Que la BÊTE MEURE

Règlement de compte

« Chacun est exposé à perdre un être cher, plus proche qu’un ami, un frère sorti du même sein, un fils : la part une fois faite aux pleurs et aux sanglots, il s’en tient là ; les Parques ont fait aux hommes un cœur apte à pâtir. Mais, à celui-là, il ne suffit pas d’avoir pris la vie du divin Hector ; il l’attache à son char, il le traîne tout autour du tombeau de son ami. Ce n’est là ni un beau ni un bon parti. »

Homère, L’Iliade, Chant XXIV, VIIIème siècle avant JC.

L’humanité est faite de gens aimables et d’autres haïssables, de personnes dures et de personnes douces. Il y a des êtres si bons qu’ils font l’objet d’une véritable vénération, et d’autres si odieux qu’ils en inspirent des envies de meurtre. « Que la bête meure » proclame le film de Claude Chabrol, condamnation sans appel pour un homme des plus ignobles, coupable d’un crime des plus abjects. « Je n’y vois pas d’abjection » répondit toutefois Jean Yanne après que Chabrol lui a proposé le rôle, car il sait bien que, face à lui, tout le monde n’est pas si beau, tout le monde n’est pas si gentil. Lire la suite