Aux PORTES de l’AU-DELA

La glande menace

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« Le cinéma de genre est libérateur pour l’esprit. Il confère une grande liberté, transgresse souvent les tabous et ignore le politiquement correct. »

Stuart Gordon in Mad Movies n°179, octobre 2005.

« Et une satanique laideur monta des étranges royaumes des ténèbres. »

Howard Philip Lovecraft, Dagon,1919.

Nous ne sommes pas seuls. Reclus, solitaire, dans sa petite masure victorienne nichée dans les faubourgs de Providence, H. P. Lovecraft avait pris la mesure de cette indicible menace. Il nous avait prévenus. Réalisateur autant qu’homme de théâtre, Stuart Gordon avait compris le message du maître du fantastique. Il était à ce jour un traducteur parmi les plus fervents, un adaptateur des plus fidèles. Mais à son tour, il est parvenu « aux portes de l’au-delà », et c’est désormais « from beyond » qu’il s’adresse au spectateur, ultime avertissement destiné à un monde d’incrédules.

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L’ANTRE de la FOLIE

Après moi le délire

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« La peur et l’horreur sont des émotions aveuglantes qui démantibulent nos échasses d’adultes et nous laissent dans le noir absolu, aussi désemparés que des enfants incapables de trouver l’interrupteur. »

Stephen King, Anatomie de l’horreur, chapitre 5.

« Do you read Sutter Cane ? » A cette question mieux vaut répondre par la négative sous peine de se retrouver le crâne fendu d’un coup de hache porté par un type en imperméable. Au mitan des années quatre-vingt-dix, John Carpenter a pris rendez-vous avec la peur, bien décidé à enfoncer les portes de la déraison. L’esprit aussi enfiévré que celui d’Howard Philip Lovecraft lors de son séjour à Brooklyn, il s’engouffre à corps et à cœur perdus dans « l’antre de la folie », vendant son âme au scénariste Michael DeLuca, accessoirement ponte de la firme New Line Cinema. Fini de jouer les hommes invisibles pour une relecture en demi-teinte du roman d’H.G. Wells, le réalisateur repart sur des chemins plus tortueux, retourne à des atmosphères plus sulfureuses. Moustache parfaitement affûtée et charge de guitares héroïques dès l’entame du générique, le voici bien décidé à titiller l’irrationnel à sa façon, à faire siennes ces contrées de l’épouvante écrites sur un plateau pour boucler ce qui ressemblera bientôt à un cycle apocalyptique entamé quinze ans plus tôt sous les glaces de l’Antarctique. Lire la suite