ILLUSIONS PERDUES

Les masques et la griffe

« Les belles âmes arrivent difficilement à croire au mal, à l’ingratitude, il leur faut de rudes leçons avant de reconnaître l’étendue de la corruption humaine. »

Honoré de Balzac

De quoi Balzac est-il le nom ? Voilà bien une question qui taraude Xavier Giannoli, lui qui a laissé mûrir depuis de nombreuses années ce projet d’adapter « Illusions perdues ». La réponse s’est construite au fil des films qu’il a tournés, qui sont autant de pierres à l’édifice de la comédie humaine, comme autant d’arrêts sur image édifiants. Du ringard de bastringue à la diva discordante, de l’inconnu célébré à l’imposteur bâtisseur, tous mentaient ou se mentaient, piquant droit vers Rubempré et sa poésie florale joliment dépouillée par le tumulte d’une farandole à l’effrayante cruauté. Lire la suite

Les MISERABLES

Je suis tombé par terre…

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« C’est ça que tu veux pour ton fils ?
C’est comme ça que tu veux qu’il grandisse ?
J’ai pas de conseil à donner, mais si tu veux pas qu’il glisse
Regarde-le, quand il parle, écoute-le !
Le laisse pas chercher ailleurs, l’amour qu’y devrait y avoir dans tes yeux. »

Bruno Lopez, Didier Morville, Fabrice Guion-Firmin, « Laisse pas traîner ton fils » in Suprême NTM, 1998.

Dans les années 90, quelques cinéastes avaient donné l’alerte. Des films coups de poing, emplis de rage, crachaient leur « Haine ». A la France restée sourde à la « sous-France » des grands ensembles, ils hurlaient : « ma 6-T va crack-er ! ». Vingt ans après, quel est le regard porté sur ces populations bétonnées dans des habitations à loyers modérés ? Le même. Ils sont toujours « les Misérables » de la République, et c’est Ladj Ly, l’un des leurs, qui compte bien le rappeler à notre bon souvenir. Lire la suite