Au COEUR de l’ORAGE

Ici commence le pays de la Liberté

au_coeur_de_lorage3

« Anne et Dubreuilh étaient descendus de leurs bicyclettes et regardaient quelque chose. Henri les rejoignit et vit que c’était des croix : des croix blanches sans nom, sans fleurs. Le Vercors. Ce mot couleur d’or brûlé, couleur de chaume et de cendre, rude et sec comme une garrigue mais traînant après soi un relent de fraîcheur montagnarde, ce n’était plus le nom d’une légende. Le Vercors. C’était ce pays de montagne au poil humide et roux, aux forêts transparentes, où le dur soleil faisait lever des croix. »

Simone de Beauvoir, Les Mandarins, 1954.

Si aucune région de France n’a le monopole de la douleur, il est des endroits reculés où les cicatrices semblent encore à vif. Le Vercors est une citadelle inexpugnable, un havre d’écrivain (Jean Prévost), un massif d’inspiration (d’où l’on peut entendre « le silence de la mer »), un refuge pour l’insurgé. C’est surtout une formidable terre d’espoir dans un pays « Au cœur de l’orage ». Son insolente existence, insupportable aux yeux de l’envahisseur, conduira ses habitants au douloureux sacrifice, celui auquel le cinéaste Jean-Paul Le Chanois entend rendre hommage, afin d’offrir à ses martyrs leur droit à l’immortalité. Lire la suite

Publicités

Les plages d’Agnès

Sans loi ni toi…

les-plages-d-agnes.2

«Je devrais arrêter de parler de moi, et voilà, je dois me préparer à dire au revoir, à partir»

Agnès Varda, Berlin, 2019

« Et pfuitt ! un coup de marée, et tout est parti. » disait Agnès Varda devant une image de « Visages Villages ». Il aura fallu moins de temps encore pour que la mort nous l’enlève, adorable petit bout de femme. Glaneuse d’images emportée vers d’autres rives reines, elle disparaît dans le flou. Elle nous laisse avec sa « Pointe Courte », « Cléo de 5 à 7 », ses patates qui germent et toutes « les plages d’Agnès » que nous pourrons longer, pieds nus, le nez au vent, en pensant à elle, jusqu’à ce que des jours ne reste que l’écume. Lire la suite

Fahrenheit 9/11

… Et tu retourneras à la poussière.

fahrenheit-911-1

« Débris de gens du monde entier. United Colors of Babel. »

Frédéric Beigbeder, Windows on the World, 2003

C’était aussi un mardi. « 8h30. Le ciel est bleu mais personne n’en profite. » écrit encore Beigbeder. Et pour cause. Un point d’incandescence s’illumine sur la planète en cette année « 2001 » si redoutée par Herbert et Kubrick. L’anticipation rejoint la réalité lorsque deux avions de ligne détournés par des terroristes percutent les tours du World Trade Center. L’évènement inaugurait « l’ère la plus dangereuse que le monde ait connu » (selon les termes du grand prédicant Rumsfeld). Un nouveau siècle débute, placé sous le signe de la grande menace, l’avènement d’un Big Brother orwellien baptisé « Patriot act ». Mais c’est à un autre grand nom de la science-fiction, la plume éminente et éclairée de Ray Bradbury, que Michael Moore a choisi de porter la température de son fracassant documentaire « Fahrenheit 9/11 ». Lire la suite

VISAGES VILLAGES

En attendant Godard…

Visages-villages-1

« Je suis né à l’ombre d’une étoile. Ma mère la Lune m’a donné sa fraîcheur. Mon père le soleil, sa chaleur. Et l’univers pour y habiter. Tu te rends compte ? C’est quand même une grande place que j’ai dans la vie, hein ? »

Pony – Soleil – Air – Sauvage – Nature, artiste.

Quand c’est le moment des vacances, la route lance les invitations. Mais où aller ? Le monde est si vaste. Le photographe aux lunettes noires J.R. et la cinéaste Agnès Varda se sont mis de connivence pour nous donner des pistes d’exploration, jouant eux-mêmes les éclaireurs partis à la rencontre des « visages villages » dans un joli petit film en forme de documentaire mosaïque poétique. Lire la suite