THOR : Ragnarok

L’Asgardien de la galaxie

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« The Yellow-hair Hammer-fighter, Hulk will smash you like a flea ! »

Stan Lee in The Mighty Thor # 385, novembre 1987.

Il y a quelques années, la réalisatrice Lexi Alexander (dont le principal titre de gloire s’intitule « Punisher : war zone ») déclarait : « Marvel est devenu l’équivalent de Coca-Cola pour le cinéma. C’est un goût unique, inimitable. On sait très bien que ce n’est pas révolutionnaire, et que ça n’est sûrement pas bon pour la santé. Mais tout le monde aime se faire un Coca de temps en temps. » Au diable le régime sans sucre, la Maison aux Idées assume son surpoids en frappant le gong fatidique du « Thor : Ragnarok » que s’est follement amusé en mettre en boîte (ou en canette) un fantasque Maori nommé Taika Waititi. Lire la suite

Dans un RECOIN de ce MONDE

Sayonara Hiroshima

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« Ceci est notre cri.
Ceci est notre prière.
Pour construire la paix dans le monde »

Texte inscrit à la base de la statue hommage à Sadako Sasaki située dans le Parc de la Paix d’Hiroshima.

Tous les 6 août à 8 heure 15, et ce depuis près de soixante-dix ans, la cloche du Parc du Mémorial de la Paix ordonne le silence à Hiroshima. Il aura fallu le temps d’un flash, d’un clignement de paupières, pour que l’équilibre du monde bascule, pour qu’une des plus importantes tragédies humaines se produise. La mémoire de cet instant est aujourd’hui figée dans les restes squelettiques du dôme de Genbaku, tout comme elle est présente dans l’esprit de nombreux Japonais. C’est assurément le cas chez Sunao Katabuchi qui, après un premier voyage à rebrousse-temps dans la ville martyre avec « Mai Mai Miracle », revient rendre un nouvel hommage « Dans un recoin de ce monde ». Lire la suite

BLADE RUNNER 2049

Total Recall

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« Si les androïdes étaient restés inférieurs, comme les anciens Q-40 fabriqués par Derrain & Cie, il n’y aurait aucun problème et on se passerait de mes talents. »

Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, 1968.

« C’est Dick qu’on assassine ! » Le coup de gueule Métal Hurlant poussé par Philippe Manœuvre à la sortie du « Blade Runner » de Ridley Scott venait du cœur du fan de l’auteur. Peu à peu, la trahison s’est muée en indifférence polie avant de susciter un intérêt croissant allant jusqu’à devenir culte pour certains. Depuis, l’écho  de cette indignation s’est perdue dans le vaste temple des adorateurs de SF. Le film de Ridley Scott compte désormais davantage d’admirateurs transis que de contempteurs bougons au point de faire oublier le four dans lequel la Warner se fourvoya à l’époque, au point d’en fomenter une séquelle que d’aucuns espèrent sans doute plus lucrative. Le Canadien Denis Villeneuve sera alors celui qui, sous le haut parrainage de Ridley Scott et hors des diktats d’Hollywood, reprendra la chasse aux Réplicants en devenant l’artisan de « Blade Runner 2049 ». Le temps est venu de voir et de savoir de quel métal est forgée cette suite tardive. En d’autres termes, comme le dirait un Nexus-6 en fin de vie à l’adresse de son poursuivant : « Show me what you are made of ». Lire la suite

Ça (2017)

Stranger Thing

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J’ai un gros nez rouge
Deux traits sous les yeux
Un chapeau qui bouge
Un air malicieux

Lon Chaney, célèbre acteur « aux mille visages », estimait que le comble de l’horreur serait de se retrouver face à un clown à minuit. Lui qui fut un terrifiant manchot de cirque ou fantôme défiguré de l’opéra s’y entendait sur la question.  Dans un muet des années 20 signé Victor Sjöström, il était notamment le pauvre « He », paillasse souffre-douleur recevant quantité de gifles dans un numéro particulièrement humiliant. L’histoire ne dit pas si « He » est devenu « It » dans l’esprit de Stephen King lorsqu’il entreprit l’écriture de ce roman à succès, devenu mini-série dans les années 80, et maintenant « ça » réalisé par l’argentin Andrès Muschietti, histoire d’un croque-mitaine à perruque orange qui ne fait désormais plus rire personne. Suivez mon regard… Lire la suite

WIND RIVER

La chevauchée des bannies

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« Je n’avais cessé de penser à ces montagnes tout le temps où j’étais loin, et je m’étais juré que pas un jour ne passerait sans que je les regarde une fois que je serais de retour. La plupart du temps, je n’oubliais pas mon serment. »

Craig Johnson, Little Bird, 2005

En ces temps d’asphyxie identitaire, de mal-être politique, l’Amérique soudain avale un grand bol d’air froid quelque part sur les prairies gelées de la  « Wind River » Reservation. Loin d’être sur la réserve, Taylor Sheridan tourne un film qui s’adosse à un fait d’hiver, écho assourdi d’une fille perdue dans la neige, avalée par l’infinitude montagneuse. Lire la suite

Les PROIES

Yankee soit qui mal y pense

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 » Mais pourquoi tenez-vous à en savoir autant sur la vie personnelle des gens ?
– En partie par curiosité et en partie pour me protéger, ma chère Amelia. La cruauté règne en ce bas monde et il faut prendre ses précautions.
– Avez-vous déjà lu certaines œuvres de Mr Charles Darwin ? je lui ai demandé. La Nature est cruelle, dit Mr Darwin.
– Dieu merci, nous sommes ici entre gens civilisés. »

Thomas P. Cullinan, The beguiled, 1966, p. 242.

Sofia a du style. Cela tient sans doute à sa passion pour la mode qui l’a conduite à faire un stage chez Chanel à l’âge de 15 ans. Cela n’a échappé à personne, dès ses premiers pas dans la cour des longs-métrages, elle sapait ses vierges suicidaires avec goût, en les baignant de lumières vintages au parfum de mélancolie douce-amère. Elle s’enticha ensuite d’une de nos gloires d’Ancien Régime à la garde-robe bien fournie et à la frivolité très pop. Puis dernièrement, elle suivit un gang de fashion victims qui s’étaient mises en tête de faire des bêtises chez les gens fortunés. Ce sont des interdits d’un autre genre que « les Proies » de son nouveau film s’apprêtent également à franchir, dans un Sud sécessionniste qui, pour l’occasion, s’habille en Coppola. Lire la suite

LE CAIRE Confidentiel

Nid de ripoux

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« Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change. »

Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Il Gattopardo, 1958.

Pour tourner un film policier, il faut généralement un ou plusieurs meurtres, une enquête, un criminel qui agit dans l’ombre et un groupe de policiers qui tente de lui barrer la route. Dès lors que ce film policier se déroule dans l’Egypte d’Hosni Moubarak, les règles changent quelque peu: il y aura un bien un meurtre, un criminel, mais l’enquête ne sera pas nécessairement motivée par des impératifs de justice, car les flics en charge adaptent leurs conclusions en fonction des bakchichs qui leur sont proposés. C’est là tout l’univers de « Le Caire Confidentiel », polar sang et noir signé Tarik Saleh. Lire la suite