NEW YORK 1997

Borgne to be wild

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« Et garde-toi des bons et des justes ! Ils aiment à crucifier ceux qui s’inventent leur propre vertu, — ils haïssent le solitaire. »

Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1885.

« Snake Plissken symbolise surtout la liberté totale sans entrave, sans la moindre contrainte sociale. Il se fiche de tuer, de secourir des gens. Il est terriblement mauvais, terriblement innocent. Rien ne peut le changer, c’est un incorruptible. Tout ce qu’il désire, c’est vivre soixante secondes de plus. Il n’aime pas qu’on lui dise ce qu’il doit faire, ce qu’il doit considérer comme bien ou mal. »

John Carpenter in Mad Movies hors-série collection réalisateurs n°1, 2001.

Manhattan, vue sur la skyline, les tours jumelles du World Trade Center se dressent fièrement sur l’horizon. Soudain, un Boeing entre dans le champ de vision, fend le ciel au-dessus de l’Hudson River, à une si faible altitude qu’il ne peut que percuter les buildings qui lui font face. C’est alors que l’impensable se produit. John Carpenter a eu cette vision dans un chef d’œuvre crépusculaire. Il avait vingt ans d’avance. Pour lui, « New York 1997 » était un possible futur, pour nous c’est un traumatisme qui a bouleversé l’ordre du monde. 1997 c’est maintenant, et c’est pour toujours. Lire la suite

La LIGNE VERTE

Peine capitale

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« And the mercy seat is waiting
And I think my head is burning
And in a way I’m yearning
To be done with all this measuring of proof.
An eye for an eye
And a tooth for a tooth
And anyway I told the Truth
And I’m not afraid to die »

Nick Cave, The Mercy Seat, 1988.

Frank Darabont pensait avoir purgé sa peine, avait enfin digéré l’échec en salles des « Evadés » grâce à une heureuse seconde vie en vidéo. Mais quand son King lui propose de s’avancer sur « La Ligne Verte », il ne peut refuser l’offre. De retour derrière les barreaux, Darabont prend cette fois ses quartiers dans le couloir de la mort, pour y tourner un long métrage de plus trois heures aboutissant à une exécution. Lire la suite

CHRISTINE

Pleins phares sur l’assassin

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Ma chérie conduit le dernier modèle de chez Cadillac
Ouais elle le fait !
Ma chérie conduit le dernier modèle de chez Cadillac
Elle m’a dit : « hey, ramène-toi, vieux !  »
« je ne reviendrais jamais !  »

Vince Taylor, Brand New Cadillac, 1959

La nouvelle avait fait grand bruit. Le 30 septembre 1955 à 17h59, James Dean succombait à ses blessures suite au crash de sa Porsche 550 à l’intersection de la 41 et de la 46 près de Cholame, Californie. Depuis, on ne compte plus les témoignages d’automobilistes ou de routiers qui, passant dans le coin, pensent avoir aperçu l’ombre de la voiture de sport les doublant par la gauche, ou avoir entendu le fracas de la collision porté par le vent. A ces légendes urbaines s’ajoute évidemment celle qui concerne l’épave de la « Little Bastard » numéro 130, dont les restes furent exposés au titre de la prévention routière et quelques pièces récupérées pour être greffées sur d’autres machines. Résultat des courses : deux jambes cassées pour George Barris qui en a racheté la carcasse, deux morts lors d’une compétition à Pomona sur des voitures utilisant ses reliques, un garage incendié, et pour couronner le tout, l’épave qui se volatilise alors que son propriétaire songeait à la broyer définitivement. A peu près au moment où la carcasse de la Porsche disparaît, sort flambant neuve des forges infernales de Detroit, une Plymouth Fury rouge pétant que l’écrivain Stephen King a décidé d’appeler « Christine ». Lire la suite