L’Histoire sans Fin

Tube et dragon

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– Tu connais la constante de Planck ?
– Tu sais que la Terre est ronde ?
– Je sais qu’elle commence avec deux six et ensuite… c’est quoi ?
– Si je comprends bien je n’ai pas de nouvelles depuis une semaine, et tu me demandes une équation mathématique que tu dois connaître pour que tu…sauves le monde ?
– Suzie-chou, je te promets que je me rachèterai dès que possible.
– Rachète-toi maintenant.
– Quoi ?
– Je veux l’entendre…

Dialogue entre Suzie et Dustin, Stanger Things, saison 3, épisode 8, 2019.

Dans le coffre à souvenirs des années 80, on trouve un drôle de dragon rose et velu, un géant de pierre qui fait du tricycle et un chevaucheur d’escargot. On se remémore avoir traversé des vallées cristallines, un marécage mélancolique, des déserts de sable et de neige menant à un palais de gemmes où l’épopée prétend ne jamais vouloir finir. « Die unendliche Geschichte » c’est un livre né des rêves de Michael Ende, devenu « L’Histoire sans fin » d’un film de Wolfgang Petersen. Mais c’est aussi un tube entêtant qui tourne en boucle dans le juke-box des rengaines nostalgiques, la bande-son d’un âge qui n’entend pas s’effacer pour de bon. Lire la suite

AMADEUS

rire et mourir

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« O ciel ! Où est donc l’équité si le don sacré, si le génie immortel ne récompensent pas l’amour éperdu, l’abnégation, le travail, les efforts, les prières, et s’ils illuminent un insensé, un viveur ?… O Mozart, Mozart ! »

Alexandre Pouchkine, Mozart et Salieri, 1830.

« Aujourd’hui, c’est à vous que je m’adresse, chers enfants. Savez-vous, petits connards, qu’à l’âge où vous jouez aux billes comme des imbéciles, Wolfgang Amadeus Mozart, lui, avait atteint le génie ? »

Pierre Desproges, la minute nécessaire de monsieur Cyclopède, 10 mars 1984.

On y entre par les bois. La douceur des bassons, les teintes subtiles des cors de basset invitent promptement au recueillement. Puis les cordes, à la force des archets, lentement mais sûrement, ouvrent un passage vers les chœurs annoncés solennellement par le martellement des timbales et des trombones. Le Requiem de Mozart est au-delà de la musique, c’est le sacré qui élève le profane, c’est une sublime invitation à marcher vers la mort. Le jour où son auteur a laissé échapper son dernier soupir, un grand silence a envahi le monde. Et ce silence était encore de lui. Un insoutenable silence qui rend fou, jusqu’à son plus proche rival. Cinq après la mort de ce dernier, Pouchkine a écrit une courte pièce intitulée « Mozart et Salieri ». Rimski-Korsakov en a fait un opéra, Peter Shaffer une autre pièce de théâtre, puis un scénario que le praguois Miloš Forman a changé en film dramatique et symphonique : « Amadeus ».

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