MASSACRE à la TRONÇONNEUSE

Sous le soleil de Saturne

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« Et l’on voit tout au fond, quand l’œil ose y descendre,
Au-delà de la vie, et du souffle et du bruit,
Un affreux soleil noir d’où rayonne la nuit ! »

Victor Hugo, les contemplations.

Tout et son contraire a été dit à propos de ce film. Faut-il y voir la marque des grandes œuvres qui, une fois sacrées, doivent immanquablement subir les foudres de détracteurs à contre-courant ? Sans doute. C’est en tous cas un avis que je partage. Bien sûr, « Massacre » n’était pas le premier à faire rugir la tronçonneuse dans un film d’horreur. Il n’était pas non plus celui qui aura jeté en pâture à nos avides instincts de curiosités les méfaits d’un célèbre tueur en série du Wisconsin. Mais il y avait la forme, cette enveloppe poisseuse dans laquelle Tobe Hooper avait réussi à emballer un scénario réduit à la peau de chagrin. Cette forme suinte le sordide, le glauque, provoque l’étourdissement, la stupéfaction et, pourquoi pas, la stupeur plus que la véritable peur panique. Car en effet l’humour est présent, mais c’est un rictus couleur de bile qui fait grimacer le coin des lèvres. Sous nos yeux écarquillés, défile le calvaire de ces jeunes étudiants en goguette qui vont voir leur « summer of love » se faire trancher dans le vif, éclaboussé (à peine) d’hémoglobine sous les feux implacables d’ « un affreux soleil noir d’où rayonne la nuit. » Lire la suite