Mr MAJESTYK

Gros sur la pastèque

majestyk_rifle

« Marty. Y’know what we got here ? Motherfuckin’ Charlie Bronson. Mr. Majestyk. »

Gary Oldman in « True Romance », Tony Scott, 1993.

Il était une fois Charles Buchinsky, un type sorti de la mine, une ex-gueule noire comme on en trouve dans les romans d’Elmore Leonard. On ne l’a pas toujours croisé du bon côté de la loi sur les écrans, sans doute à cause de mauvaises fréquentations dans les wild bunch de « Vera Cruz » ou lorsqu’il se vit « Mitraillette Kelly », sans foi ni loi aux ordres de Roger Corman. Mais en devenant Bronson, il changea son fusil d’épaule, sortit l’harmonica vengeur, devint noble mercenaire au service de l’opprimé avant de se rédimer en salopard germanophone au sein de la « Dirty Dozen ». A l’orée des seventies, en cette période post-hippie entachée par le Vietnam, il lui fallait sortir du rang, devenir loup solitaire, gardien d’un ordre défendu par quelque inspecteur acrimonieux. Avant même qu’il ne songe à jouer les vigilantes urbains dans un fameux film de Mike Winner, le producteur Walter Mirisch lui proposa, au pied levé, d’être celui qui remplacerait Steve McQueen à l’affiche de son nouveau film. C’est ainsi que Bronson accepta de devenir « Mr. Majestyk », sous la direction de l’excellent Richard Fleischer. Lire la suite

Publicités

MASSACRE à la TRONÇONNEUSE

Sous le soleil de Saturne

texas-chainsaw-1

« Et l’on voit tout au fond, quand l’œil ose y descendre,
Au-delà de la vie, et du souffle et du bruit,
Un affreux soleil noir d’où rayonne la nuit ! »

Victor Hugo, les contemplations.

Tout et son contraire a été dit à propos de ce film. Faut-il y voir la marque des grandes œuvres qui, une fois sacrées, doivent immanquablement subir les foudres de détracteurs à contre-courant ? Sans doute. C’est en tous cas un avis que je partage. Bien sûr, « Massacre » n’était pas le premier à faire rugir la tronçonneuse dans un film d’horreur. Il n’était pas non plus celui qui aura jeté en pâture à nos avides instincts de curiosités les méfaits d’un célèbre tueur en série du Wisconsin. Mais il y avait la forme, cette enveloppe poisseuse dans laquelle Tobe Hooper avait réussi à emballer un scénario réduit à la peau de chagrin. Cette forme suinte le sordide, le glauque, provoque l’étourdissement, la stupéfaction et, pourquoi pas, la stupeur plus que la véritable peur panique. Car en effet l’humour est présent, mais c’est un rictus couleur de bile qui fait grimacer le coin des lèvres. Sous nos yeux écarquillés, défile le calvaire de ces jeunes étudiants en goguette qui vont voir leur « summer of love » se faire trancher dans le vif, éclaboussé (à peine) d’hémoglobine sous les feux implacables d’ « un affreux soleil noir d’où rayonne la nuit. » Lire la suite

PHANTOM of the PARADISE

Du côté de chez Swan

phantom_of_the_paradise_1

« At The Paradise our performers are contracted to entertain you at any cost ! And entertain you they will. Trust me… »

Swan (notes de pochette de la B.O. du film)

« Un touriste dans un rêve
Un visiteur il semble
Une chanson à moitié oubliée
Où est ma place ?
Dis-moi ce que tu vois »

Paul Williams, Touch, sur « Random Access Memories », Daft Punk, 2013.

Il voit tout. Derrière son miroir sans tain, dans l’ombre de son balcon, devant l’écran de ses moniteurs, il observe, contrôle, dirige, élit et condamne, distribue des palmes à ses futurs martyrs. Il est le démiurge d’un Elysée de gloire, recrute des innocents pour en faire des coupables, les place dans la lumière avant de les renvoyer dans leurs loges, puis les précipite dans l’abîme de l’oubli. Il est le paon d’une cage en folie, le cygne qui luit dans le noir, il est l’orchestrateur d’une décadanse dionysiaque, il est le Diable de la boîte, le créateur du « Phantom of the Paradise ». Listen to the music… Lire la suite