PEAU d’ÂNE

Comme par enchantement…

« La situation mérite attention. »

La Fée des Lilas.

Il était une fois Jacques Demy. Reconnu aujourd’hui comme un grand créateur, il existe encore bon nombre de cinéphiles allergiques à ses films rose bonbon. C’est pourtant en assimilant l’œuvre de ses modèles revendiqués (Cocteau, Ophuls et les Musicals américains) qu’il élabora un style bien à lui : ses féeries enchanteresses devront se tourner en chanson. Se préférant parolier plus que dialoguiste, Demy a pu compter sur une moitié musicale de premier plan, une « fontaine de musique » qui s’appelait Michel Legrand. Souvent décrié pour ses choix formels et ses mélodies suaves, Jacques Demy parvient à créer un consensus en filmant le conte de Perrault « Peau d’Âne ». Parce qu’il est d’abord réalisé à l’intention d’un public jeune, auprès duquel les parents sont invités à retrouver leur âme d’enfant, Demy réussit à faire accepter ses fameuses mélopées gracieuses, nous invitant à suivre avec attention « les conseils de la fée des Lilas » et les étapes de « la fabrication du cake d’amour ». Lire la suite

Les Demoiselles de Rochefort

La mort du Petit Prince

« Bien que nous n’ayons malheureusement jamais eu l’occasion de retravailler ensemble après ce film, je mesure la chance d’avoir pu être à ses côtés dans « les Demoiselles de Rochefort » et « Peau d’Âne ». Et si je fus le prince de « Peau d’Âne », il fut un prince sa vie durant. Le conte est triste lorsque meurt le prince… »

Jacques Perrin (13.07.1941 – 21.04.2022), propos recueillis par Matthieu Orléan le 26 novembre 2012.

En ce triste jour d’avril ensoleillé, un Jacques est allé rejoindre l’autre au pays des « Demoiselles de Rochefort » et des contes enchantés.

Les plages d’Agnès

Sans loi ni toi…

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«Je devrais arrêter de parler de moi, et voilà, je dois me préparer à dire au revoir, à partir»

Agnès Varda, Berlin, 2019

« Et pfuitt ! un coup de marée, et tout est parti. » disait Agnès Varda devant une image de « Visages Villages ». Il aura fallu moins de temps encore pour que la mort nous l’enlève, adorable petit bout de femme. Glaneuse d’images emportée vers d’autres rives reines, elle disparaît dans le flou. Elle nous laisse avec sa « Pointe Courte », « Cléo de 5 à 7 », ses patates qui germent et toutes « les plages d’Agnès » que nous pourrons longer, pieds nus, le nez au vent, en pensant à elle, jusqu’à ce que des jours ne reste que l’écume. Lire la suite

Les parapluies de Cherbourg

Où préférez-vous entendre du Michel Legrand ?

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Geneviève :
Mais… je ne pourrai jamais vivre sans toi !
Je ne pourrai pas ! Ne pars pas, j’en mourrai !
Je te cacherai et je te garderai !
Mais, mon Amour, ne me quitte pas !

« Vous êtes deux garçons très sympathiques. Mais dites-vous bien que les gens n’iront jamais voir un film où les personnages chantent pendant une heure et demie ! » C’est en ces mots que la plupart des producteurs recevaient le projet des « parapluies de Cherbourg » défendu par Jacques Demy et son fidèle compositeur Michel Legrand. Heureusement pour eux, une bonne âme appelée Mag Bodard les suivit dans leur mélomanie insensée, dans ce « film chanté, hors de toutes les normes, différent de toutes les choses qui ont déjà été faites » se justifiait-elle. Pour Jacques & Michel, c’est le début de l’aventure, l’envolée vers la consécration cannoise. Come disait Legrand, « c’était comme une bobine de fil : j’avais trouvé le bout, il ne restait plus qu’à tirer. »
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Les DEMOISELLES de ROCHEFORT

Ouest Side Stories

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« Un film léger parlant de choses graves vaut mieux qu’un film grave parlant de choses légères. »

Jacques Demy.

A Rochefort, c’est jour de fête. Les forains s’installent sur la place Colbert, l’égayent de festons et de rubans de couleur. Le centre-ville à la rigueur toute militaire s’est même pour l’occasion offert un ravalement de façade, maquillée aux teintes pastelles. Pas de facteur à bicyclette dans les environs mais ça gesticule et ça s’ébroue sous les fenêtres des « Demoiselles de Rochefort » de Jacques Demy. Plus de cinquante années ont passé, mais le temps ne semble pas avoir de prise sur ce moment de bonheur du musical français. Lire la suite