DERNIER TRAIN pour BUSAN

Ticket choc

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A en croire son cinéma, en Corée du Sud c’est la catastrophe permanente. S’y déplacer par exemple, n’est pas sans risque. On a vu récemment qu’un « Tunnel » flambant neuf pouvait tout à coup s’effondrer sur l’automobiliste pressé, et avant cela un père de famille et sa fille de 9 ans avaient eu bien des déboires en voyageant à bord du « Dernier train pour Busan » piloté par Yeon Sang-ho. Pour traverser le pays d’un bout à l’autre, il est vrai que le train reste malgré tout une des solutions les plus pratiques. Et puisque la petite Soo-ahn, en garde chez son papa à Séoul réclame de voir sa mère qui a refait sa vie à l’autre bout de la presqu’île, un billet aller en KTX (équivalent de notre TGV)  s’impose. Alors, qu’est-ce qu’on attend ? En voiture ! Lire la suite

PHANTOM of the PARADISE

Du côté de chez Swan

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« At The Paradise our performers are contracted to entertain you at any cost ! And entertain you they will. Trust me… »

Swan (notes de pochette de la B.O. du film)

« Un touriste dans un rêve
Un visiteur il semble
Une chanson à moitié oubliée
Où est ma place ?
Dis-moi ce que tu vois »

Paul Williams, Touch, sur « Random Access Memories », Daft Punk, 2013.

Il voit tout. Derrière son miroir sans tain, dans l’ombre de son balcon, devant l’écran de ses moniteurs, il observe, contrôle, dirige, élit et condamne, distribue des palmes à ses futurs martyrs. Il est le démiurge d’un Elysée de gloire, recrute des innocents pour en faire des coupables, les place dans la lumière avant de les renvoyer dans leurs loges, puis les précipite dans l’abîme de l’oubli. Il est le paon d’une cage en folie, le cygne qui luit dans le noir, il est l’orchestrateur d’une décadanse dionysiaque, il est le Diable de la boîte, le créateur du « Phantom of the Paradise ». Listen to the music… Lire la suite

OKJA

Copain comme cochon

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« Il fait de l’anémie ? Mais bouffez-le votre cochon ! Bouffez-le ! »

Christian Clavier dans « les Bronzés font du ski », Patrice Leconte, 1979

Cinquante millions de Coréens, et lui, et elle, et moi. Tant de bouches à nourrir, tant de consommateurs à satisfaire, tant d’estomacs à rassasier. La population de la planète enfle comme les bides à bière des Américains et les ressources viennent à manquer. Immanquablement. Dans les années soixante-dix, on avait anticipé cette situation, et inventé in extremis le « Soleil Vert ». Aujourd’hui, c’est Bong Joon-ho qui trouve la solution à nos appétits viandards, et c’est son film « Okja » qui nous la donne. Lire la suite

Dans les griffes du VAMPIRE

Vampire, vous avez dit vampire ?

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Un cavalier surgit hors de la nuit, mais celui qui court vers d’inquiétantes aventures n’est pas le rusé Zorro. Pourtant vêtu de noir comme l’ibère renard, et comme lui Californien de souche, il signe son nom à la pointe de ses canines, dans le cou de ses jeunes et belles victimes. Edward Dein (et sa femme Mildred comme nocturne complice à l’écriture) s’autorise toutes les audaces « Dans les griffes du vampire » en injectant une dose de gothique fantastique dans un contexte de western aux motifs tout ce qu’il y a de plus classiques. Lire la suite

L’ANTRE de la FOLIE

Après moi le délire

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« La peur et l’horreur sont des émotions aveuglantes qui démantibulent nos échasses d’adultes et nous laissent dans le noir absolu, aussi désemparés que des enfants incapables de trouver l’interrupteur. »

Stephen King, Anatomie de l’horreur, chapitre 5.

« Do you read Sutter Cane ? » A cette question mieux vaut répondre par la négative sous peine de se retrouver le crâne fendu d’un coup de hache porté par un type en imperméable. Au mitan des années quatre-vingt-dix, John Carpenter a pris rendez-vous avec la peur, bien décidé à enfoncer les portes de la déraison. L’esprit aussi enfiévré que celui d’Howard Philip Lovecraft lors de son séjour à Brooklyn, il s’engouffre à corps et à cœur perdus dans « l’antre de la folie », vendant son âme au scénariste Michael DeLuca, accessoirement ponte de la firme New Line Cinema. Fini de jouer les hommes invisibles pour une relecture en demi-teinte du roman d’H.G. Wells, le réalisateur repart sur des chemins plus tortueux, retourne à des atmosphères plus sulfureuses. Moustache parfaitement affûtée et charge de guitares héroïques dès l’entame du générique, le voici bien décidé à titiller l’irrationnel à sa façon, à faire siennes ces contrées de l’épouvante écrites sur un plateau pour boucler ce qui ressemblera bientôt à un cycle apocalyptique entamé quinze ans plus tôt sous les glaces de l’Antarctique. Lire la suite