Sous le Soleil de Satan

Le mal effet

« Je vous ai aimée tard, beauté si ancienne, beauté si nouvelle, je vous ai aimée tard. Mais quoi ! Vous étiez au dedans, moi au dehors de moi-même ; et c’est au dehors que je vous cherchais ; et je poursuivais de ma laideur la beauté de vos créatures. Vous étiez avec moi, et je n’étais pas avec vous ; retenu loin de vous par tout ce qui, sans vous, ne serait que néant. Vous m’appelez, et voilà que votre cri force la surdité de mon oreille ; votre splendeur rayonne, elle chasse mon aveuglement ; votre parfum, je le respire, et voilà que je soupire pour vous ; je vous ai goûté, et me voilà dévoré de faim et de soif ; vous m’avez touché, et je brûle du désir de votre paix. »

Saint Augustin, Les Confessions, Livre X, Chapitre XXVII, IV-Vème siècle.

L’amour existe, Maurice Pialat l’a filmé au tout début des années 60. Il n’a jamais cessé ensuite. L’amour, c’est la quête éperdue d’un absolu, d’un état de grâce qui se dérobe à notre être, mais peut-être accessible à notre âme. Le désamour existe lui-aussi. S’il fallait chercher une œuvre parmi toutes celles que Pialat a tournées pour cristalliser ce sentiment d’hostilité féroce, on la trouverait assurément « sous le soleil de Satan ». Lire la suite