FULL METAL JACKET

Ceci est mon fusil

full metal 1

« Ecoutez, tantouzes ! Si vous arrivez à sortir vivants de mon île, si jamais vous survivez à ce que je vais vous infliger, vous serez des instruments de combat, des missionnaires de la mort, des prêtres de la guerre. Et vous serez fiers. »

Gustav Hasford, The short-timers, 1979.

Ceci est un film. Un film sur la guerre. Celle qui occupe ici le terrain se joue au Viet Nam, un pays qui fleure le communisme et la sédition, et qui, selon les termes officiels de la MAF, exige d’être « ratissé » et « nettoyé » (« sweep and clear »), à coup de 7,62 mm, « Full Metal Jacket ». Lorsque Stanley Kubrick projette son film sur les écrans, cette guerre appartient au passé. Mais les spectateurs savent bien que cet ancien comptoir français du Sud-Est asiatique, autrefois réputé pour ses pagodes et ses plaisirs exotiques, n’est plus une destination en odeur de sainteté. Ils ont déjà fait le « voyage au bout de l’enfer » de Michael Cimino, et ont eu une vision d’« Apocalypse Now » grâce au père Coppola. Kubrick aussi a fait le voyage, remonté le fleuve avec Joseph Conrad (« les gens que j’admire ne sont pas des cinéastes mais des écrivains » disait-il), mais il entend bien effacer les clichés des prédécesseurs et imprimer sa propre vision d’une guerre parmi d’autres. Lire la suite

Publicités

HELLRAISER, le Pacte

… et souffrir de plaisir

Hellraiser_Le_Pacte_1

« J’ai vu le futur de la terreur, il a pour nom Clive Barker »        Stephen King.

« […] vers dix ans je pus lire la vie des martyrs. Je me souviens avoir éprouvé une horreur qui n’était que du ravissement à ces lectures ; ils souffraient des pires tourments, avec une sorte de joie, ils se languissaient dans les geôles, étaient suppliciés sur le gril, percés de flèches, jetés dans la poix bouillante, livrés aux bêtes féroces ou cloués sur la croix. Souffrir et endurer d’affreux tourments m’apparut à partir de là comme un pur délice […] »

Leopold Von Sacher-Masoch, La Vénus à la fourrure, 1870.

Tels la Vierge Marie à Bernadette Soubirous, ils lui sont apparus. Clive Barker les nomma Cénobites. Leurs corps transpercés, lacérés, écorchés et sanguinolents, ils ne sont que plaies et blessures, martyrs éternels d’un enfer de plaisirs déviants, équarrisseurs en toge de cuir noir cousue à même la peau. « Démons pour certains, anges pour d’autres ». Nés dans l’encre de ses cauchemars d’écrivain, ils ont fini par prendre corps devant sa caméra, répondant à l’appel de quelque adorateur tenté par l’expérience « Hellraiser ». Lire la suite