LICORICE PIZZA

Once upon a time… in Encino

« I wake up on the other side (send my love, send my tears)
Wondering, « was I just dreamin’ ? » (wavin’ back to my fears)
(City of mine)
Was I just dreamin’ ? »

Haim, Los Angeles, in « Women in music Pt III », 2020.

Prenez une galette de réglisse, creusez des sillons dans lesquels vous semez de quelques graines d’amour ramassées sous le « July Tree » de Nina Simone, ajoutez un peu de Jim Morrison, de Paul McCartney, de David Bowie et laissez venir Blood, Sweat & Tears, puis emballez le tout dans les arpèges de Jonny Greenwood, et vous obtiendrez une délicieuse « Licorice Pizza » façon Paul Thomas Anderson : un film qui a le goût de San Fernando Valley, des années lycées, des mini-jupes à fleurs d’oranger, des boulevards bordés de palmiers. Un film qui sent l’été toute l’année, un film qui court après le temps passé. Lire la suite

The POWER of the DOG

Par la peau du cuir

« Deliver my soul from the sword ; my darling from the power of the dog. »

Psaume 22:21, King James Bible, 1611.

A la lumière rasante d’une fin de journée, dans le relief accidenté d’un massif montagneux à l’heure où les troupeaux se rassemblent pour passer la nuit, parfois une forme apparaît. Les hommes qui s’installèrent à l’ombre des géants, dans les endroits reculés du sauvage Montana connaissent bien ce phénomène. L’écrivain John Savage également, mais il détestait cette région pour cette même raison. Il l’a d’abord traduit en mots, avant que la cinéaste Jane Campion ne le fasse en images. « The Power of the Dog » surgit parmi ces ombres vivantes, comme un aboiement sourd qui se fait entendre lorsque la caravane passe. Lire la suite

PHANTOM THREAD

Fil d’art

Phantom-Thread1

« Une femme n’a pas besoin d’être parfaite ou même belle pour porter mes robes, la robe le fera pour elle. »

Cristóbal Balenciaga

Il a « la grâce naturelle du génie qui s’ignore », écrivait Marine Landrot, journaliste à Télérama. Le propos concernait Daniel Day-Lewis qui a bien des talents en effet. Mais il pourrait tout autant s’appliquer à l’art cinématographique de Paul Thomas Anderson qui a brodé son « Phantom Thread » aux mensurations de son magnifique acteur. Lire la suite

Inherent Vice

Docteur Strange Love

INHERENT VICE

« Je crois que je vais entasser mes affaires et acheter un pick-up
Descendre jusqu’à L. A.
Trouver un endroit qui soit chez moi et essayer de me remettre.
Commencer une toute nouvelle journée. »

Neil Young, out on the weekend, in « Harvest », 1972

Décidément peu adepte des modes de son temps, Paul Thomas Anderson s’autorise parfois un trip vers le passé, une taffe revigorante dans les glorieuses seventies, hippies et enfumées. Dix-sept ans après avoir narré les exploits filmiques d’un acteur bien membré dans « Boogie nights », le voici, dans la même décennie, aux basques d’un privé bizarrement luné pour « Inherent Vice ». Lire la suite