Monty Python : Sacré Graal !

Le rire Jones

sacrégraal1

« Ils durent manger un ménestrel mais l’allégresse ne les quitta point. »

On le disait dément depuis quelques temps, totalement fou le Monty. Mais comment eût-il pu en être autrement de la part de ce dingo sorti de Cambridge, à l’instar des autres surdiplômés du dernier rang qui composaient le joyeux cirque volant des Python ? Terry Jones avait la Galles, tel Perceval, inscrite dans les cinq lettres de son nom. Ainsi était-il né pour faire la quête, pour la gloire de l’Histoire médiévale. Et même si aujourd’hui nous rions Jones puisqu’il n’est plus, si même la mort n’a plus de sens, trinquons à la mémoire de holy Terry, resservons-nous encore un peu de ce « Sacré Graal ». Lire la suite

1917

Last man standing

1917 1

« (…) Ils jetèrent un regard en arrière et virent scintiller dans le lointain les lampes de Hobbitebourg dans la douce Vallée de l’Eau. Cette vue disparut soudain dans les plis du terrain obscurci, et elle fut suivie de celle de Lèzeau près de son étang gris. Quand la lumière de la dernière ferme fut loin derrière eux, perçant parmi les arbres, Frodon se retourna et agita la main en signe d’adieu.
– Je me demande si je contemplerai jamais de nouveau cette vallée, dit-il tranquillement. »

J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, Tome 1, 1954.

Partir en guerre est un voyage au long cours, quoiqu’il arrive une aventure pour toujours. Nul ne sait s’il en reviendra. Entre 1914 et 1918, des milliers de jeunes Britanniques quittèrent leur île pour rejoindre le Nord de la France et la Belgique afin de faire barrage aux troupes allemandes, « vers la victoire ou le linceul ». Certains désormais reposent en paix dans les jardins de pierre de la Somme et des Flandres. D’autres en sont revenus avec de larges cicatrices sur le corps et des souvenirs purulents dans la tête. A son petit-fils Sam, l’écrivain Alfred H. Mendes qui était de ceux-là transmit en héritage ses peines et ses douleurs, des fragments d’histoires venus s’ajouter au grand mémorial officiel. Sam Mendes les mit bout à bout puis, comme emporté dans les remous d’un long fleuve intranquille, il en a fait un grand film trempé dans un jus noir. Le récit d’un triste jour d’avril en fleurs, un jour de guerre en « 1917 ». Lire la suite

AMADEUS

rire et mourir

Amadeus-1

« O ciel ! Où est donc l’équité si le don sacré, si le génie immortel ne récompensent pas l’amour éperdu, l’abnégation, le travail, les efforts, les prières, et s’ils illuminent un insensé, un viveur ?… O Mozart, Mozart ! »

Alexandre Pouchkine, Mozart et Salieri, 1830.

« Aujourd’hui, c’est à vous que je m’adresse, chers enfants. Savez-vous, petits connards, qu’à l’âge où vous jouez aux billes comme des imbéciles, Wolfgang Amadeus Mozart, lui, avait atteint le génie ? »

Pierre Desproges, la minute nécessaire de monsieur Cyclopède, 10 mars 1984.

On y entre par les bois. La douceur des bassons, les teintes subtiles des cors de basset invitent promptement au recueillement. Puis les cordes, à la force des archets, lentement mais sûrement, ouvrent un passage vers les chœurs annoncés solennellement par le martellement des timbales et des trombones. Le Requiem de Mozart est au-delà de la musique, c’est le sacré qui élève le profane, c’est une sublime invitation à marcher vers la mort. Le jour où son auteur a laissé échapper son dernier soupir, un grand silence a envahi le monde. Et ce silence était encore de lui. Un insoutenable silence qui rend fou, jusqu’à son plus proche rival. Cinq après la mort de ce dernier, Pouchkine a écrit une courte pièce intitulée « Mozart et Salieri ». Rimski-Korsakov en a fait un opéra, Peter Shaffer une autre pièce de théâtre, puis un scénario que le praguois Miloš Forman a changé en film dramatique et symphonique : « Amadeus ».

Lire la suite

Une Vie Cachée

Gott mit uns

une-vie-cachee-2

« Contre vents et marées, savoir se maintenir. »

Goethe.

Par-delà les nuages qui nimbent les cimes des montagnes du Tyrol, se dissimulent au regard des hommes une rivière, des bois, des prairies, des champs, quelques vaches et autres moutons, un village, de la vie. « Une vie cachée ». Et c’est donc là-haut que, naturellement, Terrence Malick a emporté sa caméra pour s’élever vers l’incommensurable, y capter le sublime, et tenter de comprendre le mystère qui fit qu’autrefois un homme choisit de ne pas s’abandonner à la folie des autres. Lire la suite

The LIGHTHOUSE

Finis Terrae

the-lighthouse-1

« Nous vivons sur une placide île d’ignorance au milieu de noires mers d’infini, et cela ne veut pas dire que nous puissions voyager loin. »

H.P. Lovecraft, L’appel de Cthulhu, 1928

Au bout du monde, il y avait un phare. Derniers feux avant la nuit. Attiré par la lueur de ses légendes à faire peur, Robert Eggers a remonté le temps jusqu’à lui. Dans l’écrin lugubre de sa caméra, « The Lighthouse » se dresse, inflexible, tel un géant au péril de la mer, tel un clou planté dans l’océan, perçant l’horizon de son œil luminescent dans l’espoir d’en éclairer les mystères. Mais le sinistre royaume tapi sous la surface n’abrite-t-il pas les monstres que la lumière attire ? Lire la suite

The VVITCH

L’appel de la forêt

the witch-2

« Les sorciers, les possédés, les thaumaturges ont existé de tous temps ; l’Antiquité a eu ses sybilles, sa mythologie ; le Moyen-Age sa magie, sa sorcellerie. Les sorciers existent encore aujourd’hui, mais sous des dénominations différentes ; ils existeront probablement toujours. »

Charles Gomart, La sorcière de Ribémont, 1850.

« Ding dong, the witch is dead » chantaient les Munchkins du « Magicien d’Oz » croyant s’être débarrassés de la vilaine sorcière. Pas si sûr. Depuis que les jeunes curieux du « projet Blair Witch » sont allés fouiner dans les bois du Maryland, on se dit que certains sortilèges ont la vie dure. En la matière, le Massachussetts n’est pas en reste, il a aussi a vécu à l’heure des maléfices comme le rappelle « the VVitch », l’effrayant premier film de Robert Eggers, un natif du cru qui, bien avant d’allumer la lumière du « Phare », a sans doute vu de ses yeux vus des vieillardes s’enflammer pour le Diable et danser nues sous la pleine Lune.

Lire la suite

Star Wars : l’ASCENSION de SKYWALKER

Quo Vador ?

null

« Ce que j’aimais dans Star Wars quand j’étais gamin, c’était les héros improbables : tu n’es rien, insignifiant, tu pars dans l’espace et tu découvres que tu vaux quelque chose, tu rencontres d’autres personnages, des amis loyaux, une nouvelle famille,… »

Jeffrey Jacob Abrams, in Première n°502, décembre 2019.

« Ceux qui errent ne sont pas toujours perdus. »

J.R.R. Tolkien

Aussi loin que nos yeux peuvent sonder les tréfonds de l’univers, nombreuses brillent encore les étoiles. Cette guerre entamée il y a maintenant plus de quarante années par George Lucas ne prendra-t-elle donc jamais fin ? Un nouveau triptyque s’achève néanmoins avec ce « Star Wars, épisode IX : l’ascension de Skywalker », marquant le retour de J.J. Abrams aux commandes du vaisseau amiral de la maison Disney. Alors que le voyage touche à sa fin, celui à qui on avait confié la tâche de réveiller la saga endormie doit désormais prendre la relève des « derniers Jedi », réparer les robots cassés, et proposer une conclusion épique à la hauteur du culte stellaire.

Lire la suite