MORT sur le NIL (2022)

Et vogue la moustache

« Je venais d’avoir 17 ans, les merveilles de l’antiquité étaient le dernier de mes soucis. Louxor, Karnak et les beautés de l’Egypte devaient me tomber dessus avec un impact prodigieux vingt ans plus tard. Quel gâchis si j’avais alors admiré tous ces vestiges avec un regard indifférent. »

Agatha Christie, an autobiography, 1977.

Non, les crocodiles, sur les bords du Nil, n’ont pas disparu. A l’affut du moindre volatile distrait, leurs mâchoires se referment sur leur proie comme le ferait la loi sur les auteurs de crimes passionnels. Plus impitoyable qu’un animal à sang froid, le redoutable Hercule Poirot remet le cap sur l’Egypte et ses fastes pharaoniques pour rejouer « Mort sur le Nil », dans une version remise à flot par un Kenneth Branagh qui se laisse à nouveau prendre au jeu de la déduction. Lire la suite

AVENGERS : Infinity war

Mauvaises nouvelles des étoiles

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« Cependant, à d’innombrables années-lumière de là, aux marges de l’infini, une voix se fait entendre :
– ça va mal ! La Mort a un bien meilleur jeu que nous, Lord Chaos ! Nous devons lancer nos derniers atouts !
– Nous donneront-ils la victoire, Master Order ? Thanos n’a encore jamais eu un jeu aussi fort ! »

Jim Starlin, to duel a mad god, Marvel two-in-one annual #2, 23/08/1977.

Voilà dix ans maintenant que le Marvel Cinematic Universe a entamé sa grande saga, semant de film en film, de cycle en cycle, les petits et gros cailloux qui conduisent au grand ramdam débarquant sur les écrans : « Avengers : infinity war ». Première mi-temps d’un affrontement cataclysmique dont l’enjeu n’est ni plus ni moins que la survie de l’univers, il ne fallait pas moins de deux réalisateurs pour mettre en ordre de bataille cette monumentale fresque composite faite d’éléments épars. Reste à savoir qui de Anthony ou Joe Russo saura le mieux recoller les morceaux. Lire la suite

BLACK PANTHER

Le royaume du chat

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« Ces démêlés constants rendirent Chaka extrêmement adroit dans l’art de combattre le bâton à la main ; il savait parer les coups venant d’innombrables bâtons dirigés tous à la fois contre lui, et combattre tout en évitant le coup dirigé contre sa tête. Il y apprit aussi à courir très vite et à fuir avec une extrême vélocité. Il n’éprouvait dans ces luttes aucune peur quelconque, d’autant plus qu’il en avait maintenant l’habitude. Il sut courir sans perdre haleine, éviter les coups au moment voulu, se baisser et se courber à temps ou bondir de côté, sauter en l’air et revenir frapper à l’endroit sensible au bon moment. »

Thomas Mofolo, Chaka, 1925.

A l’approche des guerres infinies, le bestiaire Marvel s’agrandit. A l’occasion d’une fratricide confrontation, la maison aux idées en avait profité pour sortir de sa ménagerie ses toutes nouvelles prises : il y eut bien sûr d’abord la fameuse « araignée » qui fit le buzz sur la toile comme ailleurs, s’ajoutant à la « fourmi » qui se montrait tout à coup beaucoup plus grosse qu’elle n’en avait l’air. Et puis il y eut la « Black Panther », entité débauchée au cœur d’une brousse non répertoriée, félin monarque africain qui n’entendait suivre que son instinct pour châtier les assassins. La souris géante Disney s’est donc emparée du beau chat noir et a confié au réalisateur africain-américain Ryan Coogler le soin de le mettre en cage. Lire la suite