HELLRAISER II : Hellbound

L’antre de la folie

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« J’ai longtemps cru que j’inventais ça. Mais « ils » me le dictaient, me donnant le pouvoir de le rendre réel. Et maintenant, ça l’est. »

Sutter Kane, In the Mouth of Madness, John Carpenter, 1994.

« Ce n’était à l’époque qu’une rumeur, ce dôme du plaisir où ceux qui avaient épuisé les futiles délices de la condition humaine découvraient une nouvelle définition de la volupté. Et la route menant à ce Paradis ? Il existait, lui disait-on, plusieurs cartes des points de liaison entre le réel et le plus réel encore, tracées par des voyageurs dont les os étaient depuis longtemps tombés en poussière. »

Clive Barker, The Hellbound Heart, 1986, p. 63.

« Quel plaisir de vous voir de retour » dit à Kirsty cette femme dont la peau des joues est traversée d’une tige de métal rigide. Les amateurs de piercing et autres visions incisées dans le cortex de Clive Barker n’auront pas eu à souffrir toute une éternité pour à nouveau revoir leurs monstres préférés. Un an à pein après « Le Pacte », il invite les plus mordus à prestement franchir les portes de « Hellraiser 2 : Hellbound » pour lequel l’Américain Tony Randell joue cette fois les maîtres de cérémonie. Lire la suite

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Au feu, les pompiers

Sale défaite

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« Cet homme venant d’une dictature avait une maturité de cinéaste qui me sidère. »

Arnaud Desplechin.

La maison brûle et Miloš Forman prend la poudre d’escampette. L’expatrié tchèque aux 2 Oscars (un pour « vol au-dessus d’un nid de coucou », l’autre pour « Amadeus »), après un demi-siècle d’exil aux Etats-Unis, s’en est allé, cette fois pour ne jamais plus revenir. Il nous laisse le soin de prendre urgemment les choses en main, comme il le clamait déjà haut et fort en 1967 dès l’entame de « Au feu, les pompiers ! ». Lire la suite

Le conte de la PRINCESSE KAGUYA

L’adieu aux larmes

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« La joie de t’avoir connu
Est si vive, si profonde
Qu’elle pénètre tout mon être
Même au jour lointain
Où je ne saurai plus rien
Que vienne même le moment
Où ma vie prendra fin. »

Kazumi Nikaidô, La Mémoire de la Vie, 2013

« Si je fais ça, Paku va me remonter les bretelles, hein ? » Il s’appelait Isao Takahata, mais son compère Miyazaki l’appelait Paku. Il était l’autre Ghibli. C’est un véritable don du ciel qu’il nous a offert en guise d’adieu, un conte de lune et de larmes aux couleurs aquarellées, « le conte de la Princesse Kaguya ». Lire la suite

VICE-VERSA

Docter Maboule

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« Du jardin d’enfant à la vie adulte, les gens devraient plus prêter attention à leur intériorité, afin de devenir des personnes pleinement heureuses et de créer une famille, une communauté et une humanité plus épanouie. »

Le Dalaï-lama

Planqués derrière leurs écrans d’ordinateur, pianotant sans relâche sur leurs claviers, glissant inlassablement la pointe de leurs stylets sur les palettes numériques, les ingénieurs de chez Pixar ont plus d’une idée derrière la tête. Après avoir accusé un coup de mou en se retranchant derrière la facilité de franchises exploitables à merci, la firme à la lampe sautillante reprend du poil de Sully en retrouvant sa capacité à commuer les concepts les plus abstraits en blockbusters animés qui vous caressent les synapses dans le sens des neurones. La cervelle de Pete Docter est en ébullition si on en juge par le pétillement drolatique des dialogues qui fusent et le feu d’artifice de couleurs qui jaillissent de son « Vice-versa » renversant. Lire la suite

HELLRAISER, le Pacte

… et souffrir de plaisir

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« J’ai vu le futur de la terreur, il a pour nom Clive Barker »        Stephen King.

« […] vers dix ans je pus lire la vie des martyrs. Je me souviens avoir éprouvé une horreur qui n’était que du ravissement à ces lectures ; ils souffraient des pires tourments, avec une sorte de joie, ils se languissaient dans les geôles, étaient suppliciés sur le gril, percés de flèches, jetés dans la poix bouillante, livrés aux bêtes féroces ou cloués sur la croix. Souffrir et endurer d’affreux tourments m’apparut à partir de là comme un pur délice […] »

Leopold Von Sacher-Masoch, La Vénus à la fourrure, 1870.

Tels la Vierge Marie à Bernadette Soubirous, ils lui sont apparus. Clive Barker les nomma Cénobites. Leurs corps transpercés, lacérés, écorchés et sanguinolents, ils ne sont que plaies et blessures, martyrs éternels d’un enfer de plaisirs déviants, équarrisseurs en toge de cuir noir cousue à même la peau. « Démons pour certains, anges pour d’autres ». Nés dans l’encre de ses cauchemars d’écrivain, ils ont fini par prendre corps devant sa caméra, répondant à l’appel de quelque adorateur tenté par l’expérience « Hellraiser ». Lire la suite

INSIDE LLEWYN DAVIS

No direction home

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« He was a friend of mine
He was a friend of mine
Never had no money
To pay for his fine
He was a friend of mine »    Traditionnel

Dans l’effervescence du prix remporté par « La vie d’Adèle » à Cannes en 2013, on en aurait presque oublié le Grand Prix du Jury décerné aux familiers du festival : Joel et Ethan Coen. Après leur adaptation à succès du « True Grit » de Charles Portis, les frangins repartaient dans une autre direction, plus intime, plus sépulcrale aussi. On les retrouvait « Inside Llewyn Davis », sur les traces d’un chanteur folk emporté dans une sorte de spirale infernale. Lire la suite

La REVANCHE de la CREATURE

Marécages, nous voilà !

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« La mer n’appartient pas aux despotes. À sa surface, ils peuvent encore exercer des droits iniques, s’y battre, s’y dévorer, y transporter toutes les horreurs terrestres. Mais à trente pieds au-dessous de son niveau, leur pouvoir cesse, leur influence s’éteint, leur puissance disparaît ! »

Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers, chapitre X, 1870.

Guillermo del Toro nous rappelait récemment à travers « la forme de l’eau » qu’il est un genre d’étrange ondin qui hanterait les fonds vaseux des lagons amazoniens. Traqué par de vils humains toujours animés de curiosité malsaine, il se terre, montre les griffes mais a rarement le dessus. « La revanche de la Créature » de Jack Arnold promet pourtant une belle empoignade entre homo-sapiens et amphibien préhistorique, histoire de bien se mettre d’accord sur la question de l’espèce dominante. Lire la suite