Once upon a time… in HOLLYWOOD

La ballade de Dalton

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« Pourtant, parfois, quand pluies et vents violents ont lavé les cieux, le bleu d’Egypte réapparaît au-dessus d’une plaine aux palmiers et aux tons espagnols éternels, comme l’île cythéréenne de Catalina posée à l’horizon sur son ruban bleu, les plateaux de tournage massifs et obsolètes tels des mastabas secrets se dessinant plus bas, et il nous est alors possible d’imaginer ce qui attira ici ces hommes ambitieux et téméraires, il fut un temps. »

Kenneth Anger, Hollywood Babylone, 1975

« Hollywood : une plantation d’orangers où se promènent des acteurs au chômage. »

Groucho Marx

Le 9 août 1969, au 10050 Cielo Drive à Benedict Canyon, un morceau du rêve hollywoodien s’est dilué dans le sang et les cris d’horreur. La mort de Sharon Tate et de ses invités présents ce soir-là a sonné le glas de l’été sans fin, a coupé l’herbe sous le pied des illusions hippies. Quentin Tarantino n’avait alors que 6 ans, mais il ne fait aucun doute que l’évènement a marqué sa jeune existence, alors même qu’il vivait à peine à trente minutes du lieu du drame. Un demi-siècle après, cet irréductible nostalgique remonte sur la colline, installe sa caméra à proximité des faits, pour nous conter le bon vieux temps des studios de cinéma, du swinging Los Angeles et des néons sur les boulevards. « Once upon a time… in Hollywood. »

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Never grow old

Le baptême du sang

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« Venez avec moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. »

Matthieu XI, 28.

Il est des entreprises qui ne connaissent pas la crise au cœur d’un pays en pleine fondation : Shérif, pasteur, palefrenier et aubergiste, gérant d’un magasin d’approvisionnement et, bien évidemment, croque-mort. En effet, nonobstant son rôle de bâtisseur, le menuisier se doit d’être aussi fossoyeur quand les circonstances l’exigent. Et qui a largement arpenté les villes sans loi du far-west sait bien que ce n’est pas l’ouvrage qui manque. C’est à l’un de ces charpentiers des pompes funèbres que s’attache « Never grow old », chronique des âges sombres narrée par l’Irlandais Ivan Kavanagh, qui trouve sur les terres mouillées du Connemara un semblant d’Amérique qui mènerait tout droit six feet under.

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