SPIDER-MAN : far from home

Watts next ?

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« Hélas ils n’en savent pas d’avantage après, car il faut beaucoup de temps pour connaître à fond les innombrables difficultés à surmonter dans un métier qui consiste à réaliser tout, même ce qui semble impossible, et à donner l’apparence de la réalité aux rêves les plus chimériques, aux inventions les plus invraisemblables de l’imagination. Enfin, il n’y a pas à dire, il faut absolument réaliser l’impossible, puisqu’on le photographie, et qu’on le fait voir !!! »

Georges Méliès in Ecrits et propos : du cinématographe au cinéma, 2016.

« Ce n’est qu’une ombre, je ne le vois pas distinctement. Mais je parie mon dernier dollar que l’homme qui s’avance vers moi est… »

Gerry Conway & Ross Andru in Amazing Spider-man # 41, février 1975.

Sauver le monde n’est pas une activité de tout repos, on peut même y laisser des plumes. Tous ceux qui ont pu assister au récent « Endgame » olympique des Avengers savent que certains ont fini sur les rotules, d’autres même ne s’en sont pas relevés. Après un tel cataclysme qui a « éclipsé » la moitié de l’humanité un lustre durant, une mise en congé des costumés s’impose. L’été arrivant, l’Araignée décide de partir en voyage dans « Spider-man : far from home », et le périple s’annonce mouvementé et jouissif car c’est à nouveau Jon Watts qui s’est chargé de boucler les valises.

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YESTERDAY

Suddenly

Film Title:  Yesterday

« A legendary rock group
Like history now to read
Like a magical fairy tale
That’s hard to believe »

Daniel Johnston, The Beatles, 1983.

« Nous sommes plus populaires que le Christ maintenant. »

John Lennon in the London Evening Standard, 4.03.1966

Et si ? Et si Hitler avait gagné la guerre ? Déjà vu, déjà lu. Et si Johnny était resté « Jean-Philippe » ? Déjà chanté, déjà mort. Et si les Beatles n’avaient jamais existé ? C’est le pari fou qu’ont tenté Danny Boyle et Richard Curtis avec « Yesterday », histoire de voir combien la face du monde en aurait été changée. Il faut sans tarder prévenir Lolo Voulzy qu’il va manquer un couplet à sa « Rockollection ». Lire la suite

Le MERDIER

Piège à cons

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« – Cette affaire m’a tenu éveillé, hier soir. Ça me tracasse. Je ne vois pas ce qu’on peut espérer en s’engageant là-bas. Le jeu n’en vaut pas la chandelle mais on n’a pas le choix. C’est une vraie chienlit.
– Effectivement.
– Je pensais à tous ces gamins à envoyer là-bas. Ça rimerait à quoi ? Je me fiche du Vietnam. Et notre pays aussi. C’est facile d’entamer une guerre, mais c’est difficile pour en sortir. »

Lyndon Johnson, conversation téléphonique avec McGeorge Bundy, conseiller à la sécurité nationale, 1964.

Marcher dedans du pied gauche porterait bonheur paraît-il ? Pas sûr que les petits gars de l’armée US partis donner un coup de main aux Vietnamiens du Sud eussent été du même avis. La paire de rangers embourbée dans « Le Merdier » remué par le scénariste de « Tempête à Washington », Ted Post se paie une virée aux portes de l’enfer dans une guerre qui n’a pas fini de pourrir la mémoire de son pays.

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Dans la cour

Entre les murs

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« Il s’arrêta dans sa marche. Il avait le cœur au bord des lèvres. Il se pencha au-dessus du caniveau. Sa gorge se soulevait, mais il n’en sortait rien. Il se redressa lorsqu’une voiture pleine d’adolescents braillards passa dans la rue, le saluant d’un grand coup d’avertisseur musical. Oui, se dit-il, un grand mal presse l’univers de toutes parts, et il suffirait de la moindre crevasse, de la plus minuscule fissure pour s’y introduire. »

Raymond Carver, Les vitamines du bonheur, 1983

Pierre Salvadori est visiblement un réalisateur qui aime faire ses films « contre les autres ». Son plus récent met les acteurs « en liberté ! » car précédemment, il les avait parqués « Dans la cour ». Dans cette impasse existentielle, il tente de prendre de la distance avec ces comédies luxueuses et « Hors de Prix ». Il revient à un cinéma plus modeste, se recentre sur les fondations de son œuvre, architecte d’un cinéma qui remue ses idées noires, qui sonne à chaque fois l’heure du bilan. Lire la suite

Le DAIM

Chacun pour sa peau

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« Ton sang chauffé d’un coup
Tu le sens cavaler
Te porter n’importe où
Te faire faire un peu tout, sans frein. »

Dominique A, pour la peau in « Auguri », 2001.

« Le Daim est donc mon premier film réaliste. Je sais que ça fait marrer les gens quand je le dis mais je le pense profondément. C’est la première fois que je me confronte à la réalité. Une histoire, des acteurs et c’est tout. »

Quentin Dupieux

Ah, « Le Daim » ! Noble animal qui peuple nos forêts, la robe fauve, de blanc tachetée quand vient l’été. Qui veut la peau du cervidé sacré ? C’est Quentin Dupieux pardi, Monsieur Oizo en personne, cinéaste hors-sol, à tendance migrateur, revenu se poser sur sa terre natale depuis maintenant une paire de films. Après un court passage « Au Poste ! », il prend la route des Pyrénées, chasseur d’images, d’espaces reculés, aux confins du sens commun. Il embarque avec lui une caméra, quelques acteurs, une veste à franges et de ce « Daim » il nous fait don.

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the HOST

Et au milieu coule une rivière

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« – Vous êtes sans doute surpris, dit l’homme, de notre peu d’hospitalité. Mais l’hospitalité n’est pas d’usage chez nous, nous n’avons pas besoin d’hôtes. »

Franz Kafka, Le Château, 1926.

De la source à l’estuaire, le fleuve se gorge et se nourrit de ce qu’il charrie du fond de son lit. Il s’enrichit, se vitalise, prend de l’ampleur, gagne du débit, s’ouvre un passage vers l’horizon, vers la consécration. La carrière du cinéaste Bong Joon-ho semble avoir emprunté un trajet similaire. Film après film, son succès et son aura à l’international n’auront cessé de croître, de gagner le respect de la critique et du public. Alors, qui mieux qu’un cinéaste palmé pour nous plonger dans les eaux troubles de Séoul, saisissant « The Host » par la queue d’un genre encore inédit au sud du 38ème parallèle ?

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PARASITE

La ligne de démarcation

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« Et la maison était merveilleusement distribuée : des grands espaces vides, soigneusement conçus, s’emboîtaient sans heurt pour donner l’illusion qu’elle était encore plus vaste qu’elle ne l’était en réalité. (…) Le fantôme n’a pas vu le moindre détritus de la fête souillant la maison. C’était immaculé. »

Brett Easton Ellis, Lunar Park, 2005.

La fracture. S’il y a bien un pays qui en mesure les conséquences c’est bien la Corée. Politique et idéologique, celle-ci est depuis longtemps inscrite au patrimoine mémoriel du Nord et du Sud, dans l’ADN de chaque citoyen qui sait qu’à tout instant, le ciel peut lui tomber sur la tête. Mais depuis quelques temps, depuis l’essor économique de la moitié fréquentable de la péninsule, s’ajoute une fracture sociale, sourde et souterraine, qu’auront su ressentir nombre d’artistes autochtones. L’excellent Bong Joon-ho est de ceux-là. Descendu du wagon qui transperçait neige, le voici de retour sur ses terres, toujours au pied des inégalités, dans une traque au « Parasite » qui s’avère féroce et jouissive.

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