Le HOBBIT : la bataille des cinq armées

Clash of clans

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– Quelles que soient tes volontés, je ne les suivrai en rien. Non, maintenant, je vais chevaucher jusqu’à ton repaire, et prendre pour moi le grand trésor de tes parents.
– Vas-y maintenant, alors, dit Fafnir, et tu trouveras assez d’or pour toute la durée de ta vie. Que cet or fasse ton malheur, et le malheur de tous ceux qui le posséderont un jour.

Völsunga saga, Cycle de Sigurðr, XIIIème siècle.

Nous y voici, enfin. « Ainsi vient la neige après le feu, et même les dragons ont une fin » nous dit Maître Sacquet dans le livre. Treize années après avoir usé, pour le pire et le meilleur, le rêve de millions de lecteurs admirateurs de l’œuvre de J.R.R. Tolkien, Il était grand temps pour Peter Jackson de jeter ses dernières forces dans la bataille. « The Hobbit : la bataille des cinq armées », dernier volet de ce qui aurait dû être une saga bipartite, se doit de combler les attentes en assurant un spectacle hors-norme, et apporter la preuve définitive qu’il fallait nécessairement allonger le métrage envisagé au départ. Mais pour autant, sortirons-nous grandis et rassasiés de cette orgie de batailles rangées ? Lire la suite

Dans la cour

Entre les murs

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« Il s’arrêta dans sa marche. Il avait le cœur au bord des lèvres. Il se pencha au-dessus du caniveau. Sa gorge se soulevait, mais il n’en sortait rien. Il se redressa lorsqu’une voiture pleine d’adolescents braillards passa dans la rue, le saluant d’un grand coup d’avertisseur musical. Oui, se dit-il, un grand mal presse l’univers de toutes parts, et il suffirait de la moindre crevasse, de la plus minuscule fissure pour s’y introduire. »

Raymond Carver, Les vitamines du bonheur, 1983

Pierre Salvadori est visiblement un réalisateur qui aime faire ses films « contre les autres ». Son plus récent met les acteurs « en liberté ! » car précédemment, il les avait parqués « Dans la cour ». Dans cette impasse existentielle, il tente de prendre de la distance avec ces comédies luxueuses et « Hors de Prix ». Il revient à un cinéma plus modeste, se recentre sur les fondations de son œuvre, architecte d’un cinéma qui remue ses idées noires, qui sonne à chaque fois l’heure du bilan. Lire la suite

Inherent Vice

Docteur Strange Love

INHERENT VICE

« Je crois que je vais entasser mes affaires et acheter un pick-up
Descendre jusqu’à L. A.
Trouver un endroit qui soit chez moi et essayer de me remettre.
Commencer une toute nouvelle journée. »

Neil Young, out on the weekend, in « Harvest », 1972

Décidément peu adepte des modes de son temps, Paul Thomas Anderson s’autorise parfois un trip vers le passé, une taffe revigorante dans les glorieuses seventies, hippies et enfumées. Dix-sept ans après avoir narré les exploits filmiques d’un acteur bien membré dans « Boogie nights », le voici, dans la même décennie, aux basques d’un privé bizarrement luné pour « Inherent Vice ». Lire la suite

SNOW THERAPY

Vertige de l’amour

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« J’ai été pris dans l’avalanche, J’y ai perdu mon âme. Quand je ne suis plus ce monstre qui te fascine, Je vis sous l’or des collines. Toi qui veux vaincre la douleur, Tu dois apprendre, apprendre à me servir. »

Leonard Cohen, Avalanche, 1970 (traduction Jean-Louis Murat, 1991)

Le mal aigu des montagnes est un syndrome bien connu des spécialistes. Il se manifeste de différentes manières chez les individus concernés : maux de tête, nausées, insomnies, grosse fatigue. Ce sont toutefois d’autres symptômes qui apparaissent au sein du noyau familial qui s’offre une « Snow Therapy » sous le regard du metteur en scène suédois Ruben Östlund. Pas de bronzés à l’horizon des larges pistes impeccablement damées du « Paradiski » où il a donné rendez-vous à Tomas, Ebba et leurs enfants Vera et Harry. Lire la suite

Un FRANÇAIS

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« Les enfants qui jouent avec des allumettes ne provoquent pas toujours des incendies. Cependant, par prudence, on ne laisse pas les enfants jouer avec des allumettes. Encore moins avec des armes nucléaires. Mais on ne laisse pas, non plus, quatre millions d’électeurs jouer avec le Front National. »

Guy Konopnicki, Les Filières Noires, 1996.

Il y a des films inoffensifs. Il en sort chaque mercredi, qui nous endorment ou nous réjouissent. Des films à base de voyages intergalactiques, d’animaux qui parlent, avec des héros invincibles qui nous sauvent in extremis de la menace, qui sortent de l’ordinaire et nous emportent à des parsecs de nos tracas quotidiens. Et puis il y en a d’autres qui peuvent faire peur. Et ce ne sont pas nécessairement ces films d’épouvante qui secouent nos balises rationnelles, mais d’autres qui donnent à voir ce qui se joue sur le parking à la sortie, en bas de l’immeuble et peut-être dans la rue demain, ce qui se trame à l’arrière des manifs. Avec la délicatesse d’un parpaing qui tombe du toit, le polyvalent Diastème s’est fendu il y a peu d’un film coup de poing, d’un film qui engage et qui nous parle puisqu’il parle d’« un Français ». Lire la suite

Les GARDIENS de la GALAXIE

 

Un raton dans l’espace

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De plus en plus, l’univers cinématographique de Marvel ressemble à un puits sans fond. C’est comme un trou noir, pareil à celui qui, au centre de la voie lactée, engloutit toute forme de matière et de lumière : il aspire, broie et digère tous les talents qui passent à sa portée. Depuis que Bryan Singer a retrouvé le génome originel des super-héros au début des années 2000, cet univers n’a plus cessé son expansion, augmentant toujours plus ses budgets jusqu’à atteindre une rentabilité record en réunissant l’armada de ses petits soldats au sein des « Avengers ». Afin d’animer cette spirale tentaculaire de héros aux capacités toujours plus impressionnantes, la maison mère n’a pas hésité à recruter tous azimuts : des vieux spielbergiens nourris de nostalgie commémorative (Joe Johnston pour « Captain America : first Avenger ») comme des gardiens du temple shakespearien (Kenneth Branagh qui s’est pris le marteau de « Thor » en pleine poire), pour privilégier dans sa phase 2 des recrues formatées à l’écriture plus télévisuelle (Alan Taylor et Joss Whedon en particulier). Captées par l’onde gravitationnelle de la maison Mickey au sourire crispé, toutes ces précieuses étoiles exigeaient d’être dûment protégées par « les Gardiens de la Galaxie ». Lire la suite

Detective DEE 2 : la légende du Dragon des Mers

Enquête d’action

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A mesure que le temps passe, il semblerait que Tsui Hark rajeunisse. Son cinéma gagne en vigueur, en couleur, et n’a rien perdu de sa vivacité. C’est en tous cas ce que nous prouve son « Detective Dee II : la légende du dragon des mers » dont les exploits précèdent ceux de « La Flamme fantôme ». Lire la suite

Les BRASIERS de la COLERE

 

Fureur Appalaches

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« Are you ready for the country ? » chantait Neil Young dans une de ses célèbres ballades. Scott Cooper connaît bien la musique puisqu’il fit sensation avec un premier film portant sur la biographie d’un chanteur folk inspiré de la vie de Merle Haggard. Pour son deuxième film, Scott Cooper ne quitte pas la campagne mais la joue plus industrielle, plus crasseuse et plus brutale. Figurant déjà pour certains critiques dans le top des films de cette année, « Les brasiers de la colère » peut se vanter d’être né sous une sacrée constellation d’étoiles puisqu’il réunit une brochette d’acteurs à faire pâlir d’envie bien des pontes hollywoodiens. Lire la suite

DRUG WAR

 

Avec armes et violence

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Après plus de cinquante films réalisés au sein de l’ex-colonie, le Hongkongais Johnnie To s’aventure un peu plus loin en Chine. Ce mètre étalon des films action y situe son dernier coup de maître intitulé « Drug War ». Aucun trompe-l’œil, le titre annonce cash le contenu de l’heure trois quart qui va défiler, sans temps mort, sous nos yeux. Lire la suite