ROMA

Et le ciel, et la Terre

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« I have been here before,
But when or how I cannot tell:
I know the grass beyond the door,
The sweet keen smell,
The sighing sound, the lights around the shore. »

Dante Gabriel Rossetti, Sudden light, 1863

« Rien ne dure sans fin ; nul souvenir, si intense soit-il, qui ne s’éteigne. »

Juan Rulfo, Pedro Páramo, 1955

Trouver le lien qui unit le ciel et la terre, ce fil invisible qui met l’homme en résonnance avec le cosmos, avec les forces invisibles de l’univers, telle semble être la quête métaphysique conduite par Alfonso Cuarón à travers son cinéma. Pour ce faire, il explore tous azimuts, tout droit vers « les grandes espérances » ou dans un futur sans perspective (« les fils de l’homme »), dans les arcanes d’un monde magique (« le prisonnier d’Azkaban »), se projète en orbite, aux frontières du néant (« Gravity »), avant de revenir en ce bas monde. Cuarón a fait le tour de la terre, et c’est désormais le cercle de l’intime qu’il referme, à l’aventure de ses souvenirs, au cœur des douleurs et des bonheurs passés. « Amarcord » disait Fellini, alors il se souvient de sa « Roma ». Lire la suite

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ANNIHILATION

Les couleurs tombées du ciel

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« Cette vie future a commencé à notre insu, quand loin de notre corps, intouchables et transparents, nous apparaissons défigurés dans les rêves de nos proches ou dans les chambres inconnues. Nous entrons sans un bruit, et dans cette vie de l’autre côté du miroir (où sept ans de malheur ne durent pas plus que quelques secondes) nous sommes déjà des ombres, comme celles qui plus tard espaceront leurs visites avant de disparaître tout à fait ? »

Gérard Macé, Vies antérieures, 1991.

Qu’y a-t-il dans la Zone pour qu’elle reste à ce point un secret si bien gardé ? « I don’t know » répondrait Natalie Portman qui, telle le Stalker du bouquin des Strougatski, sera notre guide par-delà le rideau moiré de « Annihilation », film aux frontières fuyantes signé du britannique Alex Garland.
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