FULL METAL JACKET

Ceci est mon fusil

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« Ecoutez, tantouzes ! Si vous arrivez à sortir vivants de mon île, si jamais vous survivez à ce que je vais vous infliger, vous serez des instruments de combat, des missionnaires de la mort, des prêtres de la guerre. Et vous serez fiers. »

Gustav Hasford, The short-timers, 1979.

Ceci est un film. Un film sur la guerre. Celle qui occupe ici le terrain se joue au Viet Nam, un pays qui fleure le communisme et la sédition, et qui, selon les termes officiels de la MAF, exige d’être « ratissé » et « nettoyé » (« sweep and clear »), à coup de 7,62 mm, « Full Metal Jacket ». Lorsque Stanley Kubrick projette son film sur les écrans, cette guerre appartient au passé. Mais les spectateurs savent bien que cet ancien comptoir français du Sud-Est asiatique, autrefois réputé pour ses pagodes et ses plaisirs exotiques, n’est plus une destination en odeur de sainteté. Ils ont déjà fait le « voyage au bout de l’enfer » de Michael Cimino, et ont eu une vision d’« Apocalypse Now » grâce au père Coppola. Kubrick aussi a fait le voyage, remonté le fleuve avec Joseph Conrad (« les gens que j’admire ne sont pas des cinéastes mais des écrivains » disait-il), mais il entend bien effacer les clichés des prédécesseurs et imprimer sa propre vision d’une guerre parmi d’autres. Lire la suite

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Le MERDIER

Piège à cons

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« – Cette affaire m’a tenu éveillé, hier soir. Ça me tracasse. Je ne vois pas ce qu’on peut espérer en s’engageant là-bas. Le jeu n’en vaut pas la chandelle mais on n’a pas le choix. C’est une vraie chienlit.
– Effectivement.
– Je pensais à tous ces gamins à envoyer là-bas. Ça rimerait à quoi ? Je me fiche du Vietnam. Et notre pays aussi. C’est facile d’entamer une guerre, mais c’est difficile pour en sortir. »

Lyndon Johnson, conversation téléphonique avec McGeorge Bundy, conseiller à la sécurité nationale, 1964.

Marcher dedans du pied gauche porterait bonheur paraît-il ? Pas sûr que les petits gars de l’armée US partis donner un coup de main aux Vietnamiens du Sud eussent été du même avis. La paire de rangers embourbée dans « Le Merdier » remué par le scénariste de « Tempête à Washington », Ted Post se paie une virée aux portes de l’enfer dans une guerre qui n’a pas fini de pourrir la mémoire de son pays.

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RAMBO : first blood

Medal of honor

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« Sur les routes, par des nuits d’hiver, sans gîte, sans habits, sans pain, une voix étreignait mon cœur gelé : faiblesse ou force : te voilà, c’est la force. Tu ne sais ni où tu vas, ni pourquoi tu vas, entre partout, réponds à tout. On ne te tuera pas plus que si tu étais cadavre. »

Arthur Rimbaud, mauvais sang, 1873

« Rambo. Compliqué, préoccupé, obsessionnel, trop souvent incompris. Si vous avez entendu parler de lui et que vous ne l’avez pas encore rencontré, il est sur le point de vous surprendre. »

David Morrell, Santa Fe, 2000.

Survivre à la guerre. La question s’est posée à tous ceux qui, harnachés, entraînés, équipés et armés, sont un jour partis en mission sur les points chauds de la planète. Combattre, échapper aux balles et aux explosions, déjouer les pièges de l’ennemi, s’infiltrer dans les tunnels, se faire prendre et tenir bon face à la torture, face aux plus atroces conditions de détention : tout ceci n’est qu’une partie de l’incroyable gageure relevée par les soldats envoyés au front. Tous ces périls, « Rambo » les a surmontés au Vietnam. Ce soldat d’exception, héros fictif né sous la plume de David Morrell, porté à l’écran par le canadien Ted Kotcheff, est devenu légende sous les traits de Sylvester Stallone. Pour lui, comme pour bien d’autres vétérans ayant versé le « Premier sang », le retour à la mère patrie n’est pas la garantie d’une éternelle reconnaissance.

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