La vie passionnée de VINCENT VAN GOGH

L’ensorcelé

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« Je possède beaucoup d’œuvres d’art mais aucun Van Gogh. Mis à part le fait que je n’ai pas les moyens de m’acheter un de ses tableaux, il y aurait quelque chose d’étrange : j’aurais l’impression de l’avoir peint moi-même. »

Kirk Douglas, Le fils du chiffonnier, 1988.

« Je suis arrivé sur terre dans une magnifique boîte en or ornée de fleurs et de fruits délicatement ciselés, et suspendue au ciel par de fins rubans d’argent. » lit-on en préambule du « fils du chiffonnier ». Quand il écrit cette phrase, Issur repense à sa maman, qui lui racontait cette fable de sa venue au monde. Issur ne s’appelait pas encore Kirk, mais il aimait déjà les histoires. Kirk Douglas avait de l’allure, une large palette de jeu, un visage slave taillé au couteau, marqué d’une fossette immédiatement reconnaissable. Il était devenu l’immortel du cinéma, le dernier des géants d’Hollywood. Une attaque cérébrale, une crise cardiaque et un accident d’hélicoptère n’avaient pas réussi à l’abattre. « Kirk Douglas était un demi-dieu qu’on n’approche jamais » a même dit un jour la toute jeune Bardot qui le croisa brièvement sur un plateau de tournage. Et puis, il a fini par s’éteindre, comme tous les autres, emportant avec lui le Colonel Dax vers « les sentiers de la gloire », Doc Holliday pour d’autres règlements de compte, Einar sur les chemins du Walhalla. On se souviendra aussi de lui dans la peau du peintre le plus célèbre des Pays-Bas, personnage dans lequel il faillit s’abîmer pour de bon. Pas d’Oscar pour Kirk Douglas dans « La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh », pas même une nomination pour son réalisateur Vincente Minnelli. Mais une toile de maître pour un grand du cinéma.

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AMADEUS

rire et mourir

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« O ciel ! Où est donc l’équité si le don sacré, si le génie immortel ne récompensent pas l’amour éperdu, l’abnégation, le travail, les efforts, les prières, et s’ils illuminent un insensé, un viveur ?… O Mozart, Mozart ! »

Alexandre Pouchkine, Mozart et Salieri, 1830.

« Aujourd’hui, c’est à vous que je m’adresse, chers enfants. Savez-vous, petits connards, qu’à l’âge où vous jouez aux billes comme des imbéciles, Wolfgang Amadeus Mozart, lui, avait atteint le génie ? »

Pierre Desproges, la minute nécessaire de monsieur Cyclopède, 10 mars 1984.

On y entre par les bois. La douceur des bassons, les teintes subtiles des cors de basset invitent promptement au recueillement. Puis les cordes, à la force des archets, lentement mais sûrement, ouvrent un passage vers les chœurs annoncés solennellement par le martellement des timbales et des trombones. Le Requiem de Mozart est au-delà de la musique, c’est le sacré qui élève le profane, c’est une sublime invitation à marcher vers la mort. Le jour où son auteur a laissé échapper son dernier soupir, un grand silence a envahi le monde. Et ce silence était encore de lui. Un insoutenable silence qui rend fou, jusqu’à son plus proche rival. Cinq après la mort de ce dernier, Pouchkine a écrit une courte pièce intitulée « Mozart et Salieri ». Rimski-Korsakov en a fait un opéra, Peter Shaffer une autre pièce de théâtre, puis un scénario que le praguois Miloš Forman a changé en film dramatique et symphonique : « Amadeus ».

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La PROMESSE de l’AUBE

Tout sur sa mère

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« Il n’est pas bon d’être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ça vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c’est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. »

Romain Gary, La promesse de l’aube, 1960.

Romain Gary disait : « L’homme n’a qu’une vie mais il est fait pour la vivre au moins deux fois. » Il faudra donc pas moins de deux adaptations au cinéma de son roman « La promesse de l’aube » pour essayer de toucher du doigt le personnage tourmenté et suicidaire qui se cachait derrière l’homme de plume. Après Jules Dassin de son vivant, c’est le français Éric Barbier qui, à titre posthume, entend bien traduire sur écran large le récit picaresque de cet étonnant personnage qui fut toute sa vie convaincu qu’il devait tout à sa maman. Lire la suite

JACKIE

Dans la ligne de mire

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“I do not think it altogether inappropriate to introduce myself to this audience. I am the man who accompanied Jacqueline Kennedy to Paris.”

John F. Kennedy, Palais de Chaillot, Paris, 3/06/1961

Dès lors qu’un nouveau locataire entre à la Maison Blanche, il est toujours salutaire de revenir sur l‘le passé de ses illustres prédécesseurs. Et ce retour en arrière ne peut éviter l’incontournable détour par Dallas, a fortiori lorsqu’il s’agit d’évoquer la vie de la plus célèbre des Premières Dames. Lorsque Noah Oppenheim écrit le scénario de son biopic sur « Jackie » Kennedy, ce n’est ni pour nous faire partager sa lune de miel au bras du sénateur fraîchement élu, ni pour conter sa romance avec un armateur grec multimilliardaire. L’impressionnant carton d’Oswald retransmis à des millions de téléspectateurs demeure le fait nodal auquel s’arrime ce film placé d’abord entre les mains de Darren Aronofsky avant qu’il ne retombe dans l’escarcelle de Pablo Larrain. Lire la suite