ANT-MAN

 

Des fourmis et un homme

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D’après Edgar Wright, la Marvel et lui étaient comme deux personnes « pas faites pour être ensemble ». C’est donc officiellement parce qu’ils avaient des « points de vue divergents sur le film » que le réalisateur de « Shaun of the dead » et « la fourmilière aux idées » se sont dit adieu après avoir convolé ensemble pendant de longues années et accouché d’une bonne partie de « Ant-Man ». Même si la réalisation est bel et bien signée Peyton Reed (qui fit le « Yes Man » pour Jim Carrey), la touche d’espièglerie du Britannique a-t-elle totalement disparu dans les abysses de la Marv-hell ? Il faut croire que non puisque son nom s’inscrit encore crânement au générique en tant que scénariste (avec son vieux complice Joe Cornish) et producteur exécutif. Lire la suite

MAD MAX : Fury Road

 

We need another hero !

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Il avait pourtant dit qu’il était arrivé au bout de la route. Une fois passé « au-delà du Dôme du Tonnerre », il pensait bien avoir « la nette impression que nous avons fait le tour de la question. » Et ça lui a repris, un beau jour, au milieu des nineties, le jaillissement d’une idée comme un geyser de feu inextinguible, une envie folle de revoir « Mad Max » sur la « Fury Road ». Lire la suite

HACKER

 

Super Mann

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Il existe plusieurs façons de s’évader de prison. Il y a bien sûr la manière traditionnelle, celle qui consiste à faire le mur à la faveur d’un moment de confusion, ou bien à creuser un tunnel avec une éventuelle complicité extérieure. Et puis il y a celle que Michael Mann avait choisi de mettre en scène dans son premier film, « The Jericho Mile », qui consiste à prouver sa valeur à la société. Le réalisateur croit profondément aux vertus de la rédemption, et le prouve en filigrane à travers un film injustement mal vu : « Hacker ». Lire la suite

AMERICAN SNIPER

 

Unforgiven

American-Sniper-1

Après les lourdeurs pachydermiques d’un biopic politique, et une petite récréation musicale finalement pas désagréable, Clint Eastwood se replace dans la ligne de mire de la polémique avec « American sniper ». De fait, il réveille les vieux démons réactionnaires qui indignaient en leur temps le landerneau de la critique et se plaisaient à fasciser à outrance son « Inspecteur Harry ». Les mêmes ressortent ici l’artillerie lourde pour faire feu à volonté sur celui qui a osé honorer le parcours d’un tireur d’élite des Forces Spéciales (« J’ai péché tout au long de ma vie. Quand je serai auprès de Dieu, je devrai lui parler d’un tas de choses. Mais tuer ces gens n’en fera pas partie. » déclarait de son vivant le vétéran, ce qui donne une idée du personnage), engagé qui plus est sur un terrain des plus mal considérés (la guerre en Irak dénoncée par Moore dans « Fahrenheit 9/11 »). Lire la suite

UNDER THE SKIN

 

Star woman

under the skin

Scarlett Johansson est une actrice majeure. Sa carrière est depuis bien longtemps placée sur l’orbite des plus grandes stars de cinéma : à la fois grande interprète capable de jouer dans à peu près tous les films, à la fois sex-symbol qui affole les paparazzis et fait reluire le papier glacé. « Toujours plus inhumaine, loin des hommes et près de Dieu, à la fois éthérée et hyper-incarnée, elle est devenue le fantasme contemporain ultime, la “chose” la plus fascinante qu’on puisse voir (ou entendre) aujourd’hui dans une salle de cinéma. » écrit même Jacky Goldberg dans les Inrocks. Maintenant qu’elle a porté son image à son firmament, il lui fallait la déconstruire, la malmener, la triturer, la déformer voire, la soustraire. Tandis que la Marvel et Luc Besson continuent conjointement d’articuler en tous sens et en pure perte sa plastique marionnette, elle fait le choix de léguer son corps à deux inventeurs de formes, deux orfèvres du vidéo-clip, futuristes à leur manière, fossoyeurs à l’occasion. Le premier, Spike Jonze, ne retiendra d’elle que la voix, émanation sensible et vibrante de l’actrice qui la rendait si incroyablement présente dans « Her ». Au britannique Jonathan Glazer, elle confie son corps afin qu’il aille vérifier « under the skin » qu’il ne reste rien d’elle après son passage. Lire la suite