VENGEANCE

Où vas-tu Johnny ?

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« J’étais fasciné par ses yeux, qui, lorsqu’on les voit, sont d’un bleu incroyable. »

Johnnie To

Quand Johnnie a rencontré Johnny, ensemble ils fomentèrent une histoire de « Vengeance ». Johnnie To avait imaginé son film comme le troisième volet d’une trilogie dite « des tueurs associés » entamée avec « the mission » et « exiled ». Faute de Delon, son Costello prenait alors l’allure de notre idole nationale, particulièrement classe dans ce costard de samouraï melvillien. Lire la suite

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a TOUCH of ZEN

L’incroyable légèreté de lame

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« Quoi ! dix jours pour peindre une montagne !
Quoi ! cinq jours pour faire un rocher !
Eh ! oui ! Le véritable artiste n’aime point qu’on le presse et qu’on le tourmente. »

Vers impromptus, écrits sur une peinture de Ouang-tsaï, Du Fu (712-770)

Au loin, les cimes embrumées d’une montagne verdoyante. Une chute d’eau, une langue de glace, un rai de lumière se fraie un chemin à travers les rues embrumées d’une bourgade frontalière aux confins de l’Empire du Milieu. Soudain, l’envol d’une escadrille de migrateurs accroche le regard vers l’azur illuminé : il aura fallu à King Hu quatre années de tournage pour qu’il obtienne sa «  Touch of Zen ». Lire la suite

MADEMOISELLE

Vices et versa

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 » Partout, en un mot, je le répète, partout je vois les femmes humiliées, molestées, partout sacrifiées à la superstition des prêtres, à la barbarie des époux ou aux caprices des libertins.  »

Le Marquis de Sade, Justine ou les malheurs de la vertu, 1791

Voir des films coréens, c’est comme faire un voyage vers des contrées vierges de toute exploration. Ils se dévoilent en atours exotiques charmants, se montrant aussi, à force de contorsions, plus surprenants qu’ils n’y paraissent au premier abord, tordus à souhait. Le maître en la matière est sans doute le très clivant Park Chan-wook. Récompensé d’un prix cannois il y a près de quinze ans, félicité par un Tarantino visiblement aux anges devant son « old boy » (pièce pivot d’une trilogie consacrée à la vengeance), le cinéaste peut s’enorgueillir aujourd’hui d’une renommée mondiale qui l’a conduit à poursuivre son œuvre aux Amériques et ainsi satisfaire pleinement son goût pour la cuisine hitchcockienne. C’est enrichi de ces nouvelles recettes qu’il revient au pays, un roman de la britannique Sarah Waters sous le bras afin d’en réaliser une adaptation qui marie les marottes du maître anglais du suspense et les corridas sulfureuses du nippon Oshima à l’héritage de Kim Ki-young et de sa « servante » qui troubla naguère les cinéphiles du Pays des Matins Calmes. Transposé de l’Angleterre victorienne vers une Corée sous occupation japonaise, le récit effeuillé « du bout des doigts » par la romancière se change en une « Mademoiselle » vêtue comme une poupée geisha, récitant à ces messieurs un florilège de cochonneries destinées à leur chatouiller gaiement l’hypothalamus. Lire la suite

Detective DEE 2 : la légende du Dragon des Mers

Enquête d’action

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A mesure que le temps passe, il semblerait que Tsui Hark rajeunisse. Son cinéma gagne en vigueur, en couleur, et n’a rien perdu de sa vivacité. C’est en tous cas ce que nous prouve son « Detective Dee II : la légende du dragon des mers » dont les exploits précèdent ceux de « La flamme fantôme ». Lire la suite

DRUG WAR

 

Avec armes et violence

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Après plus de cinquante films réalisés au sein de l’ex-colonie, le Hongkongais Johnnie To s’aventure un peu plus loin en Chine. Ce mètre étalon des films action y situe son dernier coup de maître intitulé « Drug War ». Aucun trompe-l’œil, le titre annonce cash le contenu de l’heure trois quart qui va défiler, sans temps mort, sous nos yeux. Lire la suite