Le GRAND BAIN

Avant de toucher le fond

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« Il faut avoir oublié le beaucoup, pour l’amour de l’important. »

Rainer Maria Rilke

Les ronds, c’est pas carré, ce n’est pas une découverte. Gilles Lellouche ne revendique d’ailleurs aucunement la paternité de cette observation lorsqu’il met les formes pour nous plonger dans « Le grand bain » avec sa sympathique troupe de nageurs non-professionnels. Le regard dissimulé derrière l’œilleton, il pousse tout son petit monde à l’eau histoire de voir si le principe d’Archimède a encore la force de repêcher les cabossés de la Terre. Lire la suite

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PLACE PUBLIQUE

Tout le monde en parle

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« Andy Warhol a eu à  la  fois  raison  et  tort : ce n’est pas un quart d’heure mais une minute de célébrité auquel tout le monde prétend aujourd’hui. Mais autrement, il a tout juste. »

Jean-Pierre Bacri

Dégoûté de la couleur, l’amer Bacri s’habille de sombre. Il a chaussé ses lunettes noires pour une nuit blanche vers laquelle le conduit son chauffeur dans sa belle cylindrée. Il va la passer en joyeuse compagnie, celle de la grande famille du show-biz où il a donné rendez-vous à son inséparable complice Agnès Jaoui. Juste une paire de demi-dieux qui connaissent la chanson, ils ont cette fois bien l’intention de l’entonner en « Place Publique », en un film choral, elle derrière la caméra et lui sous le postiche. Lire la suite

Au feu, les pompiers

Sale défaite

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« Cet homme venant d’une dictature avait une maturité de cinéaste qui me sidère. »

Arnaud Desplechin.

La maison brûle et Miloš Forman prend la poudre d’escampette. L’expatrié tchèque aux 2 Oscars (un pour « vol au-dessus d’un nid de coucou », l’autre pour « Amadeus »), après un demi-siècle d’exil aux Etats-Unis, s’en est allé, cette fois pour ne jamais plus revenir. Il nous laisse le soin de prendre urgemment les choses en main, comme il le clamait déjà haut et fort en 1967 dès l’entame de « Au feu, les pompiers ! ». Lire la suite

VICE-VERSA

Docter Maboule

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« Du jardin d’enfant à la vie adulte, les gens devraient plus prêter attention à leur intériorité, afin de devenir des personnes pleinement heureuses et de créer une famille, une communauté et une humanité plus épanouie. »

Le Dalaï-lama

Planqués derrière leurs écrans d’ordinateur, pianotant sans relâche sur leurs claviers, glissant inlassablement la pointe de leurs stylets sur les palettes numériques, les ingénieurs de chez Pixar ont plus d’une idée derrière la tête. Après avoir accusé un coup de mou en se retranchant derrière la facilité de franchises exploitables à merci, la firme à la lampe sautillante reprend du poil de Sully en retrouvant sa capacité à commuer les concepts les plus abstraits en blockbusters animés qui vous caressent les synapses dans le sens des neurones. La cervelle de Pete Docter est en ébullition si on en juge par le pétillement drolatique des dialogues qui fusent et le feu d’artifice de couleurs qui jaillissent de son « Vice-versa » renversant. Lire la suite

SANTA & Cie

Some like it hotte

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« You better watch out, you better not cry
Better not pout, I’m telling you why
Santa Claus is comin’ to town »

John Frederick Coots/Haven Gillespie, 1934.

Le ciel est gris, la nuit tombe tôt : Noël est à nos portes ! A peine octobre et ses horreurs clownesques ne sont-ils plus qu’un vilain souvenir que c’est déjà Christmas time ! Alain Chabat débarque le jour de la Saint Nicolas, tenant les rennes de « Santa & Cie », pour nous offrir un peu en avance son nouveau cadeau jovial, histoire de faire passer ce soir de déprime dans un immense éclat de rire. Lire la suite

L’Emigrant

Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port.

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« Je sais que mes parents sont arrivés de Russie en 1923, juste avant l’instauration des quotas. Ils sont passés par Ellis Island, où leur nom, Greizerstein, a été changé en Gray. (…) Ils sont arrivés après une série de terribles pogroms. Apparemment, mon arrière-grand-père et mon arrière-grand-mère ont été massacrés. D’après mon père, les Cosaques sont arrivés à cheval dans la mercerie que tenaient mes arrière-grands parents à Kiev et les ont tués à l’épée, sous les yeux de ma grand-mère paternelle. Ce qui explique pourquoi elle a crié dans ses cauchemars jusqu’à la fin de ses jours. »

James Gray in « James Gray », Jordan Mintzer, ed. Synecdoche, 2012.

« L’époque où j’étais sous contrat à la Mutual fut la plus heureuse de ma carrière. » écrit Charles Chaplin dans son autobiographie. Il n’y resta pourtant qu’un peu plus d’un an, juste le temps d’y tourner ses premières œuvres importantes. A bien des titres, « l’émigrant », tourné durant cette période faste et créatrice, est considéré comme le premier grand film de Chaplin, sans doute parce que c’est la première fois que l’acteur/réalisateur s’émancipe quelque peu de la seule contrainte du sketch pour mieux embrasser un récit plus ample, plus ambitieux et éminemment autobiographique. Lire la suite