La mort tragique de LELAND DRUM

L’homme de nulle part

« Meilleure sera la carte routière fournie par le scénariste, meilleure seront les chances de vivre un voyage fertile et euphorisant. Mais la route est pavée de risques impossibles à anticiper et les détours que cela nécessite peuvent mener à une destination inimaginée. Tel est le défi qui me maintient toujours en voyage. (…) Je ne sais pas où va le cinéma, ni même où je vais moi, mais je suis sûr que nous voyageons tous les deux ensemble sur la route vers nulle part. »

Monte Hellman (12.07.1929 – 20.04.2021)

De tous les cinéastes sortis de la cuisse de Roger Corman, il aura toujours été le plus obscur, le « secret le mieux gardé d’Hollywood » comme l’écrivait Kevin Thomas dans le Times. Coppola, Scorsese, Kershner, Cameron, et même Dennis Hopper, ont tous pris un « temps » soit peu la route du succès, alors que lui se contentait d’un macadam moins rutilant. A l’heure de sa disparition, certains pensent même que son unique titre de gloire serait d’avoir co-produit « Reservoir dogs », alors que son « Two-lane Blacktop » a quand même rejoint les rayonnages de la Bibliothèque du Congrès. Quentin Tarantino le qualifiait de « poète minimaliste », tant il savait insuffler à ses films une dimension métaphysique dans le plus simple appareil. C’est notamment le cas de ses deux premiers westerns, des films jumeaux dépouillés comme jamais. Sur l’un souffle « l’Ouragan de la Vengeance », alors que l’autre annonce « la mort tragique de Leland Drum ». Au bruit des coups de feu qui retentissent dans la Sierra, c’est cette piste qu’il faut privilégier… Lire la suite