La QUEUE du SCORPION

Qui s’y frotte s’y pique

« Oh ! oui, se dit Eugène, oui, la fortune à tout prix ! »

Honoré de Balzac, Le père Goriot, 1842

Jaune. C’est la couleur du couvre-lit en fausse fourrure sur lequel viennent s’étendre Peter et Cléo pour un cinq à sept crapuleux. Belle couverture pour une nuit d’amour couleur giallo. Bleu. C’est la couleur des yeux de la demoiselle, puisant sa lumière dans les cieux qui surplombent l’acropole d’Athènes, creuset des mystérieuses lames mortelles qui font taire les témoins gênants. Mieux vaut donc être sur ses gardes, et filer dard dard quand pointe le bout de « la Queue du Scorpion ». Sous les tours de vis de Sergio Martino, il faut s’attendre à ce que ces dames en voient de toutes les couleurs. Lire la suite

SIX femmes pour l’ASSASSIN

Cadavres exquis

« Quand les visages lilas et rouge or se modifient dans un mouvement constamment animé, c’est un poème de couleurs que seul le cinéma, le cinéma en couleurs peut restituer. »

Béla Balázs, L’esprit du cinéma, 1930.

Qui a tué ? Conan Doyle, Agatha Christie, George Simenon se seront posé la question au fil des pages de leurs romans. Cette question se pose également dans l’œuvre corpulente d’Edgar Wallace, grand pourvoyeur d’intrigues pour les krimis germaniques et, bien sûr, précurseurs des crimes rouge profond des thrillers italiens des années 60-70. En 1964, le producteur français très Nouvelle Vague Georges de Beauregard propose à Mario Bava de sacrifier « six femmes pour l’assassin ». Sentant monter la fièvre giallo, le maître ligurien ne se fait pas prier pour étaler sa palette de nuances et annoncer la couleur d’un genre qui, bientôt, fera rougir les écrans. Lire la suite