La MISSION

Il était une fois dans l’Ouest

(from left) Johanna Leonberger (Helena Zengel) and Captain Jefferson Kyle Kidd (Tom Hanks) in News of the World, co-written and directed by Paul Greengrass.

« C’est un rêve devenu réalité pour moi. Durant toute mes années de cinéaste, j’ai fait des films difficiles sur ce que nous sommes maintenant, j’ai fait des films divertissants sur des espions en fuite, toutes sortes de choses, mais je n’avais jamais fait de beau western classique. »

Paul Greengrass

Cela fait maintenant près de vingt ans que Paul Greengrass a quitté son île pour venir voir si l’herbe qui pousse sur le Nouveau Monde est plus verte que celle de son pays natal. Dans un style remué qui lui est très particulier (et parfois même reproché), il s’est depuis longtemps fixé un cap artistique, celui de se faire rapporteur au plus près du réel des soubresauts du temps présent : la sanglante répression d’un « Bloody Sunday» à Derry, l’effroyable massacre sur l’île d’Utøya un « 22 juillet », l’intervention américaine dans la « Green Zone » irakienne, et des prises d’otages dramatiques sur le « Vol 93 » ou sur le porte-conteneurs du « Capitaine Phillips ». En marge de ses films d’espionnage à succès, Greengrass se fait l’écho des « News of the World », et c’est dans le même esprit qu’il accepte « la Mission » que lui propose son fidèle captain. Lire la suite

Les PROIES

Yankee soit qui mal y pense

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 » Mais pourquoi tenez-vous à en savoir autant sur la vie personnelle des gens ?
– En partie par curiosité et en partie pour me protéger, ma chère Amelia. La cruauté règne en ce bas monde et il faut prendre ses précautions.
– Avez-vous déjà lu certaines œuvres de Mr Charles Darwin ? je lui ai demandé. La Nature est cruelle, dit Mr Darwin.
– Dieu merci, nous sommes ici entre gens civilisés. »

Thomas P. Cullinan, The beguiled, 1966, p. 242.

Sofia a du style. Cela tient sans doute à sa passion pour la mode qui l’a conduite à faire un stage chez Chanel à l’âge de 15 ans. Cela n’a échappé à personne, dès ses premiers pas dans la cour des longs-métrages, elle sapait ses vierges suicidaires avec goût, en les baignant de lumières vintages au parfum de mélancolie douce-amère. Elle s’enticha ensuite d’une de nos gloires d’Ancien Régime à la garde-robe bien fournie et à la frivolité très pop. Puis dernièrement, elle suivit un gang de fashion victims qui s’étaient mises en tête de faire des bêtises chez les gens fortunés. Ce sont des interdits d’un autre genre que « les Proies » de son nouveau film s’apprêtent également à franchir, dans un Sud sécessionniste qui, pour l’occasion, s’habille en Coppola. Lire la suite