SICARIO

Borderline

Sicario

« Je construirai un grand, grand mur à la frontière sud et je le ferai financer par le Mexique. »
Donald Trump

Une frontière, en Amérique, n’est pas qu’une ligne. A la fin du XIXème siècle, l’historien américain Frederick Jackson Turner constatait déjà que « L’Ouest est plus une forme de société qu’une région géographique ». Dès lors que cette frontière s’est s’étendue d’un océan à l’autre, il a fallu en redéfinir de « nouvelles », espaces transitionnels ne relevant plus alors de la seule géographie des cartes. Là où le tiers-monde concupiscent lorgne sur la terre des opportunités, les règles changent, les peuples se mélangent, le flou et la confusion s’installent sur un territoire devenu la proie des loups. C’est là-bas, aux marches du Mexique, aux confins de l’Arizona, que Denis Villeneuve infiltre son « Sicario », histoire d’un remède qui pourrait bien être aussi virulent que le mal qu’il est censé combattre. Lire la suite

Publicités

GET OUT

Devine qui va trinquer ?

Get-Out-3-News

« Les détails et symboles de ta vie ont été construits selon un plan délibéré, destiné à t’amener à croire ce que les Blancs disent de toi. Tâche, s’il te plaît, de te souvenir que ce qu’ils croient, de même que ce qu’ils te font et t’obligent à supporter ne porte pas témoignage de ton infériorité mais de leur cruauté et de leur peur. »

James A. Baldwin, fire next time, 1963.

Avec l’avènement de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, chaque escapade cinématographique vers une problématique raciale prend une dimension politique particulière. « Si j’avais pu, j’aurais voté Obama une troisième fois » lâche le riche neurochirurgien Dean Armitage, confortablement installé dans son manoir de maître depuis lequel le réalisateur afro-américain Jordan Peele nous murmure en guise d’avertissement « Get Out ». Une chose est sûre, on ne pourra pas dire que ce film d’horreur ne nous avait pas prévenus. Lire la suite