Les HEURES SOMBRES

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« Tout homme naît et se forme pour une grande heure de sa vie. C’est la plus belle heure de Churchill que je dirai. Et sa plus belle heure a été la plus belle heure d’Angleterre. Ce sera sa gloire. Dans le granit des âges et l’amour des générations, il apparaîtra prophète d’Angleterre, prophète de la plus belle heure d’Angleterre, Churchill d’Angleterre. »

Albert Cohen, écrits d’Angleterre.

Tenir bon. S’il y a bien un homme qui a incarné, aux heures les plus pénibles de la Seconde Guerre Mondiale, cet idéal à l’échelle d’une nation c’est bien Winston Churchill. « Les heures sombres » sont, pour le réalisateur britannique Joe Wright, celles qui couvrent ce mois de mai 1940, alors que la botte nazie marche sur l’Europe de l’Ouest et s’apprête à écraser la quasi-totalité de l’armée anglaise confinée dans la poche de Dunkerque. Tandis que le soldat Nolan s’occupe de la logistique du rapatriement, Wright se charge des négociations à la Chambre. Une chose est sûre, pour tous les deux, le temps presse car les Allemands sont à leur porte. Lire la suite

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Star Wars : les DERNIERS JEDI

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« Luke, quand je ne serai plus, le dernier des Jedi tu seras. »

Yoda, Star Wars épisode VI : Le retour du Jedi, 1983

L’univers est en expansion. Celui de la saga Star Wars également. A mesure que les galaxies lointaines très lointaines s’éloignent de nous à des vitesses exponentiellement vertigineuses, les films eux affluent de plus en plus régulièrement dans nos salles obscures, telles des comètes périodiques dont on attend les plus merveilleux présages. Captain Kathleen Kennedy, gardienne du temple lucassien hébergé désormais au sein de la maison Disney, a tendu le sabre laser au padawan Rian Johnson avec pour mission de nous offrir en cette fin d’année un « Star Wars épisode VIII : Les derniers Jedi » plus épique et plus palpitant encore que le précédent. Alors, bonnes ou mauvaises sont les nouvelles des étoiles ? Lire la suite

AVA

Les yeux noirs

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« Qu’est-ce donc que cette joie du premier soleil ? Pourquoi cette lumière tombée sur la terre nous emplit-elle ainsi du bonheur de vivre ? Le ciel est tout bleu, la campagne toute verte, les maisons toutes blanches ; et nos yeux ravis boivent ces couleurs vives dont ils font de l’allégresse pour nos âmes. Et il nous vient des envies de danser, des envies de courir, des envies de chanter, une légèreté heureuse de la pensée, une sorte de tendresse élargie, on voudrait embrasser le soleil. »

Guy de Maupassant, L’aveugle, 1882

Plonger dans le noir. Fermeture à l’iris, l’obscurité envahit l’écran, sans espoir de retour. Perdre la vue, c’est sans doute le cauchemar de tout cinéaste pour qui ce sens est, plus que tout autre, primordial. Dans une comédie pleine d’autodérision, Woody Allen s’en amusait follement, mais Léa Mysius, pour son entrée en long métrage, choisit une voie plus grave. Ce sera celle d’« Ava », héroïne indocile et ombrageuse qui, malgré sa cécité menaçante, n’a pas l’intention de nous faire verser une larme. Lire la suite

La PROMESSE de l’AUBE

Tout sur sa mère

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« Il n’est pas bon d’être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ça vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c’est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. »

Romain Gary, La promesse de l’aube, 1960.

Romain Gary disait : « L’homme n’a qu’une vie mais il est fait pour la vivre au moins deux fois. » Il faudra donc pas moins de deux adaptations au cinéma de son roman « La promesse de l’aube » pour essayer de toucher du doigt le personnage tourmenté et suicidaire qui se cachait derrière l’homme de plume. Après Jules Dassin de son vivant, c’est le français Éric Barbier qui, à titre posthume, entend bien traduire sur écran large le récit picaresque de cet étonnant personnage qui fut toute sa vie convaincu qu’il devait tout à sa maman. Lire la suite

MAUVAISE GRAINE

D.D. l’embrouille

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« Mauvaise Graine », film plein de culot qui mériterait d’être mieux connu, reste l’unique réalisation indépendante de Wilder. C’est, si l’on veut, son « Reservoir dogs ».

Cameron Crowe

Elle venait de fêter son siècle d’existence quand soudain elle a disparu. Lorsque Danielle, la musicienne de quatorze ans fut invitée au « Bal » du cinématographe, son merveilleux carrosse de succès plus jamais ne se transforma en citrouille, faisant d’elle la Darrieux, la plus pimpante des fiancées de Paris. Il lui suffit alors d’un sourire, d’une démarche chaloupée en lisière du Bois de Boulogne pour qu’elle alpague un riche monsieur à la Packard verte. Trop heureux de l’avoir attirée dans son bel attelage c’est en terrasse à Longchamp qu’il comptait bien conclure. Fort marri il se trouva pourtant puisque la belle plante s’avéra être sortie d’une « Mauvaise Graine » plantée par un  Billy Wilder déjà bien malicieux. Lire la suite

VENGEANCE

Où vas-tu Johnny ?

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« J’étais fasciné par ses yeux, qui, lorsqu’on les voit, sont d’un bleu incroyable. »

Johnnie To

Quand Johnnie a rencontré Johnny, ensemble ils fomentèrent une histoire de « Vengeance ». Johnnie To avait imaginé son film comme le troisième volet d’une trilogie dite « des tueurs associés » entamée avec « the mission » et « exiled ». Faute de Delon, son Costello prenait alors l’allure de notre idole nationale, particulièrement classe dans ce costard de samouraï melvillien. Lire la suite

SANTA & Cie

Some like it hotte

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« You better watch out, you better not cry
Better not pout, I’m telling you why
Santa Claus is comin’ to town »

John Frederick Coots/Haven Gillespie, 1934.

Le ciel est gris, la nuit tombe tôt : Noël est à nos portes ! A peine octobre et ses horreurs clownesques ne sont-ils plus qu’un vilain souvenir que c’est déjà Christmas time ! Alain Chabat débarque le jour de la Saint Nicolas, tenant les rennes de « Santa & Cie », pour nous offrir un peu en avance son nouveau cadeau jovial, histoire de faire passer ce soir de déprime dans un immense éclat de rire. Lire la suite