Le VENT se LEVE

S’il te plaît, dessine-moi un avion…

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« Moi, tu le remarques bien, je ne parle guère le français. Pourtant, avec toi, je préfère cette langue à la mienne, car pour moi, parler français, c’est parler sans parler, en quelque manière, sans responsabilité, ou, comme nous parlons en rêve. »

Thomas Mann, La montagne magique, 1924.

Dans toute sa carrière, Hayao Miyazaki aura peut-être eu un seul regret, celui de n’avoir jamais porté à l’écran son livre favori : « le Petit Prince ». Cette « histoire d’aviateur écrite par un aviateur » et d’un enfant tombé du ciel dans le désert saharien (là où souffle le « ghibli », ce vent chaud baptisé ainsi par les pilotes italiens durant la Seconde Guerre Mondiale) aurait épousé à merveille la fantaisie de celui qui bâtit des châteaux dans le ciel et chorégraphia les voltiges d’un pilote d’hydravion à tête de cochon. Au crépuscule de sa carrière, il préfère se poser sur le sol de son pays natal, raconter en pointillés une trentaine d’années de la vie de celui qui, faute de pouvoir chevaucher les nuages, dessina des machines volantes destinées à d’autres. Lire la suite

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PORCO ROSSO

Pirate de lard

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« Tout était bleu, d’un bleu si pur que jamais je n’en avais vu de semblable (…) C’est alors que je les aperçus. Au loin, devant moi et un peu plus haut que moi, je vis une mince et longue ligne noire d’avions qui passaient à travers le ciel; ils avançaient sur une seule file, bien serrés (…) et la file s’étendait sur toute la largeur du ciel, aussi loin que mes yeux pouvaient porter. »

Roald Dahl, A tire d’aile, 1945.

Quand on se promène entre ciel et mer, on peut faire parfois d’étranges rencontres. Certains aviateurs ont pu croiser le Baron Rouge durant la Première Guerre Mondiale ; beaucoup d’entre eux d’ailleurs n’en sont pas revenus. D’autres prétendent aussi qu’au-dessus de l’Adriatique, quelques années plus tard, on a pu voir voler un autre écarlate aéroplane, un Savoia S.21 couleur du temps des cerises piloté par un drôle d’Italien à tête de lard qu’on a vite surnommé le « Porco Rosso ». C’est en tous cas ce que le maître nippon de l’animation Hayao Miyazaki va tenter de nous faire croire tout au long d’un chef d’œuvre d’une heure et demie. Lire la suite