SPIDER-MAN

The evil web

« Tout le monde a un prix à payer pour ses actions, quelles qu’elles soient, et dans ma carrière, je me suis souvent retrouvé dans une position particulière où j’ai dû suivre mon cœur malgré les souhaits et les influences des autres. Je veux que le public puisse voir le film tel que je l’entends et ça veut parfois dire que l’on passe pour quelqu’un d’obstiné. Si c’est le prix à payer pour suivre sa vision, alors je fais tout pour suivre ma vision… »

Sam Raimi in Mad Movies n°166, juillet/août 2004.

Dans une pré-bande-annonce aujourd’hui disparue dans les tréfonds de la mémoire, une bande de braqueurs très pros s’enfuyaient en hélicoptère emportant avec eux un lourd magot. Ils se trouvaient vite stoppés dans leur folle cavale, pris dans une toile tendue entre les Twin Towers. Ce qu’ils ne savaient pas alors, c’est que les deux tours géantes allaient bientôt partir en fumée dans le plus terrible attentat commis sur le sol américain. Une surprise pour la Columbia qui dût adapter sa communication et repousser la sortie de son film, mais s’attendait-elle pour autant à l’engouement général qu’allait provoquer l’arrivée sur grand écran de leur « Spider-Man », premier de la toile ? Mais le plus inattendu reste peut-être la présence de Sam Raimi, dernier de la liste des prétendants au poste de réalisateur, chargé de faire jaillir de sa case le super-sauveur d’un monde sous la menace d’un péril terrifiant.

Revenir à « Spider-Man », c’est remonter l’histoire du super-héroïsme en costume Marvel à l’époque archéologique. C’était le temps où l’on riait encore sous cape de ces gugusses déguisés qui redressaient les torts dans leurs pyjamas colorés pour amuser la galerie. D’autres se montraient plus hostiles, voyant dans leurs exploits puérils et non assermentés un bras d’honneur aux représentants de l’ordre, germe d’une sédition possible dans les esprits d’une jeunesse sous influence. « Sauveur ou Menace », la BD comme le film s’en amusent évidemment à travers les bandeaux accrocheurs du Daily Bugle de New York, journal tenu par le plus irascible des rédacteurs en chef, le fameux J. Jonah Jameson (un rôle qui installera durablement J.K. Simmons dans cette posture, bien avant qu’il ne se change en dictateur du jazz dans « Whiplash »).

Ce sale type qui marche au profit a la dent dure avec le tisseur, dont l’obsession en fait son meilleur promoteur comme son pire ennemi. Mais sous ses dehors désagréables, on découvre le temps d’une très brève scène qu’il est un type intègre : le terrifiant Bouffon Vert vient de faire irruption dans le paysage criminel. Pire, il fait irruption dans le bureau du rédac chef à la recherche d’un photographe complice de son rival Spider-Man. Saisi à la gorge, Jameson refuse de donner le nom de Peter Parker qui n’est pourtant qu’un sous-fifre, invente un bobard alors que sa propre vie est en jeu. Et c’est peut-être dans ce genre de détail que réside toute la subtilité d’un film destiné prioritairement à en mettre plein la vue.

Il faut dire que Raimi s’appuie sur un scénario bouclé par David Koepp (élaboré à partir d’un vieux brouillon écrit par James Cameron, inventeur de la toile organique qui sort des poignets de l’homme-araignée), celui qui avait déjà creusé la part d’ombre d’un mafieux en quête de rédemption dans « l’impasse » de Brian de Palma. Dans cette même quête d’ambiguïté, il concentre ses efforts sur un ennemi bien particulier (évacuant au passage d’autres antagonistes envisagés), un homme scindé en deux, Jekyll devenu Hyde à la suite d’une expérience hasardeuse.

Norman Osborn est un homme possédé, fiévreux et habité, comme sait les filmer avec jubilation Sam Raimi depuis ses tout débuts. La vieille baraque perdue dans la forêt de « Evil Dead » est devenue un château en cœur de ville, lugubre à souhait, dans lequel Willem Dafoe rumine ses déboires de riche chef d’entreprise menacé d’être lâché par ses actionnaires. Désormais dominé par son démon intérieur, il devient Bouffon aux allures de Sorcière de l’Ouest, monstre de fête foraine que Raimi ne manque pas d’affubler des motifs du film d’horreur : Il est un diable ricanant, mauvais génie surgi des décombres (ceux du World Trade Center ?), « la goutte de sueur qui coule sur le dos », un oiseau de malheur qui virevolte la gueule ouverte, sans état d’âme, prêt à expédier coupables et innocents « jusqu’en enfer ». Il est un magnifique Méphistophélès cherchant à rallier à son panache sombre l’amazing Spider-Man, préfigurant le Vautour du « Homecoming » (Michael Keaton étant lui-même une sorte d’Osborn du marché noir, un entrepreneur empêché).

Dans ce blockbuster à cent quarante millions de dollars, Sam Raimi reprend ses marques, impose son univers lugubre et loufoque, son côté bricolé dans un final en ruines ou bien hanté dans un immeuble en feu. Il invite même Bruce Campbell à devenir le monsieur loyal des premiers exploits de l’araignée humaine. La caméra qu’il renversait en tous sens à l’époque horrifique d’« Evil Dead » suit désormais le ballet aérien du tisseur (qui prend son envol sur le thème devenu classique de Danny Elfman, charriant derrière lui l’univers référentiel du « Batman » de Tim Burton), elle prend les coups et les assène. La vulnérabilité de l’Amérique se fait jour sous les coups porté à Spider-Man, dans les béances de son costume déchiré, il appartient alors à tous les citoyens de faire un choix : celui du Bien ou du Mal. La sentence prophétique et universelle renforcée par le martyre de l’oncle Ben résonne maintenant bien au-delà du film.

New York est son alliée, sa verticalité constitue son terrain de jeu, et les passants ont désormais les yeux levés vers lui. Acclamé et populaire, le héros laisse deviner sous le masque la sensibilité d’un homme de la rue, n’en déplaise à ses détracteurs : Raimi multiplie les confidences de trottoir, invente des hymnes de couloir de métro, et les flics se voient obligés de le laisser filer, il ajoute en point d’orgue l’intervention inopinée des témoins anonymes au plus fort d’une bagarre suspendue au-dessus de l’East River. Mais le scénario n’oublie pas que dans le civil, rien n’est simple pour Parker, surtout avec la rouquine Mary-Jane. Si Tobey Maguire est un peu vieux pour ce rôle juvénile, il n’en est pas moins hilarant en adolescent complexé, le freak du lycée qui se liquéfie devant le sourire charmant de Kirsten Dunst, la girl next door qui lui met la tête à l’envers.

Elle aussi cache un secret sous le costume de la fille populaire : un milieu familial chaotique, des rêves d’actrice qui s’en tiennent au rôle de serveuse dans un boui-boui du Bronx. Et pour compliquer encore l’idylle, s’insère dans le jeu de l’amour le meilleur ami de Peter, Harry Osborn (ténébreux James Franco), qui n’est autre que le fils unique de l’ennemi juré du super-héros. Se croyant embrassé par une providence arachnéenne, Parker comprendra vite que ce don tient de la malédiction, celle de devoir toujours rester discret pour ne pas faire souffrir ceux qu’il chérit, héros enfermé dans une cage d’anonymat, pris au piège de la toile de son costume. Plus socialement ancré que ses futures incarnations, et plus fouillé sans doute, le « Spider-Man » de Sam Raimi peut s’enorgueillir de cette belle touche romantique qui ajoute à la toile toutes les couleurs des sentiments.

39 réflexions sur “SPIDER-MAN

  1. Ce Spider-man est un réussite qui se verra dépassé par un second opus plus que parfait. L’esprit comics est bel et bien présent et Raimi parvient même à faire vibrer la fibre nostalgique le temps d’un court plan où un musicien dans le métro entame la chanson du générique du dessin-animé. J’aime beaucoup et pourtant je suis loin d’être fan des films de super-héros.

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    • Deuxième opus sur lequel je reviendrai bientôt.
      Tu as raison, un coup de maître pour Sam Raimi qui quitte avec ce « Spider-Man » la confidentialité des thrillers plus ou moins horrifiques pour entrer de plein pied dans l’univers du blockbuster à succès.
      Il joue sur la nostalgie c’est vrai, a coup de clins d’œil amusants comme ce chanteur du métro qui ne joue pas le thème du dessin-animé (c’est une violoniste de rue dans le 2 qui fait cela) mais imagine un hymne à la gloire du nouveau héros de la ville. Je pense que le public a été aussi particulièrement sensible à la place accordé à New York par Sam Raimi.

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  2. 20 ans déjà ! Après sa virevoltante version du fantôme de l’opéra (le génial « Darkman »), Raimi prouve encore une fois sa capacité à faire bouger les cases d’une BD. Le résultat est étourdissant à tous les niveaux. Dès « Evil Dead », le style de Raimi s’est imposé comme ultra graphique, dynamique, créatif. Bref, très proche d’un comic book (voir aussi les duels virtuoses de « Mort ou vif » ou les gags morbides de « Drag Me to Hell »).
    En 2002, le genre « superhéroïque » était promis à un bel avenir. La même année, Del Toro nous pondait aussi un « Blade II » bien furibard. Dans le sillage de « Matrix », ces deux films représentaient alors le renouveau de l’entertainment US, avec des fanboys talentueux aux commandes…
    Souvenirs, souvenirs : à l’époque, Mad Movies avait proposé deux couvertures au choix : une avec « L’Araignée », l’autre avec le « Diurnambule » (j’avais choisi la première…).
    Encore une fois, ton article est une merveille. J’ai aimé me perdre dans ses filets.

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    • Grand merci 🕸️ce fut un plaisir de rendre ce bel hommage notre friendly neighborhood Spider-Man. 😉
      Figure-toi que je n’ai encore jamais vu « Darkman ». Il faudra que je répare cela un jour.
      Je te suis en revanche sur l’univers très graphique de Raimi, réalisateur qui convenait à merveille pour le film bien qu’il ne fût pas le premier choix des producteurs (que serait devenu cette histoire sous le feu nourri de Cameron ?). Il montre ici sa passion pour le personnage de Parker, et même une forme d’identification qui perdurera sur les trois films. Cela ne sera d’ailleurs pas sans effet sur certains membres de son équipe qui, au fil des trois films, finiront par quitter le navire (comme Danny Elfman).
      Raimi a aussi montré qu’il pouvait s’attaquer à une forme de cinéma plus réaliste comme le formidable thriller neigeux « un plan simple ».
      J’ai néanmoins quelques craintes aujourd’hui de le voir dissout dans le MCU.

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  3. J’adore ce film, j’adore cette trilogie – même le dernier titre, je ne le trouve pas catastrophique comme certains, loin de là d’ailleurs. Je trouve qu’on n’a jamais fait mieux que ces SPIDERMAN, dans la catégorie « Marvel au cinéma ».

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    • J’évoquerai bientôt également ce troisième volet de Spider-Man, que je réhabilité également. Il y a effectivement dans cette trilogie une fraîcheur qui a évidemment aujourd’hui disparu. Marvel est devenu une industrie lourde du divertissement, avec une puissance de feu impressionnante, et la plupart du temps une efficacité redoutable auprès du public (il suffit de voir les entrées de « No way home »). On y a perdu un peu d’âme en cours de route (ce que la firme tente de retrouver d’ailleurs en conviant Tobey Maguire dans « No way Home » justement), mais c’est ainsi. Ces personnages de BD sont destinés à être populaires, déclinés à l’infini, comme autant d’histoires mythologiques des temps nouveaux. Ils sont à l’image de leur temps, comme l’était aussi ce « Spider-Man », dans la tourmente d’une époque saisie par la peur des attentats, sous la menace d’un démon nihiliste tout de vert vêtu.

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      • Oui, tu as bien résumé la chose. Je ne tire pas à boulets rouges sur le MCU, c’est juste que ça ne me parle pas plus que ça, ce n’est pas « pour moi » je pense, il y a un côté grosse machine très/trop présent, au détriment d’un côté « vision d’auteur/réalisateur ». On parle par ex de la trilogie SPIDERMAN de Raimi, du BLADE 2 ou des HELLBOY de Del Toro, SUPERMAN de Richard Donner, des BATMAN de Burton et Nolan, du DAREDEVIL d’Affleck (ahahah)… Mais pour le MCU… Les AVENGERS des frères Russo ? Non. On dit les AVENGERS du MCU, c’est assez anonyme en fait (James Gunn tire un peu son épingle du jeu quand même), bien fichu je ne dis pas le contraire, mais englué dans une machine énorme aux codes assez lisses qu’il convient de suivre à la lettre. D’ailleurs on peut se demander si la recette n’est pas en train de s’essouffler – le succès du dernier SPIDEY pourrait être l’arbre qui cache la foret ? On verra… Mais tu as raison. Ces héros sont ultra populaires, ils évoluent avec leur époque et il faut accepter qu’ils changent et soient déclinés… à l’infini ?

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        • A l’infini, sans doute pas. Il y aura une « endgame » un jour, quand les recettes ne seront plus à la hauteur des sommes investies. Je crois aussi, comme toi, qu’après l’ère Avengers, Marvel aura du mal à susciter l’adhésion. Et pourtant, on le voit, Spidey a toujours une cote d’enfer, et je présume que le prochain « Black Panther » sera attendu avec ferveur par beaucoup, et peut être aussi « Thor » (Waititi à ses fans). Je fais confiance aux cervelles en ébullition de la firme pour trouver les idées qui alimenteront la curiosité.
          Quant aux realisateurs, je suis entièrement d’accord avec toi, ils se diluent dans le MCU (même James Gunn, on ne dit pas « les gardiens de la Galaxie » de James Gunn). Disons qu’ils deviennent tous les films de Kevin Feige, l’actuel leader de Marvel et véritable grand démiurge de cette mythologie. Comme l’étaient naguère les grands nababs d’Hollywood, les Zanuck, les Selznick, Laemmle et compagnie. Ce qui ne veut pas dire qu’ils disparaissent totalement : Chloe Zhao a voulu mettre son identité dans « Les Eternels » (pour un rendu pas très convaincant je dois l’avouer), James Gunn y parvient aussi, et qui sait, Sam Raimi ? (à moins que comme pour Kenneth Branagh, cela fasse pshitt).

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  4. L’un de mes premiers choques cinématographiques, merci de redonner vie a ce Spider-Man au cours d’un article toujours aussi bien écrit.
    On sent tout au long du film, l’ombre du 11 Septembre planer, ne serais-ce que dans l’utilisation des citoyens qui se rebelles contre le bouffon vert, l’un d’eux ajoutant même au passage « T’en prendre a l’araignée, c’est t’en prendre a New York, t’en prendre a l’un d’entre nous, c’est comme t’en prendre a tout le monde ». N’oublions pas non plus ces superbes plans aériens que tu as si brillamment cité et qui au delà de l’esthétisme, de l’avancée technologique que ce fut grâce a la réinvention de la Spidercam, c’était surtout un excellent moyen de rendre hommage a cette ville si durement touchée. Bonne continuation.

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    • Merci beaucoup pour tes encouragements.
      Complètement d’accord avec toi : à l’époque, voir Spider-Man se balancer avec fluidité entre les gratte-ciels était un spectacle prodigieux. Ce « Spider-Man » est vraiment l’ancêtre de tous les autres qui, dans leur représentation visuelle du héros, n’auront pas fait beaucoup mieux (sinon en lui ajoutant des tas de gadgets comme pour celui du MCU). Et si les exploits côtoient les hauteurs, les histoires entre les personnages restent quant à elles très terre à terre et proche de nous. C’est aussi ce qui rend le film très attachant.

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  5. J’ai pu revoir cette trilogie de Raimi lors d’une redif’ sur une chaîne cinéma. Si les scénarios et l’interprétation tiennent toujours la route, par contre visuellement ces films vieillissent mal je trouve. La faute à un recours trop massif au numérique. Esthétiquement c’est parfois moche.

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    • Franchement, je n’ai pas trouvé. Je trouve au contraire que ça leur donne un certain charme. Surtout que la photo de Don Burgess et les magnifiques décors aux accents gothiques (cette vieille ruine à la fin) donnent un côté BD à ces acteurs suspendus par des filins (quoi de plus normal chez Spider-Man).

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    • Eh oui, aujourd’hui le système Marvel domine tout en muscles le cinéma de divertissement et, malgré le dégoût que cela peut provoquer, cela fonctionne toujours. On en pense ce qu’on veut, mais ils parviennent tout de même à occuper le secteur, avec des scénarios souvent originaux, puisant à satiété dans la mythologie usinée de case en case par Stan Lee et ses descendants.
      Le « Spider-Man » de Raimi avait cette fraîcheur (même si les « X-Men » l’avaient précédé), car il déboulait parmi les premiers. Sam Raimi a récemment intégré à son tour l’univers Marvel et proposera bientôt sa vision « multiverselle » du Docteur Strange. Sera-t-il aussi exaltant que ce « vieux » « Spider-Man » ?

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  6. Une réussite qui reprend plusieurs éléments du comics de Stan Lee et Steve Ditko, dont la deveine du personnage, son origine d’orphelin du Queens dont on se moque en classe et l’adage un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Le deuxième épisode est très bien, peut-être encore meilleur sur le plan de la mise en scène.

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    • Le côté déveine est effectivement une composante très originale qui augmente la sympathie envers le personnage. On sent le réalisateur proche de son héros, à bien des titres (l’interview citée en préambule en témoigne). J’aime l’idée que ces pouvoirs deviennent pour Parker une forme d’affliction, voire de malédiction. Il approfondira cette idée dans le deuxième opus, mais aussi dans le troisième, mal aimé mais qui a retrouvé grâce à mes yeux lors de mon dernier visionnage.

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      • Oui. Le côté malédiction des pouvoirs est encore plus prononcé dans le comics dont les premiers épisodes sont presque proches de certains récits yiddishs avec un anti-heros qui a un fort sentiment de culpabilité et raté tout ce qu’il fait.

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        • Doit-on y voir l’influence des frères Coen, grands amis de Sam Raimi ?
          En tout cas, ces histoires de malédiction sont la grande affaire de Raimi, de « Evil Dead » à « Drag me to Hell » en passant par « A simple plan ».

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          • Non, tout simplement l’influence du Comics de 1962, même si cela rejoint effectivement le thème de la malédiction de Raimi. Stan Lee, de son vrai nom Stanley Lieber, était juif et je pense qu’il parlait indirectement de la condition juive dans les premiers épisodes de Spider-man et de sa propre expérience de fils d’immigrés juifs d’origine sociale modeste, grandissant à Washington Heights et allant à l’université dans le Bronx.

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            • Stan Lee était juif new-yorkais, tu as raison. Tout comme l’étaient d’ailleurs les créateurs de Superman, Joe Shuster et Jerry Siegel. On retrouve certaines similarités entre Peter Parker et Clark Kent : le côté effacé de leur personnalité publique, tous deux orphelins, tous deux travaillent pour un journal, et surtout deux héros pour la même ville (Metropolis = New York, soyons clairs) qui finiront d’ailleurs par se rencontrer.

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  7. Les jeunes générations (donc après moi) ne semblent parfois pas se rendre compte que c’est grâce à ce type de films que beaucoup de choses sont possibles désormais. Quand c’est arrivé en 2002, j’étais impressionné de voir quelqu’un voltiger dans le costume de Spider-man, au même titre que d’autres quand ils ont vu Superman voler. Ce sont les fameux game changers, ceux qui permettent de faire évoluer la technique et notamment les sfx. Ce sera pareil par la suite avec Hulk d’Ang Lee (avec nettement moins de succès, mais cela restait une prouesse incroyable). Ce sont des films nécessaires qui essuient les plâtres pour les autres et si ce sont de très bons films c’est encore mieux. Ce qui est toujours le cas des deux premiers films de Raimi (je ne suis pas fan du dernier). On a souvent reproché que Tobey Maguire faisait vieux, mais contrairement aux autres, il n’incarne Peter qu’à la fin de son lycée, c’est un adulte après. Donc c’est déjà moins gênant s’il fait plus adulte. La Mary Jane de Kirsten Dunst est très intéressante car comme tu le dis elle s’imprègne dans un contexte social fascinant. Une fille populaire en apparence souhaitant sortir de son trou à rat. La suite de ses aventures ne sera pas plus reluisante. Quant à Harry, il y a une vraie relation avec Peter. Les deux n’ont rien à voir ensemble (l’un est riche et encore, l’autre prolo orphelin) et pourtant leur amitié est forte. Le fait d’arriver à la mort d’Osborn en fin de film permet de rabattre les cartes. Quant à Osborn, j’ai toujours trouvé la version de Raimi très bien.

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    • On a beaucoup moqué le design du costume de ce Bouffon, ce casque très figé, cette armure d’un vert rutilant. Mais comme toi, j’aime énormément son aspect démoniaque, en accord avec les exploits grotesques et horrifiques qui ont fait connaître le réalisateur. Raimi marque ce « Spider-Man » de son indéniable empreinte. David Koepp donne de la densité aux backgrounds des personnages, puise dans le contexte social et familial déjà présent dans les comics et en fait, en fin de compte, le véritable carburant du film. Tu as raison en disant que l’amitié entre Peter et Harry Osborn est particulièrement importante, et fondamentale dans la construction dramatique du film. Les affrontements entre Spider-Man et le père de Harry en sont d’autant plus bouleversants qu’ils se déroulent sous le sceau du mensonge.
      Film essentiel, tu l’as dit, la matrice de ce qui suivra par la suite.

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      • Les gens auraient préféré un costume comme celui des comics. On a vu plus ou moins ce que ça a donné en 2014. Une horreur. Osborn est très intéressant car c’est un homme blessé personnellement (visiblement sa femme l’a quitté et a laissé son fils même si ce n’est pas clair) et dans son travail (on juge qu’il est un incapable). Du coup quand il devient fou, tout explose. Ses frustrations ne sont plus là, car il peut les expulser d’une autre manière. Ce qui est identique à Parker se découvrant des facultés physiques qu’il n’avait pas autrefois.
        Si Superman a été la matrice de l’origin story dans le genre, Spider man et X Men seront le renouveau attendu.

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  8. C’est mon Spiderman préféré. J’ai lu récemment que le réalisateur voulait faire limer les dents de Kirsten Dunst.. heureusement elle a refusé car c’est son sourire imparfait qui est le plus craquant chez elle. ans Astérix, Zidi avait voulu faire la même chose à Laetitia Casta qui elle aussi a refusé. C’était pour la petite anecdote 😉 Tu en parles très joliment. Un souvenir de jeunesse ce film. Bien meilleur que les Spiderman suivant qui n’ont pas cette magie✨ Belle soirée à toi 😊

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