SE7EN

Meet John Doe

« Or, voici quel a été le crime de Sodome, ta sœur : l’orgueil d’être bien repue et d’avoir toutes ses aises s’est trouvé en elle et en ses filles, et elle n’a pas soutenu la main du pauvre et du nécessiteux. Elles ont été hautaines, elles ont commis des abominations devant moi, et je les ai supprimées quand j’ai vu cela. »

Le Livre d’Ezechiel, chapitre 16, verset 49.

« Oh mon dieu ! Mais qu’est-ce qu’on a fait ? Qu’est-ce qui se passe ? » Brad Pitt se souvient de sa réaction après les premières projections-test de « Seven », s’adressant à son réalisateur David Fincher. Des films noirs, des scènes de crime, des assassins à l’imagination tordue, on en a pourtant croisé bon nombre sur les écrans de la Fox. Mais il faut bien avouer que celui imaginé par le scénariste Andrew Kevin Walker dépasse en perversité et en abomination tout ce qui a pu être montré jusqu’ici. Il pousse les portes d’un véritable cabinet de curiosités dans lequel s’exposent avec une troublante obscénité toutes les douleurs du vice.

Sept jours à tuer. C’est tout ce qui reste à l’inspecteur Somerset avant la quille. Tiré à quatre épingles, il traîne son grand imperméable marron et son chapeau un peu cliché sur une énième scène de crime. Avant de raccrocher le badge, il part une dernière fois à la pêche aux indices, pour lui c’est capital. « Regardez-moi la passion sur ces murs » lâche-t-il ironiquement de sa voix grave et embrumée, à la fois affligé et profondément blasé par le caractère trivial d’un drame que l’on dit passionnel. Campé par la figure rassurante de Morgan Freeman, l’inspecteur Somerset est peut-être l’ultime vestige d’une époque sage et éclairée. Il faut dire que ce limier est une lumière, il a des lettres, il ouvre l’œil sur ce territoire obscur. Car tout semble s’éteindre dans cette ville. Les ampoules des appartements diffusent une lueur exténuée aux tons sépia plongeant les intérieurs dans des ambiances lugubres et dépressives.

L’image se prépare au pire, déroule son tapis sinistre aux pieds des sept péchés capitaux. Sur les désirs du metteur en scène, le chef opérateur Darius Khondji s’est appliqué à dévitaliser la couleur, rendue lavasse par d’innombrables jours pluvieux et annihilée par des nuits hostiles. Ici comme dans d’autres films de Fincher, « les images ont la noirceur d’un fond gothique » écrit très justement Guillaume Orignac dans son opuscule dédié au réalisateur. Aucune fenêtre ne s’ouvre sur l’optimisme, rien ne perce à travers ce ciel impitoyablement chargé, et c’est à la lampe-torche qu’il faut se frayer un chemin vers les indices. Celle de Somerset fonctionne encore très bien, mais celle du jeune et fougueux inspecteur Mills interprété par Brad Pitt semble déjà défectueuse, capricieuse et impulsive. « Fucking Dante ! » s’exclame-t-il noyé sous une littérature d’un autre âge, emporté par une vague de signes ésotériques qui ne ressemblent à rien de ce qu’il connaît. Lui serait plutôt comme les gardiens de la bibliothèque, à préférer jouer aux cartes alors qu’il est enfermé dans le temple de la connaissance.

C’est entre les lignes de ces milliers de pages que se dessine la personnalité du tueur de « Seven », un monstre aussi abstrait que l’insaisissable « Zodiac » qui hante les souvenirs d’enfance de David Fincher, constitué d’une tempête de signes aux desseins aussi insondables et dérangés que ceux des tarés qui témoignent derrière les barreaux de la série « Mindhunter ». On est loin de la brute primale de « Massacre à la tronçonneuse » malgré le fétichisme dont il fait montre. On s’approche davantage du démoniaque esprit combattu par « l’Exorciste » de Friedkin si on en juge par tout cet attirail mystique qui a envahi son antre. Pourtant, Fincher choisit de lui donner l’apparence d’un « Usual Suspect », un « monsieur tout-le-monde », un diable boiteux qui annonce son programme au générique. Tel un champion d’échec, il a tout prévu, se garde au moins un coup d’avance sur les enquêteurs. Mais quand ceux-ci, pris par le temps, choisissent de faire un pas hors de la zone légale, il se produit le seul accroc dans la mécanique ludique et perverse du tueur. Cela offre à Fincher la possibilité d’intégrer cette fameuse course-poursuite qui en général sert d’acmé conclusif à ce genre de film. Haletante, virtuose et douloureuse, elle relance la traque. Quant au tueur, implacable et machiavélique, il saura se souvenir de ces coups-fourrés une fois au sommet de sa « House of Cards », métaphore qui sied à merveille à cette cité de perdition où l’on s’abîme l’âme (Tracy, la jolie compagne de Mills interprétée par Gwyneth Paltrow en témoigne).

On jurerait les bas-fonds de New-York, mais cette ville sans nom est aussi dominée par la Cité des Anges babylonesque, ténébreuse et humide de « Blade runner ». Il va sans dire que l’influence esthétique de Ridley Scott plane sur presque chaque plan de « Seven » (Harrison Ford avait un temps été envisagé pour le rôle de Somerset), un film qui se veut un nouveau départ pour celui qui vient de se faire « rituellement sodomiser » par les studios en dirigeant le troisième volet de la saga « Alien ». Fincher a une revanche à prendre sur le cinéma, et il la propose sous la forme de ce catalogue d’images répugnantes et volontairement choquantes, florilège de ce que l’esprit humain peut engendrer de plus ignoble dans sa capacité à violenter les corps. Amputés ou lacérés, bouffis ou décharnés à l’extrême, les martyrs de « Seven » sont dépouillés de leur identité (« comment s’appelait-il déjà ? » s’énerve Mills quand il évoque sa seule victime). Jouets des fantasmes délirants du tueur, ils deviennent sa « Chose » (que connaît bien le maquilleur Rob Bottin), ils sont une pâte malléable entre ses griffes. Tel un démiurge invisible, on ne le verra jamais à l’œuvre, Fincher préférant nous laisser jouir du produit fini à travers ces installations macabres qui pourraient avoir leur place dans quelque bazar de l’épouvante.

Le réalisateur n’a manifestement pas l’intention de rentrer dans le rang du spectacle mainstream et formaté. Quitte à signer avec ce film un dernier coup d’éclat avant de retourner cliper les artistes à la mode, il se protège de toute forme de censure, il conserve « la tête dans le carton ». C’est la fin nihiliste écrite par Walker qui l’a justement convaincu de se remettre en selle, un piège redoutable, portant le niveau de tension à son paroxysme, au découpage maniaque et à l’issue fatidique. Après les huis-clos éprouvants, Fincher finit à découvert, sous le soleil de Satan, là où l’on croit voir le danger venir (« North by Northwest » éventuellement ?). Cette fin est une toile tendue aux exécuteurs de la Fox, tissée en terra incognita du genre, au milieu des cadavres de chiens, des carcasses délabrées, des ordures à ciel ouvert qui font le cimetière de tous les projets artistiques avortés. C’est là, en plein désert, que le John Doe de Fincher achève cette œuvre séminale, toujours aussi impressionnante de maîtrise formelle, n’en déplaise aux prêcheurs du capital et aux ligues de vertu.

62 réflexions sur “SE7EN

  1. Un grand et très bon souvenir, j’avais été au cinéma pour le voir, et c’est vraiment un bon film !
    merci pour ton excellent article et bon lundi de Pâques 😉
    On va travailler le péché de la gourmandise, et tout en férocité🐣🐔🐰🍫

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  2. Tout est dit ou presque à propos de ce film qui fait partie de l’un des meilleurs dans son genre, que dire d’autre (faire le malin) 🙂 , Usual suspects de Bryan Singer avec keven spacy sorti en 95 , dans son style narratif et qui a remporté des récompenses est presque dans le même style du film les 7 psychopathes. Merci princenoir

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    • Merci à toi,
      Effectivement, « Seven » c’est un peu le retour inattendu de l’ogre de « Usual Suspects ». C’est aussi l’affirmation du talent d’un réalisateur qui n’avait pu totalement s’exprimer sur son film précédent. Au vu des choix (payants) qui furent les siens sur ce film, il ne pouvait que devenir le grand réalisateur que l’on sait.
      Jamais vu « les 7 psychopathes ».

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  3. Un film que j’aurais adoré voir au ciné mais qui paradoxalement est sorti l’année de ma naissance. Je me souviens l’avoir découvert par hasard à 10 ou 11 ans parce que l’affiche et le nom de Brad Pitt m’attirais. Comment j’aurais pu imaginer une seconde, la claque que j’allais prendre devant ce chef d’œuvre, premier film de Fincher si l’on considère Alien 3 comme ne faisant pas parti de sa filmographie. A noter d’ailleurs que c’est le scénariste du film qui joue la première victime de John Doe, le gros qui a la tête dans son plat de spaghettis. Merci pour cette critique.

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    • Merci à toi pour ce commentaire.
      Tu as raison, Andrew Kevin Walker a la tête dans les spaghettis au début du film. Il faut croire qu’il s’en est plutôt bien sorti néanmoins puisqu’il remettra le couvert sur les deux films suivants de Fincher, et on dit qu’il travaille actuellement à un nouveau projet avec le réalisateur.

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  4. Bravo pour ton texte.
    Je n’ai pas revu ‘Seven’ depuis un moment (j’ai bien le vieux dvd Collector quelque part). Mais ce qui marque l’esprit, c’est bien cette ambiance de fin du monde. Fin de siècle et fin de millénaire (1995). Après le succès de ce film, bien d’autres polars vont foncer dans le même sillon en espérant rafler quelques dollars, sombrant souvent dans le grotesque du polar mystique made in Hollywood.

    La ville de ‘Se7en’ me fait penser à Gotham City filmée par Nolan et Snyder. Il y a bien sûr cette pluie incessante dont tu parles qui nous rappelle le Los Angeles de ‘Blade Runner’.

    Pour rester sur Fincher et suite à ton article sur ‘Zodiac’, j’ai revu cette enquête sur l’insaisissable tueur en série de San Francisco (enfin, insaisissable sauf pour Dirty Harry). Très bon film, mais un peu trop bavard à mon goût, si bien que ça a gâché un peu ma redécouverte. Je ne saurais dire les différences entre ce montage et la version salle.
    Si je comprends le choix du numérique par le réalisateur (recréer la ville de San Francisco des années 60-70-80), je trouve le rendu visuel assez moche aujourd’hui. La technique a bien sûr évoluée depuis et je trouve ainsi plus réussi le choix de Tarantino pour ‘Once upon a time… in Hollywood’, à savoir tournage sur pellicule, puis trucages numériques discrets en post-production.

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    • Merci beaucoup, 😀
      Tiens, c’est étonnant, je n’ai absolument rien vu des trucages dans « Zodiac ». Je n’ai su qu’en faisant des recherches sur le film qu’il y avait de nombreux plans truqués, mais pour moi ils traversent l’écran de manière invisible (et pourtant j’ai un grand écran). Sinon, bavard le film l’est c’est vrai. C’est aussi ce qui m’avait gêné la première fois et un peu perdu dans le suivi de l’intrigue. Mais en le revoyant, tout cela est passé comme une lettre à la poste, et j’ai même trouvé très brillantes ces interactions entre les personnages, participant à la confusion et à l’hystérie ambiante.
      Darius Khondji n’a jamais caché s’être inspiré du travail de Jordan Cronenweth sur « Blade Runner » et sur cet aspect Gotham de la ville. « Gotham city », c’était d’ailleurs un titre envisagé par Ridley Scott pour titrer son « Blade Runner ». Mais Bob Kane demandait trop cher je crois.

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  5. Seul John Doe peut rivaliser avec Hannibal Lecter (celui des agneaux silencieux)…
    Intelligence diabolique du script, noirceur jusqu’au-boutiste, esthétique de fin du monde, proximité entre thriller et horreur… Quand j’ai découvert le film en salle, à l’époque, j’en suis resté bouche bée (comme beaucoup d’autres, j’imagine). Et je ne parle même pas de cette fin de malade ! J’en reviens toujours pas !
    Sinon, depuis, j’aime bien écouter du Bach quand je me rends à la bibliothèque…
    Bravo, en tout cas, pour cet article qui donne envie de pécher et de ne pas se refaire le « Résurrection » avec Christophe Lambert.

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    • C’est pas parce que c’est Pâques qu’il faut s’infliger n’importe quelle résurrection, je suis bien d’accord ! Et puis, comme disait Vian, quand on est descendu chez Satan, en bas c’était épatant ! 😉
      John Doe a marqué les esprits de tous je crois (mon sous-titre fait référence au vieux film de Capra, un autre genre de « monsieur-tout-le-monde » que tout le monde avait oublié sans doute à cette époque). Déjà Spacey nous avait bien bluffés en Kaiser Söze, et voilà qu’il déboule, sans s’annoncer au plein cœur du film ! Cette course-poursuite dans son immeuble reste un très grand moment de mise en scène, suivi de l’exploration de son « antre ». Je pense qu’un polar ne m’avait pas autant glacé les sangs. Même « le silence des agneaux ».
      Sinon Bach, toujours sur ma playlist quand je relis la Divine Comédie.
      Merci pour ton commentaire qui fait bien plaisir. 🙂

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  6. Un film diablement efficace et sacrément bien fait. Je me souviens l’avoir vu au cinéma à l’époque de sa sortie. Pas sûr d’avoir envie de le revoir (c’est sans doute la limite d’un tel film), mais c’est aussi parce que je m’en souviens très bien (« I’ll be around » dit à la fin le personnage de Freeman de mémoire), ce qui est un gage de la réussite du film. Excellente interprétation également.

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    • « I’ll be around » en effet. On attendait sans doute d’autres histoires du détective Somerset, qui ne viendront finalement jamais.
      Et pourtant, « Ernest Hemingway a écrit un jour: « Le monde est un bel endroit qui vaut la peine de se battre pour lui. » Je suis d’accord avec la deuxième partie. » disait-il à son jeune collègue.

      Un film marquant assurément, qui résonne évidemment avec le « Zodiac » que tournera Fincher plu tard. Bien sûr, nous sommes ici face à un tueur fictif, particulièrement tordu et redoutablement rusé, une sorte de croque-mitaine aux franges du fantastique, qui néanmoins cristallise les peurs de l’époque.

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  7. Grand film qui m’a complètement retourné dans la salle de cinéma. Preuve qu’il s’agit d’une œuvre techniquement extraordinaire : on a beau connaître le pot aux roses à force d’avoir vu et revu le film, on se fait malgré tout piquer par ses épines lors de son final qui asphyxie à chaque fois.

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    • Le brio de la mise en scène fait tout. On pourrait dire la même chose de « Psycho », de « Texas Chainsaw Massacre », et j’en passe. On a beau savoir ce qu’il va se passer, ça fonctionne toujours. Et puis il y a toutes les étapes qui nous amènent à ce final, une lente descente vers le désert de la tentation, seuls et impuissants face à l’ignominie du crime (et ce petit « Oh, he didn’t know » de Doe, le coup de grâce).
      Je n’ai pas évoqué le score impressionnant d’Howard Shore et la musique de Trent Reznor en ouverture (qui signe aujourd’hui la plupart des musiques des films de Fincher) qui contribuent à installer le malaise tout au long du film.

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  8. Tiens, ça tombe bien, je l’ai revu je crois l’année dernière, après bien 10 ans sans jeter un seul oeil dessus. Clairement un grand film, et un grand Fincher. le final est tout simplement inoubliable, les acteurs excellents, l’ambiance noire et pesante. Tu me donnerais envie de le revoir alors que de base, je ne suis pas un fan de Fincher, certains de ces films me laissent totalement de marbre, notamment ZODIAC – oui j’ai vu ton article dessus haha – et THE GAME, que j’ai revu récemment aussi, et non, j’adhère toujours absolument pas.

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    • « The Game », vu il y a longtemps, pas accroché non plus. Mais je n’en ai que des souvenirs flous. Peut-être devrais-je lui redonner sa chance. Et je reste assez extérieur au style très ampoulé de « Fight club ». Je préfère de loin Brad Pitt dans « Seven », en jeune chien fou de la police (il faut voir comme il s’éclate avec ses clébards dans l’appart chateaubranlant qu’il partage avec Gwyneth).
      Tu me fais de la peine avec « Zodiac ». Franchement, je suis sûr que tu reverrais le film aujourd’hui, avec un œil plus posé sur la mise en scène, il te plairait. Certes le traitement est différent, c’est plus Pakula ou Pollack que Friedkin ici. Mais la même redoutable efficacité à mes yeux.

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      • THE GAME, pas du tout aimé à l’époque. Revu donc, pour le réhabiliter, et non, rien à faire, j’arrive pas. Je n’insisterais donc plus sur ce film haha ! FIGHT CLUB, pas mon Fincher préféré non plus. Justement, FIGHT CLUB, THE GAME et PANIC ROOM, ce sont les 3 films de lui qui m’avaient rebutés, c’était très stylisé, mais parfois j’avais l’impression que c’était juste histoire de l’être et que le fond ne suivait pas avec la forme.
        Et oui, désolé pour ZODIAC, vu au cinéma pourtant, là où je travaillais à l’époque, et ça n’a pas marché sur moi…

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          • À voir si je trouve la motivation pour lui redonner une chance, mais c’est pas gagné (pourtant j’adore aussi le casting, et oui je me souviens d’une mise en scène maitrisée – comme d’habitude).
            Trois films que je revois avec plaisir de temps en temps, dés que j’ai envie d’un petit polar ou autre. Maitrisés de bout en bout.

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  9. Bon, ben malgré ce beau post et ton enthousiasme, moi je dois admettre que le film m’a laissé assez froid.

    Fincher a du talent et l’atmosphère poisseuse à souhait mais je n’aime pas les thrillers où le gros méchant n’est rien d’autre qu’un psychopathe.

    C’est une solution de facilité pour scénaristes de faire commettre les crimes, forcément abominables (ce que je trouve déjà racoleur) par soit des nazis, soit des psychopathes : il n’y a pas besoin de s’encombrer d’artifices de scénario superflus pour expliquer le pourquoi du comment du crime. Tout y est prévisible ce qui est pour moi rédhibitoire pour le genre du thriller. Le seul film de psychopathe qui trouve grâce à mes yeux parce que le personnage y est fouillé (et non balancé) et l’interprétation exceptionnelle est Le silence des agneaux.

    Voilà, désolé de faire le trouble-fête au milieu de l;enthousiasme général. J’espère que tu ne m’en voudras pas 🙂

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    • Aucun souci, tous les avis ont bien sûr le droit de s’exprimer.
      J’ai du mal à voir ce qui séparent fondamentalement (sinon la cinématographie, et sans doute une dimension plus ésotérique) les méfaits de « Buffalo Bill » dans « le silence des agneaux » de ceux du tueur de « Seven ». Pour ma part, j’apprécie les deux traitements, et prend le genre pour ce qu’il est, avec ses codes propres : des crimes atroces, une enquête, le constat d’une société vacillante qui rejaillit à travers les comportements déviants d’êtres qui perdent le contrôle. Psychose, Manhunter, the Strangers, Maniac, Docteur Jekyll & Mister Hyde ou même Landru et Monsieur Verdoux pour ne citer que ceux-là dans des registres et des époques différents, répondent à ce cahier des charges. Et ce sont des films que j’ai plaisir à voir et à revoir.
      Le reste est une question de goût qui ne se discute pas. 😉

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      • Je te comprends Princecranoir mais je n’arrive pas à te suivre.

        La différence entre les méfaits de Buffalo Bill et ceux de John Doe c’est que les méfaits de Buffalo Bill … on s;en fiche ! Les crimes atroces de John Doe sont au centre de Se7en tandis ce qui est au centre du Silence, c’est la confrontation au sommet, la lutte d’influence captivante entre l’agent Starling et Lecter. Les meurtres de Buffalo Bill en sont qu’accessoires et pourraient très bien être remplacés par quelque chose d’autre. Le film parvient par ce biais à échapper à son statut de « film de psychopathe » et n’est pas, à mes yeux, racoleur.

        C’est cette violence non justifiée, qui fait partie du code de ce genre de film, que je n’arrive pas accepter.

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  10. Ah ah ah jouir du produit fini et la tête dans le carton : you make my day.

    Il y a Hannibal Lecter, Kayser Sözey et John Doe… Le mal absolu.
    Quand il interpelle Mills dans le hall du commissariat : quelle scène !!! Et là on se dit mais… il manque un péché ? Comment le traiter alors que John Doe est arrêté ? La pirouette est Exceptionnelle.
    Certaines répliques sont tordantes, comme : je crois qu’on est face à un homicide !
    Et Bach dans la bibliothèque ❤

    Là où l’on on croit voir

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    • « Make my day », voilà un bon nom de collection de films tiens. 😉
      Je me doutais que le jeune Brad ne t’avait pas laissée de marbre dans ce film. Ceci dit, il se fait bien amocher sous la pluie, il finit avec un sparadrap sur le nez, style Nicholson dans Chinatown, laminé.
      La réplique qui tue en effet. Tout comme au début, sur la première scène de crime qui n’a pas de lien avec la suite de meurtre : « c’est un crime passionnel » et Somerset qui regarde, ironique, autour de lui « c’est ça, regardez moi toute cette passion sur les murs… »

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  11. J’avais détesté « Fight Club » à l’époque où il est sorti et j’avais mis une croix définitive sur ce réalisateur. Je sais que « Seven » a ses adeptes et ses fans inconditionnels mais ça ne me dit vraiment rien. D’ailleurs j’ai passé l’âge de voir ce genre de films. A part ça, ta chronique est très bien 🙂 Bonne journée Prince !

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    • Bonjour Frédéric,
      Alors toi aussi tu as été profondément marqué par les méfaits de ce tueur vicieux ! Ce deux acteurs sont formidables en effet, sans compter l’apparition d’un autre plus inattendu 😉
      Si tu le revois, n’hésite pas à me donner tes impressions à vif sur ces crimes sous la pluie.
      Très belle journée à toi.

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      • Oh oui totalement marqué par ce film qui a ouvert la voie à beaucoup d’autres long métrages qui ont cherché, avec plus ou moins de chance et de talent, à l’imiter. Avec l’absence de nouveautés cinéma, on peut se replonger avec délice dans des films qui ont marqués notre jeunesse ! 😉 Je te souhaite une belle soirée 😊

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  12. Très bel article pour un film qui ne vieillit pas ! Toujours autant de plaisir (un peu morbide, certes) à revoir ce thriller sombre, glauque et rondement mené qui a clairement changé la donne des films policiers. Fincher montre ici comme dans tous ses films qu’il maitrise parfaitement ses ambiances suffocantes et la psychologie de ses personnages. Des qualités que l’on retrouve dans l’excellente Mindhunter, évidemment !

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    • Merci pour ton message 😀
      De hautes qualités qui, selon moi, se perdront dans un certain excès visuel sur les deux films suivants, avant de revenir ensuite à la justesse et à la précision de la mise en scène. Mindhunter fait partie des excellentes déclinaisons signées Fincher, un autre regard (plus réaliste) sur ce type de tueur. Dans le même genre, je n’ai pas vu son remake de « Millénium ».

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  13. J’ai vu le film à sa sortie, un peu limite gore pour moi, mais l’effort en valait la peine, je me souviens de la prestation de Brad Pitt, surtout, de l’atmosphère très soignée en terme de lumière et de ce suspense poisseux que tu rends si bien dans ta chronique. J’ai aussi adoré Gone girl du même réalisateur, qui suit des personnages qui disjonctent et vont droit leur but, peu importe ceux qu’ils abandonnent sur le chemin. Une vraie patte de cinéaste.

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    • Merci pour ton message.
      « Seven » a indéniablement marqué le thriller par cette ambiance étrange, l’absence de repère (la ville n’est jamais nommée), les références bibliques qui traînent le polar néo-noir vers le thriller mystique. C’est ce cocktail admirablement mené, formidablement soigné qui fait que le film tient une place si particulière dans le genre aujourd’hui.
      Dans ma série David Fincher, j’ai prévu de revoir « Gone girl » également. Une chronique suivra assurément.

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    • Avec les années, ce film n’a rien perdu de son intensité et de son atmosphère. Il fait désormais partie des grands classiques du Film Noir, aux franges de l’horreur. Il paraît que le scénario de « Seven » a fait l’objet d’une novellisation, visiblement personne encore ne s’est intéressé à en faire une BD.

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    • Un film qui marque aussi pour sa fin d’une noirceur hors du commun. Je viens de retomber sur ce que Fincher a dit lorsqu’il a dû convaincre les financiers de conserver cette fin : « j’ai simplement dit : dans cinquante, soixante ans, quand nous ne serons plus là, quelques jeunes réunis autour d’une bouteille parleront du film qu’ils auront vu la veille à la télé, en fin de soirée, et l’un d’entre eux dira « Je ne me souviens plus du nom de l’acteur, mais c’est le film où la camionnette arrive à la fin et où le mec a une boîte avec une tête dedans. Le film de la tête dans la boîte ».

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