Halloween (2018)

Voici le temps de l’assassin

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– On est au cœur du Mal, mon commandant.
– On n’est pas là pour philosopher, Carpentier !

Bruno Dumont, P’tit Quinquin, 2014

Chaque année, à la même époque, lorsque les feuilles mortes se ramassent à la pelle et que les yeux des citrouilles s’allument au perron des chaumières, on ressort les mêmes épouvantails. Parmi ceux-ci, l’assassin masqué d’« Halloween » enfanté par John Carpenter s’impose comme la figure primordiale, dont le masque cryptique et livide est, au fil du temps, devenu objet d’étude, de frisson, de fascination, de vénération. H20 marquait le temps des retrouvailles en étreintes sanglantes, H40 sonne le glas des révélations tonitruantes. Balance ton masque Michael, on t’a reconnu. Fini d’aller tripoter les baby-sitters sous prétexte de friandises. Ni vu, ni connu, je t’embroche. Lire la suite

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GHOSTS of MARS

Little Big John

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« C’est une planète brutale, c’est nous dans le futur. »

Alice Cooper

« Quand j’ai commencé à faire ce métier, c’était pour réaliser des westerns, c’est la raison principale pour laquelle je suis entré dans l’industrie du cinéma. » dit un jour John Carpenter. Et pourtant, pas un cavalier solitaire ne traverse les grands espaces au générique de « Halloween », pas un clairon de cavalerie ne sonne la charge à la rescousse de Snake Plissken. Il faudra que se réveillent les « Ghosts of Mars », aux confins de sa carrière, pour que Big John fasse la preuve qu’en vérité, il a toujours été à l’Ouest. Lire la suite

CHRISTINE

Pleins phares sur l’assassin

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Ma chérie conduit le dernier modèle de chez Cadillac
Ouais elle le fait !
Ma chérie conduit le dernier modèle de chez Cadillac
Elle m’a dit : « hey, ramène-toi, vieux !  »
« je ne reviendrais jamais !  »

Vince Taylor, Brand New Cadillac, 1959

La nouvelle avait fait grand bruit. Le 30 septembre 1955 à 17h59, James Dean succombait à ses blessures suite au crash de sa Porsche 550 à l’intersection de la 41 et de la 46 près de Cholame, Californie. Depuis, on ne compte plus les témoignages d’automobilistes ou de routiers qui, passant dans le coin, pensent avoir aperçu l’ombre de la voiture de sport les doublant par la gauche, ou avoir entendu le fracas de la collision porté par le vent. A ces légendes urbaines s’ajoute évidemment celle qui concerne l’épave de la « Little Bastard » numéro 130, dont les restes furent exposés au titre de la prévention routière et quelques pièces récupérées pour être greffées sur d’autres machines. Résultat des courses : deux jambes cassées pour George Barris qui en a racheté la carcasse, deux morts lors d’une compétition à Pomona sur des voitures utilisant ses reliques, un garage incendié, et pour couronner le tout, l’épave qui se volatilise alors que son propriétaire songeait à la broyer définitivement. A peu près au moment où la carcasse de la Porsche disparaît, sort flambant neuve des forges infernales de Detroit, une Plymouth Fury rouge pétant que l’écrivain Stephen King a décidé d’appeler « Christine ». Lire la suite

L’ANTRE de la FOLIE

Après moi le délire

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« La peur et l’horreur sont des émotions aveuglantes qui démantibulent nos échasses d’adultes et nous laissent dans le noir absolu, aussi désemparés que des enfants incapables de trouver l’interrupteur. »

Stephen King, Anatomie de l’horreur, chapitre 5.

« Do you read Sutter Cane ? » A cette question mieux vaut répondre par la négative sous peine de se retrouver le crâne fendu d’un coup de hache porté par un type en imperméable. Au mitan des années quatre-vingt-dix, John Carpenter a pris rendez-vous avec la peur, bien décidé à enfoncer les portes de la déraison. L’esprit aussi enfiévré que celui d’Howard Philip Lovecraft lors de son séjour à Brooklyn, il s’engouffre à corps et à cœur perdus dans « l’antre de la folie », vendant son âme au scénariste Michael DeLuca, accessoirement ponte de la firme New Line Cinema. Fini de jouer les hommes invisibles pour une relecture en demi-teinte du roman d’H.G. Wells, le réalisateur repart sur des chemins plus tortueux, retourne à des atmosphères plus sulfureuses. Moustache parfaitement affûtée et charge de guitares héroïques dès l’entame du générique, le voici bien décidé à titiller l’irrationnel à sa façon, à faire siennes ces contrées de l’épouvante écrites sur un plateau pour boucler ce qui ressemblera bientôt à un cycle apocalyptique entamé quinze ans plus tôt sous les glaces de l’Antarctique. Lire la suite