié par la chaleur étouffante qui règne en plein été sur la Côte d’Azur. Les longs plans coulés en zooms amoureux, les travellings au fil de l’eau, les nombreux dialogues de regards nous installent peu à peu dans l’intimité des personnages, dans la torpeur de leur oisiveté languide qui ne semble troublée, tout du moins au début, que par quelques jeux érotico-masochistes et autres accouplements animaux.

« Je ne suis plus ce metteur en scène qui cherche son style, écrit Deray dans son livre de souvenirs, je me sens comme un voyeur qui construit son histoire à travers la personnalité des autres. » Et il faut bien admettre que ce sont les deux monstres sacrés qu’il filme qui donnent tout son prix au film. Delon d’abord, prédateur au corps cuivré, entrant dans le champ de la caméra étendu tel un alligator sous le soleil prêt à se laisser glisser dans les eaux stagnantes et partir en chasse. Il est Leroy des animaux, séducteur insatiable qui trouvera chez la jouvencelle Birkin (qui joue la fille de son faux frère Harry) une proie facile en cette année érotique. Mais il y a à ses côtés une autre femme. Et quelle femme !

« La piscine » c’est aussi le film des retrouvailles pour Alain et Romy, séparés à la ville depuis quatre ans puis réunis à l’écran pour cette occasion. C’est troublant de les voir ensemble, sur l’écran, jouer une recomposition de leur propre histoire, soldant les comptes de leur amour par fiction interposée. Romy Schneider est le second personnage à entrer dans le champ de la caméra, et de fait le premier à venir troubler la quiétude de l’apollon au regard d’acier. Un plongeon en hors-champ l’(nous)éclabousse, la caméra suit la femme qui traverse le bassin puis revient pour enfin s’extraire, ruisselante et baignée de soleil. C’est une naïade en bikini noir, plus belle encore qu’Ursula Andress venue de la mer, un véritable fantasme vivant qui s’approche de la caméra et dont la couleur des yeux se marie à la perfection avec la couleur de l’eau. Allongée nue sur un divan de laine, elle fait sa Camille mais sans Godard, puis revêtue d’une robe de soirée et d’une coiffure de vamp hitchcockienne, elle est une Madeleine à nouveau ressuscitée.

« A l’écran, elle irradie » dira Carrière, elle sera surtout la plus inoubliable des Marianne, et Deray nous présente son buste en guise d’offrande. « Mon regard est insistant, mes plans sur elle sont souvent longs, d’un caractère presque hiératique » avoue lui-même Deray. Mais passées les premières étreintes, le jeu des « je t’aime moi non plus » (« ne dis pas de bêtises » lui répond plutôt le bel Alain) auquel ils se livrent à la barbe de la toute discrète Baby Jane Birkin, finit par épuiser toute patience, jusqu’au drame censé finalement les souder à tout jamais. L’intervention d’un Columbo de pacotille campé par Paul Crauchet se targue de rendre le faux thriller psychologique un tantinet « clouzotien » (« On l’a vu venir avec ses gros clapots » écrivait de sa plume ironique Jean-Louis Bory dans sa critique). « Alain et Romy, follement heureux de se retrouver au début du tournage, ont au bout de quelques semaines épuisé les émotions et les souvenirs de leur cher et tumultueux passé. » écrit encore Jacques Deray dans son livre.

Le film finit donc par crouler sous le poids de la charge émotionnelle que véhiculent les deux acteurs et que ne parviennent pas à transcender ni la mise en scène torpide ni le montage parfois approximatif validé par Deray. Curieusement, quelques mois plus tôt, un autre « swimmer » campé par Burt Lancaster se chargera de montrer d’autres manières de traverser les bassins bleutés. « Run, brother rabbit, run » entend-on chanter sur une musique de Michel Legrand, comme pour prévenir que les grands fauves sont de sortie.

« Deray n’était pas un intellectuel et ne s’est jamais présenté comme un auteur. C’était un faiseur de films qui connaissait la technique sur le bout des doigts. Il avait beaucoup de goût pour établir de magnifiques rapports entre la caméra et les acteurs. »

Jean-Claude Carrière (1931 – 2021)

39 réflexions sur “La PISCINE

    • Quel Carrière, c’est vrai !
      J’avais cette « Piscine » en stock, mais j’aurais pu largement m’étendre sur son travail de chroniqueur, de dramaturge, de parolier ou sur ses collaborations avec Bunuel, avec Tati, Etaix, Rappeneau, Malle, Forman et tant d’autres… Il racontait dans les Cahiers du Cinéma n°668 sa rencontre avec Jacques Tati, et cette réflexion formidable :
       » Le lendemain, Tati m’invite à déjeuner. En sortant du bureau, il pleut. Je lui dis tout à fait naturellement : « C’est drôle. Quand il pleut, les passants accélèrent et les voitures ralentissent. » Il me regarde avec une certaine complicité : « Vous avez remarqué ça , vous ? »
      🙂

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  1. Bravo pour ce texte tout énamouré qui émoustille et donne envie de revoir le film et de lire le bouquin de Deray.
    [Ils sont tellement beaux tous les quatre que c’en est écœurant :p]
    Ce qui m’a toujours amusé, que ce soit avec Deray, voire déjà dans le Clément, est que Delon y donne constamment l’impression d’avoir à tuer le père alors qu’en réalité il nourrissait une admiration quasi amoureuse pour Ronet

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    • Merci Fred,
      Je ne suis pas tellement dingue de Deray, ni même de cette « Piscine » gonflée aux hormones. Il paraît que les deux mâles rivalisaient dans le genre, avec certes une admiration d’Alain pour Maurice. Si Romy et Jane ne s’en sont pas trop plaintes, Marie Laforêt n’en gardait pas le même souvenir après son passage en « Plein Soleil ».

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      • Sauf que Delon ne pouvait vraiment pas rivaliser avec Ronet dans ce domaine là (ni dans d’autres d’ailleurs):

         »Lorsqu’ ils (i.e Ronet et l’écrivain Henri-François Rey) partaient en virée , on côtoyait l’ hallucination. Tout alors devenait possible. L’improbable était rejeté. A eux deux , ils atteignaient les sommets d’une improvisation folle , et quelquefois géniale » (dixit Claude Chabrol dans  »Laissez moi rire »).

        Voir aussi sur le même sujet les souvenirs savoureux (et quelque peu picaresques) de Remo Forlani (cf.  »Toujours vif et joyeux »).

        Finalement, on peut se demander si l’admiration de Delon pour Ronet ne dérive pas du fait qu’il representait à bien des égards, son exact contraire.

        Quant à Marie Laforêt, elle disait beaucoup de choses et son rapport avec la réalité était assez….intéressant, pour ne pas dire plus. A l’en croire, Romy Schneider se serait moquée d’elle pendant le tournage de Plein Soleil, Louis Malle lui aurait avoué avoir eu une liaison incestueuse avec sa mère et l’un des ses nombreux ex-maris serait un membre influent de la secte du Temple Solaire etc etc….(la liste n’est pas exhaustive)

        Disons tout simplement pour clore le débat, que Laforêt rendait assez souvent visite à Delon chez lui (à l’époque où il était marié à Nathalie). Il faut croire que le  »trou du cul » ne l’était pas encore assez à ce moment là…Quant à Ronet, Laforêt est bien la seule à en dire du mal (tout ceux qui l’ont cotoyé notent son humilité et sa gentillesse).

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        • On sent l’admiration !
          Je suis loin d’être aussi documenté sur Ronet, merci pour ces précisions. J’imagine que ces retrouvailles, presque dix ans après « Plein Soleil », furent pour Ronet et Delon l’occasion de mesurer à nouveau leur talent. Il y avait de l’admiration de la part du Delon débutant chez Clément ; connaissant l’orgueil du bonhomme, on peut aisément imaginer son envie d’en remontrer à nouveau à son aîné. Décidément, cette « Piscine » ressemble à bien des titres à une compétition de natation (sans compter le passage sur le tournage de Christine Caron et Alain Mosconi).
          Il est d’ailleurs intéressant de voir comment Deray traite cette réplique de « Plein Soleil », rejouant les rapports dominant/dominé entre Harry et Jean-Paul dans la continuité de ceux de Tom et Philip. Intéressant de voir aussi l’importance prise par Romy qui ne faisait qu’une très brève apparition au tout début de « Plein Soleil » pour enfin rayonner dans l’onde de « la Piscine ».

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  2. On entre dans ce film comme on entre dans un musée où l’on sait voire des tableaux exceptionnels. Avec envie et crainte. L’envie de passer quelques moments avec des monstres sacrés et la crainte qu’ils ne soient pas à la hauteur de nos souvenirs idéalisés.

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  3. Toujours pas vu cette plongée en eaux troubles et je vois que malgré tes paragraphes introductifs chamarrés, tu as en fait pas mal de réserves sur le film (réserves que tu « réserves » souvent pour la fin de tes textes d’ailleurs). Néanmoins, je finirai bien par me laisser tenter un jour, ne fut-ce que pour Romy Schneider en particulier.

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    • Pour Romy, on est prêt à se noyer dans n’importe quelle eau trouble, c’est vrai. De passage à St Tropez, Sautet aura tôt fait de repérer le talent de la germanique et de l’emporter dans « les choses de la vie ».

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  4. Ah non c’est Jean Claude… quel homme, quelle voix, quelle écriture !
    Le grand atelier sur Inter était formidable (redif dimanche dernier).
    But, je ne suis pas fan de La piscine.
    Contempler Romy, Alain et Maurice est merveilleux mais pas suffisant.
    Jane jouait mal et était un chouya ridicule dans ce rôle.

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  5. Ton texte est vraiment très beau. C’est un film qu’li faudrait que je revois. Il y a des séquences cultes qu’on n’oublie pas. Je méconnaissais Jean Claude Carrière mais après avoir lu quelques articles de presse en plus de ta chronique, je me dis que c’était un grand monsieur du cinéma ! Merci pour ce partage très riche comme à chaque fois 😊

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    • Un grand monsieur des lettres surtout !… même si Conil, l’auteur du roman source, trouvait que les personnages de son script pour « la piscine » faisaient un peu « employé de bureau » ! 😀
      Mais Jean-Claude Carrière, c’était tellement plus que « la piscine » : il était l’auteur de grands textes pour le cinéma, mais aussi pour le théâtre (notamment une adaptation du Mahabarata qui dure 9 heures), pour la chanson, pour la radio, … L’autre jour, dans une rediffusion d’émission sur France Inter, il regrettait de n’avoir jamais eu l’opportunité d’apprendre la musique. Un art qui lui échappait.
      Merci beaucoup pour ton commentaire. 🙂

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    • Merci beaucoup. « La piscine » figure parmi les incontournables de la filmo de Ronet. Je le préfère dans « Plein soleil » ou « le feu-follet » mais ce joli miroir bleu est toujours agréable à contempler, surtout avec les creatures qui viennent s’y baigner.

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  6. J’aime assez le film et le commentaire de Carrière sur Deray que tu cites à la fin m’a rendu le bonhomme (Deray) sympathique. Une certaine forme de modestie est quelque chose de suffisamment rare dans ce milieu pour l’apprécier à sa juste valeur.

    Sinon, le quattuor d’acteurs est tout simplement phénoménal et même si comme toi, je ne porte pas le film au pinacle, cela reste hautement recommandable à mon avis.

    J’ai vu le film au festival Lumière de Lyon en 2019 et lors de la présentation, on m’a donné une anecdote amusante : le scénario de Carrière est très court : il tient en sept pages ce qui est très peu, ce qui est dû entre autres à la faible quantité de dialogues. Cele a autorisé, d’une part à tourner les séquences du film chronologiquement et d’autres part, à tourner les versions anglaises et française en parallèle (les quatre acteurs étant bilingues). Et bien entendu, il a fallu changer la fin de la version anglaise … il ne faut quand même pas déconner 🙂

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    • Carrière se souvient pour Première de ce que lui avait demandé Deray à l’époque : « Jacques m’avait juste confié quelques pages où il était question des grandes lignes de l’intrigue. J’ai travaillé immédiatement. La seule consigne que j’avais c’était d’y aller mollo sur les dialogues. Deray sortait de plusieurs films scénarisés par Michel Audiard, il n’en pouvait plus. Je me souviens parfaitement de ce qu’il m’a dit : ‘Chez Audiard, les vedettes ce sont les mots, tu ne peux pas faire autrement que de filmer les visages des acteurs qui parlent ou qui écoutent, c’est frustrant. Donc moins tu mettras de mots, plus tu m’obligeras à avoir de l’imagination’. »
      Je serais curieux de voir la version en anglais tiens.

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  7. Je me disais que Romy est déjà morte,,mais pas d’hier, l’Apollon au regard d’acier, pas encore, que je sache…. mais suis-je bête ! Jean-Claude Carrière !
    En tout cas, ce film, je ne l’ai jamais vu. Jamais regardé une rediffusion. Pourtant j’adore Romy. Autant que je déteste Delon que j’ai vu au Centre national du cinéma ( où bossait mon papa). Pourri de prétention. Imbuvable. De tous ceux que j’ai pu voir, c’est non pas le pire, c’est le seul. A vomir !
    Mais du coup, tu me croiras si je te dis que j’suis prête a matériel ce film ? Eh oui, ta chronique.
    😁

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      • J’ai le même genre portable facétieux, rassure-toi. 😉
        Je comprends ta réticence face à Delon, mais tout de même, quel personnage ! Personnellement, je suis comme toi, l’homme ne m’intéresse pas. Mais son œuvre, et sa façon à nul autre pareil d’incarner ses rôles me fascine à bien des titres. Bien sûr, il n’a pas signé que des chefs d’œuvre, j’avais d’ailleurs sur ce blog détaillé le ridicule achevé de son « Toubib » prétentieux. Dans « la Piscine », on n’est pas au plus haut niveau de ce qu’il a pu tourner (« le Guépard », « Monsieur Klein », les Melville, ou encore « Plein Soleil » dont j’ai également parlé sur le Tour d’Ecran sont d’un autre calibre), mais on est face à un film iconique, qui réunit une actrice et deux acteurs d’une dimension hors norme. Rien que leur présence suffit à donner sa valeur au film.
        A mater donc, avec le matériel ad hoc. 😉

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        • Oui, oui, je comprends tout à fait…. En fait, j’ai fait un bloquage sur le bonhomme. Jamais, au grand jamais, je ne me suis approchée d’un (e) acteur (trice) lors de ces soirées ( demander un autographe ? Pff, ridicule !). Donc pour lui, comme pour les autres: plutôt  » l’ignorance » 😉 Sauf que ( mine de rien), il suffisait d’avoir l’œil. Pareil, son physique… bof. Ben oui, c’est comme ça – genre… la beauté, ça fait pas tout. Alors du coup, l’acteur ? Il serait peut-être temps d’aller au delà de cette vieille réticence. Pas vu un film avec Delon, ça la fiche mal. 😃

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          • Ah oui, en effet ! Pour commencer, choisis peut-être un de ses premiers, quand il n’avait pas encore trop le melon. 😉
            Et pour se convaincre du phénomène, je te conseille aussi l’excellent article que Jean-François Rauger consacre à l’acteur dans « l’oeil qui jouit » ou bien cette très bonne émission de France Inter disponible désormais sur Youtube :

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