Les FORBANS de la NUIT

Panique dans la rue

« Ce film a beaucoup compté pour moi en ce qui concerne le contexte et l’ambiance de « Mean Streets ». Il contient une bonne charge de violence émotive. Richard Widmark est en proie à ses obsessions, c’est un arnaqueur qui court toute la nuit, paniqué, désespéré – comme Charlie dans « Mean Streets ». Et il se retrouve ruiné, comme Charlie, sa perte inscrite sur le visage. »

Martin Scorsese, Martin Scorsese’s guilty pleasures in Film Comment, septembre/octobre 1978.

« Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire. »

Jean Racine, Phèdre, Acte I, scène 3, 1677.

Dans la carrière de certains cinéastes américains, il y eut le temps de faire, et il y eut le temps de fuir. Pour Losey, Berry et d’autres parmi lesquels Jules Dassin, l’étau s’est resserré sous l’ère MacCarthy. Les portes se fermèrent, et les amis trahirent. A l’ouverture de la chasse, Dassin sent monter le rififi. A Londres, un film l’attend, « ce sera peut-être le dernier » dit l’oracle Zanuck. Il n’en sera rien, fort heureusement. Mais « les Forbans de la Nuit » est assurément son ultime film pour la Fox. Un film exilé, tragique et sombre, désespérément magnifique. Lire la suite

Du rififi chez les hommes

Bob le braqueur

« La seule chose que je laisserai, c’est la balafre de Joffrey de Peyrac dans Angélique, Marquise des Anges. Parfois peut-être une jeune fille viendra poser une rose sur ma tombe, en souvenir. »

Robert Hossein (1927-2020)

Et pourtant non, l’alchimiste balafré, le Rescator des films de Borderie, le « Casanova pour midinettes » (tel qu’il fut taxé par Marguerite Duras) ne sera pas le seul souvenir que laissera Robert Hossein dans la mémoire des cinéphiles. Inoubliable auprès de Bardot chez son copain Vadim, ou bien plus tard chez Lautner auprès d’un Belmondo très « Professionnel », il avait débuté sous l’œil d’un Américain en exil, un des plus grands du Film Noir, avant de signer lui-même, dans la foulée, ses premières réalisations. Comédien solide, metteur en scène d’ambition, fondu de western (« une corde, un colt » et Michèle Mercier lui suffisaient) et de peplum, il transformait les planches en spectacles hollywoodiens, en tribunal du peuple, en théâtre de résurrection, au risque d’être sévèrement jugé par la critique. Au lendemain de son anniversaire, le guerrier Hossein s’est pourtant mis au repos pour de bon. Lire la suite