SHINE a LIGHT

Roulement de tambours

« Je suis béni. Le batteur avec qui j’ai commencé est l’un des meilleurs au monde. Avec un bon batteur, on est libre de faire ce qu’on veut. »

Keith Richards

« Cette manière qu’il a de se tenir le dos droit et de bouger ses mains – il est tellement calme et décontracté… C’est vraiment le noyau dur du groupe. »

Martin Scorsese in Conversations avec Martin Scorsese, Richard Schickel, 2011.

Le magazine qui porte le nom de son groupe l’avait élu douzième meilleur batteur de tous les temps. Il faut dire qu’il envoyait le Charlie, droit dans son costard, plus flegmatique que jamais. Son truc, c’était plutôt le jazz, celui qu’on apprend quand on est gamin, en traînant au fond des clubs londoniens, en regardant faire les cadors des baguettes. Puis vinrent Mick, Keith, Brian et Bill, et il décida de rouler pour eux. La rencontre entre Martin Scorsese et les Rolling Stones était tout aussi inévitable. « Shine a light », c’est « du rock à l’état pur » dit le réalisateur, un documentaire qui consacre l’avènement des pierres qui roulent au panthéon du rock anglo-saxon. « It is the evening of the day », et Charlie Watts s’en est allé rouler tambour au paradis du rock’n’roll. Lire la suite

L’ECHANGE

Le cas Christine Collins

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« Aubépine, aubépine…
… Mère des Fées, si j’ai fauté envers toi, je m’en repends.
Par ces sept rubans…
… Ces herbes de Saint Jean…
… Ces sept gouttes de sang…
… Je me voue à ton culte et t’implore, mère sacrée des Fées…
… Rends-moi mon enfant. »

Pierre Dubois et Xavier Fourquemin, La légende du Changelin, Tome 1 : le mal-venu, 2008.

La perte d’un enfant est sans doute la plus terrible des souffrances pour une mère. Après avoir filmé le calvaire des hommes qui s’entretuent sur une île de l’Océan Pacifique, Clint Eastwood s’intéresse à un combat sur son sol natal : celui de Christine Collins, mère célibataire en quête de son fils disparu dans le L.A confidentiel des années vingt. Comme dans un rêve sorti des usines qui les fabriquent tout près de chez elle, l’enfant soudain réapparaît. Mais il n’est pas tout à fait le même. « L’Echange » est une histoire à se pincer, mais comme Clint Eastwood nous le rappelle en exergue, c’est bel et bien « une histoire vraie ». Lire la suite

Les plages d’Agnès

Sans loi ni toi…

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«Je devrais arrêter de parler de moi, et voilà, je dois me préparer à dire au revoir, à partir»

Agnès Varda, Berlin, 2019

« Et pfuitt ! un coup de marée, et tout est parti. » disait Agnès Varda devant une image de « Visages Villages ». Il aura fallu moins de temps encore pour que la mort nous l’enlève, adorable petit bout de femme. Glaneuse d’images emportée vers d’autres rives reines, elle disparaît dans le flou. Elle nous laisse avec sa « Pointe Courte », « Cléo de 5 à 7 », ses patates qui germent et toutes « les plages d’Agnès » que nous pourrons longer, pieds nus, le nez au vent, en pensant à elle, jusqu’à ce que des jours ne reste que l’écume. Lire la suite