La REVANCHE de la CREATURE

Marécages, nous voilà !

revenge-of-the-creature-2

« La mer n’appartient pas aux despotes. À sa surface, ils peuvent encore exercer des droits iniques, s’y battre, s’y dévorer, y transporter toutes les horreurs terrestres. Mais à trente pieds au-dessous de son niveau, leur pouvoir cesse, leur influence s’éteint, leur puissance disparaît ! »

Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers, chapitre X, 1870.

Guillermo del Toro nous rappelait récemment à travers « la forme de l’eau » qu’il est un genre d’étrange ondin qui hanterait les fonds vaseux des lagons amazoniens. Traqué par de vils humains toujours animés de curiosité malsaine, il se terre, montre les griffes mais a rarement le dessus. « La revanche de la Créature » de Jack Arnold promet pourtant une belle empoignade entre homo-sapiens et amphibien préhistorique, histoire de bien se mettre d’accord sur la question de l’espèce dominante. Lire la suite

Publicités

La FORME de l’EAU

L’effet aquatique

la forme de l'eau1

« J’ai vu ce film (The Creature of the Black Lagoon) un dimanche après-midi à la télévision quand j’avais environ quatre ans, et le Gill-Man n’a pas cessé de me hanter depuis. »

Guillermo del Toro

Il y a des millions d’années, les premiers êtres vivants avaient des fonds marins fait leur royaume. Puis, l’être humain a émergé, et a dominé, quand d’autres ont préféré rester tapis, oubliés dans les profondeurs, et s’éteindre doucement. Peut-être. Car si on jette un œil au-delà des vagues, si on trouble le miroir de nos étendues d’eau, on pourrait distinguer quelques vestiges, apercevoir, comme l’a fait Guillermo del Toro, dans « la forme de l’eau », la trace de nos origines. Lire la suite

DOG SOLDIERS

SAS au clair de lune

Dog1

« Je vois la mauvaise lune se lever
Je vois des ennuis sur le trajet »

Creedence Clearwater Revival, Bad Moon Rising sur « Green River », 1969

Promenons-nous dans les bois en compagnie de Neil Marshall et de ses « Dog soldiers ». Le réalisateur qui n’a pas encore entamé sa prodigieuse « Descent » s’offre, pour son galop d’essai, une première incursion dans le fantastique plutôt atypique et pour le moins démodée. On ne mettra pas longtemps à identifier la nature du danger tapi dans cette forêt d’Ecosse, terrain accidenté qu’une petite poignée de bidasses a choisi comme champ de manœuvre. Lire la suite

CHRISTINE

Pleins phares sur l’assassin

christine-1

Ma chérie conduit le dernier modèle de chez Cadillac
Ouais elle le fait !
Ma chérie conduit le dernier modèle de chez Cadillac
Elle m’a dit : « hey, ramène-toi, vieux !  »
« je ne reviendrais jamais !  »

Vince Taylor, Brand New Cadillac, 1959

La nouvelle avait fait grand bruit. Le 30 septembre 1955 à 17h59, James Dean succombait à ses blessures suite au crash de sa Porsche 550 à l’intersection de la 41 et de la 46 près de Cholame, Californie. Depuis, on ne compte plus les témoignages d’automobilistes ou de routiers qui, passant dans le coin, pensent avoir aperçu l’ombre de la voiture de sport les doublant par la gauche, ou avoir entendu le fracas de la collision porté par le vent. A ces légendes urbaines s’ajoute évidemment celle qui concerne l’épave de la « Little Bastard » numéro 130, dont les restes furent exposés au titre de la prévention routière et quelques pièces récupérées pour être greffées sur d’autres machines. Résultat des courses : deux jambes cassées pour George Barris qui en a racheté la carcasse, deux morts lors d’une compétition à Pomona sur des voitures utilisant ses reliques, un garage incendié, et pour couronner le tout, l’épave qui se volatilise alors que son propriétaire songeait à la broyer définitivement. A peu près au moment où la carcasse de la Porsche disparaît, sort flambant neuve des forges infernales de Detroit, une Plymouth Fury rouge pétant que l’écrivain Stephen King a décidé d’appeler « Christine ». Lire la suite

DERNIER TRAIN pour BUSAN

Ticket choc

derniertrain01

A en croire son cinéma, en Corée du Sud c’est la catastrophe permanente. S’y déplacer par exemple, n’est pas sans risque. On a vu récemment qu’un « Tunnel » flambant neuf pouvait tout à coup s’effondrer sur l’automobiliste pressé, et avant cela un père de famille et sa fille de 9 ans avaient eu bien des déboires en voyageant à bord du « Dernier train pour Busan » piloté par Yeon Sang-ho. Pour traverser le pays d’un bout à l’autre, il est vrai que le train reste malgré tout une des solutions les plus pratiques. Et puisque la petite Soo-ahn, en garde chez son papa à Séoul réclame de voir sa mère qui a refait sa vie à l’autre bout de la presqu’île, un billet aller en KTX (équivalent de notre TGV)  s’impose. Alors, qu’est-ce qu’on attend ? En voiture ! Lire la suite

PHANTOM of the PARADISE

Du côté de chez Swan

phantom_of_the_paradise_1

« At The Paradise our performers are contracted to entertain you at any cost ! And entertain you they will. Trust me… »

Swan (notes de pochette de la B.O. du film)

« Un touriste dans un rêve
Un visiteur il semble
Une chanson à moitié oubliée
Où est ma place ?
Dis-moi ce que tu vois »

Paul Williams, Touch, sur « Random Access Memories », Daft Punk, 2013.

Il voit tout. Derrière son miroir sans tain, dans l’ombre de son balcon, devant l’écran de ses moniteurs, il observe, contrôle, dirige, élit et condamne, distribue des palmes à ses futurs martyrs. Il est le démiurge d’un Elysée de gloire, recrute des innocents pour en faire des coupables, les place dans la lumière avant de les renvoyer dans leurs loges, puis les précipite dans l’abîme de l’oubli. Il est le paon d’une cage en folie, le cygne qui luit dans le noir, il est l’orchestrateur d’une décadanse dionysiaque, il est le Diable de la boîte, le créateur du « Phantom of the Paradise ». Listen to the music… Lire la suite

OKJA

Copain comme cochon

OKJA_Unit_19262_R

« Il fait de l’anémie ? Mais bouffez-le votre cochon ! Bouffez-le ! »

Christian Clavier dans « les Bronzés font du ski », Patrice Leconte, 1979

Cinquante millions de Coréens, et lui, et elle, et moi. Tant de bouches à nourrir, tant de consommateurs à satisfaire, tant d’estomacs à rassasier. La population de la planète enfle comme les bides à bière des Américains et les ressources viennent à manquer. Immanquablement. Dans les années soixante-dix, on avait anticipé cette situation, et inventé in extremis le « Soleil Vert ». Aujourd’hui, c’est Bong Joon-ho qui trouve la solution à nos appétits viandards, et c’est son film « Okja » qui nous la donne. Lire la suite