MAIGRET

Pipe show

« Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur,
Que ce granit du moins montre à jamais sa borne »

Stéphane Mallarmé, le tombeau d’Edgar Poe, 1887.

Un pardessus, une pipe et un chapeau. La démarche pesante, le regard taciturne, l’économie des mots. « Des muscles durs se dessinaient sous le veston, déformaient vite ses pantalons les plus neufs. Il avait surtout une façon bien à lui de se camper quelque part qui n’était pas sans avoir déplu à maints de ses collègues eux-mêmes. C’était plus que de l’assurance, et pourtant ce n’était pas de l’orgueil. » En 1929, dans un « train de nuit », Georges Simenon invente « Maigret », et désormais Patrice Leconte. Engoncé dans son lourd manteau, presque à bout de souffle, « qui d’autre que Depardieu ? » affirme le réalisateur. Sur le quai embrumé d’une enquête vidée de toute substance, il progresse à pas contés en direction de « la jeune morte ».

De Richard à Crémer, de Pierre Renoir à Harry Baur, de Charles Laughton à Rowan Atkinson, sans oublier l’inégalable Michel Simon (le chouchou de Simenon) et le grand Gabin, pour sûr Maigret est un commissaire prisé. Cela faisait pourtant plus d’un demi-siècle qu’il n’avait pas mené l’enquête sur grand écran, fâché tout rouge chez Gilles Grangier. Tandis que Kenneth Branagh repeint Agatha Christie aux couleurs vives du numérique, le réalisateur de « Monsieur Hire » préfère revenir aux chambres froides et aux petits matins grèges. Avec lui, Maigret voit gris. De sa démarche de brontosaure en fin de règne, Gérard Depardieu déplace la lourde masse policière avec parcimonie, sous le coup de la loi de la gravité, mais également force d’inertie du film.

Sous le masque de l’imperturbable divisionnaire, on guette la fêlure, l’empathie avec la victime. Sous le drap mortuaire, un spectre ensanglanté lui fait perdre l’appétit. « Je ne te reconnais plus » lui dit sa femme. Il a laissé tomber la bière et les sandwichs, il passe au blanc pour noircir une page depuis longtemps restée vierge. Suivant les recommandations de son médecin (qui est aussi le légiste !), il doit même renoncer au tabac sous peine de bientôt casser sa pipe. Leconte veut à tout prix se débarrasser « de la panoplie archi-éculée du Maigret avec chapeau, pipe et manteau », il laissera donc l’accessoire au vestiaire. Mais c’est tout au plus un leurre, car elle fume encore au bec des adjoints, une paire d’empotés qui ne savent par quel bout la prendre.

Un peu comme cette enquête d’ailleurs, qui débute sur un cadavre sans nom, mais dont nous serons les témoins des derniers instants. Du corps sans vie, il faudra reconstruire un être, une identité, une histoire, un destin. Dans le pur esprit simenonien, ce Maigret se veut à « la bonne distance », se joue à l’instinct, à l’écoute et surtout dans la tête (on sent l’admiration pour Duvivier). Les témoins alors défilent, un à un. Chaque second rôle tente d’exister durant de brèves répliques. Certains s’en sortent pas mal comme Hervé Pierre dans le rôle du légiste, comme Elizabeth Bourgine qu’on n’avait pas vue sur un grand écran depuis des lustres (déjà chez Patrice Leconte), et surtout André Wilms qui nous fait ses adieux (disparu il y a peu, « Maigret » sera son dernier film). « Quand on perd son enfant, on perd tout, il n’y a plus rien » dit-il, comme une pensée pour le drame personnel vécu par Depardieu, comme en souvenir de Simenon qui perdit un beau jour de 1978 sa fille âgée de 25 ans. Des mots livrés d’une voix déchirante qui rompent la monotonie des moments de confession.

Mais bien vite, cette léthargie mortifère va finir par donner au commissaire une sale gueule d’atmosphère, chaque entretien prenant un tour de plus en plus plombant. Il ouvre des portes qui ne semblent mener nulle part (sinon sur une tentative un peu lourde de recycler un motif d’« Alphaville »). Le Maigret de Leconte, c’est un peu l’encombrant qu’on a sorti du placard, puis mis au clou à la première brocante. Même s’il s’en défend, le réalisateur a pris soin de remettre le limier dans son jus. L’aspect sépulcral cherche à compenser la misère du décor. La tentative est louable, à condition de ne pas en faire un argument de vente. Bon chef opérateur, Yves Angelo s’empresse de donner à l’image cet aspect vieilli, entre froideur melvillienne et jeu d’ombre à l’expressionnisme désuet. Mais jamais l’usure ne semble naturelle. Sur le front de la musique, Bruno Coulais s’est fendu de quelques orchestrations qui cherchent à maintenir en éveil, mais elles se dissolvent dans une intrigue exsangue, divulgâchée dès les premiers instants, dépouillée de tout suspense, montée à la Hache et déshabillée de tout effet de surprise. Ici le sujet, c’est Maigret, pas l’enquête. Une vérité annoncée dans le titre.

La mise en scène est à la lutte contre de perturbants recadrages façon Leconte, effet de manche plus qu’effet de style qui devient rapidement irritant. Quant à la direction d’acteurs, elle aussi manque d’assise. Chez ce Depardieu, éteint jusque dans son « humour belge », la lassitude l’emporte sur l’empathie qu’il devrait inspirer. Et chez les principaux suspects, tous plus fades les uns que les autres, cela ne vaut pas mieux. Cela commence chez la bourgeoise araignée confiée à une Aurore Clément asthénique, et se poursuit avec la jeune Jade Labeste : sa frimousse d’après-guerre est raccord (elle a survécu à « un village français ») mais on ne la sent pas forcément très à l’aise face à la masse Depardieu qui a fait d’elle sa poupée. Au milieu de tout cela, Mélanie Bernier, à qui revient le rôle de la garce suspecte, fait de son mieux, associée hélas à un fiancé bien doté, mais assez mal servi par Pierre Moure.

« C’est si bon » entonnent-ils pourtant en chœur, à l’approche d’un simulacre censé confondre les coupables, dispositif étonnamment incongru qui fait chavirer toute crédibilité. Au seuil de ces révélations, le scénario tente une dernière fois de convoquer les pages de Simenon et réveiller le fantôme de « la jeune morte ». Mais cet étrange parfum de « Dahlia Noir » dont Leconte voudrait embaumer son film a la fadeur des piètres contrefaçons, celui qui s’évapore avant que l’on sache le fin mot, avant même que ne s’écrive le mot fin.

61 réflexions sur “MAIGRET

    • C’est un Maigret au seuil de la retraite (la question lui est d’ailleurs posée par le médecin des le début du film) que choisit de filmer Leconte. Un commissaire usé, désabusé, affaissé et atone. C’est ainsi que Depardieu l’interprète. Cela n’est d’ailleurs pas en contradiction avec la description de Simenon qui le décrivait comme  » un type énorme, un peu pachyderme ». Le problème est d’avoir laissé la bride sur le cou de l’acteur. Et puis j’avoue ne pas être toujours très convaincu par les choix de mise en scène de Leconte.

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  1. Bonjour Florent. Le titre, Maigret tout court, semble explicite. Je ne l’ai pas encore vu. J’irai car je suis un admirateur de Simenon. Tu sembles assez sévère. Maigret et l’affaire Saint Fiacre, film classique et sans surprise, est le film que j’ai le plus vu, au cinéma, très jeune, et je ne le rate jamais lors de ses innombrables rediffusions. J’en connais la plupart des répliques. En grande partie grace aux seconds rôles que j’aime tant, Auclair, Hirsch, Vitold, Frankeur, Morel. Je pense en être à 15 fois.
    – Comment me trouvez-vous dans la redingote de mon père, Commissaire?
    – A votre place pour la première fois.
    A bientôt.

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    • J’adore « l’affaire Saint-Fiacre ». Sans doute mon Maigret préféré (avec « La tête d’un homme » de Duvivier). Mais cette version Gabin-Delannoy-Audiard n’est sans doute pas la plus fidèle à l’esprit Simenon.
      J’ai bien compris l’intention de Leconte et Jérôme Tonnerre son scénariste à vouloir revenir à la source, insistant sur la pesanteur psychologique des romans. Il n’a pas peur de s’emparer du monument (tout comme il l’avait fait avec « Monsieur Hire », déjà formidablement adapté dans « Panique » de son idole Duvivier), mais je trouve qu’il n’a pas l’habileté nécessaire. Ce « Maigret » très fuligineux devrait être magnétique, il est tout au mieux soporifique. Peut-être fauteuil était-il trop grand ? En tout cas, je n’ai pas réussi à m’y installer.

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  2. Bon jour Princecranoir,
    Perso, je suis un fan de Bruno Cremer qui représente très bien Maigret, tandis que Michel Simon ne fait pas le poids. J’ai eu l’occasion de voir récemment le film « Panique », par exemple, il fait une belle composition, mais son air pataud me dérange et puis j’ai toujours eu cette impression qu’il en faisait trop, une caricature de ses personnages. Jean Richard, trop léger dans tous les sens. D’ailleurs,je me demande si Simenon ne disait pas à chaque fois, qu’il y avait une adaptation de Maigret, qu’il préférait l’acteur du moment.
    « Quand on perd son enfant, on perd tout, il n’y a plus rien », également Maigret a perdu une fille en bas âge.
    Je n’irai pas voir ce Maigret en gras du titre. De plus en plus, je vois un Depardieu qui se traîne de film en film, il fait seulement du Depardieu, comme Gabin faisait du Gabin. C’est triste.
    (j’espère ne m’être pas trop égaré dans mon commentaire) 🙂
    En tout cas, un bel article comme d’hab 🙂
    Bonne journée
    Max-Louis

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    • Crémer a les faveurs de nombreux amateurs de Simenon. Quant à Michel Simon, je comprends qu’il divise mais je ne fais que rapporter les dires de l’auteur (selon Pierre Assouline) : « C’est lui ! C’est lui ! Comme lui, Maigret doit impressionner par sa stature. Je dis quelque part qu’il se gonfle pour faire croquemitaine. C’est ça !  »
      L’avantage avec ce personnage, c’est que chacun peut choisir le sien.
      La version Depardieu est une proposition qui fait sens, mais je trouve qu’elle est maladroitement exploitée par Patrice Leconte. Un peu trop débordé par la stature du personnage sans doute.
      En effet, Maigret a perdu sa fille. C’est justement le sujet du film de Leconte (je n’en parlais pas directement pour laisser découvrir ceux qui n’auraient pas vu le film). Il filme ce commissaire rattrapé par ce manque de paternité, qui resurgit avec la découverte du cadavre, et qu’il va chercher à combler en prenant soin d’une autre jeune fille perdue dans Paris.
      Merci pour tes mots Max-Louis. Je te souhaite un très beau dimanche. 🌞

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  3. N’est pas Simenon qui veut. Quelle idée de changer l’histoire ! Mais oui cela fait plaisir de revoir Miss Bourgine (et on ne dit pas de mal de l’éthérée Aurore, je l’adore) et bien entendu André Wilms qui ne se laisse pas bouffer par Depardieu, parce que lui aussi est un ogre, mais un ogre gentil.

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  4. Delighted to hear of the reincarnation of Maigret and, like Gabin, Depardieu seems an ideal choice. I am a huge Maigret fan and have just bought a large number of the books at auction and am currently reading Maigret’s Failure. I hope this film gets as wide an airing as Branagh’s Poirot.

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  5. Très bon article pour un film qui m’a profondément ennuyé. Depardieu est à la fois présent (physiquement) et absent (aucun jeu, aucune incarnation) à l’écran. Quant à la mise en scène, que dire de la laideur de l’image numérique… et des recadrages systématiques de la caméra qui rendent la vision de ce ‘Maigret’ vraiment désagréable. Ce n’est pas la première fois que j’ai ce problème avec Patrice Leconte. Il cherche a faire moderne (caméra instable, non posée sur un pied ou un charriot… c’était le choix de la Nouvelle Vague dans les années… 1960) à partir d’un matériau classique, mais se plante totalement. En fait, j’aime bien Leconte uniquement dans la comédie (‘Les Bronzés’, ‘Les Grands Ducs’). Car dès qu’il devient sérieux, il manque de finesse et se couvre de ‘Ridicule’ (je pense à ‘Confidences trop intimes’).
    Bref, je découvre/redécouvre actuellement (Paris Première) et avec infiniment plus de plaisir les Maigret interprétés par Gabin et avec les dialogues d’Audiard.

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    • Les Gabin-Audiard sont pittoresques mais, d’après les spécialistes, pas suffisamment Simenoniens.
      Quant à la version Leconte, je te rejoins totalement ! Ce recadrages incessants, ce montage à la diable, ça fiche tout par terre. Il y avait pourtant matière à faire quelque chose de solide avec Depardieu.
      « Les Bronzés », « viens chez moi… » et même « Ridicule », je dis ok. Mais je n’ai effectivement déjà pas un souvenir mémorable de Leconte quand il rentre dans le « dur » de Simenon avec « Monsieur Hire ». Je n’avais pas tenu jusqu’au bout de « la fille sur le pont ». Et on peut aussi ajouter qu’il a son actif quelques flop bien sentis avec d’autres poids lourds du cinéma français.

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  6. Je tenterai chez moi, entouré des enquêtes de Maigret et autres romans durs de Simenon. Toujours difficile de s’attaquer à un tel personnage, d’autant plus quand son créateur lui a fait connaître autant de changement physique, émotionnel et professionnel. A voir. Belle critique en tout cas.

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    • Merci beaucoup.
      Un film qui s’ajoute au dossier déjà lourd du fameux commissaire. Il fallait bien que Depardieu laisse sa marque à son tour. S’il a retrouvé les clefs du 36, il est ici bien différent du Mangin de Pialat, ou du Klein de Marchal.

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  7. Je suis assez d’accord, l’ambiance, la lumière, les décors, j’ai trouvé ça limite (of control) moche. Et la réalisation à la mormoille (si je peux me permettre) et Pierre Moure… non mais d’où il sort celui-là ???
    Et pourtant, nonobstant toutes les réserves, j’ai pris… non pas du plaisir, mais un intérêt certain à suivre Gégé à bout de souffle.

    à pas contés… mais bon, avec ta folie des jeux de mots, qui sait !

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  8. Je n’ai pas passé un mauvais moment devant ce Maigret, mais il faut bien reconnaitre que l’essoufflement de Depardieu se fait cruellement sentir. C’est un film qui sent bon la naphtaline.

    Pourtant la collaboration Depardieu/Leconte sonnais comme une évidence, hélas il est arrivé trop tard. Et surtout la révélation final est totalement insipide, sans connaitre les raisons du crime, on devine aisément l’identité du coupable.

    Quand a la mise en scène et l’éclairage, Leconte cherche clairement a renouer avec un style vieillot propice aux origines de Maigret, alors qu’il aurait été préférable de rajeunir le personnage et de confier le rôle a un acteur d’une quarantaine d’années, style Romain Duris par exemple. Vincent Cassel aurait aussi pu faire un Maigret fascinant je pense.

    En conclusion, c’est un polard sympathique qui sera très vite oublié tant il n’est plus en adéquation avec le cinéma actuel.

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    • Romain Duris, Vincent Cassel, pas vraiment le profil Maigret. Tu me diras, quand on voit Rowan Atkinson… Maigret c’est « un gros homme placide » comme le décrit Simenon.
      Par contre, pour sentir la naphtaline, le film se pose là. La stylisation aurait pu donner quelque chose de bien, et Depardieu a le potentiel d’un bon Maigret. Enfin, « avait », tu as peut-être raison.

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      • Cassel et Duris n’ont pas le profil de Maigret mais je trouve qu’ils auraient livré de meilleurs performances que notre pauvre Gégé qui apparait plus que jamais fatigué et lasse de jouer. Alors on sais qu’il n’apprend plus ses répliques et qu’avec lui c’est du 50/50. S’il est concerner par un projet il peut se montrer impressionnant, auquel cas il fait le minimum syndicale et là c’est exactement ce qui se passe. Il débite ses dialogues, exagère son intonation et compte ensuite sur son charisme pour que ça ait l’air acceptable.

        C’est d’autant plus dommage que ironiquement au tout début de sa carrière avant même qu’il ne fasse des films, il tenu un rôle secondaire dans un épisode de la série Maigret, interprété si ma mémoire est bonne par Jean-Louis Richard.

        Et ça faisais longtemps qu’il n’avait pas travaillé pour un grand cinéaste, en tête d’affiche qui plus est. Patrice Leconte a beau dire en interview que Depardieu est extraordinaire, qu’il a jouer de la façon qu’il voulais voir mieux que ce qu’il avait anticipé, mais c’est surtout pour la promotion je pense.

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        • Évidemment, beaucoup de promo, mais sans doute aussi beaucoup de sincérité dans les propos de Leconte qui a itéré face à Patrick Cohen dans Rembob’INA. Il remerciait d’ailleurs, en manière de boutade, les autres réalisateurs de n’avoir pas pensé à Depardieu avant lui. L’épisode avec Jean Richard que tu évoques a d’ailleurs été rediffusé sur LCP cet après-midi. J’en ai glissé une photo dans le post ici-même.

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    • Merci beaucoup Eveline,
      Pas franchement le film qui nous remonte le moral en ce moment (mieux vaut revoir « les vedettes » 😉 ).
      J’avais bien aimé « Tandem » aussi, c’est vrai.
      Depardieu était formidable dans « Illusions Perdues », dans un court rôle certes.

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  9. J’ai passé un bon moment devant le film, même si j’ai clairement vu mieux. Depardieu m’a paru intéressant en figure triste du policier. Par contre, il y a un sacré problème au niveau de la réalisation. Autant les travellings tiennent la route, mais alors les plans rapprochés avec la caméra qui n’arrête pas de trembler c’est quelque chose.

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    • Tu me rassures, j’ai cru que j’avais un problème ophtalmique. C’est n’importe quoi cette manière de recadrer tout le temps l’image. Et puis il aurait pu nous épargner cette résolution improbable (piquée à « Nightmare Alley »,), ces blagues à deux balles (« ceci n’est pas une pipe », très drôle), bref, comme disait Brel, ça voudrait bien avoir l’air, mais ça n’a pas l’air du tout.

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  10. Mouais, il en va des Maigret comme des James Bond, chacun a son préféré et ne changera d’avis sous aucun prétexte. Mon préféré à moi, c’est Jean Richard, précisément parce qu’il n’a l’air de rien et que je pense justement que Maigret doit n’avoir l’air de rien.

    Simenon, c’est quand même à la fois une bénédiction pour les scénaristes (c’est de l’or en barre du point de vue de la trame scénaristique) et aussi une malédiction (combien de films sont mieux que le livre ?). La chance de ceux qui adaptent Simenon, c’est que les spectateurs ne lisent pas le livre.

    Bref, j’irai peut-être le voir si il passe chez moi mais je ne suis pas trop tenté. Surtout après ton post.

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    • Leconte et Jérôme Tonnerre ont modifié une bonne partie du roman visiblement. Il faudra que je lise l’original pour me faire un avis sur l’adaptation. Reste que les choix de mise en scène et le rythme sont discutables selon moi.

      Fan de Jean Richard ? Il en reste peu. Je l’ai revu dimanche dans ses œuvres et, honnêtement, je crois qu’il était meilleur patron de cirque que comédien.
      Simenon au ciné, ça a quand même donné de bons films : « Panique », « la tête d’un homme », « l’aîné des Ferchaux », « l’horloger de Saint-Paul »,…

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  11. Je te trouve dure avec Leconte… Mais j’ai bien aimé, un peu trop classique mais ça colle avec Maigret incarné merveilleusement par Depardieu. Ma vraie déception vient de l’histoire elle-même, pourquoi adapter un roman si c’est pour retirer la moitié de l’intrigue ?!

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    • Parce que c’est visiblement plus les tourments intérieurs de Maigret que l’enquête qui l’intéresse. Il suffit de voir comment il la survole tout au long du film pour s’en convaincre. C’est aussi sans doute ce qui m’a manqué. A cela s’ajoute les tics de mise en scène de Leconte qui ne sont pas du tout de mon goût. Dommage car Angelo avait réussi à bâtir quelque chose en terme d’atmosphère.

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    • Bonsoir Dasola,
      Depardieu est gros même, n’ayons pas peur des mots. Usé, essoufflé comme je l’écris, mais je l’ai trouvé aussi très absent hélas. En tout, j’aurais aimé être touché par cette pesanteur mais je n’ai vu qu’un acteur me faisant l’effet d’une enclume.
      Bonne soirée, merci de ton passage.

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  12. Je viens de le voir et suis pour l’essentiel de ton avis. Atonie des seconds rôles, et mono, monotoutcequ’on veut avec Depardieu-Maigret, trop vieux, la démarche d’une lenteur insupportable, même si je sais qu’on n’est pas chez Scorsese, lourdeur au propre et au figuré. Je crois que dans notre multiplexe cette semaine Depardieu est quatre fois à l’affiche.😉 A bientôt.

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    • Il faut bien quatre écrans pour contenir Depardieu aujourd’hui ! 😉
      Mais en effet, l’ogre s’est avachi quelque peu. Quant à Leconte, je trouve comme toi que son « Maigret » se traîne.
      Merci de ton passage. A bientôt.

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    • Si l’idée de voir Depardieu dans le costume de Maigret ne te convient pas à la base, il vaut mieux fuir en effet.
      Pourtant, au regard de la description qu’en fait Simenon, ce choix ne me semblait pas inapproprié, bien au contraire. reste que le film est d’une neurasthénie à faire peur.
      Merci en tout cas pour ton très gentil commentaire. 🙂

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