AD ASTRA

L’aventurier de l’arche perdue

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« Il faut pouvoir saisir plus qu’on ne peut étreindre. Sinon, pourquoi le ciel ? »

Robert Browning, Men and Women, 1855.

S’élever, c’est aussi dépasser les limites. Depuis quelques années maintenant, il est venu à James Gray des envies d’ailleurs, d’inconnu, de cités perdues. Des berges de sa métropole d’origine, là où la nuit lui appartient lorsque la Liberté éclaire le Monde, il est parti explorer le cœur des ténèbres amazoniennes. Depuis, la jungle a brûlé, à cause de la folie des hommes, ces « dévoreurs de mondes ». Alors il a choisi de porter son regard plus loin encore, « Ad Astra », là où tout a commencé, et là où tout finit. Suivant la route tracée par Kubrick un demi-siècle auparavant, il s’élance vers les étoiles à travers les difficultés, prenant le risque de s’égarer. Can your hear me Major Gray ? Lire la suite

The IMMIGRANT

A nous la liberté

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« Vivre sans espoir, c’est cesser de vivre. » Fiodor Dostoïevski.

« Dans la douceur de la nuit, mon attitude se modifia et je commençai à comprendre l’Amérique : les gratte-ciels, les lumières gaies et étincelantes, les extraordinaires enseignes lumineuses m’emplirent soudain d’espoir et d’un sens de l’aventure. Voilà, me dis-je, c’est ici qu’est ma place. »

Charles Spencer Chaplin, histoire de ma vie, 1964.

L’histoire des mouvements de population est vieille comme le monde. Alors qu’ils sont aujourd’hui encore des milliers à naviguer vers l’espoir d’un avenir meilleur, quittant la terre qui les a vu naître pour une autre pas toujours prête à les adopter, ils n’étaient pas moins nombreux à se presser comme du bétail à l’entrée du port de New York dans les années 20, comme en témoignent les reconstitutions superbes que James Gray a composées pour « The Immigrant ». Lire la suite

The LOST CITY of Z

Ivre de la jungle

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« A-t-on des nouvelles de Monsieur de Lapérouse ? »

dernière phrase qu’aurait prononcé le roi Louis XVI sur l’échafaud.

Les grands voyageurs, depuis toujours fascinent, même les têtes couronnées prêtes à tomber. Faisant route, à voile ou à vapeur, vers les endroits les plus reculés du globe, ils nous promettent, à nous pauvres sédentaires, de l’évasion, rêvant de monts et de merveilles. Au mépris du danger, narguant la mort elle-même (« le sel de la vie » paraît-il), ils vont, sans savoir s’ils en reviendront, comme s’ils espéraient, tout au fond d’eux-mêmes, découvrir vraiment quelque chose dont ils ne reviendraient pas. Livingstone, Lapérouse, Percy Fawcett les avaient-ils en mémoire lorsqu’il partit à l’aube du siècle précédent à la recherche de ce mythique El Dorado précolombien, sur la piste d’un Atlantide qu’il avait rebaptisé « The lost city of Z » ? Lire la suite