Us

Les enchaînés

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« Malgré ta lutte pour rester en vie
Ton corps commence à frissonner
Aucun simple mortel ne peut résister
Au Mal du Thriller. »

Michael Jackson, Thriller, 1982

« Tout le monde aime avoir peur »

Alfred Hitchcock

« Votez pour moi, vous n’avez rien à perdre » scandait en direction de l’électorat afro-américain le candidat Trump dans un de ses meetings de campagne. A défaut de lui donner crédit, on pouvait encore, à cette époque, s’amuser de la rhétorique sans vergogne d’un milliardaire excentrique qu’on n’imaginait sûrement pas à la tête du pays. Depuis, un autre comique s’est écrié « Get out ! », avertissement on ne peut plus clair que l’amuseur Jordan Peele lance à ses frères de couleur qui croient encore à une possible union des peaux. Cette unité fracturée est également au cœur de son nouveau film « Us », deux lettres pour une double interprétation, qui interrogent l’identité d’une nation à travers les yeux d’une petite fille noire en quête d’elle-même. Sans un mot, elle nous entraîne dans les sous-sols de la peur. Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi ce silence ?

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L’Exorciste

Le Diable dans le détail

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« Est-ce qu’il t’est jamais arrivé – parce qu’à moi, oui – de penser au diable, et à tout ce mal qu’il se donne pour faire son boulot ? C’est lui qui abat tout le turbin, pendant que Dieu reste assis là à rien glander, et en retire tout le mérite. Le Diable, lui, faut qu’il se démène, qu’il soit partout à la fois, à siffler comme un serpent et à ricaner. »

Kent Anderson, Sympathy for the devil, 1987

Comment ça va l’Amérique ? Ça va mal, cela n’aura échappé à personne. Ça sent le faisandé dans la Home of the Brave et ça ne date pas d’aujourd’hui. Plutôt qu’un énième remède politique, l’écrivain et scénariste William Peter Blatty s’en remet aux vieilles méthodes, et propose carrément, à l’orée des seventies, de recourir à « l’Exorciste », avant d’en confier la cérémonie à ce dingue de William Friedkin. Lire la suite

Halloween (2018)

Voici le temps de l’assassin

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– On est au cœur du Mal, mon commandant.
– On n’est pas là pour philosopher, Carpentier !

Bruno Dumont, P’tit Quinquin, 2014

Chaque année, à la même époque, lorsque les feuilles mortes se ramassent à la pelle et que les yeux des citrouilles s’allument au perron des chaumières, on ressort les mêmes épouvantails. Parmi ceux-ci, l’assassin masqué d’« Halloween » enfanté par John Carpenter s’impose comme la figure primordiale, dont le masque cryptique et livide est, au fil du temps, devenu objet d’étude, de frisson, de fascination, de vénération. H20 marquait le temps des retrouvailles en étreintes sanglantes, H40 sonne le glas des révélations tonitruantes. Balance ton masque Michael, on t’a reconnu. Fini d’aller tripoter les baby-sitters sous prétexte de friandises. Ni vu, ni connu, je t’embroche. Lire la suite

Hérédité

Mamie blues

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Encor si je pouvais, libre dans mon malheur,
Par des larmes au moins soulager ma douleur !

Jean Racine, Iphigénie, 1674

Rien ne remplace une mère, paraît-il. Pour son premier long-métrage, le réalisateur américain Ari Aster se penche sur la très compliquée relation entre mère et fille, ainsi que sur le cortège de névroses qui l’accompagne. Il en ressort une affaire d’« Hérédité », de tares familiales marinant dans un bouillon de culture dont la recette aurait été dénichée dans quelques malsaines lectures. Lire la suite

Jusqu’en Enfer

Crise et Châtiment

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« Les riches sont riches parce qu’ils résolvent des problèmes difficiles. »

Donald J. Trump, Think big and kick ass in business and life, 2007

« Ce ne sont que des mouches à viande un peu grasses. Il y a quinze ans qu’une puissante odeur de charogne les attira sur la ville. Depuis lors, elles engraissent. Dans quinze ans elles auront atteint la taille de petites grenouilles. »

Jean-Paul Sartre, Les mouches, 1947

On finit toujours par payer de ses erreurs. C’est en tous cas la terrible morale qui se dégage du délire horrifique ayant germé de l’imagination tordue des frères Raimi au début de ce siècle. Sam à la caméra, Ivan à l’écriture, ils ont poussé le vice, en période de crise, jusqu’à précipiter une banquière « Jusqu’en Enfer », quitte à ce qu’elle reçoive son dû en liquide et donne le change à leurs diableries jubilatoires. Lire la suite

DRACULA

Du sang et des larmes

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« Vous pouvez aller où vous le désirez, dans ce château, sauf dans les chambres fermées à clé et où, bien entendu, vous ne voudriez pas pénétrer. Il y a une bonne raison pour que les choses soient ce qu’elles sont et si vous voyiez de mes yeux et saviez ce que je sais, vous comprendriez sans doute beaucoup mieux. »

Bram Stoker, Dracula, 1897.

« La chose la plus importante est de me souvenir combien j’aimais aller voir des films d’horreur avec mon frère. »

Francis Ford Coppola, journal 1989-1993.

Francis Ford Coppola est-il lui-même devenu une créature de l’infra-monde au point de vouloir restaurer à l’écran l’image du « vrai » « Dracula » ? Devenu dictateur fou sur le tournage de « Apocalypse Now » comme le rappelle sa propre femme Eleanor dans un ouvrage qui lui est consacré, lessivé par le poids des échecs commerciaux de ses films dans les années 8O, le voici au crépuscule du siècle dernier tassé comme Corleone dans son fauteuil attendant la fin. Par-delà la mort « commerciale » il ressuscitera à travers ce Dracul de haute lignée. Naguère champion du Nouvel Hollywood qui finit trahi par cette « Eglise » artistique à laquelle il était tant dévoué, il est depuis considéré comme un monstre sacré. Faut-il voir chez ce « Dracula » l’épopée d’un réalisateur qui se brûla les ailes par sa passion du septième art ? Lire la suite

HELLRAISER III

Flesh for fantaisie

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« What a waste of good suffering ! »

Pinhead in « Hellraiser », Clive Barker, 1987.

Il est devenu le pilier de ce monde de brutes. Après « Hellbound », on croyait Pinhead enfin libéré de ses tourments, mais le voilà qui revient dans « Hellraiser III », cloué au pilori par un Anthony Hickox qui nous promet de faire régner « l’Enfer sur la Terre ». Lire la suite