Inherent Vice

Docteur Strange Love

INHERENT VICE

« Je crois que je vais entasser mes affaires et acheter un pick-up
Descendre jusqu’à L. A.
Trouver un endroit qui soit chez moi et essayer de me remettre.
Commencer une toute nouvelle journée. »

Neil Young, out on the weekend, in « Harvest », 1972

Décidément peu adepte des modes de son temps, Paul Thomas Anderson s’autorise parfois un trip vers le passé, une taffe revigorante dans les glorieuses seventies, hippies et enfumées. Dix-sept ans après avoir narré les exploits filmiques d’un acteur bien membré dans « Boogie nights », le voici, dans la même décennie, aux basques d’un privé bizarrement luné pour « Inherent Vice ». Lire la suite

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A Beautiful Day

A la masse

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« Je m’arrache de la fenêtre et parcours la chambre en chancelant ; je m’englue au miroir, je me regarde, je me dégoûte : encore une éternité. Finalement, j’échappe à mon image et je vais m’abattre sur mon lit. Je regarde le plafond, je voudrais dormir. »

Jean-Paul Sartre, La Nausée, 1938

« Hey Joe ! Où est-ce que tu vas avec ce marteau dans la main ? » Allez donc héler, tel Hendrix martyrisant sa Strato, cet ogre à la barbe hirsute, silhouette massive et encapuchonnée qui marche d’un pas décidé au-devant de ses ennemis. Il vous répondrait : « Je m’en vais fracasser le crâne d’une clique de gros dégueulasses qui aiment un peu trop la compagnie des petites filles », juste avant de vous souhaiter « A Beautiful Day ». C’est en tout cas ce que voudrait nous faire croire le titre « français » du nouveau film de Lynne Ramsay. Lire la suite

The IMMIGRANT

A nous la liberté

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« Vivre sans espoir, c’est cesser de vivre. » Fiodor Dostoïevski.

« Dans la douceur de la nuit, mon attitude se modifia et je commençai à comprendre l’Amérique : les gratte-ciels, les lumières gaies et étincelantes, les extraordinaires enseignes lumineuses m’emplirent soudain d’espoir et d’un sens de l’aventure. Voilà, me dis-je, c’est ici qu’est ma place. »

Charles Spencer Chaplin, histoire de ma vie, 1964.

L’histoire des mouvements de population est vieille comme le monde. Alors qu’ils sont aujourd’hui encore des milliers à naviguer vers l’espoir d’un avenir meilleur, quittant la terre qui les a vu naître pour une autre pas toujours prête à les adopter, ils n’étaient pas moins nombreux à se presser comme du bétail à l’entrée du port de New York dans les années 20, comme en témoignent les reconstitutions superbes que James Gray a composées pour « The Immigrant ». Lire la suite