OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire

L’espion qui s’aimait

« Un personnage comique est généralement comique dans l’exacte mesure où il s’ignore lui-même. Le comique est inconscient. […] Il se rend invisible à lui-même en devenant visible à tout le monde. »

Henri Bergson, Le rire : essai sur la signification du comique, 1900.

On se demandait si on le reverrait un jour se beurrer la biscotte. Que tous les admirateurs de l’espion le plus idiot des services secrets français soient rassurés, Jean Dujardin remet le costume pour « OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire », et il aime toujours autant se battre. Michel Hazanavicius, peu convaincu par le nouveau scénario a laissé les clefs de la Gordini à un Nicolas Bedos gonflé à bloc pour partir à la rescousse de l’homme de Bruce, attention aux secousses ! Lire la suite

La PROMESSE de l’AUBE

Tout sur sa mère

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« Il n’est pas bon d’être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ça vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c’est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. »

Romain Gary, La promesse de l’aube, 1960.

Romain Gary disait : « L’homme n’a qu’une vie mais il est fait pour la vivre au moins deux fois. » Il faudra donc pas moins de deux adaptations au cinéma de son roman « La promesse de l’aube » pour essayer de toucher du doigt le personnage tourmenté et suicidaire qui se cachait derrière l’homme de plume. Après Jules Dassin de son vivant, c’est le français Éric Barbier qui, à titre posthume, entend bien traduire sur écran large le récit picaresque de cet étonnant personnage qui fut toute sa vie convaincu qu’il devait tout à sa maman. Lire la suite

FRANTZ

Vivons heureux en attendant la mort

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Je suis venu te dire…
Le plus pur est celui dont il ne reste rien !
Pas un cri, pas un mot, pas un marbre peut-être !
Le plus pur est celui qui veut bien disparaître,
Sans rien dire de lui au grand public humain !

Maurice Rostand, Les Insomnies, 1923

« Qu’est-ce que vous faites chez moi ? » demandait Charlotte Rampling à Ludivine Sagnier dans « Swimming pool ». Chez François Ozon, il y a souvent un intrus « dans la maison ». D’une certaine manière, c’est un peu le cas avec « Frantz », librement inspiré du magnifique mélodrame d’Ernst Lubitsch « Broken Lullaby », lui-même adapté d’une pièce de Maurice Rostand dont il faut absolument taire le titre. François Ozon serait-il lui-même l’intrus du cinéma français ?

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