DERNIER TRAIN pour BUSAN

Ticket choc

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A en croire son cinéma, en Corée du Sud c’est la catastrophe permanente. S’y déplacer par exemple, n’est pas sans risque. On a vu récemment qu’un « Tunnel » flambant neuf pouvait tout à coup s’effondrer sur l’automobiliste pressé, et avant cela un père de famille et sa fille de 9 ans avaient eu bien des déboires en voyageant à bord du « Dernier train pour Busan » piloté par Yeon Sang-ho. Pour traverser le pays d’un bout à l’autre, il est vrai que le train reste malgré tout une des solutions les plus pratiques. Et puisque la petite Soo-ahn, en garde chez son papa à Séoul réclame de voir sa mère qui a refait sa vie à l’autre bout de la presqu’île, un billet aller en KTX (équivalent de notre TGV)  s’impose. Alors, qu’est-ce qu’on attend ? En voiture ! Lire la suite

GET OUT

Devine qui va trinquer ?

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« Les détails et symboles de ta vie ont été construits selon un plan délibéré, destiné à t’amener à croire ce que les Blancs disent de toi. Tâche, s’il te plaît, de te souvenir que ce qu’ils croient, de même que ce qu’ils te font et t’obligent à supporter ne porte pas témoignage de ton infériorité mais de leur cruauté et de leur peur. »

James A. Baldwin, fire next time, 1963.

Avec l’avènement de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, chaque escapade cinématographique vers une problématique raciale prend une dimension politique particulière. « Si j’avais pu, j’aurais voté Obama une troisième fois » lâche le riche neurochirurgien Dean Armitage, confortablement installé dans son manoir de maître depuis lequel le réalisateur afro-américain Jordan Peele nous murmure en guise d’avertissement « Get Out ». Une chose est sûre, on ne pourra pas dire que ce film d’horreur ne nous avait pas prévenus. Lire la suite

GRAVE

Le festin nu

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« It’s not « natural », « normal » or kind

The flesh you so fancifully fry

The meat in your mouth

As you savour the flavour

Of murder »

The Smiths, Meat is murder, 1985.

Sucré ou salé ? Entrée ou dessert ? Bénin ou « Grave » ? Le monde ne se divise pas si aisément en deux catégories selon Julia Ducournau dans ce premier long-métrage. Il faut apprendre à mettre un peu de tout dans son assiette, varier les saveurs pour éveiller les papilles et aiguiser l’appétit. Après visionnage des parties les plus crues, certains auront trouvé le festin cannibale bien indigeste, allant jusqu’à rendre le contenu de leur précédent repas au fond de la cuvette. Ce n’est pas le cas du jury du festival de Gerardmer qui a choisi de lui accorder toutes ses étoiles, quand bien même la réalisatrice se défend-elle de réduire son film au strict champ horrifique. Lire la suite

L’ANTRE de la FOLIE

Après moi le délire

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« La peur et l’horreur sont des émotions aveuglantes qui démantibulent nos échasses d’adultes et nous laissent dans le noir absolu, aussi désemparés que des enfants incapables de trouver l’interrupteur. »

Stephen King, Anatomie de l’horreur, chapitre 5.

« Do you read Sutter Cane ? » A cette question mieux vaut répondre par la négative sous peine de se retrouver le crâne fendu d’un coup de hache porté par un type en imperméable. Au mitan des années quatre-vingt-dix, John Carpenter a pris rendez-vous avec la peur, bien décidé à enfoncer les portes de la déraison. L’esprit aussi enfiévré que celui d’Howard Philip Lovecraft lors de son séjour à Brooklyn, il s’engouffre à corps et à cœur perdus dans « l’antre de la folie », vendant son âme au scénariste Michael DeLuca, accessoirement ponte de la firme New Line Cinema. Fini de jouer les hommes invisibles pour une relecture en demi-teinte du roman d’H.G. Wells, le réalisateur repart sur des chemins plus tortueux, retourne à des atmosphères plus sulfureuses. Moustache parfaitement affûtée et charge de guitares héroïques dès l’entame du générique, le voici bien décidé à titiller l’irrationnel à sa façon, à faire siennes ces contrées de l’épouvante écrites sur un plateau pour boucler ce qui ressemblera bientôt à un cycle apocalyptique entamé quinze ans plus tôt sous les glaces de l’Antarctique. Lire la suite