Le retour de l’HIRONDELLE D’OR

Angry bird

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« L’épée au côté, je marche solitaire,
Le Roc, bel oiseau, plane haut vers les nuages.
L’univers est vaste, où est ma maison ?
Ô mon Hirondelle, où as-tu fait ton nid ? »

L’hirondelle est un migrateur, elle aime voir du pays. Mais toujours elle retrouve le chemin de sa maison. « L’hirondelle d’or » a fait fortune de par le vaste pays de Chine, rien d’étonnant alors que l’on annonce deux ans plus tard « le retour de l’hirondelle d’or ». Son réalisateur mécontent s’est envolé vers Taïwan, mais l’actrice principale n’a pas quitté le nid, bien au Shaw dans sa cage. Chang Cheh, chargé de la surveiller, lui a trouvé de la compagnie, un oiseau blanc en quête d’amour, mais dévoré par la rage qu’il a au fond du cœur. La trahison est un poison qui nécessite un puissant antidote. L’Hirondelle d’or qui fait son retour doit être réapprivoisée.

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TIME and TIDE

Feu à volonté

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« Il avait beau se projeter sur la droite avec toute son énergie, à chaque fois il basculait en arrière, sur le dos. Il essaya peut-être cent fois, en fermant les yeux pour ne pas être obligé de voir le frétillement des pattes, et il ne s’arrêta qu’au moment où soudain il se sentit au flanc une douleur inconnue, légère et sourde. »

Franz Kafka, la métamorphose, 1915

« Plus vite ! Tu es trop lent ! Plus vite ! »

Fei Lung dans « The Blade », 1995.

Le temps presse, la vague reflue. « Time and Tide » sont les deux mots que Tsui Hark inscrit au titre de son come-back au sein d’une production hongkongaise déclinante. Ils disent l’urgence, la sienne, et les revers d’une cité parvenue à son point de bascule. Cinéaste du chaos autant que frénétique inventeur de formes, il replonge dans l’enfer des armes, jetant toute ses forces dans la bataille sans se soucier des dégâts collatéraux. Il en sortira rincé, fourbu, mais il aura produit une œuvre essentielle et terminale, le dernier diamant noir d’une fin de siècle en lambeaux. Lire la suite

The RAID : Redemption

Verticales limites

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« On appelle cinéma Motion Picture. Ce n’est pas rien, il faut que ça bouge. »

Raoul Walsh.

Un film d’action est par essence nerveux, enlevé, violent s’il le faut. Surtout, il doit filer vers un but précis, à la vitesse d’une balle sortant du canon. Mais un bon film d’action doit-il se limiter ces instructions minimales ? Peut-on admettre l’impasse totale de caractérisation des personnages ? Négliger la toile de fond sur laquelle ils se débattent ? Bref, les films d’action doivent-ils toujours aller plus vite ? Cette question taraude chaque étage de « The Raid », film qui fait de l’élégie de la bagarre une nécessité de survie. Lire la suite

L’HIRONDELLE d’OR

La dame oiselle et le clochard

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« L’Hirondelle d’or est mon premier choc au cinéma. C’est une nouvelle manière d’envisager le cinéma d’action. »

John Woo

En Orient, lorsque s’impose le choix des armes, la main se porte soit sur le sabre, soit sur l’épée. Le premier est l’apanage des samouraïs japonais, maîtres du chambara qui ne dégainent que pour tuer. La seconde est l’arme du guerrier de l’Empire du Milieu, lame légère qui plane sur les zéphires du Wu xia pian. En Chine, s’il est un nom emblématique du film de chevalerie, c’est bien celui de King hu. Sous l’égide des mythiques studios Shaw Brothers, il s’envole vers les cimes du succès sur les ailes de « l’Hirondelle d’or ». Lire la suite

VENGEANCE

Où vas-tu Johnny ?

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« J’étais fasciné par ses yeux, qui, lorsqu’on les voit, sont d’un bleu incroyable. »

Johnnie To

Quand Johnnie a rencontré Johnny, ensemble ils fomentèrent une histoire de « Vengeance ». Johnnie To avait imaginé son film comme le troisième volet d’une trilogie dite « des tueurs associés » entamée avec « the mission » et « exiled ». Faute de Delon, son Costello prenait alors l’allure de notre idole nationale, particulièrement classe dans ce costard de samouraï melvillien. Lire la suite

a TOUCH of ZEN

L’incroyable légèreté de lame

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« Quoi ! dix jours pour peindre une montagne !
Quoi ! cinq jours pour faire un rocher !
Eh ! oui ! Le véritable artiste n’aime point qu’on le presse et qu’on le tourmente. »

Vers impromptus, écrits sur une peinture de Ouang-tsaï, Du Fu (712-770)

Au loin, les cimes embrumées d’une montagne verdoyante. Une chute d’eau, une langue de glace, un rai de lumière se fraie un chemin à travers les rues embrumées d’une bourgade frontalière aux confins de l’Empire du Milieu. Soudain, l’envol d’une escadrille de migrateurs accroche le regard vers l’azur illuminé : il aura fallu à King Hu quatre années de tournage pour qu’il obtienne sa «  Touch of Zen ». Lire la suite

MADEMOISELLE

Vices et versa

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 » Partout, en un mot, je le répète, partout je vois les femmes humiliées, molestées, partout sacrifiées à la superstition des prêtres, à la barbarie des époux ou aux caprices des libertins.  »

Le Marquis de Sade, Justine ou les malheurs de la vertu, 1791

Voir des films coréens, c’est comme faire un voyage vers des contrées vierges de toute exploration. Ils se dévoilent en atours exotiques charmants, se montrant aussi, à force de contorsions, plus surprenants qu’ils n’y paraissent au premier abord, tordus à souhait. Le maître en la matière est sans doute le très clivant Park Chan-wook. Récompensé d’un prix cannois il y a près de quinze ans, félicité par un Tarantino visiblement aux anges devant son « old boy » (pièce pivot d’une trilogie consacrée à la vengeance), le cinéaste peut s’enorgueillir aujourd’hui d’une renommée mondiale qui l’a conduit à poursuivre son œuvre aux Amériques et ainsi satisfaire pleinement son goût pour la cuisine hitchcockienne. C’est enrichi de ces nouvelles recettes qu’il revient au pays, un roman de la britannique Sarah Waters sous le bras afin d’en réaliser une adaptation qui marie les marottes du maître anglais du suspense et les corridas sulfureuses du nippon Oshima à l’héritage de Kim Ki-young et de sa « servante » qui troubla naguère les cinéphiles du Pays des Matins Calmes. Transposé de l’Angleterre victorienne vers une Corée sous occupation japonaise, le récit effeuillé « du bout des doigts » par la romancière se change en une « Mademoiselle » vêtue comme une poupée geisha, récitant à ces messieurs un florilège de cochonneries destinées à leur chatouiller gaiement l’hypothalamus. Lire la suite

Detective DEE 2 : la légende du Dragon des Mers

Enquête d’action

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A mesure que le temps passe, il semblerait que Tsui Hark rajeunisse. Son cinéma gagne en vigueur, en couleur, et n’a rien perdu de sa vivacité. C’est en tous cas ce que nous prouve son « Detective Dee II : la légende du dragon des mers » dont les exploits précèdent ceux de « La Flamme fantôme ». Lire la suite

DRUG WAR

 

Avec armes et violence

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Après plus de cinquante films réalisés au sein de l’ex-colonie, le Hongkongais Johnnie To s’aventure un peu plus loin en Chine. Ce mètre étalon des films action y situe son dernier coup de maître intitulé « Drug War ». Aucun trompe-l’œil, le titre annonce cash le contenu de l’heure trois quart qui va défiler, sans temps mort, sous nos yeux. Lire la suite